
Très peu de changelins pratiquent la Rapsodie, bien que cette pratique soit aussi ancienne que les fées elles-mêmes. La Rapsodie est le fait principalement de la Maison Leanhaun qui en a besoin pour empêcher son vieillissement accéléré. Les Kithain dont on sait qu’ils la pratiquent sont implacablement pourchassés par la noblesse Seelie et même par les seigneurs Unseelie.
La Rapsodie est en effet une des pratiques les plus abominables qui soient. Elle consiste, pour un changelin, à infuser un Rêveur avec sa propre Glamour au moment où il crée, le mettant ainsi en état d’excitation et de contact direct avec le pouvoir brut du Songe. Si le résultat artistique est souvent d’une intensité et d’une puissance inspiratrice hors du commun, l’esprit du Rêveur, habité par la Glamour brute, par son pouvoir nu, en ressort brûlé, souvent détruit de manière permanente. Pire, la grande fatigue qui saisit alors le Rêveur est souvent telle que celui-ci meurt, rongé de l’intérieur, vidé de toute son énergie. Beaucoup se suicident de désespoir face au vide absolu qu’ils rencontrent en eux. Certains deviennent des ennemis des fées, ce qui est une autre raison pour laquelle la Rapsodie est strictement interdite.
Véritable vampirisme psychique, la Rapsodie engendre parallèlement des quantités de Glamour impressionnantes. (Si une Rêverie ou une Dévastation peuvent produire d’un à cinq points de Glamour, la Rapsodie peut aller jusqu’à 30 voire au-delà pour les Leanhaun !)
Lorsqu’il est imbibé de Glamour, le Rêveur ressent et obéit à un besoin pressant de créer une grande œuvre, le chef-d’œuvre de sa vie. Une fois la création terminée, celle-ci concentre toute la créativité, toute la Glamour que le changelin a investi et qui a été décuplée avec le Rêveur. Pour la récupérer, le changelin doit détruire l’œuvre d’art, relâchant ainsi la Glamour. C’est peut-être le pire pour le Rêveur vidé de son pouvoir créatif, il doit encore assister à la perte de sa création qui n’est même pas autorisée à exister.
Il est dit que des œuvres majeures de l’humanité, tel le Requiem de Mozart, furent en vérité des œuvres créées pendant une Rapsodie qui ne furent pas détruites ensuite. Leur impact sur les humains par la suite témoigne de la puissance de ce processus.