Après Hubert Balandier, continuons notre Bestiaire ! La berbiolette ne sert à Chrétien de Troyes qu’à montrer le caractère royal de la robe que porte Erec lors de son triomphe, son couronnement, un véritable manteau de roi, qui est par ailleurs "robe extraordinaire, robe merveilleuse, confectionnée par quatre fées, robe historique que Macrobe a décrite. Robe qui est un programme de sagesse, car les fées y ont représenté les quatre sciences du quadrivium : la Géométrie, l’Arithmétique, la Musique et l’Astronomie. Robe que complète un manteau aux ferrets de pierres précieuses serties d’or." [1]
Tout chasseur, trappeur de Rêve de Dragon aime piéger la clognotte, au pelage blanc ou gris rayé de fauve, ou à défaut récupérer la peau des flottards, grognuches, marmottes, loutres, ou grizzal pour les plus téméraires. Mais ce ne sont là que des proies faciles à attraper, face aux élusives berbiolettes. Un personnage connaît cet animal sur un jet d’INTELLECT/Zoologie à -4, ou INTELLECT/Maroquinerie à 0. Mais attention, les souvenirs ont leur importance : faites des jets de Qualité.
Avec une Qualité de 0, le Voyageur saura alors que la fourrure de la berbiolette est sans prix ! Ensuite, en fonction de la Qualité, donnez les informations suivantes :
On ne trouve les berbiolettes que dans des rêves au climat chaud, à la flore légèrement exotique pour la plupart des Voyageurs. Elles vivent alors en forêt, non loin de plans d’eau ou de rivières, poissons oblige ! Plus agiles que des loutres, c’est un plaisir de les voir se mouvoir. On dit même que les Hauts-Rêvants déchiffrent parfois des signes dans leurs danses...
La chasse à la berbiolette demande de grands efforts aux chasseurs : ces créatures sont aussi rusées que des renards, insaisissables, et farouchement indépendantes. D’ailleurs, jamais personne n’a vu une mère berbiolette avec ses petits : elle se cache trop bien en ce cas, c’en est presque surnaturel.
Le seul ouvrage qui parle des berbiolettes a été écrit par un fameux voyageur, Ramenade le Fabuleux. Il s’agit du livre Des Merveilles qui me rencontrent, un traité de zoologie sur les créatures lointaines et exotiques (Difficulté -3, 20 points de tâche, 30 points d’expérience en Zoologie). Cet ouvrage est surtout connu par la fameuse satire de Cornebus l’Emporté, Sur les fables et fabulateurs, où celui-ci brocarde la suffisance de Ramenade.
Mais même Ramenade ne sait pas tout sur les berbiolettes (et les Voyageurs non plus, sans doute), car seuls ceux qui vivent à proximité de ces créatures connaissent son plus grand avantage, et c’est un secret bien gardé, non sans raison comme nous allons le voir !
Si des Voyageurs chanceux, ou assez rusés, réussissent à occire une berbiolette (sans nul doute, tant qu’elle est vivante, elle a les moyens de s’enfuir !), ils l’apprendront à leurs dépens au prochain village. Quel remue-ménage leur arrivée déclenchera ! Les berbiolettes sont ici animaux sacrés, on ne peut les toucher, c’est une grande offense !
Les villageois demanderont sans doute la dépouille de l’animal, pour le brûler en grande cérémonie avec des bois précieux et de l’encens, sous les yeux atterrés des Voyageurs... Même si ceux-ci préfèrent fuir, ils seront poursuivis longtemps !
Par la suite, quelque chose pourrait mettre la puce à l’oreille des Voyageurs : l’herboriste local a sur son étal du Tanemiel, voire du Tanemiel Doré, si les personnages se montrent suffisamment riches. Et exclusivité oblige, personne ne dira comment il l’obtient.
Il sera peut-être possible de trouver un villageois plus avide que les autres, qui cherche des étrangers suffisamment habiles pour partager avec lui les bénéfices du Tanemiel. Le secret de la berbiolette sera révélée à ce moment : elle est très friande du Tanemiel, et a pour habitude de s’en empiffrer, et d’en faire des réserves comme un écureuil !
Il suffit alors de pister la berbiolette dans une zone qu’elle fréquente (avec des jets de VUE/Survie en forêt ou Zoologie à -4 \ 10 points de tâche \ périodicité 30 minutes), pour retrouver ses caches. L’animal étant à moitié grisé par l’odeur suave, il est moins précautionneux à ce moment.
Evidemment, la fourrure de berbiolette n’a aucune valeur dans ces contrées, bien au contraire, tandis que le Tanemiel est toujours profitable. Ce n’est pas pour rien que la fourrure est hors de prix ailleurs : il faut réussir à passer tous les villages !
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