Dans une décharge qui tient plus du champ de bataille, plusieurs garous repartent avec ce qui restent de leurs adversaires, pour nourrir leurs louveteaux ou autres... Restent deux homidés, l’un penché sur l’autre. Sent-la-Suie, métis de Ceux-qui-Dansent-la-Spirale-Noire, observe avec tristesse l’Ahroun des Fiannas. Le corps allongé, brisé et meurtri, dont les vers de la pourriture attaquent déjà le corps, est voué au Grand Ver.
- Tu es un jeune guerrier plein de fougue, mais à quoi te servent tes griffes...
Sent-la-Suie passe sa main sur le torse pour repousser les vers blancs, le Fianna tente de rejeter la main mais ses blessures le font trop souffrir, et il grimace, bavant son sang dans l’effort.
- « Cerf » t’a abandonné, louveteau, et les tiens ont libéré leur renard... Que t’ont appris tes « sages » anciens... Pour que ta vie passe après des objectifs dont tu ne peux saisir les tenants et encore moins les aboutissants. Tu vois en nous l’adversaire, la bête à annihiler...
Le garou marmonne des insanités à l’intention de l’Emissaire du ver, mais de façon trop inintelligible.
- Nous apprenons à nos louveteaux, avant qu’ils méritent le respect de Ceux-qui-Dansent-la-Spirale-Noire, qu’il y a trois forces élémentaires. L’araignée que l’on appelle la Tisseuse, Kaos qui n’est autre que le Sauvage que vous vénérez et bien sûr le Grand Ver... Les deux premières entités étaient respectueuses des lois du Grand Ver, il les équilibrait, mais Kaos explosa et voulut prendre la place de la Tisseuse, le Ver dut redoubler d’efforts pour le maîtriser mais la Tisseuse...
L’Ahroun crache du sang et tente de se relever, Sent-la-Suie lui soulève la tête et l’aide pour qu’il ne s’étouffe pas, il tente de repousser la main souillée par le Ver, mais il finit par se laisser caresser la tête, économisant ses forces...
- Je vois que tu comprends, vos théurges doivent professer la foi en Kaos, je le comprends tout à fait, nos théurges parfois prêchent pour le Grand Ver... Ceux-qui-Dansent-la-Spirale-Noire sont en réalité une Tribu perdue, nos ancêtres se sont sacrifiés pour aider le Grand Ver à maintenir l’équilibre, mais aujourd’hui nos objectifs sont plus grands, je te le confesse, le Grand Ver doit dominer de nouveau pour ensuite seulement remettre à leurs places Kaos et La Tisseuse.
Le Fianna se relève avec grande difficulté, s’aidant de Sent-la-Suie, il se relève tremblant, frottant les blessures déjà purulentes. Sent-la-Suie regarde anxieux en direction de ses compagnons, un sourire s’affiche, il ne les voit plus, il se lève et aide le jeune guerrier à se tenir debout, celui-ci le repousse avant d’être retenu dans sa chute par Celui-qui-Danse-la-Spirale-Noire.
- Je vais te laisser rejoindre les tiens. Nous allons devoir passer par l’Umbra, le passage dans la mer est bitumé, tu n’as pas la force de nager.
Devant ces yeux emplis de crainte, Sent-la-Suie sourit et le réconforte continuant son exposé sur le sacrifice des siens, le rôle du Sauvage et la nature des garous, créatures des trois forces, ni humain ni bête comme l’a désiré Kaos, retrouvant toujours leur forme originelle et guérissant de blessures mortelles comme le désirait la Tisseuse et portés par leur Rage alimentée par le Grand Ver...
Ayant quitté Belle-île, Sent-la-Suie serre son frère dans ses bras et le laisse repartir. Le Fianna le regarde :
- Je ne sais pas pourquoi tu as fait ça, mais je n’oublierai pas ton geste... mais les miens m’en voudront et pourraient me tuer pour ce que tu as fait...
- Et bien s’ils te rejettent, je serai aussi là pour toi. Pense à toi et à tes propres ambitions, pas aux ambitions indistinctes de ta meute.
Le Garou accélère maladroitement le pas, prenant la forme Glabro pour rejoindre les siens qu’ils voient au loin, mais son esprit maintenant tentera de trouver ses propres réponses. Sent-la-Suie sera là demain... puis après-demain...
Mise à jour : Juillet 2003 Auteur : Mael