Le tiers monde n’est qu’un amas de ruines où la démocratie et la paix ne sont que des utopies inaccessibles et auprès duquel le Beyrouth des années 80 ressemble à une banlieue résidentielle à la mode. Il est divisé en une multitude de petits états où de sombres dictateurs se font la guerre sous les prétextes les plus futiles. Les pays industrialisés se font une joie de leur vendre des armes afin que leurs ardeurs belliqueuses ne s’infléchissent pas. La quasi totalité des espèces animales a disparu, victime de modes vestimentaires ou de safaris trop intensifs. La pollution, ajoutée aux radiations, provoque des épidémies de maladies dont certaines toutes nouvelles, à coté desquelles le Sida ressemble à un mauvais rhume.
Mais tout n’est pas noir sur la planète plus très bleue. Les nations industrialisées retranchées dans leur isolationnisme vivent une véritable euphorie économique, indifférentes aux malheurs des trois quarts de la planète, exploitant même à outrance les pays sous-développés. Les gouvernements pratiquent la politique de la sur-médiatisation, inondant les populations béates de programmes télés, abrutissants mais distrayants, les empêchant ainsi de se poser trop de questions. L’isolationnisme économique n’est pas total puisque les nations industrialisés continuent de vendre des armes au tiers monde en échange de matière première. Les nations industrialisées n’ont pas beaucoup changées dans leurs structures depuis la fin du 20ème siècle. Leurs gouvernements sont identiques, ainsi que la quasi totalité de leur système juridique. La grande différence est la disparition quasi-totale des classes défavorisées. Les robots Oxygène ont en effet remplacé avantageusement tous les ouvriers pour les travaux les plus durs et les plus ingrats.
La création du bloc nord et l’impact énorme des médias ont homogénéisé les populations des pays riches, leur donnant toutes les mêmes valeurs et gommant les différences culturelles. Les Networks étant présents de la même façon et avec les mêmes programmes, le public a été obligé d’apprécier ce qu’il voyait. La télé donnant, surtout sous l’impulsion des chaînes contrôles par Hopson, une certaine image de la vie, celle-ci s’est imposée comme mode de vie à part entière. L’hypocrisie suintante de la télé est maintenant la norme ainsi que toutes les valeurs de la "TV way of life". Ces valeurs ont tellement d’influence qu’elles font presque office de lois non écrites.
Les populations agissent comme la télé le leur conseille : Le Néo-Black-Wave est la dernière musique à la mode ; tout ]e monde se met à écouter le Néo-Black-Wave. La mort de 57 personnes dans la rue des Groseilliers est un attentat des terroristes à la solde des sous gouvernements du tiers-monde ; c’est donc que c’est vrai et que ce n’est pas une simple explosion d’une conduite de gaz. La télé, et moindre échelle les autres médias ont remplacé totalement les institutions religieuses et mystiques. Elle apporte à tous la solution à toutes les questions et à tous les problèmes.
Grâce à ce lavage de cerveau permanent, Hopson a réussi à introduire dans l’inconscient collectif des populations certaines valeurs indispensables à l’achèvement de son plan. Ces valeurs sont : le mépris pour la faune et la flore, une indifférence teintée de peur vis à vis des populations du tiers-monde, l’acceptation de l’infériorité des peuples du tiers-monde, l’acceptation d’une certaine morale non religieuse, la peur des terroristes déstabilisateurs, un respect et une confiance totale dans les URC, la toute puissance de la mode, la peur effroyable de ne pas être branché et au dernier goût du jour, le respect des médias et l’acceptation de leur infaillibilité Grâce à l’exploitation systématique des pays pauvres et au bol d’oxygène économique que représentent les guerres incessantes du tiers monde, ]’économie tourne à plein régime. Le chômage a disparu, de même que l’analphabétisme et l’inflation. Tous les gens sont heureux de vivre, rives en permanence devant leurs télé ou devant tout autre média. Tout va pour le mieux dans le meilleur de leur monde.
La prospérité s’est accompagnée du développement exponentiel des mégapoles, qui, ajouté au mépris croissant de la faune et de la flore, a amené à la disparition quasi totale des espaces verts dans les villes. Les campagnes sont réduites aux seuls espaces agricoles, indispensables à l’approvisionnement des populations, et cultivés de façon ultra intensive.



Envoyer par email