Un peu froide


Article de Olivier - 13 avril 2006


En se réveillant, il avait un goût de cadavre dans la bouche. La cloison du nez cassée. Un soir, il s’était tapé un trip avec ses copains. Défoncés, ils avaient déliré d’aller se faire une jolie fille morte à l’hosto deux jours plus tôt. Une pickpocket hongroise de 15 ans que les flics avaient un peu trop secouée. Le cœur avait lâché. Mais elle avait de beaux restes, comme on dit. Le lendemain de l’expédition à la morgue s’était révélé pénible. Ca n’avait pas été si amusant que cela. Avec difficulté, il décolla son visage de la mare coagulée du parquet. Le relent de cadavre sur sa langue s’amplifiait. C’était le même goût que celui de la jeune fille. L’interne crut entendre le rire salace de ses copains. Il avait besoin de quelque chose contre la douleur. Tanguant pour entrer dans sa chambre, il vit que son petit képa fétiche avait disparu du cendrier de bronze. Il crut que son cœur s’était arrêté. L’interne faisait parti de ces personnes qui n’aiment pas penser aux conséquences de leurs actes. Sur le sol gisait pèle-mêle le mobilier de la chambre. La tour du PC avait été éventrée et ses 300 G de came s’étaient évanouis. Pire que tout, la moitié du sachet disparu ne lui appartenait pas.