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Ars magica

Chroniques de la Maison Jerbiton

mardi 12 décembre 2000, par JyP

l’histoire de ce Fondateur et des lignées de sa maison au cours du temps

Jerbiton est l’un des Fondateurs pour lequel il est difficile de discerner
l’apport à la théorie de Bonisagus, au contraire de Bjornaer
ou Merinita par exemple. Nous ne disposons que de peu de renseignements à
son sujet, en dehors de l’ambivalence de ses disciples, qui oscillent entre
une ascendance noble et des aspirations artistiques. Mais son apport à
l’Ordre d’Hermès est plus grand qu’on ne peut le supposer, tant du
point de vue magique que du point de vue politique. Après tout, qui
a dû composer avec l’Empire de Charlemagne, qui s’est créé
peu avant l’Ordre ?

Jerbiton est un nom à consonance française, mais il
est connu que le mage lui-même était membre d’une noble lignée
romaine. Son père lui a inculqué les antiques valeurs de la
Rome antique, comme peu les connaissaient encore en ces âges sombres.
Formé aux arts classiques, précoce et lettré, Jerbiton
avait donc tout pour se faire remarquer d’un des descendants des prêtres
de Mercure survivants à l’époque. D’autant plus que le jeune
Jerbiton se révélait avoir un véritable don pour la rhétorique.

Le pater de Jerbiton enleva donc celui-ci à sa famille, pour
le former aux rituels qu’il tenait de multiples prédécesseurs.
Mais si ces rituels, nécessitant beaucoup de moyens et de pratiquants,
étaient pratiquement impossibles à mettre en oeuvre, ils avaient
été adaptés pour resservir avec un mage seul.

Cependant, ces rituels restaient archaïques, car ils faisaient appel
à des citations en latin classique que la plupart ne pouvaient comprendre,
et à des symboliques dépassées depuis des siècles.
Et c’est quand Jerbiton prît conscience que ces rituels avaient perdu
leur puissance car ils ne collaient plus au monde tel que celui-ci avait évolué
qu’il prît son envol.

Sa vie durant, il ne cessa de voyager pour fonder une magie s’appuyant sur
les arts tels que ceux-ci existaient à son époque. Mais ceux-ci
étaient encore embryonnaires, frustres, et contenaient peu de symboliques.
Il essaya même d’en apprendre plus au côté des druides
qui maintenaient un savoir oral avec des bardes disposant de quelques pouvoirs,
mais ceux-ci se méfiaient trop d’un romain pour l’aider. Jerbiton fût
plus tard assez hostile à Diedne, ceci expliquant cela...

Finalement, en s’appuyant sur le don qu’il avait développé
en rhétorique, Jerbiton personnalisa sa magie pour en faire une magie
du verbe, et développa de véritables mots de pouvoir. Nul ne
pouvait le vaincre en ce domaine, et sa réputation était telle
que Trianoma hésita à lui rendre visite, et qu’il ne fût
pas inquiété par les mages les plus belliqueux comme Flambeau
ou Tytalus.

En dehors de ses compétences magiques, Jerbiton était connu
surtout comme le membre d’une puissante lignée, voire l’archétype
du noble romain d’autrefois, honnête, intelligent et faisant appel à
la raison. Il était inévitable qu’il rencontre son pendant en
ce domaine, l’archétype du noble chez les Francs, batailleur, droit
et se reposant sur les armes. Il s’agit bien sûr de Charlemagne, de
vingt ans son cadet.

Les deux hommes étaient comme les deux facettes d’une même pièce,
dégageant autant de charisme et de volonté l’un que l’autre.
L’un s’appuyait d’abord sur les guerriers et la force, l’autre sur les sages
et l’intelligence. Mais sur ces domaines ils étaient d’égale
force au départ. Une franche amitié les réunit, tempérée
par le formidable caractère qu’ils partageaient, et chacun apprît
peu à peu à appréhender le point de vue de l’autre. Si
l’influence de Jerbiton permit à Charlemagne de voir au-delà
de la force, l’influence de Charlemagne permît à Jerbiton d’avoir
une vision à long terme pour l’Ordre d’Hermès.

Lorsque Trianoma vînt rencontrer Jerbiton, elle se savait inférieure
à lui en pouvoir magique mais comptait sur la parma magica pour
rétablir l’équilibre, avant de le convaincre avec ses dons de
diplomatie. De fait, ils discutèrent pendant très longtemps,
et il se révéla que Jerbiton, même sans pouvoir atteindre
Trianoma protégée par sa parma, avait des dons de diplomatie
et d’éloquence bien supérieurs à celle-ci. Mais au contraire
de Trianoma dont le don de persuasion ne constituait pas une menace pour autrui,
Jerbiton était déjà craint rien que par son pouvoir sur
la parole. Cependant ce ne fût pas là la seule surprise de Trianoma
que de découvrir son supérieur dans l’art où elle excellait.

Jerbiton, voyant Charlemagne déjà à la tête d’un
empire, avait déjà imaginé ce qu’il faudrait faire pour
réunir pareillement les mages dans un Ordre, sur un plan de grande
envergure. Seule la parma magica constituait pour lui une nouveauté,
car il avait déjà imaginé le moyen de réunir les
mages sans disposer d’un tel atout. Trianoma venait sans conteste de rencontrer
le plus dangereux des mages pour l’Ordre naissant. Mais Jerbiton n’était
pas intéressé par le pouvoir en soi, ayant toujours eu une autorité
naturelle à sa mesure. Trianoma repartît de sa demeure convaincue
qu’elle avait réussit à le convaincre, comme les autres, mais
en sachant que sur le plan politique des relations avec les vulgaires il ne
faudrait pas se frotter à Jerbiton... Elle se cantonna donc par la
suite à rencontrer des mages, Jerbiton étant trop formidable
pour ce rôle.

Jerbiton détecta rapidement le point faible de l’Ordre, avec ses mages
repliés sur eux-mêmes et leur pouvoir, perdant contact avec la
réalité. Son pater en était un pitoyable exemple.
Il apporta à Bonisagus sa magie du verbe, en mettant au point les phrasés
et incantations qui sont encore aujourd’hui utilisés par les mages
lorsqu’ils lancent un sort, mais ne réussit pas à intégrer
l’Ordre à l’Empire comme il le souhaitait... car la plupart des autres
Fondateurs soi étaient contre, soi avaient leurs propres ambitions
dominatrices à ce sujet.

S’il s’opposa ainsi à Guernicus, Tytalus et Tremere, contrecarrant
leurs plans à lui seul, il fût finalement contraint par les autres
mages à faire oublier l’Ordre à l’Empire. Il dût pour
cela effacer de la mémoire de Charlemagne tout souvenir de son existence
propre et de celle de l’Ordre. Être ainsi contraint à renoncer
à son plus cher ami contraria profondément Jerbiton, qui s’attacha
juste ensuite à former des apprentis comprenant son point de vue sur
la magie et les arts.

Apparemment, la magie du verbe de Jerbiton lui était hautement personnelle,
car aucun de ses apprentis ne fît preuve d’une quelconque aptitude en
ce domaine. Que ce soit parce que Jerbiton n’a pas voulu transmettre cette
magie ou parce qu’il ne l’a pas pu, qui peut dire aujourd’hui ? Peut-être
que la perte de Charlemagne en tant qu’ami a lourdement pesé sur cette
décision... Mais les frères ennemis de Tytalus et de Tremere
ont toujours soupçonné Jerbiton de leur avoir laissé
quelque chose de particulièrement retors pour la suite, bien que la
défaite des Fondateurs face à Jerbiton ne soit connue que par
les membres les plus influents de ces maisons.

Les apprentis de Jerbiton étaient majoritairement d’extraction noble,
la couche sociale la plus à même d’être instruite dans
les arts classiques ou ce qu’il en restait. Le Fondateur leur transmit un
goût certain pour les arts et la nécessité de rester en
contact avec les vulgaires, mais peu sont au courant au sein de cette maison
de la vérité fondamentale qui sous-tend cette nécessité
 : une magie fondée sur les arts en contact avec le monde vulgaire est
plus puissante qu’une magie fondée sur des connaissances archaïques.
Mais les plus puissants de la lignée s’en souviennent encore, même
s’ils ne sont pas forcément enclins à en faire partager l’Ordre
d’Hermès, pour augmenter leur pouvoir propre.

La lignée de Jerbiton resta assez minoritaire dans les âges
sombres, où les arts étaient pratiquement oubliés. Cela
conduisit à une dérive : certains de ses mages, en dehors d’être
nés nobles et de maintenir le contact avec les vulgaires, n’avaient
ainsi aucun intérêt pour les arts. Les plus fidèles à
la lignée de Jerbiton étaient des voyageurs parcourant les contrées,
à la recherche de pratiques vulgaires des arts. Rien ne distinguait
particulièrement les mages de Jerbiton d’un point de vue magique, et
ces deux lignées, les Arpenteurs et les Puissants, se partageaient
le contrôle de la maison.

Avec l’épanouissement du Languedoc et le fleurissement de la culture
Arabe en Espagne, cela changea drastiquement. Les ménestrels acquirent
assez d’importance pour frapper l’imagination, créer l’archétype
du noble provençal amateur des arts, et ainsi du mage de Jerbiton tel
qu’il est perçu actuellement.

Cela sonna d’abord le glas des Arpenteurs, qui se divisèrent en deux
factions. La première, les Ménestrels, se concentre sur les
nouvelles formes d’arts telles qu’elles sont pratiquées par les troubadours
et les ménestrels, les arts proches des loisirs. La seconde, les Philosophes,
essaye au contraire de rendre aux arts classiques une forme pure, il s’agit
là de domaines plus sérieux étudiés dans les toutes
nouvelles universités. Les Puissants entamèrent également
leur déclin, maintenant que tout noble se doit de s’intéresser
à la poésie, l’amour courtois, et aux arts de manière
générale. Mais il en reste encore bien plus qu’il ne reste d’Arpenteurs.

Les Ménestrels ont développé une magie reposant sur
la musique, mais n’ont aucun lien culturel avec les bardes celtiques, dont
il ne doit rester que quelques individus, leur culture étant pratiquement
disparue, sauf en Irlande. Cette nouvelle magie, développée
après l’an Mil, ne compte que des praticiens ayant le Don de Velours,
et s’est maintenant assez développée (cf le supplément
The Mysteries), surtout dans le Tribunal Provençal.

Les Philosophes en sont encore à la genèse d’une nouvelle magie,
car en dehors des universités les arts classiques sont bien peu développés.
Ces mages sont donc avant tout des lettrés cherchant à réinterpréter
la culture classique à leur avantage, et se rassemblent de fait dans
la péninsule Ibérique, suite à la chute de Constantinople.

La maison Jerbiton a connu son apogée dans le Tribunal Provençal,
jusqu’à faire de celui-ci le centre de la vie politique de l’Ordre,
au détriment de Durenmar et du Tribunal des Alpes. Mais cela touche
à sa fin maintenant, avec la terrible croisade lancée contre
les cathares et les albigeois. Qui sait, peut-être que l’Église,
en plus des hérésies, avait entrevu la nouvelle magie intégrée
au sein même de la société vulgaire et qu’elle a voulu
pareillement l’éradiquer...



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