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Ars magica

Histoire d’Ibn Faldan

dimanche 25 juin 2000, par JyP

un mage Arabe ayant tout d’un Flambeau

Fils d’un fier cavalier Abasside du désert d’Arabie, Ibn Faldan a vécu une vie heureuse et ordinaire jusqu’au jour de ses six ans, jour pendant lequel il a été soumis à l’épreuve des charbons ardents par le sorcier de la tribu. Il a non seulement traversé le tapis de charbons sans être brûlé, mais pendant l’épreuve des flammes jaillissaient des charbons autour de ses pieds, jusqu’à atteindre sa tête, et sans brûler le moins du monde ses vêtements. Le sorcier l’a alors reconnu comme un digne descendant d’El-Bawaf le Flamboyant, un antique sorcier qui avait été sur un pied d’égalité avec les plus puissants génies, et il a alors donné à Ibn Faldan le cimeterre de son ancêtre.

Peu après, un voyageur demanda l’hospitalité à la tribu. Lors du repas qui suivit, ce voyageur remarqua le cimeterre et son porteur, mais ne dit mot à ce sujet avant le lendemain, où il devait repartir et quitter la tribu. L’heure du départ arrivé, il entonna d’étranges invocations, et un terrible éfrit apparu, prêt à massacrer toute la tribu. Le magicien s’adressa alors au chef des nomades, et lui demanda de lui remettre Ibn Faldan, afin de prendre en charge son éducation, qui serait celle d’un citadin et non celle d’un nomade. Sous l’air menaçant du génie, le chef parlementa avec le sorcier, qui lui accorda de renvoyer le jeune garçon à sa majorité. C’est ainsi qu’Ibn Faldan quitta sa famille, pour aller vivre en compagnie d’un magicien de Médine.

Le magicien amena alors le garçon dans un luxueux palais, dont les sols étaient couverts des tapis les plus précieux, les murs de marbre veiné d’or, mais qui semblait étrangement désert. Les portes de ce palais ne s’ouvraient qu’au passage du magicien, qui se faisait servir par d’invisibles serviteurs, des genns de l’air qu’il avait attachés à son service. Il interdit à Ibn Faldan de prononcer le nom d’Allah, et d’accomplir les prières quotidiennes, sous peine d’appeler l’éfrit pour qu’il le dévore. Il ne souhaitait pas éduquer le garçon ni en faire son apprenti, mais semblait vouloir de lui quelque chose d’innommable...

Peu après leur arrivée, le magicien invoqua un autre génie, d’aspect effroyable et repoussant. Il lui commanda quelque chose dans une langue étrange qu’Ibn Faldan n’avait jamais entendu, et le génie étendit une main vers la tête du magicien, et l’autre vers la tête du garçon.Comme celui-ci devait l’apprendre par la suite, le magicien voulait que le génie transfère les pouvoirs du garçon vers lui-même, ne laissant qu’un corps sans âme après son forfait. Mais le génie, retors et rusé comme tous ceux de sa race, trahi le magicien - ou rencontra une force cachée dans l’esprit du garçon. Le magicien et Ibn Faldan partirent tout deux dans ce qu’on appelle en occident le Crépuscule, qui dura tant que le génie assura le contact entre leurs deux esprits.

Lorsque le génie rompit le contact, le magicien hurla de rage, et invoqua alors l’éfrit qui avait intimidé auparavant la tribu. Celui-ci attaqua alors le génie, et le mit en pièce au bout d’un combat acharné. Puis le sorcier sortit en hurlant de la pièce, pour rejoindre ses appartements. Ibn Faldan, encore sous le choc, se découvrait alors des connaissances qu’il n’avait jamais apprises, concernant les mœurs des génies et leur magie. Mais il prit garde d’en souffler mot au magicien une fois celui-ci revenu. Le mauvais génie avait distordu les propos du mage, en transférant une partie des connaissances de celui-ci vers le jeune garçon d’une part, et en réveillant le Don d’Ibn Faldan au lieu de le passer au magicien d’autre part.

Le magicien découvrit alors en même temps qu’Ibn Faldan la présence du Don, quand un tour autour du bazar de Médine fit hurler tous les chiens, et se cabrer les chevaux à proximité du garçon. Le magicien étudia alors le garçon à la lumière de ses pouvoirs mystiques, et découvrit en lui le potentiel d’un grand sorcier, en même temps que le fait que le sang du garçon pouvait lui-même être une source de magie, ce qui était commun parmi les descendants d’une union entre un mortel et un génie. Craignant alors de se retrouver un jour avec un rival potentiel, mais désirant garder la source de magie à disposition, le mage décida de faire du garçon son apprenti.

Or celui-ci ne voulait rien savoir, ni rien apprendre d’un tel infidèle, et ne désirait que rejoindre sa tribu. Il haïssait le magicien, voulait devenir un grand guerrier, et ne voulait rien savoir sur la magie. Le magicien se résolut alors à invoquer un genn du feu, et à le lier au garçon de telle manière qu’ils ne pourraient s’éloigner l’un de l’autre. Malgré la fascination qu’exerçait le genn sur le garçon, celui-ci ne voulait toujours rien entendre sur la magie, et le sorcier ne réussit qu’à lui faire apprendre la lecture et l’écriture.

Deux ans s’étaient écoulés. Un jour arriva à Médine un voyageur qui venait du Nord, de l’empire des Rums. Un méchant génie tenta alors de faire de celui-ci son repas, mais le voyageur se révéla être un mage, et le vainquit rapidement. Pour sauver sa vie, le génie lui indiqua la demeure du sorcier, lui disant qu’un mage ayant de précieux objets magiques se terrait là. Il faut dire que ce génie était le frère de celui qui avait trompé le mage et qui avait été tué par l’éfrit, et qu’il désirait donc venger son frère. Mais le mage, un Flambeau, ne le laissa pas survivre en échange de ces informations.

Le Flambeau résolut alors d’attirer le sorcier de Médine dans un piège. Il se promena dans le bazar, en montrant ostensiblement une baguette ornée de symboles, qui pouvait tout à fait passer pour un objet magique. Peu de temps après, le sorcier l’invita à un repas en son palais. Lors de ce repas, l’étranger se révéla un excellent orateur, un grand voyageur, et un homme parfaitement au courant des coutumes orientales. Le sorcier essaya alors de l’empoisonner, à l’aide de figues saupoudrées d’un banj irakien, une poudre qui peut assommer un buffle.

A peine l’étranger eut-il porté une figue à sa bouche, qu’il se leva et commença à incanter, tandis que des éclairs de lumière commençaient à tourbillonner autour de lui. A la vue d’un tel déploiement de magie, le sorcier se résolut à invoquer son éfrit, mais l’étranger arrêta aussitôt ses invocations pour lancer au sorcier une dague qui s’enfonça au travers de sa gorge. Ainsi finit le sorcier de Médine, un mécréant qui foulait aux pieds le nom d’Allah.

Le mage étranger débusqua aussitôt Ibn Faldan, qui assistait au repas dissimulé derrière quelques tentures. Repérant en lui le Don (et facilité en cela par la vue du genn tournoyant autour du garçon), il résolut à son tour d’en faire son apprenti. Le mage apprit alors au garçon que toute sa tribu avait été massacrée par l’éfrit, mais que même lui n’était pas assez puissant pour provoquer une telle créature et la vaincre. Cela fût un tournant dans la vie d’Ibn Faldan, qui résolut alors d’apprendre la magie afin de se venger de l’éfrit et de rétablir l’honneur de sa tribu.

Le mage, Cytus de Flambeau, décida alors de retourner à son Alliance, en scellant magiquement le palais et son contenu. Il emmena alors Ibn Faldan jusqu’à Constantinople, où se trouvait son laboratoire, dans l’Alliance des Sept Portes.

A cette époque, Constantinople était encore au sommet de sa gloire, le joyau du monde civilisé. Cette ville immense, riche et fastueuse, passionna dès lors le jeune apprenti, désireux d’en connaître les moindres ruelles. Il n’oublia pas cependant son but ultime, et se prépara à de dures études.

Mais Ibn Faldan ne fût pas aussi bien reçu au sein de l’Alliance des Sept Portes. Les Arabes étaient alors une grande menace sur la cité, des ennemis de l’Empire. Les puissants mages de Constantinople soutenaient l’Empereur, et certains d’entre eux le faisaient de manière active, durant les batailles contre les païens.

Dès le retour de Cytus, il apparut que la prochaine session du Tribunal de Thèbes aurait lieu à Delphes, et que celui-ci devait y aller en tant que représentant de l’Alliance des Sept Portes d’une part, mais aussi en tant que voyageur ayant observé les mouvements des Arabes d’autre part. Il prît juste le temps de dire qu’Ibn Faldan était désormais son apprenti, de laisser celui-ci aux soins de l’intendant, et il repartit aussitôt.

Malgré le genn qui lui tournait autour, Ibn Faldan ne reçut aucun respect des membres de l’Alliance. On le logea avec la turbula, parmi les durs soldats. Quand l’intendant s’aperçut que cela ne le dérangeait pas (la vie dans le désert étant bien plus rude), il décida de lui donner de dures corvées pour l’occuper. Mais jamais le jeune Arabe ne plia à sa volonté.

La résistance d’Ibn Faldan intéressa un autre mage, Conflictus de Tytalus. Il observa celui-ci discrètement, et décida de parler avec Cytus à son retour.

Quand Cytus revint de Delphes, il commença par loger Ibn Faldan dans d’autres quartiers, quoique toujours austères, et commença à instruire son apprenti de manière intensive. Conflictus eût alors un entretien avec Cytus, lui demandant son apprenti. Bien que Conflictus aie proposé quantité de virtus ou de services, Cytus ne céda pas. Conflictus parti alors de l’Alliance furieux, et décidé à trouver un apprenti à sa hauteur.

Conflictus revînt après quelques mois de voyage, avec une jeune slave, qu’il prît comme apprentie. Dès lors, il s’efforça de monter celle-ci contre Ibn Faldan, de les mettre en compétition. Davna, l’apprentie Tytalus, rechercha à provoquer l’apprenti Flambeau en toute occasion.

Mais Cytus avait imposé une discipline toute militaire sur son apprenti, un apprentissage rigoureux, et pour éviter Davna, Ibn Faldan se tourna vers les études magiques même lors de ses temps libres. Cytus s’attachait à comprendre la relation entre Ibn Faldan et son genn, à former son apprenti pour que celui-ci puisse faire du genn son familier selon les règles hermétiques. Mais au bout de trois ans, il ne supportait plus d’avoir l’apprenti tout le temps sur le dos. Il lui permit de sortir de l’Alliance, et de visiter Constantinople.

Lors de la session suivante du Tribunal de Thèbes, un mage vivant de l’autre côté de la Méditerranée, Cléostratus d’Umbricius, vînt rendre visite à la puissante Alliance des Sept Portes. Ibn Faldan était alors dans sa septième année d’étude, et avait 16 ans. Cytus le présenta à Cléostratus. En discutant, Cléostratus sympathisa avec l’apprenti, et l’assura de son appui s’il avait des problèmes un jour. Il lui glissa que son entrée dans la maison Flambeau était loin d’être acquise, au vu de la mentalité de ses membres, toujours prêts à brûler un païen. Cytus acquiesça, car il avait pu sonder ses frères lors du Tribunal,et ceux-ci avaient une position très tranchée sur la question, avivée par la Reconquista espagnole. Il fût décidé alors qu’Ibn Faldan entrerait dans la maison Umbricius lors de son Passage du Gant.

Ayant atteint sa stature d’adulte assez tôt, Ibn Faldan commença à faire des rencontres intéressantes parmi le peuple de Constantinople. Il rencontra un autre Arabe, Abdallah le Converti, un soufi, qui lui expliqua comment concilier sa foi et la vie chez les infidèles. Puis un autre encore, un mercenaire, qui lui apprît les bases du maniement de son cimeterre. Il devînt un parfait citadin.

Puis un jour un mage de Tremere s’en vint à l’Alliance des Sept Portes. Il venait s’installer, et apportait avec lui un apprenti, Scytale, un jeune homme livide au crâne rasé. Celui-ci prit bientôt en haine Ibn Faldan, sans aucune provocation de la part de celui-ci. Épaulés par Conflictus, Davna et Scytale résolurent de faire de la vie d’Ibn Faldan un enfer. Désormais, eux aussi avaient accès à Constantinople, et pouvaient traquer leur proie sans la surveillance des mages de l’Alliance des Sept Portes.

Ayant maintenant 21 ans, Ibn Faldan n’avait pas grand chose à craindre de ses adversaires sur le plan physique, et son port d’une arme blanche lui permettait de s’imposer auprès de la turbula. Davna étudiait Ignem pour le surpasser, mais ils étaient toujours à égalité. Scytale était lui un expert du contrôle mental, et Ibn Faldan se mit à craindre de tomber sous sa domination. Cytus lui fît étudier Rego et Mentem intensivement, afin de forger le lien hermétique avec le genn, qui pouvait protéger Ibn Faldan des attaques de l’apprenti Tremere.

Après quelques mois à vivre en proie face aux deux autres apprentis, Ibn Faldan se confronta alors à Scytale. Celui-ci s’aperçut qu’il ne pouvait agir sur l’esprit du Maure, que celui-ci l’avait cerclé de feu. Le lien entre le genn et l’apprenti était désormais renforcé de manière hermétique. Face à un Scytale terrifié, Ibn Faldan avança, et démonta Scytale à coups de poings, ce qui n’était pas interdit, au contraire des batailles magiques entre apprentis. Désormais, seule Davna harcelait encore Ibn Faldan, Scytale ayant appris à le respecter.

L’épreuve du Gant approchait alors, mais de sombres nuages s’amassaient sur Constantinople. Les croisés, trompés par les Vénitiens, attaquèrent la prestigieuse cité. Cytus se résolut à partir, pour éviter ses frères alliés aux croisés, en emmenant avec lui son apprenti. Davna défia une dernière fois Ibn Faldan en certamen, mais perdît une fois de plus. Ibn Faldan convînt qu’il reviendrait la défier plus tard, quand il reviendrait.

Partis en mer depuis un mois, Cytus et Ibn Faldan ne vécurent pas le pillage de Constantinople, la fin de son opulence. Mais Ibn Faldan avait d’autres sujets de préoccupation. Il ne pouvait revenir à Constantinople, mais devrait fonder une Alliance, tels qu’avaient toujours fait les mages de la lignée de Cytus, la lignée de Narbo Martius.

Lorsque le bateau se trouva à côté d’une île déserte, à quelques jours de voile de Barcelone, Cytus débarqua son apprenti et lui présenta le Gant : le rejoindre à la Convention des Mages de Narbo Martius dans le mois.

Ibn Faldan dût donc attendre qu’un bateau passe, faire accélérer celui-ci jusqu’à Barcelone, traverser les Pyrénées dans un froid qu’il n’avait jamais crû exister, pour enfin rejoindre Narbonne. Là il rencontra d’autres apprentis qui venaient de passer le Gant, et fonda avec eux l’Alliance de la Tour Émeraude.



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