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B.I.A.

Prairie Niggers !

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mardi 8 février 2011, par Léonard

Le B.I.A. est souvent confronté à des affaires où les Amérindiens sont victimes de meurtres ou d’agressions. Commençons par chercher les suspects habituels, en faisant un tour d’horizon des opinions anti-indiennes, et des violences commises contre les Natifs.

Combattus pendant plusieurs siècles, décimés par la guerre et les maladies, spoliés de la majorité de leurs terres, arrachés à leur culture et à leurs langues, victimes de la pauvreté et de l’alcoolisme, les Indiens semblent avoir eu leur part de souffrance. Pourtant, ils sont toujours soumis au racisme de la part de nombreux Blancs. Parfois, il s’agit de simples insultes, tracées sur les panneaux routiers des réserves, ou lancées au cours d’événements sportifs ou culturels : red niggers ou Prairie niggers ("nègres rouges" ou "nègres de la Prairie"), Welfare warriors ("guerriers de l’Aide Sociale"), pie faces ("faces de tartes", en référence au visage rond de certains Amérindiens), etc. Mais souvent, le racisme peut s’exprimer de façon plus grave : que ce soit par des agressions, ou par un activisme insidieux visant à abolir les droits obtenus par les Indiens.

Les groupes anti-indiens

L’activisme anti-indien est né dans les années 1960, sur la côte nord-ouest des États-Unis, en réaction aux revendications des tribus pour faire respecter leur droit de pêche. Il s’est ensuite étendu à d’autres États de l’Ouest et du Midwest, trouvant un écho chez les propriétaires terriens blancs, vivant dans les réserves, ou à proximité.

Plusieurs associations anti-indiennes sont apparus depuis les années 1960. Il ne s’agit pas de partis politiques, ni de bandes de malfaiteurs, mais de groupes de pression, pratiquant le lobbying auprès des pouvoirs publics. Parmi ces associations, on peut citer par exemple :

  • Interstate Congress for Equal Rights ans Responsabilities (ICERR), né dans le Nord-Ouest, et qui est devenu un groupe national.
  • Citizen Equal Rights Alliance (CERA), basé au Montana, mais qui est aussi répandu dans tout le pays.
  • Cheyenne River Landowners Association, dans le Dakota du Sud, sur la réserve de Cheyenne River.
  • Concerned Citizens Council au Nebraska.

Ces groupes prétendent tous revendiquer une stricte égalité entre tous les citoyens américains. Selon eux, les aides et la protection accordées aux Indiens par les lois fédérales et tribales font d’eux des privilégiés. Sans tenir compte de l’évident dénuement dans lequel vit cette communauté, les activistes anti-Indiens ne voient qu’une inégalité de droits contraires aux principes de la Constitution. Pour eux, les Natifs bénéficieraient de tellement d’avantages (aide sociale, couverture médicale, bons d’approvisionnement, etc.) qu’ils seraient maintenus dans une situation d’assistés, ne cherchant ni à travailler, ni à sortir de la misère. De leur côté, les Blancs des réserves, ou des alentours, seraient une minorité défavorisée. Certains vont même jusqu’à parler de Red Apartheid, dont les Blancs seraient les victimes.

Les revendications de ces activistes se portent souvent sur l’accès aux ressources naturelles : ils demandent l’abrogation des traités accordant des droits particuliers de pêche ou de chasse aux Indiens, ou permettant aux institutions tribales de posséder des terres, des forêts ou des ressources minières. Parfois, c’est sous couvert de défense de l’environnement, ou de promotion de la chasse et de la pêche, que des associations attaquent les Indiens sur ces questions (c’est le cas de la National Wildlife Association ou de l’International Association of Fish and Wildlife Agencies, par exemple).

L’un des principaux conflits concernant les ressources naturelles s’est produit à la fin des années 1980, dans le Wisconsin. Il concernait le droit des Ojibways (ou Chippewas) à pêcher sur les Grands Lacs, à l’extérieur de leurs réserves. Un groupe anti-indien radical, Stop Treaty Abuse (STA) fut créé à cette occasion, et provoqua des violences contre les Indiens : agressions, menaces, destruction de bateaux de pêche, etc.

Pourtant, ces associations anti-indiennes refusent officiellement l’utilisation de la violence. De même, elles rejettent les accusations de racisme, n’hésitant pas à affirmer que certains de leurs membres sont d’origine indienne. Pourtant, il existe des liens avérés entre ces groupes et les courants d’extrême-droite américains.

Les groupuscules d’extrême-droite

De nombreux groupes racistes et néofascistes existent aux États-Unis, la Constitution leur garantissant une liberté d’expression très large. Ils n’ont pas beaucoup de poids au niveau national, mais sont répandus dans tout le pays. Le nombre de ces groupes est d’ailleurs en très forte augmentation depuis le début des années 2000, passant 600 à 900 groupuscules environ.

Ces mouvements d’extrême-droite ont des idéologies très variées, mais ils partagent presque tous certaines opinions : le racisme, le nationalisme, l’hostilité au gouvernement fédéral, et un attachement farouche à leurs libertés individuelles. Parmi cette multitude, on peut remarquer quelques courants et groupes principaux :

  • Christian Identity, un courant regroupant de nombreux groupuscules à travers le pays. Son idéologie mêle le christianisme aux thèses racistes, en affirmant par exemple que le Christ était Aryen, et que les Anglo-Saxons sont le peuple élu. Le racisme et l’antisémitisme sont à la base de leur pensée. Parmi les groupes de la Christian Identity, le plus connu est Aryan Nation, né dans l’Idaho, mais qui est aujourd’hui représenté dans de nombreux États.
  • Les groupes néo-nazis, qui se réclament de l’idéologie de l’Allemagne nazie, dont ils reprennent les symboles. Ils sont représentés notamment par la National Alliance.
  • Les groupes se prétendant héritiers du Ku Klux Klan, surtout représentés dans le Sud. Ils entretiennent surtout une haine des Noirs, mais sont aussi hostiles aux autres minorités ethniques, aux étrangers ou aux homosexuels.
  • Des bandes de skinheads, qui se démarquent des autres groupes par la jeunesse de leurs membres, et par l’extrême violence de leurs actions. Ils se sont rendus coupables de plusieurs meurtres de Noirs ou d’hispaniques, notamment.
  • Aux courants purement d’extrême-droite s’ajoutent plus de 500 "groupes de patriotes" et "milices", dont le principal objectif est de défendre leurs libertés individuelles contre l’État fédéral, considéré comme hégémonique. Ces milices disposent souvent de matériel militaire, et s’entraînent dans les bois, en vue d’une prochaine lutte armée.

Ces groupuscules d’extrême-droite ne sont pas spécifiquement anti-indiens. Mais en règle général, leur racisme s’étend à tous les peuples non-européens. Et comme beaucoup de ces groupuscules et de ces milices vivent dans des régions reculées du pays, on en trouve plusieurs établis à proximité de réserves indiennes. Des violences commises sur les Indiens par des militants d’extrême-droite sont donc toujours susceptibles d’arriver. On peut ainsi citer les meurtres de deux Navajos, commis en 2000 par un mystérieux gang nommé les Krazy Kowboy Killers, ce qui montre bien leur parenté avec le Ku Klux Klan.

Les violences contre les Indiens

Les Indiens ne sont pas particulièrement violents. Ils commettent moins de meurtres, par exemple, que les membres des autres communautés. En revanche, ils sont deux fois plus souvent victimes de crimes que les autres Américains. Et, contrairement aux autres groupes ethniques, ces violences sont rarement commis par des membres de la même communauté : dans 70 % des cas, les violences contre les Indiens sont perpétrées par des non-Indiens. Les chiffres sont encore plus accablants lorsqu’on prend le cas des crimes sexuels : une Indienne sur trois est agressée sexuellement au cours de sa vie, bien plus les femmes blanches, noires ou hispaniques. Et dans 85 % des cas, les viols sont commis par des non-Indiens.

Les agressions commises contre des Indiens sont principalement le fait de Blancs pauvres, racistes, vivant à proximité des réserves. C’est souvent dans les Border towns, villes à majorité blanche proches des réserves, que se produisent de telles agressions. Régulièrement, des Indiens s’y rendent pour acheter de l’alcool, dont la vente est interdite dans beaucoup de réserves. C’est lorsqu’ils sont seuls, éméchés, que leurs agresseurs en profitent pour les passer à tabac, allant parfois jusqu’à les tuer. Ainsi, la ville de Farmington, Nouveau-Mexique, à la frontière est de la Nation Navajo, est régulièrement le théâtre de violences contre des Indiens.

Dans d’autres cas, les coupables sont des Blancs vivant eux-mêmes dans une réserve. Car dans la plupart des réserves indiennes, il existe une forte minorité blanche. Dans la réserve sioux de Standing Rock, par exemple, 3600 des 9000 habitants ne sont pas indiens. Et malheureusement, ils ne sont pas concernés par les lois tribales, et ne peuvent pas être poursuivis par les tribunaux indiens.

On constate d’ailleurs que la plus grande partie des agressions, viols ou meurtres d’Indiens restent impunis. Parce que les polices tribales manquent de personnel, de moyens et de formation pour mener des investigations criminelles. Mais aussi parce que les shérifs locaux, les plus à même d’arrêter des criminels non-indiens, ont encore trop souvent tendance à fermer les yeux, ou à considérer les actes commis contre des Indiens comme non-prioritaires. Et puis, les Indiens eux-mêmes, sans illusions sur leurs possibilités d’obtenir justice, prennent rarement la peine de porter plainte. Il semblerait que seuls 10 % des agressions subies par les Indiens soient rapportées à la police.

Pourtant, les Indiens ont, en théorie, un recours pour être défendus par les institutions fédérales : les violences reconnues comme racistes sont considérées comme des crimes fédéraux. Elles ne dépendent donc pas de la police locale, mais du F.B.I. Par délégation, c’est le B.I.A. qui peut être amené à enquêter sur de telles affaires.

Références

Cet article a été écrit en compilant des informations provenant principalement de sites américains. Parmi eux, on peut citer en particulier :



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