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 Connaissance

L’armée impériale

jeudi 2 février 2006, par Mercutio


Vous trouverez ici un exposé rapide des caractéristiques de la Légion romaine sous l’Empire. Je vous épargnerai donc les considérations sur l’armée royale ou républicaine, ou les évolutions d’armement, pour me concentrer sur ce qu’elle était à l’apogée de Rome.

I - Historique

Au fil des siècles, l’armée romaine a connu diverses évolutions. Au départ, seuls les citoyens possédant le droit de cité et une terre doivent s’enrôler pour un service militaire d’une vingtaine d’années. En outre, chacun doit payer soit-même son équipement ; les chevaliers sont ainsi les plus riches des soldats, et forment une caste particulière, proche de la noblesse, tandis que les plus pauvres, aux équipements succincts, forment le corps des velites, les tirailleurs légers.

Du coup, l’armée de la royauté et des premiers siècles de la République est assez disparate. Les soldats s’équipent comme ils peuvent, récupèrent du matériel sur les ennemis morts, et se constituent chacun de leur côté un armement personnel.

Mais en -107, Gaius Marius réforme profondément cet état de faits. Désormais, l’armée sera professionnelle ; Rome paiera à chaque soldat son équipement, qui est maintenant uniformisé. Les armes sont inspirées des adversaires combattus par Rome : chacun se voit remettre un glaive espagnol, un bouclier et une cotte de maille gaulois, et un pilum.

L’entraînement est également réglé, et le service militaire est fixé à 25 ans, au terme desquels chaque légionnaire reçoit une terre à cultiver.

Cette situation institutionnalisée se poursuit sous l’Empire, où peu de choses changent réellement : l’armée romaine conserve, peu ou prou, la même organisation.

II - Organisation

Effectifs
L’armée romaine est constituée d’unités autonomes appelées Légions. Elles sont structurées de la façon suivante :

- 1 Centurie : 80 hommes
- 1 Manipule : 2 Centuries (160 hommes)
- 1 Cohorte : 3 Manipules (480 hommes)
- 1 Légion : 9 Cohortes (4320 hommes)

S’ajoute à ce nombre la Première Cohorte, constituée de 5 Centuries de 160 hommes chacune (soit 800) et un détachement de 120 cavaliers, appelé equitatus. Avec les civils qui accompagnent la troupe pour la nourrir ou la soigner, la Légion atteint donc le nombre de 6.000 hommes.
Les Cohortes, à l’intérieur de la Légion, sont classées par ordre d’importance : la première est ainsi une unité d’élite, tandis que les autres sont de moins en moins prestigieuses.

A la tête de tout cela se trouve le Légat, en charge du commandement de la Légion. Juste en dessous de lui se trouve le Préfet du Camp, chargé de l’entraînement et du commandement à l’intérieur du camp. Son second est le Premier Centurion, qui dirige la Première Cohorte ; il est le supérieur direct des 9 Centurions en chef, qui commandent aux Cohortes restantes. Enfin, les Centurions normaux ont une Centurie sous leurs ordres, et sont secondés par un Optione.

On en arrive donc à cette hiérarchie :

Légat > Préfet du Camp > Premier Centurion > 9 Centurions en chef > 59 Centurions et Optiones.

Armement

Les légionnaires ont un équipement standard, qui comprend :

Les armes :
- le glaive, épée courte (60cm de lame) à double tranchant
- le pilum, arme de jet lourde (2m de long, dont 1m de fer)
- l’hasta, lance de 2m20 prévue pour les corps à corps

Les protections :
- la cuirasse segmentée, constituée de lamelles de métal souple articulées ; portée seulement pendant le 1er s. ap. J.-C.
- la cuirasse musclée, moulée sur le corps, réservée aux officiers
- la cotte de maille, empruntée aux Gaulois, très répandue chez les simples soldats
- le cassis, casque lourd qui couvre les joue, la nuque et la tête
- le scutum, large et long bouclier (1m20 de haut), avec un renfort au centre appelé umbo, destiné à dévier les flêches

La tenue :
- la tunique, souvent rouge, portée sous l’armure
- les caligae, sandales de cuir à la semelle renforcée
- le balteus, ceinture bardée de lanières de cuir et de métal censées impressionner l’ennemi par le bruit qu’elles font en s’entrechoquant

A cela s’agite un barda d’une vingtaine de kilos, comprenant tout le matériel nécessaire à l’établissement d’un camp et à la vie quotidienne.

L’armée en déplacement

Lorsqu’elle se déplace, l’armée romaine suit toujours le même schéma. Tout d’abord, on déplace généralement deux légions simultanément, organisées comme suit :

La marche de la colonne (acies) est ouverte par la cavalerie (Equitatus. Viennent ensuite les Velites, les soldats légers de l’armée, suivis de la légion proprement dite avec son armement réglementaire. Derrièe eux viennent les bagages de la colonne, les impedimenta, destinés à assurer la vie de l’armée. Puis, on retrouve immédiatement après une autre légion, suivie d’une autre troupe de vélites, et d’un dernier détachement de cavalerie.

Le camp romain

Enfin, après chaque journée de mouvement, il convient de monter le camp pour la nuit. Celui-ci est généralement situé en hauteur, mais on recherche avant tout de l’eau, du fourrage pour les bêtes, et un accès facile pour simplifier le travail des soldats fatigués. Généralement, il doit pouvoir accueillir 4 légions, et fait un bon 300m de côté.

La première étape tient à l’installation du Prétoire, la tente du Préfet du Camp. Puis on place des fanions de couleur pour délimiter le plan du camp. Enfin, on creuse le fossé (fossa), et avec la terre qui en sort, on monte le talus (ager) sur lequel sera bâtie la palissade de bois (valum).

Deux rues principales sont tracées, le Decumanus et la Via Principalis, qui se croisent devant le Prétoire ; la place ainsi formée sera le forum, sur lequel est installé l’autel de la légion. De part et d’autre de la tente du général se trouvent également le Trésor et l’infirmerie. Enfin, à proximité, sont intallées les tentes des troupes d’élite.

Le reste de l’armée se trouve logée dans des tentes réparties le long des rues principales, et éloignées d’au moins 60m de la palissade pour avoir la place nécessaire à l’entraînement et mettre les premières tentes hors de portée des flèches adverses.

Le camp est abandonné au matin, et on le remonte le soir venu ; mais certains deviennent permanents, pour pouvoir sécuriser une zone. On le pérennise alors en montant un mur de pierre à la place de la palissade, et en fabriquant des barraquements solides. La surveillance des frontières est une priorité ; mais dè Auguste, celle de Rome acquiert une importance au moins égale.

III - L’armée à Rome

Rome est une mégalopole, l’une des premières de l’histoire. Sa population exponentielle entraîne un certain nombre de problèmes de sécurité, et il a fallu les gérer. Du coup, on en est venu, sous l’Empire, à mobiliser des légions dont le seul but serait la protection et la sécurisation de la ville.

Les Vigiles

Le corps de sécurité le moins important de la ville est la cohorte des Vigiles. Constituée en majorité d’affranchis, c’est-à-dire d’anciens esclaves, elle s’occupe des incendies et des patrouilles nocturnes. Placés sous les ordres du Préfet des Vigiles, ils ont le travail le moins aisé, et une condition plutôt défavorable. Malgré un nombre conséquent de 7.000 hommes, son service de nuit est peu efficace, et errer dans les rues après le coucher du soleil peut relever de l’aventure périlleuse...

Les Cohortes Urbaines

Le corps suivant, mieux placé, constitue les cohortes Urbaines. Constitué de 3 cohortes de 1500 hommes chacune, ses légionnaires sont des citoyens, chargés d’assurer la police diurne. On trouve des légionnaires urbains un peu partout dans la ville, en poste fixe ou en patrouille, et ils constituent la véritable police de Rome.

Les Cohortes Prétoriennes

Enfin, les cohortes Prétoriennes sont l’élite de ce système de sécurité. Ses hommes sont recrutés parmi les meilleurs légionnaires de l’Empire. La légion prétorienne se compose de neuf cohortes, dont trois seulement ont le droit de stationner à Rome, tandis que les autres sont dispersées en Italie. Ce sont les seules forces armées autorisées dans l’enceinte du pomoerium, le cœur sacré de la Ville. Elles se distinguent par leur tenue, puisqu’elles sont les seules à patrouiller en tenue civile, ce qui leur permet de se mêler à la foule (c’est la cohors togata, la cohorte en toge). Elles surveillent et protègent Rome, ses lieux stratégiques, et le palais impérial : c’est en son sein que sont choisis les membres de la garde rapprochée impériale
 [1]. Pensez-y comme le FBI local... Cela ne l’empêche pas de suivre l’Empereur à la guerre lorsque c’est nécessaire, et de laisser quelques temps la surveillance de Rome aux cohortes urbaines.

Les relations entre ces différents corps ne sont pas toujours au beau fixe. Si les Vigiles ont une certaine tendance à faire profil bas en présence de membres des autres sections, les cohortes Urbaines et Prétoriennes sont par contre en compétition permanente. Ces deux corps rivaux sont néanmoins logés dans les castra Praetoria, les Camps Prétoriens, situés au N-E de Rome. Ensemble, malgré leurs différences, ils veillent sur la Cité Eternelle.

Notes

[1Il est à noter que grâce à cette position, les Prétoriens deviendront, au fil des siècles, une force politique majeure, capable d’imposer des Empereurs. Ainsi, ils seront les meurtriers de Tibère ou de Caligula, et imposeront Claude à la tête de Rome. Par la suite, certains empereurs peu surs de leur stabilité paieront grassement cette cohorte pour s’en assurer le soutien militaire...



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