Probablement les « croquemitaines » les plus craints des Mondes Connus en cette époque, les antinomistes en viennent à sourire à l’idée que l’on puisse leur prêter plus de pouvoirs qu’ils n’en ont - la seule évocation de leur nom suffit à provoquer une panique générale au sein d’une foule... Et par conséquent, le seul fait d’être soupçonné de pratiques antinomiques vous assurera un aller simple pour l’au-delà : dans ce domaine, l’Inquisition ignore purement et simplement le bénéfice du doute, mieux vaut risquer la vie d’un innocent que de laisser un antinomiste errer librement à travers les Mondes Connus.
Si l’opinion commune met tous les antinomistes dans le même sac - celui des adorateurs des « démons », ces mystérieuses entités contre lesquelles le Prophète mit en garde l’humanité lors de ses prêches - on peut cependant distinguer quatre grandes catégories distinctes d’antinomistes :
- Les sorciers et autres pseudo-enchanteurs, qui tiennent plus du rebouteux et de l’halluciné imaginatif que de l’ennemi de la foi. S’ils n’ont aucune réelle influence démoniaque, ils n’en sont pas moins les « clients » les plus récurrents de l’Inquisition, faute d’être aux aguets comme le sont les véritables antinomistes.
- Les haruspices, capables de lire les courbes du temps passé comme futur, dans les entrailles des êtres vivants (ce qui est proprement insupportable pour l’Église, cette optique signifiant que toutes nos actions - bonnes comme mauvaises - seraient « programmées » à l’avance).
- Les nécromants, proches du culte Sukara Manja (perversion des rites funéraires ukar) conçu par les Li Halan d’avant la Conversion, dont les pratiques permettent d’invoquer l’esprit des morts, qu’ils brûlent en Géhenne ou connaissent les plaisirs de l’Empyrée, et parfois de les réincarner momentanément (dans des corps faits de chair ou de plastique et métal pour les techno-fétichistes) le temps d’un dessein abject.
- Les démonistes sont les plus célèbres, adorateurs des entités issues des Qlippoth, les dix plans infernaux de la Géhenne... Ces individus sont craints à juste titre puisqu’ils détiennent le pouvoir de matérialiser les démons, voire les Sultans de ces derniers, depuis les abysses de leur plan d’origine jusque dans notre réalité.
Heureusement, l’Inquisition s’est montrée jusque là efficace et prompte à frapper ces mignons des ténèbres - d’autant plus que la solidarité n’est guère répandue chez ces derniers - mais quand on sait de quels pouvoirs leurs maîtres peuvent les doter, la puissance de l’Église toute entière semble parfois bien relative... Ne fait-elle pas que retarder l’inévitable ?




Envoyer par email