SDEN - Site de jeu de role
Accueil > Fading suns > Aides de jeu > Factions et groupuscules > Guildiens et indépendants > La troupe des Danseurs Visages
Contribuer

Fading suns

La troupe des Danseurs Visages

mercredi 28 avril 2010, par Kerk

Les psychomanciens maîtres de la Voie du Soma ont longtemps étonné - et rapidement attiré - les diverses agences de renseignement des Mondes Connus, de par leur maîtrise du corps, et plus particulièrement des visages, véritables caméléons humains...

Si la Seconde République et ses merveilles technologiques (depuis les synthévisages jusqu’aux batteries de clones multifonctions) avaient offert aux espions des moyens jusque-là considérés comme de la science-fiction, la Purification puis les Nouveaux Ages Sombres allaient rapidement plonger ces merveilles sophistiquées dans l’oubli. Une première alternative émergea avec les Variants, humains dont on avait soigneusement modifié le code génétique, mais ils se révélèrent trop rares, trop coûteux, et parfois bien peu dociles - sans oublier la traque impitoyable à laquelle se livrait l’Église Universelle face à ces "abominations sans âmes" cauchemardesques.

Une nouvelle solution serait la bonne : employer et former des psychomanciens éprouvés, dont les pouvoirs psychiques leur permettraient d’endosser l’apparence, voire la personnalité de leur cible, grâce aux rites de Soma et de Psyché - autant dire des espions proches de la perfection, même si leur recrutement allait s’avérer long et difficile. Mais à côté de cette vague naissante de spécialistes impitoyables de l’infiltration, du sabotage et de l’assassinat, un corps bien à part allait finir par voir le jour : les Danseurs Visages.

HISTOIRE

Rien ne prédisposait Diego Ib-Chazouani et ses amis à l’espionnage, eux qui avaient pour la plupart été réunis volontairement ou incidemment par l’amour des arts, et du théâtre plus particulièrement. Ensemble, ils avaient secrètement formé une petite troupe ambulante, se déplaçant sur Midian, mais devenue rapidement populaire auprès des amateurs du genre (francs-sujets comme nobles et prêtres de bon goût), pour une très bonne raison : jamais les spectateurs n’avaient vu d’acteurs ressembler à un tel point aux personnes qu’ils incarnaient - qu’il s’agisse du seigneur local parodié ou de la tragédie de l’Empereur Vladimir (la figure de ce dernier étant fortement ancrée dans l’imaginaire commun des Mondes Connus) ! Et pour cause, les sept acteurs étaient tous des spécialistes du Soma !

Ce succès grandissant allait bientôt provoquer de rapides changements au sein de la troupe : les capacités étranges des acteurs, leurs mimiques et leurs traits étonnamment (même trop) réalistes finirent par attirer l’œil des Martyrs Cachés... A la suite d’une représentation, en se rendant à leur hôtellerie, les sept acteurs se virent encerclés par une dizaine d’hommes habillés de capes sombres, leurs visages dissimulés derrière des masques blancs immaculés - ils pensaient finir sur l’échafaud, arrêtés par les sbires du Synecullum pour le prix de leur don, et ils finirent devant le Prince Flavius Li Halan en personne !

Celui-ci leur fit une proposition - une proposition comme celles que l’on ne peut décemment pas refuser. En effet, les Guerres Impériales parvenaient à leur paroxysme, alors qu’Alexius se rapprochait de plus en plus du trône, et Flavius craignait (à juste titre) que les Décados, au bord du gouffre et d’une cuisante défaite, ne se livrent à une vague de meurtres sans précédents auprès des états-majors Hawkwood, al-Malik et Li Halan, avec l’aide des Jakoviens et des Kosaques, afin de parvenir à renverser la situation coûte que coûte.

Le rôle dévolu aux Danseurs Visages serait fort simple : agir comme "simulacres" de personnalités importantes, et prendre les risques à leur place. Pendant que le "faux" Amiral Shen Fu inaugurerait en grande pompe un cuirassé flambant neuf en orbite de Kish, "l’authentique" serait en train de préparer la prochaine offensive spatiale, à l’abri des murs d’un bunker. Bien évidemment, cette "héroïque participation désintéressée à l’effort de guerre", d’après les termes des services secrets li halan, ne serait pas sans compensation : chaque acteur disposerait à l’avenir de l’appui personnel du Prince (évitant ainsi moult complications avec l’Église, décidément peu tolérante vis-à-vis des psychomanciens), et la troupe se verrait richement récompensée, en crédits, en pièces de théâtre fort rares ainsi qu’en contacts, dès la fin des Guerres Impériales.

LE PRÉSENT

Si les Danseurs Visages ont jamais eu une chance, c’est celle d’avoir été "mis sous tutelle" li halan tout juste deux ans avant qu’Alexius ne soit couronné Empereur des Mondes Connus en 4993, s’épargnant ainsi de nombreux problèmes avec les redoutables assassins des Décados et Van Gelder...

Suite aux années de paix impériale, la troupe a paisiblement repris son activité première sous le nom de Théâtre Itinérant du Printemps de Midian, avec l’aide promise par Flavius : jamais ses costumes et décors n’ont été aussi riches, et son répertoire a été grossi de nombreuses œuvres provenant de bibliothèques privées ou oubliées. Quant au public, celui-ci s’est considérablement diversifié : autrefois, la troupe ne jouait que face à des bourgeois et francs-sujets, ou parfois devant de rares nobles de province ; et à présent, les acteurs jouent pour les plus grands seigneurs des Mondes Jardins Li Halan (notamment la famille princière), mais également devant des parterres de serfs - une nouvelle façon d’instruire ces derniers dans le bon sens tout en les divertissant, a sagement jugé le Prince.

Leur pièce maîtresse : la désormais classique Conversion de Cardano, dont le moment phare est bien entendu l’illumination de Cardano - le public est toujours aussi émerveillé (et stupéfié), par la transformation tant spirituelle que physique du Tyran lors de la révélation divine, le visage de ce dernier s’adoucissant et s’éclaircissant en l’espace de seulement quelques secondes, révélant sa nouvelle personnalité. Nobles et prêtres n’hésitent pas à verser quelques larmes devant tant de majesté, et les représentations font toujours salle comble.

Reste que de temps à autres, le Prince fait appel aux talents dont les acteurs ont su faire preuve au cours des Guerres, le temps de "simuler" une sommité (à noter qu’il s’agit davantage d’arranger une relation sentimentale compliquée, qui risquerait de causer de nombreux torts à la Maison, que d’échapper aux balles d’un hypothétique meurtrier !). De plus, pour s’assurer qu’il ne soit fait aucun tort à ses protégés, Flavius a organisé leur protection, tant au cours de leur missions que de leur représentations, par une poignée de Martyrs Cachés - on ne sait jamais, d’autant plus que les satires des acteurs, à l’encontre des Li Halan non convertis, des rebelles de Rempart et des guildiens grippe-sous (entres autres), ne leur ont pas attiré que de l’amitié. Sans oublier la jalousie des guildes de divertissement, qui voient là une "concurrence parfaitement déloyale" !

En dépit de ces quelques inimitiés, les acteurs ont depuis longtemps gagné l’admiration et le respect de ceux et celles qu’ils ont incarnés au cours de leurs missions - ce sont autant d’amitiés durables (malgré les évidentes différences de castes) qui sont nées, d’autant plus que les Danseurs Visages s’imprègnent longuement des personnalités qu’ils doivent feindre, s’y habituant, et parfois s’y intégrant à part entière. A force, la "cible" et son "image" (ou Eidos et Eidolon en langage codé) finissent même par se comprendre d’un seul regard, grâce à cette étrange union.

A noter que chaque Danseur Visage dispose encore à l’heure actuelle d’un petit souvenir des Guerres impériales, sous forme d’un réceptacle d’Anima destiné aux missions de très longue durée, au cours desquelles les Danseurs se devaient d’incarner leurs cibles des heures durant sans avoir l’occasion de se reposer et de régénérer leur énergie occulte. Ces réceptacles leur ont été finalement offerts en signe de reconnaissance, et ils prennent chacun la forme d’un objet parfaitement anodin : une tabatière, un étui à cigarettes ou à lunettes, un poudrier, un boîtier quelconque, etc. Des artefacts également utiles pour les représentations s’étendant sur d’innombrables actes !

LA TROUPE DES DANSEURS VISAGES

Diego Ib-Chazouani

La vie de Diego est un long fleuve tumultueux, un véritable lacis tortueux... Diego est né dans les plats-pays de Byzantium Secundus, de parents dont l’identité est restée à jamais mystérieuse (même si aujourd’hui encore, il cherche à découvrir celle-ci, mais son espoir va en s’affaiblissant chaque année...), élevé par une nourrice qui recevait chaque mois une enveloppe contenant une poignée de Fénix, destinée à l’éducation et l’entretien de l’enfant. La vie s’écoula paisiblement sur la capitale des Mondes Connus, en dépit des échos d’une guerre universelle entre Maisons nobles et des eaux grondantes qui rongeaient lentement mais sûrement les rivages de la planète - c’est dans ce climat que Diego entra finalement à l’Université Véridian, pour y suivre les enseignements de littérature, de rhétorique et de théologie, se destinant un jour au métier de bibliothécaire, voire d’enseignant laïc au sein d’un collège de l’Église. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il découvrit incidemment ses pouvoirs psychiques, lorsqu’il fut agressé par deux brigands au détour d’une ruelle - Diego s’apprêtait à faire ses dernières prières, lorsque les couteaux des vermines ripèrent sur sa peau, incapables de la transpercer, comme si celle-ci était devenue de pierre...

Cependant, l’affaire ne passa pas inaperçue : des témoins avaient assisté à ce phénomène, témoins qui s’empressèrent de prévenir les Avestites les plus proches. Diego comprit en quelques secondes ce qui l’attendait si les prêtres mettaient la main sur lui : le spectre des Pénitents se forma devant ses yeux, effrayant et tellement proche à présent ! Employant tant bien que mal ses nouvelles capacités de Soma pour échapper à la colère de la foule, grâce à une force et une vitesse soudainement décuplées, Diego put s’échapper vers les basses-terres, là où les auxiliaires les plus hardis de l’Église n’auraient jamais l’envie de mettre les pieds, par peur de ne jamais en ressortir vivants.

C’est ici, dans cette vaste Cour des Miracles détrempée par les océans de Byzantium Secundus, que Diego dut se refaire une identité. Pour subsister, il mit ses talents de lettré au service de la guilde des Ecriveurs, en qualité de nègre, de correcteur et de traducteur, ce qui lui permit de gagner suffisamment pour se loger, se nourrir et acheter quelques ouvrages miteux au marché noir - le minimum vital en attendant autre chose. Mais cette "autre chose", ce fut malheureusement le conflit à mort entre convents psychiques, déchirant la Voie Invisible et le Favyana, qui éclata à travers les Mondes Connus et n’épargnant certainement pas Byzantium Secundus... Démasqué par les agents des deux convents, et courtisé pour la puissance de ses pouvoirs occultes, Diego eut soudain la désagréable sensation d’avoir une énorme épée de Damoclès au-dessus de sa tête, d’autant plus qu’il n’avait nullement l’intention de devenir terroriste et de se salir les mains pour un camp ou pour l’autre !

De nouveau, ce fut la fuite, d’abord sur Madoc et Ligueheim, pour finalement aboutir sur Midian. Deux rencontres allaient changer le destin de Diego : d’abord un vieux prêtre amalthéen (vétéran des hôpitaux militaires de Stigmata), qui lui fit comprendre que la lâcheté n’était en rien une solution et qu’il valait bien mieux affronter son sort comme on le pouvait plutôt que de vouloir y échapper à tout prix ; puis se fut Sandra Del Ponte, son amie et bientôt épouse, qui le poussa également à se battre. Diego comprit alors qu’à défaut d’être un guerrier ou un orateur, il pouvait tout de même se faire entendre... à travers la scène d’un théâtre. La troupe des Danseurs Visages était née - une façon comme une autre pour Diego d’assumer son manque de courage, en se cachant derrière le visage d’un autre pour exposer ses opinions.

Le destin fera le reste : la rencontre fortuite avec les futurs membres de la troupe, puis avec le Maître des Mondes Jardins Li Halan. Lorsque le Prince Flavius lui posa ses conditions, Diego pensa de nouveau à s’enfuir - mais son amour pour Sandra et son amitié pour le restant de la troupe finirent par le retenir : Diego avait appris ce qu’étaient le courage et le sang-froid, ce qui allait leur permettre à tous de survivre à leurs missions, aux coups durs de la destinée et aux Guerres impériales.

Aujourd’hui, Diego reste le meneur de la troupe et également le contact privilégié du Prince Flavius en cas de besoin. Sur scène, il a de plus en plus tendance à renoncer aux premiers rôles d’hier, de manière à laisser les "jeunes" s’épanouir et donner du sang neuf aux représentations - ce qui a en outre l’avantage de lui accorder davantage de temps libre avec Sandra et d’évoquer sa future retraite, d’ici quelques années. Les Danseurs Visages sont ses "enfants", et Diego sait pertinemment (et amèrement) que tout enfant est appelé à voler de ses propres ailes un jour...

Description : alors qu’il est incapable de faire du mal à une mouche, Diego arbore malgré tout une allure d’armoire à glace, avec une lourde carrure (ses accolades et poignées de main s’en ressentent !), des membres épais comme des colonnes, un cou de taureau et un crâne chauve - bien qu’il approche de la cinquantaine bien tassée, Diego fait dix ans de moins. Sa peau est noire comme de l’ébène, et sa seule fantaisie reste un bouc soigneusement taillé, qui relie ses deux énormes bajoues, en plus d’une fine paire de lunettes à monture métallique. Mais s’il est un élément caractéristique, c’est son grand sourire, généralement accompagné d’un éclat de rire retentissant, même dans les moments les plus durs - Diego a fini par combattre sa peur viscérale par l’humour.

Du point de vue vestimentaire, Diego a un faible pour les vêtements amples (physionomie oblige) ainsi que pour les djellabas et les robes masculines (de préférence al-Malik), ce qui ne l’empêchera pas d’arborer de temps à autres un superbe costume de type années 50 teyriennes agrémenté d’un feutre, pour les soirées les plus chics.

Pouvoirs occultes : Soma (jusqu’au niveau 9), Sympathie (jusqu’au niveau 4).

Stigmate : Diego souffre de crises passagères de somnambulisme, peu importe la fréquence d’utilisation de ses pouvoirs occultes.

Sandra Del Ponte

Sandra était prédestinée à devenir psychomancienne, dès sa naissance, quelques onces de sang Thana coulant dans ses veines, héritage de son père (bâtard d’un noble Thana et d’une servante), chevalier sans terres anobli pour haut-fait d’armes par son seigneur hazat, sur les ruines fumantes d’un champ de bataille. Malheureusement, celui-ci fut bientôt fauché par la mitraille ennemie, une mort tristement banale, un énième soldat de moins... Inconsolable, sa mère (une dame de compagnie dégourdie que son père avait fini par fréquenter, lassé de son mariage stérile) n’en décida pas moins de s’occuper de son enfant du mieux possible en dépit du manque d’argent et de la vindicte de la veuve du chevalier.

Toutes deux se réfugièrent finalement sur Criticorum, dans la vaste cité grouillante d’Ost, tenue par la Ligue Marchande. Ce fut ici, dans ce berceau d’anarchistes, de bohêmes, de serfs en quête de liberté et de libres penseurs que Sandra fit son apprentissage - rapidement tourné vers les arts, plus particulièrement la poésie, le théâtre et les lanternes magiques, dont les images avaient toutes longuement marqué son enfance. Tout en exerçant de menus travaux pour aider sa mère, Sandra se mit à fréquenter de plus en plus souvent les petits artistes des environs, commençant elle-même à écrire et à déclamer ses premiers textes. Seulement, une ombre du passé devait ressurgir, sous la forme d’un ancien légionnaire Hazat usé par l’âge et les batailles... Celui-ci, ancien compagnon d’armes d’Enrique - le père de Sandra - avait traversé les Mondes Connus pour annoncer aux deux femmes que la mort de ce dernier avait été sciemment provoquée : son épouse d’alors et son amant (le propre frère d’Enrique, également militaire) avaient réussi à manigancer en vue de l’envoyer au beau milieu de la bataille, lui qui avait été témoin de leurs ébats coupables, afin qu’il se taise à jamais...

Folle de rage, et malgré les avis de sa mère (qui se doutait pertinemment de la suite à venir) Sandra décida de s’embarquer en compagnie du légionnaire pour Sutek, où demeuraient les deux meurtriers, qui profitaient complaisamment de la pension d’Enrique et de sa demeure... L’affrontement fut à la hauteur : pendant que le vétéran s’occupait de la veuve, Sandra (qui ignorait jusque-là l’existence de ses pouvoirs occultes) prit conscience que son oncle s’attaquait d’une manière ou d’une autre à son esprit ! Lui-même partageait le sang Thana de son frère après tout... Se concentrant comme elle put, Sandra répliqua sans s’en rendre compte par une Explosion cérébrale, qui fit hurler de douleur son adversaire. Le combat allait prendre fin, lorsque la veuve s’empara de l’arme à feu du légionnaire et tira aussitôt sur Sandra - celle-ci esquiva de justesse, la balle fit alors éclater la tête de son oncle ! Éplorée, la veuve mit fin à ses jours sous le regard effaré de Sandra et du légionnaire...

A présent amèrement vengée, Sandra se hasarda sur les routes de saut, incapable de rentrer sur Criticorum et d’affronter le regard de sa mère, elle qui s’était couverte du sang de deux vies (mêmes coupables). Il était temps pour elle de voler de ses propres ailes : avec ses talents d’artiste, les guildes de divertissement de Ligueheim lui offrirent monts et merveilles, mais effrayée par leur appât du gain et par l’étrange atmosphère de la planète, Sandra passa son chemin et finit sur Midian, bien plus rassurante et tout aussi tournée vers les arts.

Rédigeant de nombreuses pièces pour les innombrables troupes de la planète, ainsi que des poèmes et des chants aussi bien sacrés que profanes, Sandra tomba presque incidemment sur Diego, au détour d’un opéra, alors que celui-ci fuyait désespérément la guerre entre convents psychiques. Forte de son expérience, Sandra sut le comprendre et le raisonner - bientôt, leur lien se transforma en amitié, puis l’amitié en amour, et leur mariage annonça la naissance des Danseurs Visages... Pacifiste convaincue (conséquence de sa confrontation face aux deux amants), elle osa exiger du Prince Flavius que jamais les membres de la troupe n’aient à verser la moindre goutte de sang lors de leurs opérations - en somme : oui à l’espionnage et aux simulacres, non à l’infiltration et aux assassinats. Impressionné par la fougue et les arguments de cette femme, Flavius se plia à cette condition à sa manière : sans perdre la face ; ce qui n’empêcha pas Sandra de participer activement aux opérations des Guerres impériales, ses talents de Psyché la rendant d’autant plus indispensable. Mais les Guerres ont touché à leur terme, autant dire que Sandra allait pouvoir retrouver ses deux occupations fétiches : l’écriture et Diego !

Description : Sandra a le profil type des Irlandaises de Teyr-Sainte, avec une peau blanche éclatante, de longs cheveux roux et ondulés, ainsi qu’un visage parsemé de tâches de rousseur ; et malgré les rides et quelques mèches blanches qui annoncent son âge, elle n’en demeure pas moins une femme pleine de charme, de vitalité et d’entrain.

Sa garde-robe est remplie à ras-bords de robes et tuniques zuranites, aux coupes simples mais colorées et bariolées de motifs élaborés, accompagnées d’innombrables châles, voiles et coiffes hispanisantes. Lorsqu’elle s’enferme pour écrire ses pièces, Sandra s’emmitoufle dans une défroque usée et délavée - un lointain souvenir de sa mère, qui (prétend-elle), lui donne toute son inspiration ! Mais sur la scène, tout cela fait place aux atours et vêtements compliqués des reines, matriarches et prêtresses, qui ne font que mettre davantage en relief sa beauté éclatante, que l’approche de la cinquantaine ne semble pas près d’altérer.

Pouvoirs occultes : Soma (jusqu’au niveau 6), Psyché (jusqu’au niveau 7)..

Stigmate : la voix de Sandra est étrangement suave et envoûtante (et ce en permanence), ce qui ne fait que renforcer l’admiration que lui portent ses nombreux admirateurs ! Seuls les membres de la troupe sont " immunisés " à cet effet, à force de côtoyer Sandra. Ce stigmate explique également pourquoi Flavius s’est plié de si bonne grâce à l’exigence de Sandra...

Vautrin

Mélangeant une confiance en soi inébranlable et un bagou talentueux, Vautrin a toujours été un acteur-né depuis sa plus tendre enfance ; il a d’ailleurs su rapidement utiliser ses capacités naturelles (et plus tard psychiques) pour se sortir du milieu de petits boutiquiers mornes dont il était issu afin de voyager à travers les Mondes Connus, vivre comme il l’entendait et croquer dans la vie à belles dents.

Tour à tour prévôt, courtisan d’opérette, maître veneur, pseudo-ingénieur, légionnaire, mendiant, chambellan, Vautrin prétend avoir exercé tous les métiers au monde - y compris le plus ancien de tous, ajoute t-il en éclatant de rire (sa carrière se serait achevée le soir où ses pouvoirs de Soma l’abandonnèrent soudainement au beau milieu d’une "séance", révélant sa véritable physionomie, loin d’être tout aussi avantageuse...).

La quarantaine passée, Vautrin a décidé de ralentir le rythme pour prendre son temps et arrêter ses incessantes escapades, ainsi que pour revenir à une vieille passion d’antan : le théâtre. Retiré sur Midian, dont il appréciait l’élan de ses innombrables artistes, c’est ici qu’il finit par rencontrer Diego et Sandra, au détour d’une représentation. Impressionné par un tel usage de leur don occulte (dont il n’avait jusque là qu’une vision bassement utilitariste), Vautrin s’intégra peu à peu au duo, charmant ses nouveaux compagnons à l’aide d’une arme imparable : sa cuisine, digne de la cour impériale dit-on ! Talent qui a manqué de lui poser quelques problèmes... En effet, au cours des Guerres impériales, certains officiers et conseillers furent consternés lorsqu’ils virent celui qu’ils pensaient être le Marquis et général Wu Tia Shi Li Halan mettre personnellement la main à la pâte en pleine bataille au sol, refusant la nourriture (qu’il jugea exécrable) de son maître queux habituel !

Si sa bonhomie, sa bonne humeur et sa gouaille lui donnent souvent le rôle du noble campagnard extraverti ou du prêtre libertin, il n’en demeure pas moins un excellent acteur dans les tragédies, où il incarne aussi bien rois maudits que prophètes de mauvais augure en haillons...

Description : Vautrin se fait une joie de voir sa tignasse rousse refuser de blanchir malgré les années, une chevelure particulièrement fournie qui s’achève sur deux favoris, encadrant un visage joufflu et fendu d’un large sourire chaleureux, souligné d’une fine moustache. Sa bedaine montre tout l’intérêt de Vautrin pour la cuisine, mais ses mains larges comme des battoirs et son tempérament aventureux font qu’il ne refusera pas d’entrer dans une mêlée si besoin est...

Quant à sa garde-robe, Vautrin est à l’image de ses nombreux métiers d’autrefois, capable de traîner dans un treillis informe quand il s’agit de monter les décors du prochain spectacle ou de bricoler comme dans un magnifique costume trois pièces accompagné d’un couvre-chef dernier cri pour recevoir la visite d’un noble admiratif.

Pouvoirs occultes : Soma (jusqu’au niveau 7).

Stigmate : une marque de naissance au sommet du crâne (mais heureusement dissimulée par une épaisse chevelure), qui pourrait laisser penser à un glyphe étrange.

Kolya

Né de parents serfs, Kolya n’a connu jusqu’à son adolescence que les rues sombres, les ateliers et les cadences infernales de Ligueheim, sous la botte d’un noble hazat et de ses contremaîtres. Plein de hargne, il finit par découvrir incidemment ses pouvoirs psychiques, qui allaient lui permettre de s’échapper, de découvrir de nouveaux horizons, et de gagner suffisamment d’argent pour racheter la liberté de ses parents pensait-il. Se donnant l’apparence du jeune fils du Hazat et dérobant quelques riches vêtements, il tomba malheureusement sur ce dernier, le blessant sans gravité avant de s’enfuir le plus vite possible, caché dans les cales d’un vaisseau à destination de Midian.

Vivant de rapines, il finit par tomber sur Diego - ou plus particulièrement sur la bourse de ce dernier. Repéré, puis encerclé par Diego et ses compagnons, il décida de jouer le tout pour le tout, et prit les traits d’une véritable brute pour mieux les dissuader... provoquant l’hilarité de ses assaillants. Surpris, il comprit tout à coup à qui il avait affaire, en voyant ceux-ci modifier également leurs traits à volonté ! La curiosité et la lassitude de jouer les coupe-jarrets aidant, il ne demanda qu’à suivre le groupe et à devenir "quelqu’un", tout simplement.

Aujourd’hui, il est le boute-en-train de la troupe (digne disciple de Vautrin), mais également le plus colérique de tous, capable d’enchaîner rire et rage en un instant - bien évidemment, les rôles de jeune amant susceptible et trompé ou de prêtre novice passionné lui vont comme un gant. Ses manières se sont d’ailleurs considérablement améliorées (ainsi que son langage de charretier), à force "d’incarner" de jeunes nobles bon chic bon genre lors des Guerres impériales ! Grâce aux Fénix lentement gagnés, il put également racheter la liberté de ses parents, aujourd’hui petits épiciers tranquillement implantés dans une ruelle un peu moins crasseuse et lugubre de Ligueheim.

Mais il y a peu, quelle ne fut pas sa surprise de voir parmi les spectateurs le jeune Hazat qu’il avait blessé il y a de cela des années... Cette maudite coïncidence faillit lui coûter la vie, car le Hazat ne tarda pas à croiser son regard (le rachat soudain des parents de Kolya par un anonyme, quelques temps auparavant, lui avait également mis la puce à l’oreille) - cependant, celui-ci fut rapidement "remis en place" par les Martyrs Cachés, qui lui firent clairement comprendre qu’il risquait de s’attirer par là-même le courroux de la Maison Li Halan. Cependant, le chevalier Hernani Ramirez Rolas n’a pas renoncé à sa vengeance, loin de là, foi de Hazat...

Description : autrefois malingre et la peau rougie par la chaleur des manufactures, Kolya se porte beaucoup mieux depuis qu’il a rejoint la troupe, gagnant du poil de la bête, et seules quelques cicatrices et rougeurs éparses rappellent encore son ancienne condition d’ouvrier et de serf. Les cheveux châtains, les yeux marrons, la peau légèrement tannée, Kolya pourrait passer pour le parfait jeune homme lambda dans une foule ; ni grand ni petit ; ni maigre ni gros ; ni laid ni angélique.

Peu farouche, il n’a certainement pas sa langue dans sa poche, et s’habille comme il l’entend, ce qui donne parfois des mélanges assez... détonants, oscillant entre l’avant-gardiste et le franchement ridicule - et selon son humeur du moment, Kolya pourra se rallier de bon cœur à ceux qui le critiquent ou les couvrir d’injures et de noms d’oiseaux ; ne cherchez surtout pas de logique !

Pouvoirs occultes : Soma (jusqu’au niveau 6), Main invisible (jusqu’au niveau 3).

Stigmate : Kolya est pris de frissons incontrôlés à chaque fois qu’il active un pouvoir - un "coup de froid passager" expliquera t-il à un inconnu.

Odya vo Gidjanak

Cette Obun, née sur Artémis, a vécu toute son enfance et son adolescence auprès de l’Église Universelle et de ses religieux les moins véhéments - les Amalthéens. Suivant une partie de leur enseignement théologique, qui insistait notamment sur l’égalité entre humains et xénomorphes, elle crut voir sa destinée tracée, d’autant plus qu’elle manifestait une harmonie encourageante avec les arcanes de la théurgie.

Un temps attirée par le Sanctuaire Éternel, mais peu douée dans le domaine des soins, elle finit par se tourner vers la secte voavenlohjun mêlant croyances humaines et obun. Après plusieurs années de séminaire et de méditation, Odya devint une théurge émérite, et obtint une place d’assistante chartophylax auprès de l’une des innombrables bibliothèques de Teyr-Sainte - un poste qui allait lui permettre de découvrir la littérature humaine, tant sacrée que profane, un véritable trésor dans lequel elle allait puiser pour son plus grand plaisir.

Mais le temps passa, et Odya vit que les liens étaient loin d’être simples entre humains et xénomorphes, elle qui s’attendait à pouvoir changer les choses et faire bouger des montagnes... Il y a cinq ans de cela, elle décida de prendre du recul et de s’accorder un moment de réflexion quant à sa fonction. C’est ainsi qu’elle décida de partir en pèlerinage à travers les étoiles, depuis Velisimil et la terre des siens jusqu’où le Pancréateur guiderait ses pas.

Finalement, ce fut Midian où elle décida de se fixer, galvanisée par les pièces à caractère religieux jouées aux quatre coins de la planète - notamment celles de Diego, qui proposaient une intense réflexion sur la place de l’Homme comme du xénomorphe dans l’univers des Mondes Connus. C’est ainsi qu’elle trouva sa nouvelle voie, abandonnant les prêches pour la scène, où elle se sentait plus à même de faire passer son message et sa foi. Peu active au cours des opérations de la troupe lors des Guerres impériales, elle a tout de même "incarné" quelques personnalités importantes - elle et Vautrin simulant notamment un couple humain/obun de la Maison Juandaastas, pendant que celui-ci espionnait sur Cadix en vue de soutirer quelques secrets aux Décados... A présent, elle sert de temps à autres de contact entre la troupe et l’Église (s’échinant à calmer les appréhensions de cette dernière), tout en illuminant les scènes de Midian dans son rôle clé - Ven Lohji en personne, lors de sa rencontre avec le Prophète (celui-ci ne figurant pas sur scène, sa présence se limitant à une voix céleste, pour ne pas froisser les religieux ou les nobles les plus pieux !)

Description : un quidam quelconque verra en Odya tout simplement "une Obun parmi tant d’autres", mais une personne plus attentive prendra garde à ses cheveux couleur bronze et à sa peau plus foncée qu’à l’ordinaire, indiquant qu’Odya est née loin de Velisimil.

Se revêtant habituellement des superbes robes colorées aux motifs exotiques de son peuple, Odya se contente également de tenues plus "humaines" ou plus sobres lorsque la situation l’exige - notamment en présence des nobles li halan connus pour leur sobriété, préférant de loin la simplicité à l’exubérance. A l’inverse, une poignée de jeunes et aventureux chevaliers al-malik, de passage sur les Mondes Jardins, ont plus d’une fois réclamé cette débauche de couleurs sur scène !

Pouvoirs occultes : théurgie voavenlohjun (jusqu’au niveau 6), théurgie de l’Église (jusqu’au niveau 2) .

Stigmate : les lumières et les flammes se mettent à briller plus intensément en présence d’Odya, d’autant plus si elle emploie ses pouvoirs.

Lau Pien

Née esclave, de parents inconnus, Lau Pien fut rapidement "affranchie" par les Recruteurs après des années passées dans des manufactures insalubres, lorsque ces derniers s’aperçurent de l’émergence de ses pouvoirs psychiques - elle apprit alors à travailler dur pour la guilde, utilisant son don pour modeler son corps afin de devenir une as de l’assassinat, de l’espionnage et du sabotage ; autant dire du pain béni pour les Recruteurs en pleine période de guerre universelle ! Et leurs espérances furent à la hauteur...

Mais en 4994, tout bascula sur Rempart, alors que Lau était chargée d’infiltrer les négociations en cours entre Li Halan et guildiens, quant à la pacification de la planète. C’est alors qu’elle fut démasquée par Diego, lui-même en plein simulacre (incarnant l’un des principaux officiers d’état major li halan), mais plutôt que de la dénoncer, ce dernier lui proposa de "disparaître" et de se réfugier au sein de la troupe. En effet, Diego sentait bien que sous la créature à sang froid, demeurait l’esclave qui n’aspirait guère qu’à la liberté et à poser les armes une bonne fois pour toutes.

Lau commença par refuser net puis reprit brièvement ses sordides fonctions au sein des Recruteurs - mais la graine que Diego avait semée finit par germer peu après : écœurée par son métier et par le cynisme de ses employeurs, éprise de liberté, Lau organisa son "décès" avec l’aide de quelques amis mercenaires pour mieux prendre la fuite et trouver le chemin de Midian, au sein des Danseurs Visages.

Son rôle au cours des opérations au service du Prince fut considérable - en tant qu’ex-assassin, elle savait parfaitement détecter le moindre signe de danger et comment échapper aux pièges les plus subtils ! De retour sur les planches, la Bête fit place à la Belle : Lau se plaît à jouer aussi bien les jeunes demoiselles en détresse que les exploratrices travesties en homme et les courtisanes rusées, pour son plus grand bonheur. Mais si jamais quelqu’un cherchait à mettre en danger la vie de l’un des membres de la troupe, son apprentissage militaire pourrait bien reprendre le dessus...

Description : en dépit de sa musculature et des cicatrices qui zèbrent ses bras (deux reliquats de son ancienne profession), Lau n’en demeure pas moins féminine et gracieuse - même si elle a préféré conserver les cheveux coupés court et les pantalons informes de sa jeunesse. Tout en elle indique qu’elle a été une "arme" et même dans les moments les plus paisibles, il lui arrive de rester tendue et sur ses gardes - intuition féminine prétend-elle, abus de son Sixième Sens en réalité ! Sa nervosité est devenue sujet de plaisanterie commune au sein de la troupe, et Lau a fini par apprendre à se décrisper (ainsi qu’à sourire) depuis.

Depuis qu’elle est montée sur scène, Lau est également plus sociable, moins têtue, moins lugubre - elle n’en demeure pas moins d’une timidité maladive (le trac est une véritable hantise pour elle) malgré les "leçons" de Kolya - tous deux sont à ce propos de plus en plus proches (sous le regard amusé de leurs compagnons), ce qui montre bien que les extrêmes s’attirent !

Pouvoirs occultes : Soma (jusqu’au niveau 7), Sixième Sens (jusqu’au niveau 4).

Stigmate : les yeux de Lau Pien prennent une teinte entièrement noire (à l’instar des Obun et Ukar) tant qu’un rite est actif. C’est pour cette raison qu’elle ne se sépare jamais d’un set complet de lentilles colorées, ainsi que d’une paire de lunettes noires en cas d’urgence.

Jehan

Né sur Stigmate de l’union d’un officier impérial et d’une psychomancienne autrefois membre de l’Ordre de la Lumière Manifeste, Jehan ne put malheureusement jamais connaître ses parents - son père fut l’une des innombrables victimes des Symbiotes, tandis que sa mère mourut en couches. Cependant, il reçut un précieux héritage de chacun d’entre eux : une place dans une institution généreuse de Téthys, recueillant les orphelins des légionnaires impériaux, grâce à son père (et traitant les enfants comme il se devait), et des talents occultes de la part de sa mère, qui allaient apparaître lors de sa puberté.

Apprenant à lire, écrire et compter - à l’inverse de milliers d’autres orphelins abandonnés à leur sort - Jehan connut une enfance heureuse en dépit d’un inévitable vide affectif, enfance tournée vers les livres et le dessin. Rapidement surnommé "Tête dans les Nuages", Jehan finit par passer sa vie dans les bibliothèques, au lieu de chercher un lieu d’apprentissage à l’inverse de ses camarades, ce qui lui valut les foudres de son tuteur. Sentant l’appel de l’extérieur, la tête remplie d’aventures livresques, Jehan décida un beau jour de plier bagages sans crier gare (sachant pertinemment que l’orphelinat le poussait vers la sortie) et se lança à l’aventure... Ses premiers pas le menèrent vers une troupe de forains ambulants composée de Zuranites - il s’intégra rapidement et passa des mois inoubliables en leur compagnie, apprenant la comédie ainsi que le chant, goûtant leur amitié sans partage. Mais le bonheur toucha à sa fin, lorsque la soldatesque locale décida de s’intéresser d’un peu trop près aux charmes des comédiennes... La scène tourna au pugilat, puis au carnage, les Zuranites (malgré leur courage) ne faisant guère le poids face aux soudards et à leurs armes. Jehan s’en sortit de justesse...

Il dut alors apprendre à survivre comme il le pouvait (un véritable calvaire, lui qui ignorait tout de l’univers de la rue), jusqu’au jour où il trouva une solution passagère : artiste (saltimbanque serait plus exact) à bord d’un paquebot aurige, mais la lassitude et la colère (face à un public qui n’en avait que le nom) le gagnèrent rapidement, et il préféra s’échapper lors d’une escale, échouant sur Midian. Lorsque Diego croisa le petit mendiant dans la rue, il s’étonna d’une chose apparemment anodine : le panneau du gueux ne comportait aucune des fautes d’orthographe traditionnelles, et les lettres habilement tracées laissaient planer le doute... La conversation s’engagea rapidement, et Jehan fit le récit de sa vie à ce parfait inconnu - mais au bout de quelques heures, il avait trouvé une nouvelle famille et un but dans la vie.

En raison de son jeune âge, le rôle de Jehan fut quelque peu limité dans les opérations des Guerres impériales, mais à part quelques simulacres, il n’en resta pas moins indispensable, en jouant les "souffleurs", marmonnant phrases-clés et indications de dernière minute à ses compagnons "incarnés", à l’aide d’une discrète épingle-murmure - fonction qui permit d’éviter bien des ennuis et des quiproquos.

Description : à 18 ans, Jehan en est au stade où il n’est ni tout à fait un gamin, ni tout à fait un adulte - il hésite encore entre les tuniques typiques des jeunes francs-sujets et les vêtements plus conventionnels des adultes. Facilement reconnaissable à son teint olivâtre méditerranéen et à ses cheveux noirs, sa constitution a un peu trop profité des talents culinaires de Vautrin ces derniers-temps et se solde par quelques kilos superflus, ce qui ne l’empêche pas - loin de là - de partir flâner et crapahuter avec Khirga, de manière à trouver un superbe point de vue au sommet d’une montagne, d’une colline ou d’un arbre et de profiter du paysage, tous deux le pinceau à la main.

Grâce à une Machine pensante (une station de travail graphique) récupérée au cours d’une saison de représentations sur Rempart, Jehan a pu mettre à profit et faire progresser ses talents de dessinateur, modelant décors et costumes d’une superbe facture - autant dire une spécialisation particulièrement utile lorsqu’il s’agit de fournir à un simulacre une tenue parfaitement identique à l’original !

Pouvoirs occultes : Soma (jusqu’au niveau 6).

Stigmate : hormis les cheveux et les sourcils, Jehan n’a pas la moindre pilosité - il a d’ailleurs un mal fou à faire comprendre à Vautrin que son nom n’est pas "Fillette" !

Khirga (abréviation de Khirgakongary)

Le tout dernier venu avec Jehan, un Vorox qui a rejoint récemment la compagnie. Vous me direz, qu’est-ce que vient faire un Vorox, c’est-à-dire un être dépourvu de toute capacité psychique, dans cette troupe ? Je vous le rappelle, les Danseurs Visages restent des acteurs de théâtre à l’origine, et cela se ressent toujours, ne serait-ce qu’à travers leur idéal pacifique (après tout, jamais l’un d’entre eux n’a eu à utiliser une arme au cours des Guerres impériales). La venue de Khirga s’est ainsi faite pour deux raisons : pour les Danseurs Visages, c’est un excellent acteur (mais également danseur et musicien hors pair) et un Vorox instruit (grâce aux écoles mixtes d’Ungavorox) qui a su mêler les légendes de son peuple aux modes de représentation humains - autant dire une perle rare. Et pour le Prince Flavius, il est le parfait exemple de l’aboutissement de l’instruction des Vorox par les Li Halan, une vitrine même de la civilisation des xénomorphes par la douceur, loin de ce qu’il appelle "la barbarie des al-Malik vis-à-vis des Ur-Ukar".

Enthousiaste, dynamique et curieux de tout ce qui l’entoure, Khirga s’est rapidement intégré à la troupe après avoir fait ses adieux à sa planète et à son clan natals, décrochant depuis un rôle majeur, celui de l’Ingénu (pensez à celui de Voltaire ou des autres philosophes des Lumières) fraîchement débarqué depuis Ungavorox, découvrant progressivement la civilisation humaine dans toute sa splendeur et sa corruption - un rôle qui lui a valu un énorme succès auprès de nobles Juandaastas et de religieux pro-xénomorphes.

Khirga est bien évidemment conscient des activités parallèles occasionnelles des ses compagnons - mais étant donné le nombre de gardes du corps vorox prenant place aux côtés des hautes figures li halan, il est rare qu’il soit laissé sur la touche lors d’une opération.

Description : le pelage de Khirga est d’un brun clair (parfaitement ordinaire aux yeux des humains) mais qui tire sur le roux sur certaines zones de la poitrine ou des membres, formant quelques bandes colorées particulièrement agréables au regard. Khirga s’habille habituellement d’une ample tunique multicolore sans manches, d’une pèlerine par temps froid et d’un bonnet (assez inattendu) d’où ses oreilles dépassent, qu’il affectionne particulièrement. Il est très rare de le voir se déplacer sans une énorme besace qui contient livres ou holo-disques, ainsi que tout un fouillis de parchemins et de plumes qui lui servent à noter idées, impressions et airs de musque qui lui passent soudainement par la tête - de même, il se plaît à croquer les humains... sur papier.

Si Khirga n’a pas reçu l’entraînement militaire des redoutables commandos vorox, il n’en demeure pas moins un puissant adversaire grâce à son instinct et à sa lourde musculature - en effet, Khirga considère la troupe des Danseurs Visages comme son angerak, comprenez sa meute et sa famille ; or, il n’est jamais bon de s’attaquer à un membre de la meute, tant ce lien est sacré pour un Vorox... En revanche, Khirga fera tout ce qui est possible pour ne pas passer pour le cliché de la brute sanguinaire - ses manières et son langage sont ceux d’un gentleman, et il fait de son mieux pour ne pas dévoiler ses crocs entre autres, même lorsqu’il sourit ou lors d’un repas (à moins qu’il ne s’agisse d’un effet calculé...).

POST-SCRIPTUM

Comme certains auront pu le constater, le terme de "Danseurs Visages" n’est pas de mon invention, mais de celle de Franck Herbert, l’auteur de Dune (le terme apparaissant plus exactement dans Le Messie de Dune).

Je me suis simplement contenté de changer quelques éléments : les Danseurs Visages de Dune sont à l’origine des créations génétiques, et finissent tueurs à la solde du Bene Tleilax ; et j’ai préféré voir en eux des acteurs jusqu’au bout des ongles, passionnés par leur travail et pacifiques - ce qui les rend autrement plus humains à mon goût. Ce modèle même du comédien "remplaçant" est d’ailleurs calqué sur les Anglais, qui ont utilisé de cet artifice pour "simuler" Winston Churchill au cours de la Seconde Guerre Mondiale - hum, je vous rassure, c’est fini avec la minute culturelle à la noix ! :)



Encadrement arrondi
Ajouter un commentaire
forum bouton radio modere abonnement

forum vous enregistrer forum vous inscrire

[Connexion] [s’inscrire] [mot de passe oublié ?]

Encadrement arrondi

Tous les éléments et personnages sont des marques déposées détenues par leur propriétaire. Ils sont utilisés ici sans autorisation particulière, dans un but d'information. Si l'auteur ou le détenteur des droits d'un élément quelconque de ce site désirait qu'il soit retiré, les responsables du sden s'engagent à le faire dans les plus brefs délais.

(c) 1997- 2017 SDEN - Site communautaire de jeux de rôle
Tous droits réservés à l'association loi 1901 Elfe Noir.
Les textes et les illustrations des rubriques, sauf avis contraires, sont la propriété de leurs auteurs.