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 Fiction

Une casse c’est moche, mais avec quelques fleurs, ça serait déjà beaucoup plus correct...

mercredi 30 novembre 2005, par Azirafale, NiOt

L’appel qu’ils avaient reçu au standard les avait tous laissés perplexes. Un clodo encore assez lucide appelle les flics d’une cabine téléphonique et leur dit d’envoyer d’urgence des hommes sur le lieu d’une casse de banlieue. Le gars avait l’air completement affolé, un peu comme s’il avait croisé le diable dans une ruelle sombre. Après un quart d’heure passé à essayer de le calmer, les mecs nous ont demandé d’aller jeter un coup d’oeil rapide, moi et mon coéquipier. Et voilà qu’on se retrouve à se geler dans cette caisse pourrie avec le chauffage à fond pour essayer de retrouver un semblant de mobilité. C’est vraiment pas la bonne journée pour s’amuser à raccompagner les clodos égarés au centre d’aide sociale.

C’est ici. Vraiment sinistre comme endroit. Ca fait toujours un drôle d’effet de voir tous ces cadavres de bagnoles entassés. Je précède mon coéquipier, un brave petit gars à l’air un peu crétin dont je ne connais même pas le nom. "Fais gaffe, y’a toujours des clebs complètement dingues dans ce genre de trucs." J’avais vu un de ces molosses à la télé pas plus tard qu’hier soir. En entrant dans la cour, je commence à entendre un enchaînement de sons étranges, comme une berceuse ou un chant grégorien bizarre, à la fois une voix d’homme et quelquechose de profondément inhumain. Le problème c’est que par-dessus règne un vacarme indescriptible de tôle concassée, de chocs retentissants et d’explosions, qui s’accompagnent d’une lueur bleutée, juste derrière un tas de bagnoles défuntes. Je sors mon arme et dis au ptit gars de passer par la droite.

Alors que je finis de contourner l’amoncellement, je tombe sur un type, un colosse complètement à poil avec des cheveux roux hirsutes, qui tient la plus grosse épée que j’aie jamais vu. Et avec, il s’amuse à cogner comme un sourd sur toute la ferraille qui lui passe sous la main. Autour de lui, c’est Beyrouth. Dans l’ombre, un peu plus loin, je remarque la forme d’un cadavre de chien décapité. Le type ne cesse de prononcer ces mots bizarres que j’ai entendu tout à l’heure. Je n’aime pas la façon dont bouge son arme, elle devrait être trop lourde pour que quiconque puisse la porter, encore moins faire des moulinets avec. Au fur et à mesure que le type s’excite, je m’aperçois que de nombreux débris métalliques jonchant le sol se mettent à léviter, comme pris dans un champ magnétique, et tournent lentement autour du barjo en face. Petit à petit ils forment une véritable nuée, tournant de plus en plus vite autour de lui, une sorte de blizzard contondant. Je recule d’un pas et me mets prudemment à couvert. Soudain j’entends une voix de fosset qui s’adresse au grand rouquin. Ca disait a peu près : "Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz..." Alors le type se retourne, et je m’aperçois qu’il chiale toutes les larmes de son corps. Le tourbillon qui l’environne se disloque et tous les débris qui le composaient sont éjectés, tous dans la même direction, et avec une vitesse terrible. Je me précipite hors de ma cachette, mais il est trop tard. Je ne puis que contempler mon coéquipier finissant de se faire mettre en charpie par cette rafale démentielle. Le grand con semble trouver ça insuffisant puisqu’il se met à hurler en tendant son épée vers le petit tas de pulpe qui fut autrefois candidat au concours de la police. Aussitôt, je comprends ce que signifiaient ces lueurs bleues qui m’avaient intriguées. Un éclair jaillit dans un craquement formidable et transforme ma gelée de coéquipier en pétales noircies et croustillantes.

Sur ces belles actions retentit derrière moi un petit rire cristallin. Un gosse me sourit de toutes ses dents, l’air absolument angélique accroché à ses lèvres accentuant la bizarrerie de sa dentition sur-développée. Je me demande s’il trouve ça pratique pour manger d’avoir deux canines de dix centimètres à la mâchoire supérieure. Le fait est qu’il s’adresse alors en ces termes au gros bourrin à poil : "Dis, tu en as oublié un... Si tu continues à me décevoir comme ça, je vais me fâcher tout rouge !". A ce moment là, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai vidé mon chargeur sur le gosse. Il avait pas dû aller très souvent chez le dentiste, et j’aime pas les chiards qui désobéissent. Alors que sous mes yeux ébahis le petit cadavre tout rouge et trépidant s’est évanoui, comme fondu dans la terre, une grosse main s’est posée sur mon épaule. J’ai susauté comme un beau diable, mais le colosse de tout à l’heure avait l’air complètement calmé. Il devait avoir jeté son arme quelquepart, car je ne la voyais plus dans ses mains. Il m’a souri comme on sourit à un ami de longue date, puis s’est excusé et s’est enfui en sautant de tas de voitures en tas de voiture. Il y a des jours où on ferait mieux de rester couché



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