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Quelques données
géographiques.
Le Japon est un pays couvert essentiellement
de montagnes volcaniques (le plus célèbre étant
le mont Fuji). On trouve les plaines sur le littoral et elle
ne couvrent que 16% de la surface du pays. A l'exception de la
plaine d'hokkaido (extrême Nord du pays) elles sont toutes
de faible superficie. Parmi les plus grandes on trouve la plaine
d'Osaka, qui abrite les métropoles de Kobe, Kyoto et Osaka
; la plaine de Kanto où se trouve Tokyo. Les eaux y prennent
parfois une importance exceptionnelle, notamment dans celles
qui s'ouvrent au niveau de la mer, que les Japonais dénomment
suigo (pays de l'eau). Dans la plaine de Waju, près
de Nagoya, les digues enserrant les cours d'eau ont délimité
de véritables polders.
À l'égard de l'eau, la situation
du Japon est paradoxale. La montagne est partout mais l'absence
de glaciers a façonné un réseau hydrographique
particulier. Les rivières et les fleuves japonais sont
courts, avec une pente très forte ; ils sont anormalement
larges en raison du volume d'eau important qu'ils doivent écouler
en un laps de temps très court. Le plus long est le Shinano
(369 km). Parmi les cours d'eau importants, il faut citer le
Tone (322 km), qui draine la plaine de Tokyo. Les autres grandes
rivières de Honshu sont le Kitakami, le Tenryu et le Mogami.
Parmi celles d'Hokkaido, citons le cours d'eau qui vient au second
rang des rivières japonaises, l'Ishikari, puis le Teshio
et le Tokachi. Le Yoshino est la plus longue rivière de
Shikoku. Les rivières participent à l'irrigation
des rizières dans une
proportion de 65%. Quant aux lacs, d'origine tectonique ou volcanique,
ils sont nombreux : le plus grand est le lac Biwa (674 km2),
qui alimente en eau douce Osaka et Kyoto.
La grande variété et la luxuriance
de la végétation au Japon s'expliquent par la chaleur,
l'humidité des étés et le relief. La forêt
couvre 68% de la superficie totale du Japon. C'est une forêt
de montagne, ce qui explique son exceptionnel degré de
conservation. Le Japon n'ayant pas connu les grandes glaciations
du quaternaire, la végétation du Pléistocène
a été épargnée ; elle est caractérisée
par un grand nombre d'espèces végétales.
Sept pour cent de cette forêt est considérée
comme primaire. On recense au Japon plus de 17 000 espèces
végétales. Les pruniers, blancs et rouges, de même
que les cerisiers (sakura), ont une floraison précoce
: avec le bambou et le pin, ils sont un des symboles traditionnels
de la civilisation japonaise.
On distingue plusieurs types de paysages.
Dans le Nord et l'Est d'Hokkaido, les conifères forment
la majorité du couvert végétal, associés
au bouleau et au frêne. La forêt tempérée
réunit feuillus et conifères (chênes, hêtres,
érables, thuyas, pins rouges et noirs) au Nord de Honshu.
Ensuite, la forêt de type pénétropical s'observe
à l'ouest (conifères, chênes se trouvent
mêlés aux bambous, magnolias et chênes verts).
Les conifères issus du reboisement sont désormais
majoritaires mais les espèces insulaires comme le sugi,
ou cèdre du Japon, qui atteint parfois une hauteur de
46 m, constituent encore des massifs importants. À Kyushu,
Shikoku, et dans le sud de Honshu, ce sont les arbres de la végétation
subtropicale que l'on rencontre, tels le bambou, le camphrier
et le banian ; on y cultive aussi l'arbre à thé
et l'arbre à cire. Outre la forêt, il convient de
citer un paysage typique du Japon, l'Osega hara, une prairie
humide qui s'est sans doute développée sur d'anciennes
forêts essartées et qui apparaît entre 300
et 1500 m d'altitude. Elle est le milieu d'élection des
bambous nains (sasa) et des mizu basho, les bananiers d'eau.
Le gouvernement japonais
de l'après guerre.
Depuis le 3 mai 1947, le Japon est régi
par une Constitution élaborée sous la pression
des autorités américaines d'occupation, et adoptée
au titre d'amendement à la Constitution Meiji. Elle en
diffère sur des points essentiels : alors que l'empereur
possédait tous les droits de souveraineté, la nouvelle
Constitution stipule que le "pouvoir souverain est détenu
par le peuple". L'empereur Akihito, qui est monté
sur le trône en 1989, est le cent vingt-cinquième
de sa lignée. Selon les dispositions de la Constitution
de 1947, l'empereur n'a plus que des fonctions honorifiques.
Le pouvoir exécutif est confié
à un cabinet ministériel de 18 ministres, ayant
à sa tête un Premier ministre. Le Premier ministre,
qui est élu par la Diète, est en général
le chef du parti majoritaire à la Chambre. Il choisit
les membres du cabinet au sein de la Diète et soumet son
choix à l'approbation de cette dernière. Le Premier
ministre et le cabinet sont tous deux responsables devant la
Diète.
Celle-ci se compose de deux Chambres :
la Chambre des représentants (Chambre basse) et la Chambre
des conseillers (Chambre haute). Les représentants (500)
sont élus pour quatre ans. Les membres de la Chambre des
conseillers (252 membres) sont élus pour six ans. Les
Chambres se renouvellent par moitié tous les trois ans.
La Chambre des représentants a la prééminence
sur la Chambre des conseillers ; les décisions prises
par la Chambre haute peuvent faire l'objet d'un veto de la part
de la Chambre basse, laquelle exerce aussi son contrôle
sur les lois portant sur les traités et les
questions fiscales. Le premier système de scrutin, dit
"intermédiaire", a été remplacé
en janvier 1994 par un système partiellement proportionnel
de représentation. Dans les deux chambres de la Diète,
certains sièges sont directement pourvus au moyen d'élections
de district, et d'autres sont attribués aux divers partis
politiques, en se basant sur les résultats des élections
nationales. Tous les citoyens japonais ayant atteint l'âge
de 20 ans ont le droit de vote.
Les 47 préfectures du Japon sont
chacune administrée par un gouverneur élu et une
assemblée. Chaque municipalité possède une
assemblée composée de représentants élus
au suffrage universel. Les municipalités ont des pouvoirs
assez importants ; elles contrôlent l'enseignement public
et peuvent lever des impôts.
La Constitution de 1947 a dévolu
le pouvoir judiciaire à une Cour suprême. En même
temps, elle précise qu'il ne peut y avoir de juridiction
d'exception. Le système judiciaire se compose de la Cour
suprême et de huit tribunaux supérieurs, d'un tribunal
de district par préfecture (sauf Hokkaido qui en a quatre).
La Cour suprême, composée d'un président
de tribunal nommé par l'empereur sur recommandation du
cabinet, et de 14 juges nommés par le cabinet. C'est un
tribunal de dernier
ressort qui juge en appel et est compétent pour juger
de la constitutionnalité des lois, règlements et
décrets. Les tribunaux supérieurs jugent en appel
les affaires civiles et criminelles venant des tribunaux inférieurs.
Les tribunaux de district ont compétence à la fois
en appel et pour l'affaire originelle. Les tribunaux "sommaires"
sont exclusivement des tribunaux de première instance,
qui ont compétence pour juger les litiges administratifs.
Les tribunaux japonais, dans les affaires qu'ils évoquent,
ont la faculté de refuser l'application des mesures législatives
qu'ils jugent inconstitutionnelles. |