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Ceci est une traduction
partielle d'un article d'Adam Johnson, intitulé "Yakuzas,
past and present"
Modernisation de l'organisation
L'ère Meiji, qui commence en 1867,
marque le commencement d'une série de mutations afin de
faire du Japon un pays industrialisé au même titre
que l'Europe alors plongée dans la Révolution Industrielle.
On crée les infrastructures gouvernementales destinées
à lancer un gouvernement parlementaire (partis politiques,
parlement...) et on modernise l'armée, sur le modèle
européen de la conscription.
Les Yakuzas s'adaptent à cette modernisation,
suivant le cours des réformes amorcées. Ils sévissent
dans le bâtiment, dans les ports. Ils commencent à
prendre le contrôle du réseau de "rickshaw"
(sorte de pousse-pousse), le jeu se fait très discret
car il devient, une activité à hauts risques :
la police devient très pointilleuse dans ce secteur. Au
grand dam de la "famille" Bakuto qui contrôle
ce domaine. Au contraire les Tekiya, dont les activités
sont légales (du moins en surface) prospèrent et
s'étendent...
Ils commencent à s'intéresser
à la politique, en prenant le parti de certains politiciens
et membres du gouvernement ; ils espèrent pouvoir obtenir
certains traitements de faveur.
Finalement, le gouvernement trouva une
utilité aux Yakuzas : ils aidèrent les ultranationalistes
qui jouaient un rôle militaire dans l'adaptation du Japon
à la démocratie. De nombreuses sociétés
secrètes furent mises sur pied, enseignant le chantage,
et l'art de l'assassinat comme les langues étrangères...
Pendant les années trente, le Japon connaît le règne
de la terreur ultranationaliste : des coups d'état, l'assassinat
de deux premier ministres et deux ministres des finances, des
attaques répétées sur des personnalités
des mondes politique et industriel.
Les Yakuzas ont produit et fourni la main
d'oeuvre à la cause et ont participé aux programmes
de "développement de terrain" initiés
en Manchourie occupée et en Chine.
Cependant, après le Bombardement
de Pearl Harbor, les choses changèrent : le gouvernement
n'avait plus l'utilité ni des Yakuzas ni des ultranationalistes.
Leurs membres, furent contraints de porter l'uniforme ou d'être
mis en prison. (Kaplan p.31-40)
Les années d'occupation américaine.
Les forces d'occupation américaines
stationnées au Japon, considérèrent les
Yakuzas comme une menace majeure à leur travail. De ce
fait, elles commencent à enquêter sur leurs différentes
activités. L'armée abandonne ses investigations
en 1948, pensant que la menace était passée ou
terriblement diminuée.
Cependant, on avait rationné la
nourriture, donnant la possibilité aux organisations de
prospérer grâce au marché noir. Les gangs
pouvaient agir en toute impunité, puisque la police civile
n'était pas armée, notons aussi que certains hauts-fonctionnaires
vinrent en aide aux Yakuzas.
Le gurentai naquit pendant l'occupation,
du fait de l'anarchie qui règnaît au sein du gouvernement.
Le gurentai, c'est la version japonaise du gang d'Al Capone,
son chef ayant le même type de relation avec son gang qu'Al
Capone avec le sien. Ils s'occupaient de marché noir et
de contrebande, mais utilisaient très souvent la violence
et la menace pour parvenir à leurs fins. Ils était
formé de rapatriés et de chômeurs.
Les forces américaines furent bien
obligées de reconnaître que les yakuzas étaient
très bien organisés et continuaient d'opérer
sous la protection de hauts-dignitaires inconnus, membres du
gouvernement. En 1950, ils admettent leur défaite et reconnaissent
q'ils ne peuvent pas protéger efficacement les japonais
des yakuzas. (Kaplan p43-52). Dans les années d'après
guerre, ceux-ci devinrent encore plus violents individuellement
bien sûr, mais aussi en tant que communauté. Les
sabres, rappel d'un passé révolu sont remplacées
par les armes à feu. l'organisation s'attaque désormais
aux des citoyens ordinaires en plus des habituels joueurs ou
autres membres de groupes spécifiques. De même,
leur look évolue, s'inspirant des costumes de bandits
dans les films américains ; ils portent des lunettes de
soleil, des costumes foncés sur des chemises blanches
et des cravates.
De 1958 à 1963, le nombre de yakuzas
augmenta de 150% pour atteindre 184.000, (plus que l'armée
japonaise !!) répartis dans 5.200 gangs.
Les yakuzas "modernes"
Vie d'un gang : Les
yamagushi-gami
L'oyabun des Yamagushi-gumi du milieu
des années 40 jusqu'à sa mort en 1981 est Kazuo
Taoka, le troisième oyabun de l'organisation.
Taoka a survécu à de nombreuses
tentatives d'assassinat, notamment celle de 1978, où un
membre des Matsuda (clan yakusa rival, ayant juré de venger
la mort de leur oyabun, tué par les Yamagushi-gumi)
lui avait tiré dans le cou, pendant une exhibition de
danse au "quartier général". Son organisation
est le gang le plus puissant du Japon ; même si on se souvient
de cet évenement en 1980 où, voulant étendre
leur territoire vers la presqu'île d'Hokkaido, les gangs
locaux s'étaient unis pour se débarrasser des yamagushi-gami...
2000 membres des brigades anti-émeute ont été
necessaires pour maintenir les deux factions à distance.
Mettant en échec la tentative du gang de Taoka d'ouvrir
une "succursale" à Saporro.
En 1981, Taoka meurt d'une crise cardiaque,
terminant sa 35ème année en tant qu'oyabun. Ses
obsèques furent célébrées par ses
employés dans le plus pur style yakuza. La police effectua
de nombreux raids, mettant la main sur une quantité d'articles
de contrebande, dont de la drogue et des sabres anciens ; et
arrêtant plus de 900 membres à travers tout le Japon.
Le successeur de Taoka devait être
son bras droit, Yakamen, mais étant en prison et ne pouvant
être libéré avant 1982, l'intérim
fut assuré (à la surprise de tous, police et yakuzas)
par la veuve de Taoka, Fumiko. Yakamen mourut de la cirrhose
du foie avant d'avoir pu succéder à Taoka, la structure
toute entière du gang sombre dans le chaos.
Les Yamagushi-gumi contrôlent environ
2.500 entreprises dont des établissements de jeu, de prêts
à taux d'usure, ils ont énormément investit
dans le sport et autres amusements qui semblaient bon à
Taoka pendant ses 35 ans de règne. Ils fonctionnaient
selon les même règles depuis 300 ans dépendant
fondamentalement du rapport oyabun-kobun (kobun=employé,
fils), qui contrôlait la gestion de l'organisation jour
après jour, dégageant d'énormes bénéfices.
En fait, l'organisation était composée de plusieurs
gangs spécialisés dans certains business qui rendait
chacun des comptes à la haute autorité de l'organisation,
le oyabun, en lui reversant les bénéfices. 103
"patrons" se partageaient les 2.500 entreprises dégageant
chacun le double du bénéfice moyen d'un chef de
gang.
A l'heure actuelle, les Yamagushi-gumi
commencent à s'intéresser aux narcotiques, et notamment
aux amphétamines, une activité qui s'ajoute aux
champs d'action propres aux grandes capitales : contrebande,
pornographie, paris, courses de chevaux... devenus banals pour
les yakuzas.
Sous la direction de Fumiko Taoka, en 1983,
le nombres de membres s'est élevé à 13.346
membres répartis dans 587 gangs. Ils contrôlaient
36 des 47 préfectures japonaises. La même année,
sous l'autorité de Fumiko, un Conseil de 8 grands-patrons
a pris le commandement. Cependant, l'organisation due tout de
même choisir un nouveau parrain. Masahisa Takenaka assuma
ces responsabilités, remportant la victoire face à
Yamamoto.
Celui-ci, par vengeance, parvint à
rallier à sa cause 13.000 membres des Yamagushi-gumi,
et fonda l'un des trois plus puissants syndicats du crime du
Japon : le Ichiwa-kai. En 1985, ses assassins abattent Takenaka
donnant ainsi le départ d'une sanglante guerre des gangs.
Le nouvel oyabun, Kazuo Nakanishi, déclare la guerre au
clan assassin. La police s'en est mêlé et a arrêté
près de 1.000 truands confisquant au passage un maximum
d'armes. Déterminés à remporter la victoire,
les Yamagushi-gumi, commencent à baser certaines de leurs
opérations aux USA afin de pouvoir se procurer argent
et matériel pour continuer leur vendetta. Ils obtinrent
un vaste arsenal d'armement lourd illégal (lance-roquettes,
mitrailleuses...) en échange de narcotiques. Toutefois,
ces conspirateurs, qui comptaient parmi eux le frère de
l'actuel parrain, et le contrôleur financier de l'organisation,
furent arrêtés... La jetant une fois encore dans
le chaos.
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