Le Chevalier de la Loi

Dans AD&D, il y a de preux chevaliers consacrés à la défense du Bien par la Loi. Ce sont les Paladins.
Un peu plus tard, on leur a inventé des adversaires qui étaient leur reflet en négatif, les Antipaladins, qui servent le Mal dans la même discipline. Il manquait un profil de Chevalier servant la Loi, en dehors de toute considération de Bien ou de Mal. Un "Paladin Loyal Neutre", en quelque sorte.
Voici ma version.


Le profil type

Un Chevalier Les Chevaliers de la Loi sont des guerriers sacrés se rencontrant dans tous les cultes plus ou moins guerriers de la Loi. La chevalerie religieuse remplace le suzerain par l'Eglise, à laquelle le Chevalier doit une loyauté absolue. L'adoubement devient un rituel sacré et le Chevalier doit vivre en suivant les principes moraux de son Eglise.

La principales différences avec la chevalerie féodale concernent l'idéal spirituel opposé à la volonté de gloire et de pouvoir matériel.
Le Chevalier considère que les seuls hauts faits dignes de considération sont ceux qu'il accomplit au service de l'Eglise. La renommée qu'il peut en retirer est une conséquence mineure, pas un but initial. La seule reconnaissance qui ait de la valeur à ses yeux est celle que lui exprime son Dieu (par ses servants ou directement via les pouvoirs qu'il reçoit) pour sa lutte permanente contre le Chaos, qu’il considère comme le fléau ultime.

En général, le Chevalier religieux se montre moins assoiffé de combats que son homologue féodal. Pour lui, la guerre est une chose terrible, qui s'envisage en dernier recours pour maintenir ou restaurer l'ordre. Par contre, il est le bras armé de l'Eglise dans la Guerre Sainte, qu'il considère comme la seule guerre juste.
Le Chevalier religieux qui renâcle à partir en croisade quand son Eglise le lui demande sera considéré et dénoncé publiquement comme un infidèle et déchu de son statut de Chevalier s'il persiste dans une telle attitude. Cela peut aller jusqu'à l'anathème.

La confiscation de biens d'un adversaire vaincu n'est légitime en général que si elle est faite au nom de l'Eglise et que les ennemis sont des impies vaincus lors d'une guerre menée pour de justes motifs et non pour le seul profit. L' Eglise prélève une majeure part de ces trésors pour ses oeuvres et encourage les Chevaliers à mener une vie simple. Le Chevalier religieux ne se conduira jamais en pillard avide.
De même, il ne fait jamais de prisonniers pour rançon. Il préfère voir les criminels jugés, puis exécutés ou emprisonnés, que de les laisser repartir poursuivre ailleurs leurs exactions.

Le Chevalier religieux désapprouve les tournois et autres joutes à but spectaculaire et lucratif.
Il considère qu'un vrai Chevalier prouve sa valeur en accomplissant des actions réelle et tangibles de secours et de lutte contre les forces maléfiques qui destabilisent le monde, pas en perdant son temps à des combats factices, frivoles et cependant dangereux où le sang coule pour rien. Conscient de la valeur de la vie humaine et investi d'une mission divine permanente, le Chevalier religieux ne gaspillera pas ses compétences en duels inutiles pour d'insignifiants points d'honneur.

En terme de jeu, nous avons ici l'archétype du Paladin, soucieux du bien-être collectif et de la moralité individuelle, mais inspiré par une divinité dominante d'alignement Loyal Neutre car c'est le concept de la Loi comme moyen de structurer la société pour la garder du Mal qui domine ici.
Les prêtres seront les mentors de la chevalerie, chargés de guider leurs ouailles sur les chemins de la droiture et de châtier ou faire châtier ceux qui s'en écartent.

Le Chevalier religieux est beaucoup moins tolérant que son homologue féodal en ce qui concerne ses amis et alliés, et il y a de substancielles différences d’attitude avec le Paladin.
Un Paladin classique admettra sans l'apprécier un Chevalier d'alignement neutre s'il est lui-même bon et absolument pas un Chevalier mauvais. Chez lui, c'est le côté bon de l'alignement qui domine, et qui modère ses jugements sur les autres. Il peut comprendre et pardonner des actes répréhensibles s'ils ont été accomplis sans intention de nuire, ou si le coupable manifeste un repentir sincère.
Un guerrier sacré Loyal neutre accepte tous les alignements Loyaux, car son ennemi est le Chaos.
Sa loyauté va d'abord à sa religion, même envers des personnes de rang social comparable. C'est un fanatique intransigeant, qui s'astreint à une conduite morale irréprochable et exige la même chose de ses éventuels compagnons. En cela il diffère du Chevalier féodal, pour qui la conscience de classe (surtout chez les nobles) prédomine sur toute autre considération et qui fera bloc avec ses pairs.
Il diffère aussi du Paladin, car il n'a pas sa bonté, et ses jugements seront impitoyables et catégoriques. Le Chevalier de la Loi se considère comme l'instrument de son Dieu, comme son messager et son exécuteur. Ses sentences envers les ennemis de sa cause seront sans appel.


Caractéristiques de jeu

Les pouvoirs d’un Chevalier de la Loi sont les suivants :
(disparition des bénéfices spécifiquement liés à l'aspect b on de l'alignement): Les restrictions sont les mêmes que pour les Paladins sauf pour les suivants et les compagnons d'armes dont l'alignement devra être impérativement Loyal, mais pourra être Bon ou Neutre, voire Mauvais.
Le Chevalier se bat et fait ses JP comme un Paladin, et progresse sur la même table d'expérience.


Le Code Moral d'un Chevalier de la Loi

Etre fidèle à son Dieu
Obéir aux commandements de son Temple
Les missions du Temple sont prioritaires sur tout autre engagement, et ne peuvent être refusées.
Défendre son Temple
En échange de son dévouement, le Chevalier bénéficie de soins et d'aides diverses.
Respecter et faire respecter les Lois en vigueur dans la société dans l'intérêt de tous.
Le Chevalier s'efforce de toujours passer par les moyens légaux et évite toute action pouvant mener à une destabilisation importante de la société où il vit.
Combattre le Chaos sans trêve ni merci.
Le Chevalier doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour détruire les manifestations chaotiques dont il a connaissance. Il n'est pas obligé d'attaquer un ennemi manifestement trop puissant, mais ne peut l'ignorer. Il devra garder ce problème en vue, et lui chercher une solution.
Ne jamais mentir ni trahir une parole donnée.
Sauf s'il s'avère qu'en tenant un serment il s'expose à perdre son statut de Chevalier ( parole obtenue par ruse ou contrainte).
Etre partout et toujours le champion du Droit et de l’Ordre.

Un Chevalier de la Loi qui pert son statut aura beaucoup de difficulté à le regagner, car il s'agit ici de morale.

Soit le Chevalier a fauté contre son Dieu et ses principes involontairement, et il en garde une telle culpabilité qu'il lui faudra du temps et beaucoup d'actions de valeur pour qu'il se rachète ne serait-ce qu'à ses propres yeux (et les déités de la Loi sont rigides et peu enclines au pardon facile).
Soit le guerrier sacré cesse de l’être parce que son éthique a changé (pour quelque raison que ce soit) et le pousse à agir d'une manière incompatible avec le maintient de son statut. Dans ce cas, le personnage renie plus ou moins nettement ce qu'il a été jusqu'alors.

Les conséquences s' exercent à plusieurs niveaux :


Article écrit par Miriel Ombre d'Argent. 31.05.98.

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