L'axe Bien-Mal est facile à comprendre et à jouer.
L'axe Loi-Chaos est plus subtil.
La première chose à établir est la différenciation totale de ces deux axes, que l'on peut imaginer comme perpendiculaires l'un à l'autre. La Loi et le Chaos utilisent toutes les nuances de l'autre axe, y compris la neutralité médiane, pour parvenir à leurs fins.
Les dieux en Aquila relèvent de l'axe Loi-Chaos.
Au centre de cet axe se tiennent les puissances de la Balance, qui n'interviennent que peu dans la vie des mortels et se tiennent en retrait.

Les puissances de la Loi sont des déités rigides, qui gouvernent le monde selon une logique bidimensionnelle inébranlable et par des dogmes très structurés. Toute chose qui ne satisfait pas à leurs critères doit être rectifiée ou éradiquée. Les dieux de la Loi sont extrêmement interventionnistes, car ils considèrent qu'il leur appartient de guider les mortels sur le chemin qui est le seul acceptable: celui qu'ils ont défini.
Leurs Plans originels sont des mondes à la géométrie impeccable et lisse, aux arêtes tranchées, aux structures de pierre blanche ou noire unies et régulières, aux paysages pastels immuables et calmes, baignés par une pure lumière blanche et dorée et transcendés par les chants limpides et les mélopées répétitives des entités qui les habitent.
Les maîtres mots de la Loi sont: Stabilité, rigueur, logique, obéissance et discipline.

Les puissances du Chaos sont des déités mercuriales, qui obéissent avant tout à leurs instincts et à leurs émotions. Capricieuses et versatiles, multifacettées, elles portent sur le monde un regard amusé, affectueux ou courroucé, et interviennent parfois dans la vie des mortels, mais jamais pour leur dicter leur conduite, car les dieux du Chaos considèrent que les mortels doivent choisir librement leur voie, et en assumer les conséquences. Telle est la doctrine du Chaos, la seule règle que ces dieux polymorphes respectent en toute circonstance et sans aucune exception.
Les Plans du Chaos sont des mondes en perpétuelle mutation, où les paysages tourmentés se redessinnent selon le caprice des habitants, où alternent tempêtes et sérénité, où jamais deux choses ne sont semblables. Rien n'y est jamais vraiment ce que cela semble être, car la substance du Chaos est faite en grande partie d'illusion. Les couleurs y sont tranchées et violentes, les structures assymétriques et complexes, les lumières vaporeuses et irisées, les ciels changeants et chargés de l'énergie arc-en-ciel omniprésente.
Les maîtres mots du Chaos sont: Libre arbitre, créativité, initiative et action.
La civilisation de la Loi
Les sociétés de la Loi sont structurées et hiérarchisées, privilégiant la collectivité et brimant les libertés individuelles lorsqu'elles sont jugées dangereuses pour l'ordre établi.
La Loi définit des codes et des procédures précis et détaillés, établissant la conduite à tenir et les méthodes à appliquer dans chaque circonstance de la vie sociale, politique et religieuse. S'en écarter est illégal, et peut même dans certains cas (en matière de religion ou de magie) être considéré comme une hérésie.
Cela peut mener à une dictature plus ou moins exprimée dans la vie quotidienne, la position de la société sur l'axe Bien-Mal pouvant jouer un rôle modérateur important.
Ainsi, si les méthodes utilisées reposent sur la violence de la répression et une force militaire ouvertement démontrée, on est dans le profil d'une société Loyale Mauvaise.
Une société policée mais sereine, stabilisée par le poids de coutumes immuables et de traditions séculaires, où on pratique une prévention des comportements déviants par une éducation stricte des enfants, où on inculque à chacun le respect des valeurs et des règles établies dans la culture locale sera dans le profil Loyal Bon à Loyal Neutre. La société elfique de Querlan en est un bon exemple.
La Loi est austère, ses dirigeants sont des juristes logiques, méthodiques et froids, imperméables aux émotions et aux sentiments quand leurs principes sont en jeu. Dans les cas extrêmes, les individus qui sortent du cadre seront arrêtés, jugés et exécutés après une sentence sans appel.
La société de la Loi a des avantages: Son organisation bien huilée et incorruptible assure le bien-être matériel du plus grand nombre, la sécurité règne dans les villes, et le commerce y est florissant.
Les contreparties sont évidentes: l'épanouissement individuel et culturel des citoyens est limité aux domaines acceptés et enseignés par les autorités. Il en va de même en matière de religion et de magie, strictement encadrées et codifiées selon des rituels immuables. La création et l'initiative personnelle sont peu encouragées, voire regardées avec suspicion.
De telles cultures sont souvent xénophobes et intolérantes. Les individus appartiennent à une caste d'où il leur est difficile de sortir. L'inertie bureaucratique peut freiner le développement des nations.
La civilisation du Chaos
Le Chaos est à l'opposé.
Les civilisations qu'il a engendrées sont gouvernées par l'imagination et les émotions, non par la logique. Cela donne des cultures flamboyantes, brillantes dans le domaine culturel, artistique et magique, colorées et exubérantes, où l'individu prime sur la collectivité et où chacun peut se faire une place au soleil en prouvant sa valeur personnelle.
Ces sociétés sont ouvertes et créatrices, exploratrices, en évolution rapide et constante.
Si la tendance globale de la culture est Bonne et pacifique, la violence naturelle du Chaos sera canalisée en activités constructives, surtout dans les domaines des Arts et de la magie. Si au contraire la tendance est Mauvaise, on obtient une civilisation guerrière et conquérante, un Empire colonisateur et dominateur gouverné par l'égocentrisme et la soif de pouvoir de ses dirigeants.
Le revers de la médaille est l'instabilité.
Dans le domaine politique, si le leader de la communauté n'est pas un individu intelligent, au caractère fort et charismatique capable de maintenir à l'ensemble un minimum de cohérence, le royaume peut sombrer dans la corruption et la décadence.
Le respect des lois n'étant pas inculqué de manière stricte, les villes peuvent être moins sûres. Le manque de structures de contrôle peut amener les autorités centrales à être dépassées par les ambitions de factions locales qui imposent leurs propres règles, et les états peuvent être disloqués par des guerres de conquête internes ou leurs souverains renversés par des notables avides de pouvoir personnel. Les populations n'étant pas endoctrinées et soumises sont capables si elles sont trop maltraitées de se mobiliser pour une rébellion massive.
Les dieux du Chaos aiment les conflits, qui engendrent le changement et l'émergence de nouvelles splendeurs sur les ruines des anciennes. Contrairement aux dieux de la Loi, ils n'interviendront pas pour stopper les événements, même s'ils doivent conduire à l'anéantissement d'une civilisation.
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