Histoires fantastiques

Voici quelques textes épiques situés dans l'univers de Donjons et Dragons. Certains racontent les aventures de personnages décrits dans la Galerie des Héros.
Si vous désirez ajouter vos oeuvres sur cette page, écrivez-moi.
Miriel Ombre d'Argent


 Bourg Trois-Châteaux, une nouvelle médiévale-fantastique d'une excellente qualité, par Laurent Duquesne.
 L'Héritière du Temps, une longue épopée dans les Royaumes Oubliés.
 L'Assaut, vous montre la guerrière Dorwine en action.
 Avoir les crocs, quand les lendemains d'aventure ne sont pas de tout repos.
 Une Auberge sinon rien, ou les aventures de Klug Kroen.
 Fallait pas passer par les montagnes..., Klug et Galidou en fâcheuse posture.


Laranis Mar'Anthas, par son joueur L'Héritière du Temps

Cette histoire est un peu particulière, car elle a été écrite par plusieurs personnes. Ces quelques 70 pages sont le fruit d'un PBEM qui a conduit une poignée d'aventuriers jusqu'à Myth Drannor et Château-Zenthil. Chaque joueur écrivait une section de l'histoire mettant principalement en scène son personnage, et aussi un peu ceux des autres, mais plus en retrait. Vous pourrez ainsi lire certaines scènes décrites selon le point de vue de plusieurs des héros. L'intrigue progressait à la manière d'un cadavre exquis, chacun jouant le rôle du MJ à son tour et y ajoutant ses idées... Si certains personnages semblent plus importants ou mieux développés que d'autres dans l'histoire, c'est tout simplement parce que leurs joueurs ont été plus prolifiques en écriture :)

Tirana la mystérieuse
Haldirin l'Ecarlate Les protagonistes "joués" sont:

Laranis Mar'Anthas: Brendel de Tyr, le webmaster qui a lancé l'aventure
Haldirin l'Ecarlate
Tanis, Gladiel : Loup Gris
Tirana : Miriel Ombre d'Argent
Siméon : Thrédass de Marsember
Grynfeld, Laradon : Tchinildar
Jorus l'Uniq
Mérové : Ssothssanss
Sam Goodfield
Néo
Tendonin : Sweetguy

Les PNJ et les rôles secondaires ont été "joués" par plusieurs joueurs à tour de rôle selon leur inspiration. C'est aussi le cas pour Siméon, Sam et Néo, dont les joueurs ont décroché en cours de route, ainsi que pour Laranis sur la fin..

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L'Assaut

Sur un ordre mental de leur maître, les gardes survivants se retirèrent dans les couloirs du manoir.
Les trois assaillants ne venaient-ils pas de tuer leur capitaine en quelques brèves passes d' arme.
L'ordre était le bienvenu, aussi fût-il promptement exécuté.

Le seigneur des lieux observait les intrus. Deux mâles et une femelle. Cette dernière semblait intéressante, ses formes attiraient l'œil. Oui, il fallait qu'ils viennent jusqu'à lui. Ses pensées divaguèrent quelques instants puis il porta son regard sur sa dernière épouse.
Cette guerrière aux cheveux d' or.
" C'est pour elle qu'ils viennent. " se dit-il.

Le bruit de la porte le tira de sa rêverie. Les deux hommes lançaient des regards apeurés sur les gardes du corps du seigneur. La femme, elle, avançait déjà dans la pièce. Mais d'où venait cette assurance ? A moins que... ? Distrait une fois de plus par son imagination, le Maître remarqua à peine la petite courbette effectuée par l' intruse.

Une voix musicale s'échappa de sous le casque. Une voix elfique, le doute n'était pas permis.
La langue du Maître passa sur ses lèvres, l' odeur de cette chair lui plaisait. Quels délices pourrait-il tirer de celle-ci ! Une autre odeur vint le déranger , une odeur qu' il connaissait bien; un vieil ami.
Mais comment un dragon aussi énorme aurait-il réussit à pénétrer dans le manoir ?
Son regard se fit plus perçant. Il détailla la femelle sans plus se laisser distraire. C' était là, monté en pendentif ! Une dent du grand dragon vert qui avait été son ami, dans une autre vie.

Soudain le rire de l' elfe retentit, un rire de démente à n'en pas douter. Elle devait être la plus dangereuse du groupe. Comment une créature aussi insignifiante avait-elle réussi à occire un dragon?
Le casque se releva lentement. Une cascade de cheveux tomba presque jusqu'au sol, un regard bleu se fixa sur lui et il comprit son erreur. Ce n' était pas étonnant, qui pouvait se douter qu'une drow pouvait avoir cette taille et cette corpulence. La voix reprit son discours, mais en langue commune cette fois.
" Je suis ici pour vous demander de bien vouloir libérer notre amie de votre emprise. " dit-elle
Le Maître ne put retenir son rire.
" A moins que…" le rire mourut immédiatement " je ne vous tue ! " lança la drow.
Le Maître bondit de son trône et toisa cette stupide femelle.
" Sais-tu qui je suis ? On ne vient pas impunément narguer un seigneur vampire ! Je vais me délecter de ton sang, et tu connaîtras la peur avant l'oubli. "
Un nouvel éclat de rire retentit.
" Mais je vous connais, Seigneur Davoc ! Puis-je vous proposer de donner un meilleur goût à mon sang d'elfe ? "
La jeune drow avait une fiole en main, il s'en dégageait une odeur douceâtre que le vampire identifia sans la moindre difficulté; une potion de furie. Que voulait-elle faire avec ça ?
L' imbécile venait de vider la potion d' un trait.

L' attaque qui suivit prit le vampire au dépourvu. La drow, tout en devisant gaiement avec lui, venait de projeter avec une vitesse et une fluidité déconcertantes, trois fioles dont le liquide lui brûla la bouche et la gorge. Ensuite, ce fut la morsure de l'acier enchanté des deux épées de cette folle furieuse ! Jamais il n' avait ressenti une telle douleur, même son épouse tardait à réagir.
Et la drow continuait de frapper à une vitesse hallucinante. C' est alors qu'il vit le regard écarlate, la mémoire lui revint. Une guerrière aux yeux rouges écumait la région et plusieurs monstres avaient déjà perdu la vie en l' affrontant.

Un dernier éclat de rire, un dernier coup et le regard repassa du rouge au bleu. Davoc se demanda pourquoi son épouse, qui était derrière la drow, n' avait pas réussi à la tuer.
Le sol s'approchait trop vite de sa tête ! Pourquoi ses forces l'abandonnaient-elles ?
Puis ce fût le noir et le froid. La mort venait de le rattraper une dernière fois.

FIN

Histoire proposée par Brice Devif

Avoir les crocs

Le chapeau atterrit sur la table, faisant vaciller la flamme des deux bougies qui éclairent la petite salle sombre.
L'homme qui vient à peine d'entrer referme la porte et pousse le loquet. Il porte sur ses épaules une lourde fourrure couverte d'une fine épaisseur de neige.
"Salut, Grimloch, j'espère ne pas être trop en retard !"
A la table, un demi-orc assez massif laisse émettre un "Hum... hum?" de mécontentement.
Ses crocs inférieurs brillent du reflet des bougies qui ont calmé leur petite danse. Le visage est fermé et constellé de petites marques pouvant faire croire à une vieille maladie mal soignée.
L'humain s'est approché, et a tiré une chaise. Il vient d'épousseter sa barbe pour en faire tomber les quelques flocons qui s'y sont logés. Il pose ses gants sur la table et tend les deux mains vers l'une des bougies.
"Je n'ai pas pu faire autrement. Surtout avec ce sale temps! Et puis ton mage, il habite pas la porte à côté!"
Grimloch hausse les épaules comme s'il n'en avait que faire.
"Alors, qu'est ce qu'il a dit ?" grommelle-t-il.

L'humain sort une petite bourse de sous son gilet.
"Et bien, ce n'est pas si évident que ça, à ce qu'il paraît." "Il a passé deux jours dessus. Le premier, il n'a fait que rire, j'ai cru que ça ne valait rien. Le deuxième, il était très perplexe." Il sort alors de la petite bourse un petit collier composé d'une lanière de cuir et de quelques plumes de couleurs différentes se finissant par un tout petit os rectiligne.
"Voilà ce qu'il a dit : Tout d'abord que cet os là, c'est un os de poule. D'ailleurs, c'est pour ça qu'il a commencé à rire. Par contre les plumes, il ne sait pas. Il a dit que cela est magique. Mais le deuxième jour, il a dit qu'il n'arrivait pas à savoir en quoi cela était magique.
Bref, on n'a rien appris de nouveau."

Grimloch se lève brusquement, déployant ainsi son énorme carrure. Il tape d'un violent coup de poing sur la table, faisant tomber le chapeau au sol. L'humain a eu un mouvement de recul et de peur.
Le demi-orc s'est approché de la fenêtre. Il tient ses mains dans le dos, il regarde dehors la neige tomber.
"J'ai perdu sept hommes et quatre chevaux pour ne trouver que cela dans un tas d'immondices et de fientes. Quelle charogne que cette bestiole infâme ! Et cela ne me rapporterait pas un clou !"
Grimloch vient de taper sur le carreau de la fenêtre du plat de la main.
L'humain le regarde comme s'il sentait venir un vent de tempête.

Un tout petit bras très fin apparaît de sous la table et cherche aveuglement à attraper quelque chose sur la table à tâtons. Il cherche à droite, il cherche à gauche. Attrape d'un doigt la sangle du collier et la tire doucement. Elle glisse et échappe à la petite main.
La main retâtonne et percute malgré elle l'une des bougies qui vacille sur sa base.
La petite main la saisit vivement et la stabilise, puis la relâche une fois le mouvement stoppé.
Malheureusement, en libérant le socle de la bougie, la colonne de cire bascule et s'abat sur les gants posés sur la table. "Pchhh?"

L'humain surpris, a poussé sa chaise de la table et s'est relevé : "Aaaaaahhhhhh !!!!"
Grimloch se retourne, étonné.
La petite main réapparaît prestement au-dessus de la table, saisi le collier du premier coup et disparaît.
"Grimloch, Grimloch? là là .. Sous la table!"
Grimloch se plie en deux et baisse la tête pour voir en dessous, tout en dégainant de sur son côté un large cimeterre. C'est alors qu'il se prend le chapeau de l'humain qui avait été délaissé en pleine figure.
Un chat portant le collier dans la gueule sort alors de sous la table et se précipite vers la porte. L'humain essaye de l'attraper au passage mais le rate. Grimloch hurle de rage en jetant au loin le chapeau et bondit vers le chat, qui saute sur la porte et disparaît au travers, le demi-orc s'assommant à moitié contre celle-ci dans un énorme fracas.

Un froid violent se fait alors ressentir dans la pièce et les bougies s'éteignent sous l'effet du vent qui vient de s'engouffrer. La fenêtre est ouverte et un petit rire cristallin résonne dans cette direction "Hihihihihihihi..." et se perd dans la nuit...
Grimloch et l'humain regardent la fenêtre interloqués, puis se tournent l'un vers l'autre. Grimloch semble avoir un des crocs avant cassé. "Je crois que nous nous sommes fait rouler." dit l'humain, juste avant de recevoir la gifle d'un Grimloch que cette remarque a fini d'énerver.

FIN ?

Histoire proposée par Zolk

Une auberge sinon rien

" Mes amis, aujourd'hui je vais vous raconter une histoire peu banale… Cette histoire commence dans une contrée qui nous est à tous totalement étrangère, un monde totalement étranger aux Royaumes à vrai dire… "
Ainsi commençait le vieux barde. Il savait que grâce à cette histoire, il pourrait se payer un bon repas et même sans doute quelques chopes, car c'était l'une des ses favorites. Le public, évidemment, partageait son point de vue…
Après une bonne rasade de bière, il reprit :" Aujourd'hui, je vais vous parler de Galidou et Klug, deux célèbres propriétaires d'auberge…. "
Personne ne cilla. Il est vrai que dans la région d'Eauprofonde, personne n'avait entendu parler de tels personnages. Néanmoins, le récit commençait bien, aussi le public fit silence et attendit presque religieusement que le vieux barde reprenne.
En fait, quelqu'un cilla. Au fond de la salle, les deux noms avaient fait avaler de travers sa bière à un type à l'air patibulaire, plutôt court sur pattes et avec une vilaine cicatrice au menton. Il s'esquiva à l'étage aussitôt après avoir donné des directives aux hommes qui étaient assis à ses côtés quelques secondes auparavant.
" Leur histoire commence donc dans une bourgade de ce monde lointain, où ils firent connaissance après une rixe entre des consommateurs. Ayant découvert que chacun possédait les mêmes motivations que l'autre, ils décidèrent de s'engager sur les routes de l'Aventure. Après avoir fait leur paquetage, ils partirent donc en direction du Nord, là où, disait-on, on pouvait encore trouver des actes héroïques à accomplir. Deux jours plus tard, ils aperçurent un campement gobelin, et ils résolurent d'attaquer ces sales peaux vertes….Désolé… "
Le videur Demi-Orque balaya l'affront d'un grognement : " Pas grave !! " beugla-t-il.
" Bien… Reprenons dans ce cas… Aidés de deux compagnons rencontrés en chemin, Klug le Guerrier et Galidou l'Illusionniste commencèrent l'assaut sur le camp. Rampant pour éviter de se faire repérer, et armé de sa dague, Galidou tenta de passer par derrière afin d'éliminer ceux qui devaient être en train de se reposer. Klug, pour sa part, avait sorti son épée à deux mains et approchait le plus silencieusement possible. Malheureusement, comme chacun sait, il est difficile d'être silencieux avec une cotte de mailles… "
Des éclats de rire ponctuèrent cette remarque. Apparemment le barde avait tapé juste.
" Ca va être une bonne soirée… " pensa-t-il en son for intérieur.
Il reprit : " Alors, à ce moment là les gobelins passèrent à l'attaque, et nos amis furent forcés de prendre les armes tandis que leurs deux compagnons les couvraient. Galidou parvint à trancher la gorge d'un affreux spécimen avant même que les autres ne comprennent ce qui se passait. Klug, pour sa part, avait opté pour l'attaque frontale. Les gobelins étaient encore une dizaine. Ca sentait le roussi pour eux, pensaient-ils, mais leur détermination égalait leur courage… Klug entra dans la mêlée avec bonheur, et commença à se mesurer aux six peaux vertes qui l'entouraient. Galidou, quant à lui, voyant qu'il n'aurait certainement pas l'avantage dans une confrontation physique, se prépara à lancer un enchantement dont il avait le secret. Incantant une formule, il joignit ses mains en éventail, doigts écartés, et un déluge de feu se déversa sur les quatre gobelins qui le cernaient. Pendant ce temps, Klug avait réussi à occire deux opposants, mais lui-même avait été légèrement touché, ce qui avait pour effet de le rendre plus furieux encore. Dans un élan frénétique, il abattit encore trois de ses adversaires, le dernier s'étant fait oublier dans l'espoir de porter un coup fatal au guerrier. Mais c'était sans compter avec Galidou. Sortant sa fronde, ce dernier fit tournoyer une pierre avant de précisément la lancer en direction du gobelin qui tentait de manœuvrer dans le dos de Klug. Avec un " POC ! "sonore, la nuque de l'affreuse créature se rompit, la laissant inanimée au sol. Ils remarquèrent alors le coffre qui trônait au milieu du campement, et ils entreprirent de s'approprier son contenu, ou du moins tout ce qui pourrait les aider dans leurs avantures. Mis à part un peu de menue monnaie, ils trouvèrent des objets qui leur iraient à ravir. Galidou choisit pour lui-même un anneau de grande beauté, tandis que Klug optait pour l'épée qui gisait dans le fond du coffre et qui luisait d'un éclat bleuté, une lueur froide qui vous glace le sang dans le dos. Mais pour le guerrier, cela était un peu comme un souvenir de chez lui, car il venait des Terres Gelées au Nord. Equipés ainsi, ils repartirent donc à l'aventure.
Mais ceci est une autre histoire, je crois que quelqu'un m'attend…. "
Quelques cuivres volèrent en direction du barde.
Durant toute la fin de son histoire, les hommes de main du type patibulaire s'étaient rapproché de la scène et le type lui-même, qui répondait au doux nom de Kelvurt, était redescendu de sa chambre, accompagné par deux personnes, l'une habillée d'une grande toge et portant barbe et moustache, l'autre revêtue d'une armure de plates complètes avec un casque et un marteau de guerre prêt à l'emploi.

Les hommes de main s'approchèrent de Kalios, le barde. L'un deux lui cracha à la figure:
" Hey !Toi, là, le beau parleur !! Où c'est qu't'as entendu parler de ces deux énergumènes, là… euh… Klug et Galidou ?? T'as intérêt à nous le dire, sinon je sens que tu vas passer un sale quart d'heure !! "
" Eh bien messieurs, en fait, je dois vous dire que c'est parce que je les connais personnellement que je me permets de raconter les aventures de mes amis….C'était passionnant, non ?? "
" Trop… En attendant, tu vas gentiment nous suivre pour qu'on aille expliquer ça à Mr Kelvurt… "
" Oh….Je ne pense pas que mes amis soient d'accord... "
" Tes amis ? Quels amis ?! "
" Nous… " Une voix se fit entendre dans le dos de la pauvre brute. En un instant, il comprit qu'on allait le faire tomber dans un " sommeil " réparateur. Klug envoya son poing en avant. Avec un bruit mat, il s'écrasa sur le nez de l'homme, qui fit entendre un craquement disgracieux. Les autres seconds couteaux lui foncèrent dessus. Tout à coup, ils virent le plafond s'effondrer sur eux. Derrière Klug, un petit personnage masqué par son habit de voyage tenait un bâton qui s'était mis subitement à luire. La demi-douzaine de gardes était par terre, poussant des râles de douleur.
" Quand même, Klug, tu y as été un peu fort ", observa l'illusionniste.
" Bah…tant pis pour lui.. "
" Et au fait merci ", lâcha Kalios.
" De rien, mon ami, de rien. " L'illusionniste eut un sourire malicieux.
" Pareil. "
Les consommateurs, dont le sens pratique était très grand, comprirent qu'ils étaient de trop et partirent au trot sans demander leur reste. De plus, cela avait évité à certains de devoir payer leurs consommations…
Accoudés au comptoir, nos trois amis faisaient face aux trois hommes de la secte des Pilleurs de Tombe d'Eauprofonde.
D'ailleurs Klug en profita pour goûter à la bière.
" Hmmmm…Pas mauvaise, franchement ! "
" KLUG !! "
" Pardon… "
Galidou reprit alors la parole, cette fois à l'adresse des trois individus qui lui faisaient face.
" Alors mes amis, vous pensiez peut-être que vous vous en étiez sortis si facilement après le coup de grisou dans cette mine de cuivre ?? Non, non… Quelle erreur de votre part tout de même… Je crois qu'il va falloir nous rendre des comptes maintenant… "
" Allez en Enfer !!! " L'injonction provenait de l'homme habillé en magicien.
Galidou eut l'ombre d'un doute lorsqu'il vit le mage préparer….un éclair. Il savait parfaitement qu'il n'y résisterait pas, du moins pas sans beaucoup de chance.
" Crève !!!!! " lâcha le magicien en jubilant.
En un instant, une armure de plates apparut alors sur le corps de Klug, qui courut ensuite se placer devant son ami, exactement sur la trajectoire de l'éclair .
" Ce sera pas encore pour aujourd'hui, mon gars !! " lâcha-t-il.
Le jet d'énergie, intensément puissant, partit en une fulgurante décharge. Elle frappa de plein fouet le guerrier, qui chancela sous l'impact, mais qui apparemment était complètement apte à se relever et à continuer le combat. Poussant un cri de bataille, l'homme en armure, après en avoir appelé à Baphomet, se lança contre Klug. Ce dernier eut juste le temps de se relever avant que l'autre tente de lui réduire le crâne en bouillie avec son marteau. " Oups !! "
Pendant ce temps, Kalios s'était discrètement rapproché de Kelvurt, et entreprit de planter sa rapière dans le cœur de celui-ci, avec une préférence pour l'attaque dorsale. Malheureusement pour lui, Kelvurt était plus rusé qu'il en avait l'air, et ayant senti le coup venir, il plongea de côté avant de se relever instantanément, cimeterre en main.
Galidou, quant à lui, s'était mis à courir vers le mage, et ce faisant avait mis ses mains en éventails, doigts écartés… L'autre le regarda avec un regard horrifié, sachant qu'il ne pourrait pas éviter une telle vague de feu.
" Maintenant c'est à moi de jouer !!! "
Un déluge de flammes s'abattit sur le vieux mage, qui s'embrasa presque instantanément. Il courut dans le vain espoir d'abréger ses souffrances, puis alla s'affaler dans un coin de la pièce, mort.
Klug, lui, avait apparemment quelque problèmes avec son nouvel ami. L'éclair l'avait passablement affaibli, et même si il n'était pas mourant, il n'était pas au mieux de sa forme.
Ne sachant que faire, il opta donc pour l'attaque brutale et sans ambages. L'autre ne s'attendait apparemment pas à une telle technique de la part du guerrier. Il para tant bien que mal les premiers coups, parvint même à placer la botte dont il était si fier, mais qui n'eut quasiment aucun effet sur Klug, et ensuite ploya sous la force des coups qu'il subissait. Au premier coup, il vacilla. Au deuxième coup, son genou droit fléchit et il dût se relever tant bien que mal. Le troisième coup lui fut fatal, tranchant une bonne partie du cou et ouvrant la carotide en même temps. Kalios n'avait pas adopté la même technique de combat, et le sien commençait donc à s'éterniser. De parade en esquive, le barde montrait toute l'étendue de son talent. Son but était de fatiguer son adversaire grâce aux coups rapides et incisifs de sa rapière, afin d'attendre le moment propice au coup de grâce. Cela aurait certainement marché, si Klug ne l'avait pas vu d'un autre œil. Arrivant par derrière, le guerrier saisit les deux bras de Kelvurt, et il commença consciencieusement à marteler la nuque de ce dernier à coups de tête. Kalios en resta sans voix.
Au bout de dix secondes d'un pareil traitement, Kelvurt se décida enfin à s'évanouir.
" Celui-là, il nous le fallait vivant, et tu nous l'aurais sans doute trop amoché ", dit Klug. " Je ne veux surtout pas que tu prennes cela comme un affront personnel, hein ?? "
" Non, il n'y a pas de problème… " répondit le barde. " Par contre, est-ce que je pourrais te demander quelque chose… ? "
" Vas-y. "
" Est-ce que tu te sens obligé à chaque fois que je raconte une histoire, DE RONFLER COMME UN PORC ??!! "
" Ben…C'est plus fort que moi désolé… "
Pendant ce temps, Galidou avait fouillé le corps inanimé de Kelvurt, et en avait extirpé un parchemin ainsi qu'un sceau.
" Voilà, comme ça on ramène ça au Seigneur, et on peut rentrer chez nous !! " fit-il, enjoué.
Les autres acquiescèrent.
Après avoir amené Kelvurt aux autorités, le trio reprit la route en direction de Valombre, afin de rapporter son sceau au Seigneur Tristemine, et de pouvoir ensuite retourner à leur auberge, située sur la route de Valbrume.
" Dis Galidou, tu crois qu'avec la récompense on pourra ouvrir une maroquinerie à côté de l'auberge, hein ?? "
" Mais oui, Klug, mais oui….Maintenant tais-toi et marche. "

FIN

Histoire proposée par Klug Kroen

Fallait pas passer par les montagnes…

C'était une de ces belles matinées d'automne, durant lesquelles on se prélasse à l'accoutumée sous quelque arbre, avec un verre de bon vin à la main. Le soleil montait doucement au-dessus des collines, et une douce chaleur commençait à se faire sentir.
La région de Valbrume grouillait de vie, et cette vie s'éveillait avec les premiers rayons de soleil. Sur la Grand'route, l'Auberge du Chemin Brumeux se dressait, et ses habitants somnolents allaient démarrer une nouvelle journée.

De leur côté, Galidou et Klug se fatiguaient sur la route de la Passe des Brigands.
Depuis trois jours qu'ils étaient partis, leurs recherches avaient toujours été infructueuses. Les trois villageois qui les accompagnaient, Rash, Chigmuirt et Aldron, les avaient convaincus de se lancer à la recherche des paysans disparus. En effet, ces derniers temps, de nombreuses personnes avaient été enlevées, et pour le moment on n'avait aucune trace qui eut pu mener au repaire des ravisseurs. Alors quand les trois guides s'étaient présentés devant eux, Klug et Galidou avaient sauté sur l'occasion. Un peu d'action ne fait jamais de mal à personne.
Depuis qu'ils avaient quitté Mornebrise, ils n'avaient eu de cesse d'être dérangés, par des brigands, des Kobolds, …On eut cru que tout Toril s'était mis contre eux.
" Je commence à en avoir marre, Galidou… Ca fait depuis cette nuit qu'on marche, et j'ai même pas eu le temps de me mettre un petit quelque chose sous la dent… "
" Mmmmmmm, je sais Klug, mais il faut bien qu'on trouve…. ". Un long bâillement ponctua la phrase. " Qu'on trouve où les villageois sont retenus. Je suis sûr qu'on approche du but. "
" Ca fait trois jours que tu dis ça !! "
" Ouais. "
Ils marchèrent pendant encore environ une heure, quand soudain Rash hurla à l'encontre du groupe :
" Hé ! Les gars ! J'ai trouvé quelque chose !! "
Ils s'approchèrent. Dans les fourrés, à quelques centaines de mètres de la sente principale, une trappe était habilement dissimulée.
Après un court temps d'attente, ils décidèrent de l'ouvrir. Klug s'en approcha donc, ne prenant, comme à l'accoutumée, aucune précaution particulière. " TCHAF !! "Une dague fut projetée au moment même où Klug ouvrait la trappe. A la vitesse de l'éclair, il effectua un saut de côté, juste suffisamment pour que la lame lui pénètre dans l'épaule.
" OUCH !!!! J'EN AI MARRE !!!!! " gueula l'intéressé.
Néanmoins, la trappe était maintenant ouverte. Ils entamèrent la descendeuse en tête, retirant avec grande peine la dague.
Le couloir était sombre, même si ça et là quelques champignons phosphorescents diffusaient une lueur verdâtre. Epée en main, Klug avançait à tâtons, suivi de près par les villageois. Galidou, aux aguets, fermait la marche. Le complexe souterrain était vaste. Il l'était tellement, qu'au bout de ce qui leur sembla être une demi-heure, ils eurent la certitude qu'ils s'étaient perdus.
Klug, sentant les prémices de la claustrophobie monter en lui, prit la parole :
" Galidou… Je crois bien qu'on est pas prêts de retrouver la sortie de ce bordel…Apparemment on est perdus, et pour de bon !! "
" En effet, il semblerait bien… " fit l'Illusionniste.
" Bon, on va continuer encore un peu, une heure ou deux, et ensuite on se reposera, il me reste encore un peu de nourriture! " lança le guerrier à la cantonade. Faisant flamboyer Milchyrm, son épée, Klug repartit au petit trot.
Au fur et à mesure de leur avancée, ils se rendaient compte que les parois du souterrain étaient comme roussies, comme s'il avait brûlé… De plus, ils avaient l'impression que du sang séché était collé en grosses plaques par endroits. L'endroit leur paraissait de moins en moins hospitalier, et les guides commençaient à montrer des signes de nervosité évidents.
A peu près une heure plus tard, ils arrivèrent face à un cul de sac, et ils se décidèrent à prendre une collation ici. Klug sortit donc de son paquetage la viande salée, le poisson séché (on lui avait dit que cela rendait intelligent…) et le pain noir qu'ils avaient emporté avec eux depuis Mornebrise. Il mangèrent silencieusement, tous les sens aux aguets, prêt à bondir pour certains, fuir pour d'autres, et ce à la moindre alerte.
Depuis un bon moment déjà qu'il fixait cette paroi qui leur faisait face, Galidou se dit que vraiment il y avait quelque chose qui ne collait pas. Elle avait l'air vraiment beaucoup trop réelle pour être honnête. Il se leva donc et s'approcha de la " paroi ". Tous les autres le regardaient, se demandant quel nouveau manège il était en train d'accomplir (il avait déjà eu l'occasion de montrer l'étendue de ses pouvoirs au cours de leur court voyage.). Comme il l'avait prévu, Galidou plongea entièrement son bras au-travers de la surface rocheuse. Ses compagnons stoppèrent leur mastication et, bouche bée, semblèrent attendre une explication.
" Eh bien, oui, quoi, c'était une illusion…Vous savez, je n'ai aucun mérite, c'est seulement la pratique qui fait cela… Enfin, maintenant on peut passer, quoi… "
Ils se levèrent donc et reprirent leur marche, passant sans se cogner dans le mur illusoire qu'ils avaient tous cru voir. Un demi-kilomètre plus loin, ils arrivèrent devant une porte en bois bardée de fer, donc les gonds étaient apparemment fixés dans la roche même. Sans une seule parole, Klug s'avança pour aller examiner la serrure et tâter un peu la solidité de la porte.
" Fermée à clef " dit-il. " Je pense que je devrais pouvoir me la faire sans trop de problèmes… "
Sitôt sa phrase achevée, le guerrier prit son élan et fonça pied en avant sur la porte. Il y eut un grand bruit mais la porte résista. Après deux ou trois coups du même acabit, il se décida à tenter le coup d'épaule. Pari gagnant. Après quelques coups supplémentaires, les gonds de la porte cédèrent et elle s'effondra de l'autre côté. Klug grogna, un sourire satisfait ornant son visage…
Sourire qui disparut bien vite lorsqu'il se rendit compte que la salle derrière n'était pas aussi vide qu'il y paraissait. Des hommes habillés en pourpoints de cuir les attendaient, tenant des haches de jet. Ils étaient une dizaine. Avant d'avoir pu faire quoi que ce soit, Klug vit deux haches voler droit vers lui, l'une en direction de sa tête, et l'autre en direction des parties " sensibles " de son corps. Pendant une fraction de seconde, il se demanda ce qu'il allait faire, car il se rendait bien compte qu'il ne pourrait pas éviter les deux armes. Un dilemme digne de la plus grande tragédie…Finalement, il baissa la tête au dernier moment et leva la jambe. Au moins les dégâts seraient moindres…
Alors il hurla. La hache lui avait gentiment entaillé le tibia, révélant l'os en dessous de la chair.
Klug fulminait. Il retira la hache de sa jambe, hurla de plus belle, et partit tête baissée dans la mêlée, crachant toutes les insultes qu'il connaissait à la face de ses adversaires.
Durant tout ce temps, à la différence des autres guides qui étaient restés immobiles durant toute la scène, Chigmuirt n'avait eu de cesse de reculer, cherchant apparemment à se mettre à couvert dans le dos de Galidou. Ce dernier, comprenant bien ce que le pauvre villageois ressentait, n'en tint pas rigueur. C'est alors qu'il ressentit une douleur aiguë dans le dos, comme si un grand coup de froid venait de s'abattre. Se retournant, il vit Chigmuirt, une dague à la main et une lueur méchante dans le regard. Cette lueur se changea en stupéfaction lorsqu'il vit que le Gnome ne succombait pas.
" C'est pas vrai !!! T'es vraiment increvable, toi !!! "
" Par contre, toi, non… " rétorqua l'Illusionniste avec un sourire mauvais.
Alors que le traître tournait les talons et s'apprêtait à courir à toute allure, Galidou entama une gestuelle compliquée avec ses mains, prononçant des paroles incompréhensibles pour toutes les personnes n'étant pas versées dans les Arcanes, et enfin il pointa son doigt en direction de Chigmuirt. Une flèche complètement verte fusa vers ce dernier, avant de s'enfoncer profondément dans son dos. Il s'effondra... Avec horreur, le pauvre bougre vit que de l'acide coulait de sa blessure, et commençait à lui ronger la chair. Quelques secondes plus tard, il perdait connaissance, condamné à finir rongé par le liquide.
De son côté, Klug avait presque fini son " travail ", comme il aimait à l'appeler. Il s'était déjà débarrassé de six brigands (du moins apparemment cela en était), et les guides restant, après avoir pris leur courage à deux mains, avaient sorti leurs épées courtes et réussi à se débarrasser de leur adversaire direct.
Ce qui laissait deux brigands, tous les deux face à Klug, qui leur bloquait toute fuite.
" Alors mes cocos, on voulait jouer un tour de cochon à des personnes amicales comme nous ?? Ce n'est pas très sympathique, ça… " Sa blessure lui faisait horriblement mal, et il se dit que lui-même ne comprenait pas le sens profond de ses dires. Finalement, après s'être entre-regardés, les deux brigands jetèrent leurs armes et levèrent les bras au-dessus de leur tête. Au vu de cela, Klug fut quelque peu désemparé.
" Mais…. Heu…Vous faites quoi, là ??!Hein ?? Oh et puis merde !! "
Il s'avança vers les brigands, et d'un coup circulaire du pommeau de son épée, les assomma tous les deux.
C'est seulement à cet instant qu'il prit la peine de regarder en détail la pièce dans laquelle ils se trouvaient. C'était un corps de garde apparemment, avec une autre porte en plus de celle par laquelle ils étaient venus. Les guides étaient indemnes, par contre Galidou grimaçait franchement. Cela l'intrigua.
" Qu'as-tu mon ami ?? Quelque chose ne va pas ?? "
" Ca pourrait aller mieux. En fait, il semble que depuis le début notre ami Chigmuirt jouait double jeu. Il a essayé de m'occire. Comme il n'y arrivait pas, il a voulu prendre la fuite. Il n'ira pas bien loin je pense… Et toi ça va ? Cette blessure m'a l'air très vilaine… "
" Non, non, rien de très grave. Par contre je regarderai ta blessure tout à l'heure, on ne sait jamais. Par rapport à l'autre, c'est vrai que je commençais à me demander pourquoi on se faisait attaquer justement durant son tour de garde à chaque fois… Heureusement que je ne dors pas beaucoup, tiens… Enfin, c'est du passé maintenant. " Un court silence s'ensuivit, durant lequel Klug parut pensif. " Maintenant je propose qu'on s'arrête un moment après avoir attaché ces lascars. Je vais tous vous soigner, et ensuite on vous équipera, Rash et Aldron. Ca marche ?? "
" D'accord, " lui répondirent-ils tous d'une seule voix.
Après quelques heures de repos, ils refirent leurs paquetages et s'engagèrent sur un chemin de plus en plus en mauvais état, des rochers pointus dépassant fréquemment du sol, déchirant les vêtements et écorchant les chairs. A part quelques brigands qu'ils maîtrisaient ou qui s'enfuyaient, les aventuriers ne rencontraient pas une forte résistance. Ils s'avançaient toujours plus profondément dans le souterrain, se demandant si un jour ils en verraient la fin.
La réponse était oui.

Après trois jours de marches dans les profondeurs du complexe, durant lesquels ils ne s'étaient pas vus opposer une très forte résistance, les aventuriers arrivèrent devant une grande porte. Cette porte était majestueuse, rappelant une époque révolue depuis des lustres déjà, un faste oublié. Elle contrastait réellement avec ce que le groupe avait pu voir jusque là. C'était LA porte. De là surviendrait un changement dans leur vie, en bien ou en mal, nul ne pouvait le prévoir. Ils la regardèrent longuement. Elle devait faire dans les cinq mètres sur trois.
Pendant un instant, ils restèrent muets comme des carpes, incapables d'articuler la moindre parole. " … "
" Hé ben mon vieux !! "
Après encore un petit temps de latence durant lequel ils se regardèrent dans le blanc des yeux, ils prirent quand même la décision d'ouvrir la porte, ne serait-ce que pour voir si les villageois n'étaient pas derrière.
Galidou s'avança donc, retroussa ses manches, et se campa fortement sur ses jambes. Comme à l'accoutumée, son bâton d'illusion crépita de mille couleurs, une brise légère soufflait sur ses vêtements, lui donnant l'air grave.
Il prononça alors une formule complexe en direction de la porte, qui, quelques instants plus tard, s'ouvrit sans difficultés d'elle-même.

Un souffle sec, chargé de lourdes particules d'électricité statique, vola vers eux à l'ouverture de la porte. Ils s'avancèrent à pas mesurés dans l'ouverture, qui menait vers une vaste salle, qui donnait sur une multitude d'autres salles. Devant eux, leur faisant face, se tenait un Spectateur. Créature totalement hideuse, un œil géant couvert d'yeux plus petits, il les fixait ardemment de tous ses globes oculaires. L'un d'eux cligna, et soudain les deux guides hurlèrent de terreur et s'enfuirent à toutes jambes en direction d'une issue inconnue. Klug voulut les retenir, mais il ne pouvait pas abandonner Galidou à ce monstre. Sortant Milchyrm, il poussa un cri de guerre et lui fonça dessus. Derrière lui, il entendait l'Illusionniste incanter un sortilège qu'il jugea être une illusion d'après lui (il avait acquis une certaine habitude des formules de Galidou…). Soudain, en plein milieu de sa charge, des plaies béantes s'ouvrirent sur tout son corps. Il grimaça de douleur et chancela, le souffle court, en proie aux affres du vertige. Il perdait beaucoup de sang, et il ne s'était pas beaucoup occupé des ses blessures depuis leur départ de Mornebrise. Toute la fatigue accumulée des jours précédents semblait maintenant peser sur lui. Il avait l'impression de porter le poids du monde sur lui. Ayant encore quelques mètres de sécurité par rapport au Tyrranoeil, il sortit de sa poche de ceinture une petite fiole, qu'il vida d'un trait. Ses cernes s'estompèrent, ses blessures semblèrent se cicatriser. En fait, il se sentait de nouveau prêt au combat, et il était plus déterminé que jamais à se débarrasser de cette vile créature.
De son côté, Galidou avait terminé son incantation, et il tenait une énorme épée à deux mains dans la paume de sa petite main. Il la lança avec une force insoupçonnée pour un être de sa taille en direction du monstre, en visant l'œil principal. Ce qui se produisit fut assez étonnant : à quelques mètres de l'abomination, l'épée sembla se dissiper, avant de disparaître complètement. De fait, les Tyrranoeils sont connus pour être immunisés grâce à leur globe oculaire central à toutes les formes de magie. Dépité, mais pas résigné, Galidou songea à une nouvelle tactique.
Pendant ce temps, Klug était au contact avec le " bestiau ", comme il l'avait nommé. Il tentait de le labourer à grands coups d'épée, espérant couper les appendices oculaires qu'il avait sur l'œil principal. Il avait déjà réussi à lui en couper un, mais la créature avait des dents particulièrement aiguisées qui déchirèrent les chairs du guerrier au niveau de l'abdomen, l'obligeant à mettre un genou à terre. Croyant l'avoir définitivement éliminé, la créature s'apprêtait à donner le coup de grâce, lorsque Klug, soudain, sauta de côté et planta son épée flamboyante en plein dans la gueule du monstre. Ce dernier poussa un râle terrible, plein de haine et de ressentiment à l'égard de son agresseur.
Un œil cligna.
A son tour, Galidou fut blessé par le pouvoir du monstre. Le Gnome s'effondra avant même d'avoir pu faire quoi que ce soit. Il respirait faiblement et il tenta de ramper en direction de son bâton.
Klug se releva.
Un autre œil cligna.
Un éclair de feu gigantesque jaillit en direction du guerrier, qui resta comme figé sur ses jambes.
" Oh oh… "
La déflagration fut dantesque. Se sentant rongé par le feu de toutes parts, Klug tenta tant bien que mal de se protéger avec son bouclier, et il éteignit ensuite les flammèches qui lui brûlaient les vêtements et les cheveux. Ensuite il s'énerva vraiment. Rassemblant ses dernières forces, il fonça sur le Spectateur, et d'un grand coup de bas en haut, le coupa littéralement en deux.
Soufflant pour récupérer, il jeta ensuite un regard en arrière, comme pour faire le point sur la situation. C'est à ce moment qu'il vit son ami Galidou affalé sur le sol, vomissant du sang et essayant de se relever, en vain.
S'avançant vers lui, il entendit alors un bruit…Ou plutôt une multitude de bruits…De tous les côtés des Tyrranoeils s'approchaient en direction des aventuriers. Réalisant la situation critique dans laquelle ils trouvaient, Klug prit son compagnon sur l'épaule et partit en courant droit devant lui. Le claquement des mâchoires des monstres se faisait entendre derrière lui, et ce bruit sinistre revenait comme pour décompter le temps qui lui restait à vivre, pensait-il.
C'est à ce moment là qu'il vit un portail devant lui, d'une couleur bleutée, et aspirant de l'air pour en recracher un autre bien plus lourd.
" Ca doit être d'ici que venait le drôle d'air qui est sorti de la porte tout à l'heure. Ca ressemble vachement au truc qui nous avait emmené sur Toril quand même…Bah, advienne que pourra… "

Et il plongea dans le vortex lumineux, ignorant tout de sa destination.
Ce qu'il allait voir le surprendrait bien plus que tout ce qu'il aurait pu imaginer…

FIN (à suivre...)

Histoire proposée par Klug Kroen


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