La Ballade des Horloges

~ une aide de jeu de Maître Vorsharkar ~

Ceci est une (aide de jeu - scénario - etc ) pour AGONE, le jeu de rôle d'Heroic Fantasy dans les Royaumes Crépusculaires, adaptation de l'oeuvre de Mathieu GABORIT (Les Chroniques des Crépusculaires - Abyme). AGONE est un jeu de rôle édité par Multisim.

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Un ménestrel entre sur la scène, un xylophone en bandoulière et des carillons à sa ceinture. On reconnaît là un des médecins de Ranne, qui se spécialise dans le traitement de la folie par la mélodie de sa musique apaisante.

Le ménestrel - Avez-vous jamais jeté un regard sur notre cité ? Le voyageur de passage est impressionné par nos murs, ébahi par l'étendue de la ville et les œuvres des nains de l'Équerre. Mais un citadin, plus habitué aux mouvements de la foule, ne verrait là qu'une capitale ingénieusement défendue, et des bâtiments de métal incongrus témoignant du surnom de la cité, l'Imprenable.

Il faut découvrir la cité en déambulant entre ses constructions, en marchant sans relâche, en parcourant les moindres ruelles. Le badaud, flânant entre de puissantes bâtisses, finira par s'intéresser à des quartiers aux petites maisons de bois et de pierre, tels qu'on peut en trouver dans toute cité. Mais même à Ranne les apparences sont trompeuses, chaque ville est différente et son âme transparaît dans la moindre de ses constructions.

C'est en haut d'une colline, dans la rue des Flamands, que le passant aura vue sur un de ces quartiers pittoresques. En descendant vers celui-ci, il ne remarquera rien d'inattendu dans les bâtisses, mais le fait même qu'il cherche quelque chose devrait l'orienter. Inconsciemment, il sait déjà que quelque chose démarque ce quartier des autres, et il le cherche.

C'est en tendant l'oreille, s'il est mélomane, qu'il pourra percevoir la différence. Comme dans toutes les cités, des pigeons et autres volatiles se pressent sur les balcons, mais ici, une sorte de régularité se fait entendre. Il semble qu'un rythme lent, ancestral, soit ressenti dans chaque maison. En arrivant au centre du quartier, le piéton comprendra alors : ici se trouve la rue des horlogers.

En tendant l'oreille, il semble qu'elle bourdonne. Le bruit des horloges est diffus, mais audible. Cette vibration sourde n'a rien à voir avec le chant sans cesse changeant de la pluie sur les tuiles, mais possède une ampleur, une inexorabilité qui force le respect. On sent qu'ici de vieux artisans s'affairent, leur nez chaussé de besicles, sur des rouages et des ressorts infimes, vers un but rempli de sagesse et d'humanité.

S'il pousse la porte d'une des innombrables horlogeries de la rue, le passant découvrira des merveilles de mécaniques, de précision. Personne ne sera là, mais une petite clochette d'argent suspendue auprès de la porte aura retenti, et peu après une vieille personne fera son entrée, un horloger en personne.

En s'entretenant avec celui-ci, le passant apprendra que la rue est connue pour son calme et sa tranquillité, et ce depuis l'installation du premier horloger. L'horloger proposera quelque horloge ou montre au passant, à moins que ce soit un autre petit mécanisme tout aussi ingénieux.

Mais il se trouvera toujours quelque objet inattendu, quelque mécanique incongrue, pour intriguer le curieux. A quoi donc sert cette spirale de rouages, qui tourne lentement sur elle-même ? A mesurer le temps, répondra invariablement l'horloger, qu'il s'agisse réellement d'un tel mécanisme, ou d'une marionnette, ou d'un carillon, voire d'une balance de marchand, destinée à peser les épices.

Au fil de la conversation, l'horloger expliquera au passant qu'il œuvre pour l'harmonie des constructions de l'esprit et de la nature, que nul but terrible et indicible ne se cache derrière l'établi des horlogers. Mais pour comprendre sur quoi les horlogers travaillent, il faut malheureusement en être un soi-même, l'art des horloges ne se comprenant qu'après de longues années, ce qui explique l'âge avancé de tous les horlogers.

Et au passant de s'interroger, en sortant de la boutique, sur la calme sérénité des autres passants, que lui même ressent en ce moment. Il poursuivra sa promenade heureux, et rentrera chez lui. Un autre jour, un autre siècle, il lui arrivera de s'interroger sur la guilde des horlogers, mais nulle crainte n'entachera son esprit.

~ Ici se termine la ballade dans le quartier des horlogers. Nous vous invitons à retourner à la présentation des personnages, ou au choix des différentes saynètes, ou à l'Accueil ~