Les Marches Folles
dans le Quartier des Hasards...
Ceci est une (aide de jeu - scénario - etc ) pour AGONE, le jeu de rôle d'Heroic Fantasy dans les Royaumes Crépusculaires, adaptation de l'oeuvre de Mathieu GABORIT (Les Chroniques des Crépusculaires - Abyme). AGONE est un jeu de rôle édité par Multisim.
Merci de ne pas faire de modification et de les publier sans l'autorisation de l'auteur. Vous pouvez distribuer l'intégralité de ces documents à qui vous voulez sans pouvoir cependant exiger un quelconque paiement.Le Quartier des Hasards... La légende dit qu'autrefois existait ici un grand palais, qui fut démantelé peu à peu pour construire d'autres bâtisses. Mais les pierres elles-mêmes se révoltent, et cherchent sans cesse à retrouver leur agencement initial. Ou est-ce autre chose, une forme de conscience de la pierre ?
Il est impossible au profane de prévoir quels seront les mouvements des pierres, et nul ne pourrait déchiffrer les migrations perpétuelles et chaotiques des bâtiments. Tout au plus peut-on obserrver des mouvements récurrents, en des endroits localisés. Un des plus célèbres de ces mouvements, qui a lieu une fois l'an, est la Montée des Marches Folles.
En commençant par les bords du Quartier, allant vers le centre, les pierres se mettent à avoir un curieux comportement de concert. Un gigantesque escalier en spirale se forme, n'ayant pas de garde-fou. Le centre de la spirale, le point le plus haut, se retrouve ainsi au milieu du Quartier.
Ce n'est pas un escalier sûr, les marches en sont branlantes et traîtresses. Les éboulements sont à craindre, et les paliers parfois de taille à gêner un ogre par leur taille... Après tout, rien ne fait tenir l'ensemble, si ce n'est un enchantement défait remontant à la Flamboyance.
L'adresse seule ne peut suffire, car l'escalier paraît sans fin à ceux qui l'empruntent, et on y perd la notion du temps. Il s'y passe d'étranges choses, un ogre pouvant se retrouver épuisé malgré son endurance proverbiale, et le plus agile des farfadets pouvant faire une mauvaise chute, en ayant le pied le plus sûr d'Abyme.
Nul ne sait à quoi conduit cet escalier, il s'agit là d'un mystère dont la populace se fait un grand sujet de conversation à l'approche annuelle de la Montée. Personne de vivant n'a jamais réussi à monter jusqu'en haut, et les rares qui y sont arrivés par le passé sont devenus ensuite des héros matière à légende, sans exceptions. Tous sont capables de citer les hauts faits de ces héros, dont le seul point commun semble être une vie mouvementée et riche en aventures après leur Montée.
Ainsi, tous les ans, une foule joyeuse se prête au jeu, en essayant de gravir l'escalier en spirale. Là se retrouve toute la jeunesse d'Abyme, ceux qui se sont entraînés toute l'année dans les tertres du Quartier des Ombres, et les jeunes apprentis des Trabouliennes.
La Montée est d'abord une épreuve d'adresse et de courage, mais aussi l'occasion de montrer ses poings. Dans de grandes empoignades, certains essayent d'éliminer d'autres concurrents en les mettant à bas, il est clair que c'est chacun pour soi ! Car la Montée a une certaine importance sociale pour les concurrents, c'est une épreuve à laquelle ils ne peuvent se dérober, sauf en ayant fait leurs preuves par quelque autre moyen.
Il est de notoriété publique que diverses bandes de monte-en-l'air participent activement car le classement final détermine la hiérarchie au sein des bandes et entre celles-ci pour l'année à venir. Pour tout le bas peuple, cela a également une certaine importance, seuls les bourgeois et lettrés méprisant l'épreuve.
L'escalier s'effondre doucement au bout d'une journée (du moins en dehors, le temps joue des tours pour les participants à la Montée), et chacun doit alors rester sur la marche qu'il a atteinte. Une grande place se forme, où les concurrents forment une spirale. Celui du centre a gagné ! Il devient alors le Grand Escampeur pour une année, un titre qui octroie bien des privilèges au sein d'Abyme... Comme celui de manger gratuitement dans la plupart des échoppes, d'être bien considéré, de se passer de sauf-conduit pour déambuler.
Evidemment, ce titre ne signifie rien pour les ambassadeurs et pour la bourgeoisie d'Abyme, mais offre une notoriété évidente partout ailleurs. Une fois l'année écoulée, même si le titre est forcément perdu, l'ancien vainqueur bénéficie encore de nombreux contacts... Il est dit que nombre de Princes-Voleurs ont commencé leur carrière en remportant la Montée des Marches Folles, ce qui leur a permis de former un noyau de bande.
A noter que tous ceux qui ont essayé d'atteindre le sommet de l'escalier par des moyens détournés ont eu un sort atroce, que cela s'explique ou non (la magie, vous savez, c'est pas pour les gens normaux). Le plus célèbre, à titre posthume, est ainsi Trompe-la-Mort, acrobate de l'Enclave Boucanière, qui s'est litéralement fait catapulter vers le sommet. Il y est arrivé...avant de glisser et de tomber, en se prenant toutes les marches de l'escalier, jusqu'à s'arrêter au commencement de celui-ci, sous forme d'un tronc écorché de viande crue n'ayant plus rien de reconnaissable.
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