Le Drame d'Ocrelune

~ une épopée par Maître Vorsharkar ~

Ceci est une (aide de jeu - scénario - etc ) pour AGONE, le jeu de rôle d'Heroic Fantasy dans les Royaumes Crépusculaires, adaptation de l'oeuvre de Mathieu GABORIT (Les Chroniques des Crépusculaires - Abyme). AGONE est un jeu de rôle édité par Multisim.

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Acte I - le Héros et le Don de la Dame de l'Eté

Il y a de cela très longtemps, bien avant l'Eclipse, durant la Flamboyance....

Le Héros - En vérité je triomphe ! Comment est-ce possible, moi qui n'avait pour moi que ma ténacité, face à des armées innombrables et des ennemis bien plus expérimentés que moi ? Il ne me reste plus qu'à m'éteindre, ma tâche accomplie....

La Dame - Il n'est pas temps de s'étendre, noble héros. Je puis maintenant révéler ma forme véritable à mon sauveur, et étendre sur lui ma bénédiction. Toi dont la volonté et l'endurance ont triomphé de l'adversité, je t'octroie un domaine sur lequel tu règneras en maître. Ce domaine restera sous ma bénédiction tant que ta lignée perdurera.

Le Héros - Mais noble dame, qui êtes vous pour posséder prodiguer de tels Dons avec une telle largesse ?

La Dame - Ta marraine et celle qui t'as toujours soutenu, la Dame de l'Eté. Reçoit ma bénédiction, ton domaine, et souviens-toi : le domaine reflète les humeurs et les qualités de son maître, prends donc garde que nulle personne de mauvais fond ne reçoive un jour le trône, car ma bénédiction se révélera alors une véritable malédiction...

Le Héros - Je ferais mon possible, et si un jour une telle chose devait arriver, alors que ma volonté me permette de revenir pour soutenir mes descendants !

Acte II - L'Eclipse

Le Conseil des Décans d'Urguemand, mandaté par les Lutins d'Ocrelune

Le Minotaure - Quelle est donc cette affaire d'Ocrelune ? Nul n'en a jamais parlé.

Le Lutin - Une antique bénédiction est descendue sur la famille dirigeante, dont le baron hérite de puis toujours de l'endurance d'un puissant ancêtre. Les qualités du baron se reflètent sur la baronnie elle-même, mais avec l'Eclipse nous craignons que cette bénédiction en se change en malédiction...

La Méduse - Et comment le baron est-il nommé ?

Le Lutin - Les prétendants doivent composer avec toute la famille, jouer des tensions et intrigues. Mais la tradition permet de faire entrer les qualités d'endurance et de volonté en ligne de compte.

La Fée Noire - Il faut absolument éviter qu'un Terne n'hérite de la baronnie, seul un porteur de Flamme permettra de conserver la bénédiction, qui offre un rempart contre les machinations de l'Ennemi.

Le Minotaure - Et il faudra d'autant plus éviter que le Masque corrompe l'héritier, de peur que d'Ocrelune ne jaillissent de noires légions et que tout soit perdu !

Le Farfadet - Mon peuple n'a aucune influence dans ces terres, Moscagne n'en fait pas partie.

Le Nain - Les nains des montagnes sont engagés contre les drakoniens, et j'ai peur que cela leur prennent toute leur énergie.

Le Lutin - Il est clair que la Flamme sera transportée par mon peuple. Mais je demande l'aide des Satyres pour leurs aptitudes particulières qui leur permettent d'infiltrer les rangs de la famille, et des Méduses pour leur diplomatie et ces mêmes raisons.

La Méduse - Malheureusement nous sommes peu nombreuses en Urguemand, et ces gens restent assez frustres. Nous essayerons malgré tout de les policer et d'éviter les vendettas et assassinats qui découlent des ambitions diverses.

Le Satyre - De notre côté, nous parcourerons la baronnie de long en large jusqu'à ce qu'elle n'aie plus de secret pour nous, et pourrons transmettre la Flamme même si l'héritier se trouve enfermé dans la plus haute tour du château

Le Lutin - Que les Muses nous protègent !

Acte III - Le Troisième Age

Le Bosquet du bois vert, dans la baronnie d'Ocrelune.

Le maître échevin - Nos efforts sont couronnés de succès, mais à quel prix !

Le chef de la communauté - Nous n'avions pas le choix. Maintenant que les Méduses sont parties pour les Terres Veuves, il fallait impérativement empêcher les plus grands débordements.

Le maître échevin - Nous voilà donc les seuls dépositaires du secret : la bénédiction ancestrale qui relie l'héritier de la baronnie à ses terres... Je craignais que les barons ne mettent en valeur leurs vertus martiales pour obtenir des soldats endurcis à même de mettre au pas le reste d'Urguemand.

Le chef de la communauté - Les coutumes et les usages mises en place par les Méduses perdureront cependant dans cette famille. Cette atmosphère d'intrigues est néfaste, mais qu'y pouvons nous ?

Le Satyre - Nous restons à vos côtés pour parcourir la baronnie et atteindre l'héritier lors de la transmission de la Flamme, et après tout le sang de la lignée ne s'affaiblit point : le dernier baron était aussi résistant qu'un boeuf, il a encaissé une charge de chevaliers sans fléchir ni courber.

Le maître échevin - Le jour viendra cependant où il faudra révéler leur héritage aux barons d'Ocrelune. En tant qu'administrateur des fameuses vignes d'Ocrelune, nous garderons un pied dans la place.

Le chef de la communauté - Que les Muses fassent que le risque ne soit pas trop grand et la tentation légère sur ces cupides humains !

Acte IV - La guerre des Liturges

Au sommet du castel d'Ocrelune, d'où l'on aperçoit de grandes étendues de bois brûlés

Le baron - Mais pourquoi les Liturges se sont-il s attaqués aux forêts de la baronnie ? Un démon devait les posséder, pour qu'une légion délaisse Rochronde pour s'attaquer à des positions si peu stratégiques. Une chose est sûre, ces chiens ont payé !

Le maître d'armes - Le prix a été lourd des deux côtés. Nous les avons exterminés, mais ces curés savaient se battre !

Le maître échevin - C'est une catastrophe pour tous les lutins qui vivent sur la baronnie, sire. N'oubliez pas que ce sont eux qui entretiennent les vignobles et l'excellente réputation des liqueurs d'Ocrelune.

Le baron - Diable ! Je ferais ce qu'il faut pour reboiser les collines, avec l'aide des lutins, ne vous inquiétez pas. Je n'ai pas perdu le sens commun jusqu'à installer des serfs sur ces terres qui y mettront des champs de navets et des porcheries ! Les vignes resteront notre fierté !

Les deux hommes s'en vont, laissant le lutin en proie à ses pensées. Soudain, un satyre apparaît par une issue dérobée qui s'ouvre dans la muraille.

Le satyre - Les troubles ont suffi à nous amener dans une situation inattendue dirait-on.

Le maître échevin - Qui aurait pu prévoir ? Ces maudits Liturges ont dû être inspiré par l'Ennemi, et ils ont failli nous balayer ! Nous n'avions pas le choix, nous devions transmettre la Flamme. Nous l'avons fait tout deux, ignorant que l'autre vivait encore. Mieux cela que l'inverse, n'est-ce pas ?

Le satyre - La baronnie avec un Terne comme héritier, je n'ose y penser... Nous voilà donc avec deux héritiers porteurs de Flamme au lieu d'un. Comment les départager ?

Le maître échevin - Bah, laissons faire la famille, ils verront bien lequel des deux est le plus apte et le plus digne. Il faut maintenant reconstruire, et c'est de cela que je m'occuperais en priorité.

Le satyre - Pour ma part, je pars en expédition pour le Conseil des Décans. L'ennemi se renforce, et nous sommes toujours moins nombreux... Mais je reviendrais, je n'oublie pas la charge d'Ocrelune qui nous lie.

Le maître échevin - Espérons que nous pourrons enfin tout révéler à l'héritier, et que l'Ennemi soit confondu !

Acte V - Le Quatrième Age

Scène i - Une discussion animée

Dans les appartements privés du baron, ou deux hommes se ressemblant comme des frères devisent un verre à la main.

Le Baron - Quand avons-nous eu un entretien privé pour la dernière fois ? En partant de l'Académie je pense.

Le Cousin - La succession nous a séparé, c'est clair... Nous avions nos chances tous deux, nos forces et nos faiblesses. J'étais le plus enclin aux intrigues, mais toi le plus tenace.

Le Baron - Rien n'a changé de ce côté là, et c'est pour cela que j'ai accepté de te voir. N'oublie pas que c'est moi le baron, même avec tes rumeurs malveillantes disant que je ne dois ma place qu'à ma soumission aux lutins.

Le Cousin - C'est vrai, j'ai la rancoeur tenace. Je pense toujours que j'aurais dû être choisi à ta place, et que sans ces maudits lutins ç'aurait été le cas. Ces avortons ont été incapables de régénérer tous nos bois, les arbrûls font partie du paysage maintenant ! Et certaines vignes restent noircies malgré mes efforts.

Le Baron - Parlons-en de tes efforts ! Menacer les lutins pour qu'ils cultivent ces plants pourris, alors qu'on n'en sort que des liqueurs qui mettent dans de sombres dispositions, qui rendent hargneux.

Le Cousin - J'y arriverais pourtant. N'est-ce pas toi qui ma chargé d'administrer ces terres brûlées ? Joli cadeau que voilà !

Le Baron - J'espérais que tu trouverais là une tâche à ta mesure, mais tu rabaisses les lutins et ce faisant les empêche d'accomplir leurs enchantements.

Le Cousin - Eh bien buvons alors ! Je vais laisser tranquille tes satanés nabots, ça te va ?

Le Baron - Je ne pense pas que je peux te demander plus. Je te laisse.

Le baron sort de la pièce, et son cousin sourit, en murmurant quelques mots

Le Cousin - Que ton sommeil soit paisible... En attendant que le poison fasse effet.

Scène ii - Les rêves du baron

La chambre du baron. Celui-ci se tord sur sa couche, et se tient le ventre à deux mains.

Le Baron - Peste ! Il a réussi à m'empoisonner ! Mais je ne défaillerais pas, j'ai suivi les mêmes cours que toi, je connais ce poison, il ne faut pas que je dorme !

Le baron résiste jusqu'au matin, où le poison cesse d'agir avec les premiers rayons du soleil. Affaibli, le baron s'appuie sur le rebord du lit et se dirige vers le miroir qui orne une commode. Là il regarde son reflet et se tient bouche bée face à lui.

Le Baron - Quelle est cette diablerie ? Ce n'est pas moi ! Ce n'est pas mon visage ! Ah, je comprends à présent. Jusqu'où ce fourbe est-il descendu pour m'abattre, je n'ose l'imaginer. Mais ça ne se passera pas ainsi !

Une porte dérobée s'ouvre dans un mur, d'où sort un satyre aux cheveux blancs.

Le Satyre - J'arrive trop tard ! Malédiction !

Le Baron - Et qui êtes-vous et quel est ce passage ? Vous voulez me trucider pour permettre à ce chien de prendre ma place ? Approchez donc, gibier, je vais vous montrer ce que je vaux à la chasse !

Le Satyre - Sire, je ne suis pas votre ennemi. Des soupçons pesaient sur votre cousin, ils sont maintenant confirmés, hélas ! Il a perdu sa Flamme pour devenir un suppôt de l'ennemi, c'est terrible !

Le Baron - Que me chantez-vous là ?

Le Satyre - Nous en parlerons en route. Vous courez un terrible danger, et la baronnie un plus grand encore. Il faut éviter que l'on vous retrouve, ou tout est perdu et l'Ennemi l'emporte.

Le Baron - Je n'ai pas le choix, je vous suis. Mais expliquez-moi de quoi il retourne, je ne serais pas manipulé, je ne l'ai jamais été !

Scène iii - La lisière d'Ocrelune

Le satyre et le baron reposent, épuisés, contre un tronc d'arbre. Leurs vêtements sont déchirés de partout, salis, et de multiples contusions recouvrent leur corps.

Le Baron - Diable ! Je n'aurais imaginé que traverser la baronie aurait été aussi dur ! Mais nous avons rendu à ces chiens la monnaie de leur pièce !

Le Satyre (souriant) - Voilà une attitude qui me rappelle l'ancien baron mot pour mot. Qui aurait pu savoir que votre cousin serait aussi vite promu baron ? Mais tant que vous vivez il y a de l'espoir, il ne peut étendre son emprise à l'ensemble de la baronnie, et doit se cantonner aux parties brûlées par les Liturges.

Le Baron - Que de diableries ! Des vols de corbeaux noirs qui dévastent la campagne, tuent les opposants... J'ai failli y passer, moi !

Le Satyre - Votre voie est maintenant tracée, ce me semble : trouver d'autres Inspirés, et réussir à contacter Agone. Ce sera dur, maintenant que vos traits ne sont reconnaissables pour personne. Mais je vous aiderai à trouver des compagnons, avant que le Conseil des Décans ne me rappelle.

Le Baron - Je montrerais à ce félon ce que je vaux ! La partie n'est pas terminée !

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~ Ici se termine provisoirement le Drame d'Ocrelune. La suite est l'objet de la campagne que je maîtrise actuellement, et sera ajoutée par la suite. Nous vous invitons à retourner à la présentation des personnages, ou au choix des différentes saynètes, ou à l'Accueil ~