Les Lumières de Sagelli
Ceci est une (aide de jeu - scénario - etc ) pour AGONE, le jeu de rôle d'Heroic Fantasy dans les Royaumes Crépusculaires, adaptation de l'oeuvre de Mathieu GABORIT (Les Chroniques des Crépusculaires - Abyme). AGONE est un jeu de rôle édité par Multisim.
Merci de ne pas faire de modification et de les publier sans l'autorisation de l'auteur. Vous pouvez distribuer l'intégralité de ces documents à qui vous voulez sans pouvoir cependant exiger un quelconque paiement.Le vent souffle dans la ville de Sagelli, suspendue sur une arche au milieu des vents. Les voyageurs croient toujours qu'en se cramponnant aux murs et rambardes de la cité, à défaut d'être balayés, la ville elle-même s'effondrera sous leur poids. Ici, marchands Keshites et sévères méduses se rencontrent, négocient, et mélangent leurs cultures, entre le raffinement et la ruse qui leur sont communs. Mais voici qu'un guide de la ville, un étrange humain à la langue bifide et aux yeux verts, vous conduit au quartier des marchands, et là le choc des cultures apparaît dans toute sa splendeur...
Scène i - le souk
Il s'agit d'un souk composé de nombreuses échoppes. A la droite se trouve l'établi d'une méduse armurière, présentant dagues et stylets de forme sinueuse à l'usage de celles de sa race. A gauche, une échoppe surmontée d'un écriteau gravé de sacs d'épices, un insigne connu comme celui des Meuniers d'Épice, qui mélangent les subtiles essences du désert pour obtenir des poudres aux effets étranges, grâce aux vents des passes. Le Meunier se trouve sur le pas de la porte, un humain au visage buriné et à la barbe tressée qui forme un rectangle de nattes. Et en fond de scène, un atelier de verrerie dont les fenêtres sont formées de symboles sinueux qui reflètent la lumière du jour selon des motifs changeants.
Une méduse apparaît alors de la gauche de la scène, venant des ruelles de Sagelli. Elle est habillée d'une manière raffinée, et de multiples ornements de cristal couvrent ses bras. A ses lunettes aux reflets irisés, et à la fine rapière de cristal qu'elle porte au côté, les Sagellois reconnaissent Claristra, la Sculptrice de Lumière.
Claristra - Que ces conseils de la guilde sont épuisants ! Il me tarde de retourner à mon art, ou bientôt je me transformerais en créature adipeuse, tout juste bonne à donner des ordres aux autres artisans. Comment le maître Aldebio fait-il pour supporter la charge de grand maître, je me le demande.
Le Meunier d'Épice - Et pourtant, cette charge, bien des artisans l'envient, ne serait-ce que pour le pouvoir qu'elle procure.
Claristra - Vous ne changerez jamais, Hudar, cupide et crotteux comme seul un humain peut l'être. Enfin, lorsque vous parlerez après avoir lié conversation de manière correcte, peut-être consentirais-je à vous répondre.
Claristra rentre alors dans l'atelier de verrerie, qui est sien. Hudar serre les poings en la regardant, et fait signe à quelque personnage qui se trouve dans son échoppe. Un être vêtu d'une lourde cape surmontée d'une capuche qui ne laisse apparaître aucun de ses traits sort alors de la boutique, et jette un coup d'il en direction de la verrerie.
Hudar - C'est elle que vous cherchez. Maintenant, donnez moi ce qui était convenu.
L'émissaire - Vous aurez la moitié maintenant. Quand au reste, nous verrons cela une fois que la rapière sera en notre possession.
L'émissaire sort alors un sachet des replis de sa cape. Hudar lui présente une coupelle reliée à un balancier, et son interlocuteur verse exactement 3 onces de poudre du zénith. Puis il donne cinq drachmes au meunier. Le meunier rentre dans sa boutique, et l'émissaire rentre dans la verrerie.
Scène ii - la verrerie
La seule lumière provient ici des fenêtres aux symboles sinueux. De fait, les déformations artistiques du verre répartissent la lumière selon d'étranges manières, car certaines parties de la pièce sont éclairées comme en plein jour et d'autres comme sous la lumière d'un crépuscule aux teintes orangées. Un serpent de lumière semble ainsi se déplacer lentement dans la pièce, en ondulant, selon l'angle de vue et la position du soleil à l'extérieur.
Diverses uvres de Claristra sont présentées sur des socles, et au fond de la salle on aperçoit Claristra en train de modeler une matière incandescente de ses mains nues, en repoussant des lunettes aux verres teintés de temps en temps. L'émissaire entre à ce moment.
L'émissaire (en aparté) - Quel étrange éclairage. Je ferais mieux de ne pas laisser apparaître mon vrai visage. Enfin, si elle est aussi myope qu'on le dit, quelle importance.
Il repousse alors sa capuche. C'est un homme d'âge indéterminé, qui passerait inaperçu n'importe où. Les traits de son visage sont tout ce qu'il y a de plus commun, rien ne semble le caractériser.
L'émissaire (d'une voix forte) - Bien le bonjour, madame.
Claristra - Ah ? Un visiteur, quelle interruption malvenue ! Enfin, les mécènes sont ce qu'ils sont, allons donc les accueillir. (Elle s'approche et fait une révérence)
Claristra - Je vous souhaite la bienvenue dans l'atelier des lumières, où celles-ci sont modelées en uvres d'art. A qui ai-je l'honneur ?
L'émissaire - Je suis l'intendant d'un seigneur Urguemand attiré par les arts, et me nomme Maliossec.
Claristra - Faites donc le tour de cette galerie en ma compagnie, je vais vous présenter quelques uvres. (Elle s'approche alors d'une petite colonne, sur laquelle repose une boule formée de longs filaments de cristal).
Claristra - Ceci est une de mes uvres les plus connues. Voyez-vous ce petit entonnoir à son sommet ?
Maliossec - Attendez... Ah oui, effectivement. Il faut avoir de bons yeux.
Claristra - En regardant cette boule de différents côtés, vous verrez qu'elle semble contenir une forme éthérée, soulignée par les filaments. Attention, cela est très difficile à voir.
Maliossec - Je n'y vois goutte et me fie pleinement à votre jugement. Mais en quoi cette sculpture est connectée aux uvres de lumière ?
Claristra - C'est simple. Laissez moi verser un filet d'huile d'Alizio par l'entonnoir, et admirez.
La lumière liquide émanant de l'huile se déverse lentement à l'intérieur de la boule. Claristra ferme les volets de la boutique. Peu à peu, la scène est éclairée par la boule, mais là encore la lumière n'est pas répartie de manière équitable, elle semble former peu à peu une uvre de lumière à travers la pièce, une composition éthérée.
Maliossec - Magnifique... Je n'en crois pas mes yeux. (Il passe la main au travers de certains filaments de lumière).
L'huile se déverse peu à peu dans une coupelle en-dessous de la boule, Claristra rouvre les volets, refaisant apparaître un serpent ondulant sur les surfaces de la pièce.
Maliossec - Vos uvres sont tout bonnement extraordinaires, madame. Mais mon seigneur semble singulièrement attaché à acquérir l'une d'entre elles dont il a entendu parler.
Claristra - Votre seigneur a fort bon goût. Et quelle uvre l'inspire à un tel point ?
Maliossec - Celle que l'on appelle votre chef-d'uvre, le fleuret de cristal qui pend à votre côté.
Aussitôt, les serpents qui constituent la chevelure de Claristra se mettent à siffler violemment. Elle les caresse longuement pour les calmer, se détournant de Maliossec. Une fois les serpents adoucis, elle se retourne vers l'émissaire.
Claristra (avec une moue boudeuse) - Mais comme vous le dites, c'est mon chef-d'uvre et j'y suis particulièrement attachée. Ne vous a-t-on point fait savoir qu'il n'était pas à vendre et que je ne m'en séparerais sous aucun prétexte ?
Maliossec - Dans ce cas madame, je ne puis que vous laisser cette missive de mon seigneur, en espérant que par ses mots il saura vous faire fléchir. Sur ce, je vous laisse. (il sort de la boutique en coup de vent).
Claristra - Quel étrange personnage. Je sens qu'il ne peut offrir que des ennuis. (les sourcils froncés, elle caresse sa chevelure et retourne dans l'arrière boutique).
~ Ici se terminent provisoirement les Lumières de Sagelli. Nous vous invitons à retourner à la présentation des personnages, ou au choix des différentes saynètes, ou à l'Accueil ~