Ceci est une (aide de jeu - scénario - etc ) pour AGONE, le jeu de rôle d'Heroic Fantasy dans les Royaumes Crépusculaires, adaptation de l'oeuvre de Mathieu GABORIT (Les Chroniques des Crépusculaires - Abyme). AGONE est un jeu de rôle édité par Multisim.
Merci de ne pas faire de modification et de les publier sans l'autorisation de l'auteur. Vous pouvez distribuer l'intégralité de ces documents à qui vous voulez sans pouvoir cependant exiger un quelconque paiement.De la terre souillée en Abyme peuvent surgir bien des choses... les sombrelets en sont la preuve vivante ! Enfin, presque vivante.
Leur apparition en Abyme est un fait oublié, et très peu savent de quoi il en retourne à leur sujet. Toujours est-il qu'ils font maintenant partie du paysage de la cité, et que seuls les étrangers s'effraient encore de leur présence.
Mais puisque vous possédez quelques doublons, laissez-moi vous raconter l'histoire de leur apparition, ou plutôt de leur création. Il était une fois un nain qui possédait quelque pouvoir lui permettant de modeler la pierre. Cela lui était utile pour faciliter son travail de mine, mais il ne s'était ouvert de cela à personne, craignant qu'on ne le surcharge ensuite de travail. Cela finit cependant par être découvert, et le jeune nain ignorant envoyé chez un maître enchanteur qui vivait non loin de là.
Ne montrant guère d'assiduité, le jeune nain apprit néanmoins les bases de l'art de l'enchanteur, lui permettant de modeler la pierre et d'en sortir des entités à l'intelligence fruste. Pour progresser il lui fallait maintenant se mettre sérieusement à la sculpture, ce qui le rebutait quelque peu.
Au sein de la communauté revînt alors de voyage un nain qui avait pour habitude d'aller vendre les produits de l'artisanat des nains aux peuples extérieurs. Nain de profit plus que nain de la communauté, il remarqua rapidement le désoeuvrement de l'apprenti de l'enchanteur, et décida de mettre celui-ci dans sa poche, son pouvoir ne semblant pas balancé par une vivacité d'esprit particulière.
La quête de profit du marchand l'avait déjà entraîné bien loin, car il était devenu conjurateur, utilisant des diablotins pour de menus larcins. S'en ouvrant à l'apprenti, il proposa à celui-ci de l'y initier à son tour. Le jeune nain avait toujours été partisan de la facilité, voyez-vous. Il choisissait déjà la glaise et les pierres les plus tendres pour modeler des créatures auparavant, et il vît ainsi un moyen de tromper son maître et de vivre confortablement et sans efforts. Une voie plus rapide, mais assurément demandant bien plus de volonté, comme il devait le vérifier cruellement par la suite.
Le maître découvrit rapidement le subterfuge, et l'apprenti conjurateur se retrouva expulsé de son clan, à traîner dans un monde qu'il n'avait jamais arpenté. Ne sachant quoi décider, tous les chemins semblant également épuisants, il suivit les directives de son diablotin jusqu'à arriver en Abyme.
Certains penseront que les démons avaient voulus l'aider à s'en sortir en le conduisant à la cité des conjurateurs, n'est-ce pas ? La suite de l'histoire les détrompera. Mystérieusement attiré vers un certain endroit de la cité, le nain faisait maintenant totale confiance au diablotin, ce qui lui évitait le processus si épuisant de la réflexion. A son insu, il n'était plus qu'un instrument aux mains de ses maîtres.
Une fois arrivé sur les rives boueuses et sombres du fleuve, il s'enfonça peu à peu dans la gadoue noirâtre. Il reprit ses esprits à ce moment, mais la terre l'avait déjà en son emprise, et il ne pouvait plus ressortir. Ses cris pitoyables, au coeur de la nuit abymoise, n'attirèrent aucun passant compatissant vers ce côté de la cité, proche des rôdeuses, où la mort rôde la nuit tombée.
Condamné ainsi à une mort lente et inéluctable, il rassembla ce qui lui restait de son pouvoir d'enchanteur pour modeler la terre autour de lui. Mais son pouvoir semblait être drainé par la boue elle-même, et ses tentatives ne réussirent qu'à disperser son pouvoir au sein de la fange immonde. Il mourut ainsi, misérable, juste au point du jour.
Cependant, son talent d'enchanteur n'était pas perdu pour tout le monde. Des formes étranges commencèrent à émerger de la boue, petit à petit. De forme vaguement sphérique, formés de boue, les sombrelets firent leur apparition. Au départ, il ne s'agissait que de formes inertes et inachevées qui semblaient surgir de la vase. Mais bientôt ces formes s'animèrent de mouvement, s'arrachèrent de leur gangue, et partirent gambader dans les rues, au grand dégoût des bourgeois, offusqués par leur apparence putride.
Imaginez des entités pas plus grosse qu'une tête d'ogre, formées de limon, se déplaçant sur de petites pattes ressemblant à des moignons, une grande gueule leur fendant le corps sur une bonne moitié. Cette gueule est assez puissante pour se saisir de quelque objet, mais le limon qui forme la créature l'empêche de casser ou de broyer quoi que ce soit, au contraire de ce que suggère leur apparence. Ils peuvent juste s'attacher fortement à quelque chose, s'y coller à un point qu'il faut bien des efforts pour leur faire lâcher prise.
De nos jours, les sombrelets se rencontrent dans la plupart des bas quartiers, au bord du fleuve, mais sont repoussés activement dans les quartiers bourgeois. Il est de fait relativement facile de tuer un sombrelet : il ne va pas plus vite qu'un humain marchant à petites foulées au maximum, et il suffit de le transpercer avec un morceau de métal chauffé au rouge pour le faire éclater... en supportant l'odeur d'oeuf pourri qui se dégage alors de la dépouille, qui se dissout rapidement en tas de vase.
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