Le Syndrome cannibale    

Au cœur de la forêt tabou

Au début des années 80, Nicéphore Dibala, un jeune ethnologue al-amarjan, se rend au pied du mont Ralsius, afin d'y étudier la tribu des Tanangais, l'une des dernières au monde à pratiquer le cannibalisme rituel. Nicéphore Dibala parvient à se faire accepter par les indigènes et passe plus d'un an à leurs côtés.
Les Tanangais se révèlent être un peuple primitif aux croyances détestables. Leur principale divinité, du nom de Chub Nagath, est une sorte de gorille se nourrissant de ses innombrables victimes. D'après leur ébauche de mythologie, celle-ci serait endormie depuis des millénaires dans la forêt et ne se réveillera que lorsque les Tanangais auront suffisamment dévoré d'ennemis pour la ranimer.
Nicéphore Dibala s'attire la confiance du sorcier du village qui l'invite, le jour de l'équinoxe du printemps 1982, à une cérémonie se déroulant au cœur de la forêt tabou.
C'est après ces deux jours passés dans la jungle que Nicéphore Dibala a commencé à affirmer que le cannibalisme avait une origine virale. Il aurait vu des guerriers Tanangais s'abreuver du sang suintant des mamelles d'une idole impie développer des comportements cannibales. Cette statue de taille cyclopéenne, à-demi recouverte de mousse et de lianes séculaires, représenterait, sous des traits grotesques, la divinité nourricière à tête de gorille et aux cent mamelles adorée par les Tanangais, Chub Nagath.
De retour à Vertige, il soutient sa thèse devant un parterre de scientifiques médusés qui rejettent en bloc ses conclusion, les jugeant " extravagantes ". Nicéphore Dibala traverse une courte période de dépression avant de se remettre de plus bel au travail. Si le cannibalisme Tanangais a une origine virale alors il doit exister d'autres cas similaires dans le monde. Avec une poignée d'étudiants partageant ses idées, le " docteur " Dibala entreprend une série de voyages auprès de tribus arriérées.

L'arrivée de Renaissance Industrie

En janvier 2001, le laboratoire de pharmacologie Renaissance Industrie s'alloue les services de Nicéphore Dibala à prix d'or et le charge d'extraire la souche virale du syndrome cannibale.
Ce recrutement n'est pas un hasard, il tient à l'histoire du directeur général de Renaissance Industrie, Olivier Signac.
Le directeur général de Renaissance Industrie est personnage au parcours atypique. Au début des années 80 il appartient à l'organisation Médecins Sans Frontières dont il est un des fondateurs. En poste en Afrique équatoriale, il fréquente des endroits parfois reculés, touchés par les guerres tribales. Il est particulièrement choqué par l'extrême barbarie de certaines mutilations, dues, de toute évidence, à des actes de cannibalisme. Le jeune médecin est également troublé par l'étrange coïncidence entre la perpétration de ces actes d'un autre âge et la canicule. Il fait croiser des diagrammes répertoriant les cas avérés d'anthropophagie avec des diagrammes ombrothermiques et en arrive à la conclusion que les deux phénomènes sont intimement liés, sans qu'il parvienne à l'expliquer.
Quelque peu désenchanté, il intègre dans les années 90 le géant pharmaceutique al-amarjan Renaissance Industrie. La reconversion lui réussit puisqu'il parvient en 2000 à décrocher le poste convoité de directeur général de la transnationale. La même année il reçoit sur son bureau, par hasard, un rapport consacré aux travaux du docteur Dibala. La lecture de ce compte rendu le plonge vingt ans en arrière et donne corps à ce qu'il n'avait fait que soupçonner. Il décide immédiatement de rencontrer le chercheur, puis, convaincu, de le recruter.
Désormais acquis au libéralisme économique, Olivier Signac entre en contact avec le Net par l'intermédiaire de Constance d'Aubainne. Celle-ci lui présente le général Gautier, un ex-barbouze soupçonné de crimes contre l'humanité. Après avoir visionné une cassette montrant un Tanangais en pleine frénésie cannibale, le général se montre passablement impressionné par les découvertes de Dibala. Avec l'aide d'une équipe de scientifique il réfléchit aux utilisations militaires possibles du virus cannibale. Pour l'instant deux projets sont en étude et au stade la simulation. Le premier prévoit d'inoculer le virus à des troupes d'élites des Loyaux Défenseurs parachutés à l'arrière du front ennemi. Le second envisage d'équiper des missiles de charges chimiques synthétisant le virus cannibale.

Les notes du docteur Dibala : ces notes sont compilées sur un ordinateur portable ainsi que sur plusieurs disquettes de sauvegarde. Elles sont le fruit de plusieurs années de travail passées aux côtés de tribus cannibales, Dibala y a scrupuleusement inventorié leurs croyances, pratiques religieuses et magiques. On y trouve notamment des informations sur le culte de Chub Nagath. Enfin, les dernières avancées sur le virus cannibales y sont consignées.

Le sang de Chub Nagath : L'idole des Tanangais ne crache pas son sang blasphématoire en permanence. C'est le sorcier de la tribu qui, par la consultation des astres, connaît les dates de pollutions sanglantes de la divinité. Elles se présentent sous la forme d'un épais liquide noirâtre à l'odeur répugnante. L'idole déverse son sang par le biais d'une trentaines de mamelles absurdes trônant en son torse. Généralement, le sang coule pendant trente minutes avant de mystérieusement s'arrêter.

Le virus cannibale : Le cannibalisme étudié par Dibala se développe à la suite de l'absorption du sang contaminé offert par Chub Nagath à ses fidèles. Il n'est pas rare qu'à la fin de la cérémonie les guerriers dévorent le plus faible d'entre eux. Par la suite, le sang de Chub Nagath, tel un virus, se propage dans tout le corps et entre en symbiose avec l'organisme. Il se met dans un premier temps en stase avant de se déclencher lors de fortes chaleurs. Le sujet infecté est pris de violents accès de fièvre et est dans un état de manque proche de celui d'un accros à l'héroïne. Seule la consommation périodique de chaire humaine peut le soulager. Il est à noter que le virus entre souvent en activité à la suite d'une relation sexuelle. Chez les Tanangais, les cas de victimes dévorées par leur amant sont élevés. Enfin, dès que la température ambiante est plus douce, le virus entre de nouveau en stase. Il n'existe à l'heure actuelle aucun antidote.

Docteur Nicéphore Dibala
Scientifique de génie méconnu
 
Notes :
Description : 45 ans, Nicéphore Dibala est un grand noir aux traits fatigués. Le syndrome cannibale est devenu, depuis cette nuit de 1982, son obsession, il en porte la marque sur son visage.


Olivier Signac
déaliste converti au libéralisme économique
 
Notes :
Olivier Signac a tout du golden boy. Il est jeune, sportif et brillant. Son passé dans l'humanitaire sert son image et ses affaires. Il n'en est pas moins un carriériste achevé près à tout pour atteindre ses objectifs.
   
     
Aide de jeu Conspirations signée Darius disponible sur www.sden.org