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Par Boss Smiley.
"L'amour pour vos breloques républicaines vous a
déjà consumé !"
Salutation avestite habituelle à l'égard des
aventuriers.
Bûcher... Imaginez Salem à l'échelle planétaire, toute
entière dédiée à une incessante chasse aux sorcières, mais aussi un désert
inhabitable et sans ressources, parsemé de fanatiques hallucinés... Tout PJ,
quel qu'il soit, doit forcément avoir une opinion sur Bûcher (sinon, vous
n'avez pas fait votre boulot !) - mais à l'inverse, cette planète est un rêve
pour MJs : Bûcher n'est autre que le QG de l'Inquisition, où la Police de la
Pensée s'arroge le droit de débarquer où elle l'entend, lance-flammes parés
- elle a la loi et la force pour elle !
Comme toujours, Hypérion de Dan Simmon reste une source majeure
(particulièrement la section sur la rébellion de Qom-Riyadh), sans oublier The
Crucible d'Arthur Miller, Le Nom de la Rose d'Umberto Ecco et Pavane
de Keith Robert. Vous devez vous en douter à présent : difficile d'imaginer
une planète plus sordide...
| Bûcher - Caractéristiques |
| Nom : Bûcher. Dirigeant : le Temple Avesti. Cathédrale : Avestite. Agora : Auriges. Garnison : 3. Capitale : Foi. Sauts : 1. Mondes adjacents : Byzantium Secundus, Graal et Criticorum. Système solaire : - Tech : 3. Pop. humaine : - Pop. xénomorphe : - Ressources : Pétrole. Exportations : Produits religieux, produits pétrochimiques et Inquisiteurs. Paysage : du sable, à perte de vue... |
Un trou perdu... Si ce n'était le minable spatioport (géré
par un Aurige désabusé qui désespère de pouvoir parler à quelqu'un et
d'entendre des nouvelles des Mondes Connus) et l'énorme monastère creusé à
main nue dans la montagne par les Avestites (la foi ne soulève t-elle pas des
montagnes ?), cette "cité" ne pourrait être distinguée de tout
autre bled poussiéreux de la périphérie du célèbre Désert Incandescent.
Foi n'a rien d'une bourgade touristique : l'architecture est inspirée de l'école
"taudis amassés", les projets de planification urbaine sont
inexistants et les quelques espaces d'agrément spartiates. La nourriture est
sans saveur - le plus souvent desséchée par le soleil et sablonneuse, tandis
que l'eau doit être puisée aux puits ou aux qanats (systèmes de drainage
souterrains). Les dispensaires ne disposent que de matériel de premiers soins -
à moins que les prières que psalmodient vos sympathiques voisins Avestites
n'aient quelque effet... Quant à l'électricité, elle devient un souvenir une
fois sorti du spatioport - vous ne vous souvenez pas ? La technologie est un péché
mortel !
Le peuple de Foi correspond fort bien à l'image de la ville : les hommes sont vêtus
d'informes burnous bruns et les femmes d'une longue défroque noire typique des
cultures misogynes. La prière est obligatoire six fois par jour pour les
citoyens de la Très Sainte Cité, et assister à la messe est l'événement
social le plus excitant qui soit. Des frivolités telles que le théâtre, la
boisson, la danse et le chant sont condamnées, éloignant les croyants du
dessein divin du Pancréateur.
Les hommes dominent par le nombre sur Bûcher, mais ils n'en demeurent par moins
lourdement encadrés par la rigueur de la culture locale. Ainsi, on attend d'eux
à ce qu'ils agissent avec gravité et convenance avec tout autre homme, et il
leur est interdit de parler publiquement à une femme qui n'est pas de leur
famille. Quant aux femmes, celles-ci sont considérées comme des déficientes
mentales et appartiennent aux hommes. Toute femme déambulant non-accompagnée
ou vêtue de façon licencieuse sera traînée devant un Matawain (Gardien de la
Moralité), puis probablement marquée au fer rouge pour sa débauche.
Malgré l'imposant contrôle social des Avestites sur la Très Sainte Cité de
Foi (quelle imagination chez les Pères fondateurs de Bûcher...), les habitants
ne semblent pas moins heureux de leur lot quotidien. Le taux de criminalité est
minimal, les enfants sont en sécurité, et les révoltes sont inexistantes -
d'autant plus que les Avestites sont issus de la population locale, autrement
dit tout un ramassis de rabats-joie qui aura vite fait de vous huer et de vous
houspiller. Si jamais ces habitants devaient avoir une facette cachée, qui ne
pourrait être satisfaite qu'avec des moyens à faire rougir un Décados
outrancier, elle est certainement bien cachée !
Le seul panorama digne de ce nom à Foi est la Cathédrale de Sainte Miya : un
édifice creusé dans le flanc des Montagnes Saintes par des milliers de fidèles,
la seule partie visible du vaste monastère Avestite, le seul sur Bûcher dont
l'entrée soit autorisée aux profanes. Au cours des services, hommes et femmes
sont strictement séparés dans la cathédrale, et tous doivent se soumettre à
la règle du silence observée par la congrégation. Et pour ceux qui ne sont
pas excédés par tout ce fondamentalisme, reste la procession journalière des
Flagellants, qui traverse la ville aux heures les plus chaudes (un spectacle à
ne pas manquer dit-on)...
Doramos de Tyr, maître ès terraformage, affirma autrefois
que le Désert Incandescent ne pourrait jamais être apprivoisé par l'homme,
toutes les ressources de la Seconde République fussent-elles entre ses mains.
Habité uniquement par les nomades les plus résistants et les zélotes les
moins sensés (les Avestites ont tout de même eu l'intelligence de creuser
leurs monastères dans le flanc des montagnes pour gagner en fraîcheur), le Désert
Incandescent reste l'un des environnements les plus rudes jamais connus de
l'humanité.
Comme pour tout environnement désertique, l'eau et l'ombre sont les deux biens
les plus précieux au milieu de cette désolation - et même la faune dut se
plier coûte que coûte à ces contingences pour espérer survivre. Ainsi, la
plupart des créatures qui vivent dans le Désert sortent et vivent la nuit, après
s'être adaptées à survivre sous le sable ou à produire elles-mêmes de
l'ombre. Par ailleurs, elles emploient toute une incroyable série de moyens
(souvent peu ragoûtants) pour extraire la moindre goutte d'eau de leurs
proies... Les horribles habitudes du célèbre Scorpélion sont monnaie courante
ici.
Le Désert Incandescent est divisé en plusieurs zones :
Les possibilités d'aventures sur Bûcher sont limitées -
mais elles existent tout de même. Je ne m'attends pas à ce qu'un groupe de
joueurs vienne s'y échouer volontairement, à moins d'avoir une bonne raison -
que ce soit pour du commerce ou du maquignonnage. Autant ne pas se leurrer : les
PJs ont toujours le chic de se promener avec des bricoles dont la moitié est
strictement prohibée par l'Église - je doute qu'ils veuillent sciemment
s'attirer des problèmes avec des ayatollahs braillards armés de
lance-flammes...
Mais malgré ces difficultés avec les douanes et les coutumes locales, on peut
toujours trouver une raison pour s'aventurer sur Bûcher-la-verdoyante. Peut-être
y trouvera t-on une source d'informations ou de matériel, que les joueurs
devront contacter, étant payés pour, sans se soucier des zélotes les plus
craints et haïs des Mondes Connus... Ou peut-être s'agit-il de rumeurs
entendues dans le bar du spatioport au sujet d'une trouvaille faite dans le Désert
Incandescent (artefact ou données de la Seconde République, et tout le toutim)
- mieux vaut mettre rapidement la main dessus et l'embarquer hors de Bûcher
avant que les Avestites ne s'en occupent...
Par Benjamin Inn.
Nulpart est principalement constituée de deux déserts, le
Drasien (une étendue rocailleuse, le plus souvent plate) et le T'ruis (une
large étendue de dunes de sables). Les Sables de T'ruis sont connus pour leurs
dunes gigantesques, dont certaines mesurent jusqu'à 30m de haut. De par la
quasi-absence de vents dans les plus basses couches de l'atmosphère, on
pourrait alors penser que ces dunes n'ont jamais changé de forme ou de taille.
Erreur... Les Sables ne cessent d'évoluer, pour une raison toujours inconnue
(certains expliquent ce fait par des mouvements de magma sous la légère croûte
terrestre). Ces deux régions n'ont guère qu'une seule couleur : un gris
uniforme et monotone.
Les deux déserts sont séparés par une chaîne de montagnes, toutes connues
sous le nom de "Lames de Rasoirs" ou "Crocs du Hurleur",
chaque parcelle étant aussi incommode que le restant de la planète. On prétend
que les rochers sont si acérés qu'il est pratiquement impossible de franchir
les montagnes, et les passes sont très rares. Un vaisseau vao se serait
cependant écrasé dans les environs, aiguisant certains appétits... Plusieurs
ruines parsèment le paysage - parmi elles, la rumeur voudrait qu'il y ait
plusieurs cliniques psychiques de la Seconde République, soigneusement dissimulées
aux regards inquisiteurs de l'Église.
L'atmosphère de Nulpart est extrêmement fine, et l'emploi de respirateurs est
nécessaire la plupart du temps. La faiblesse des vents, vue précédemment,
occasionne souvent un silence parfois angoissant. A l'inverse, les vents des
plus hautes couches de l'atmosphère sont beaucoup plus vifs, de ce fait les
nuages se déplacent rapidement, comme dans un mauvais film d'horreur républicain,
lorsque le démon Mephistopheles s'apprête à frapper... Quant aux températures,
celles-ci sont relativement basses, si ce n'est à l'équateur où elles
avoisinent les 50°. De nuit, le ciel de Nulpart est constellé de quatre lunes,
dont l'une brillera au moins partiellement - des évènements étranges se
produisent toujours lorsque toutes les quatre sont voilées, mais ce cas est
rarissime.
Une région volcanique située dans l'hémisphère nord, du nom de Fournaise,
s'est réveillée il y a peu : d'innombrables volcans ont émergé d'un jour à
l'autre, tout autour de la ville de Kangel'sk. Certains pensent que le ville est
toujours intacte, entourée d'un rempart protecteur formé par l'activité
volcanique. Cette région est en mouvement, et s'étend lentement vers le sud,
pour une raison toujours inconnue.
La seule présence d'eau/glace digne d'intérêt se révèle être la Mer
Rampante, un phénomène propre à Nulpart. Comme son nom l'indique, la
"Mer" gèle régulièrement, et se déplace comme un glacier avant de
se liquéfier de nouveau... Ses mouvements sont toujours aléatoires, et la
distance peut varier de quelques centimètres jusqu'à une dizaine de kilomètres
par an... Les mouvements de magma déjà mentionnés seraient impliqués dans
cette étrange activité, puisque la "Mer" n'a cessé de rester une
seule et même masse, au fil des fontes.
Les deux seules villes connues de Nulpart sont le spatioport d'Oulan-Bator et la
capitale de Zyanne. Toutes deux accueillent un petit contingent de soldats de la
Garnison de Stigmata, ainsi que 100 000 habitants chacune. En revanche, on ne
compte plus les tribus nomades qui sillonnent les étendues désertiques, ces
dernières n'ayant pas droit de cité, à jamais exilés, forcées de voler de
la nourriture dans des caches oubliées ou lors de razzias sur les fermes
hydroponiques.
La célèbre Gargouille de Nulpart, le Hurleur, se tient à six jours de voyage
à l'ouest d'Oulan-Bator, dans le Drasien. C'est apparemment le seul objet d'intérêt
de la planète - et sa seule source de revenus.
Par Boss Smiley.
Ce fichier regroupe toutes les notes que j'ai pu rassembler
sur Teyr-Sainte, centre spirituel de l'Église Universelle. La plupart des
informations contenues ci-dessous proviennent des pages du Player's Companion
ainsi que des Prêtres du Soleil Universel, bien que la série Hypérion
de Dan Simmon (qui contient la description d'une véritable Église catholique
universelle) et Pavane de Keith Robert m'aient été fort utiles.
| Teyr-Sainte - Caractéristiques |
| Nom : Teyr-Sainte. Dirigeant : Le Patriarche en personne. Cathédrale : Orthodoxe. Agora : Auriges/guildes locales. Garnison : 6. Capitale : - Sauts : 2. Mondes adjacents : Pentateuque, Sutek, Artémis. Système solaire : - Tech : 3/6 (selon les régions). Pop. humaine : 4 milliards déclarés, 250 millions non-déclarés et 10 millions de pèlerins par an. Pop. xénomorphe : 10 millions (des Obun principalement). Ressources : Bois, produits agricoles et piscicoles, commerce du pèlerinage. Exportations : Nourriture et produits culturels et religieux (habits et accessoires sacerdotaux, icônes, reliques, artefacts pré-républicains, etc.). Paysage : à votre avis ? |
La Terre des années 5000 n’a que peu de choses à voir avec celle du XXIe siècle. Après des années de dégradation progressive de l’environnement sous la Première République et les guerres intestines de la Diaspora, la Seconde République décida d’investir d’énormes ressources pour transformer le berceau de l’humanité en chef-d’œuvre planétaire.
Ainsi, la planète fut « toilettée », de façon à rivaliser avec Byzantium Secundus, Ligueheim et Criticorum, ainsi qu’à afficher les mérites du Republican way of life. Les pèlerinages commencèrent alors vers le « Système Mère », les humains étant désireux de retrouver les racines de leur espèce et de leur civilisation, tandis que les xénomorphes vinrent visiter la planète natale de leur conquérants.
Mais étant un centre politique majeur de la vieille République, la Terre fut rudement touchée lors de la Chute. Aussitôt, l’Eglise Universelle du Soleil Céleste, l’une des factions-clé de la planète, réclama sa tutelle, en alléguant de la position de l’Eglise, gardienne de l’humanité. Ecrasant l’opposition grâce à des méthodes peu dignes des Saintes Ecritures, l’Eglise finit par prendre le contrôle de la Terre lors de la Dépossession (le siècle qui suivit la Chute) : la Terre devint enfin Teyr-Sainte.
Une fois le fait accompli, et avec une batterie d’autorisations du Sénat en main (personne ne put prouver si celles-ci étaient falsifiées ou non), l’Eglise entra légitimement en possession de Teyr-Sainte, s’arrogeant au passage le commerce du pèlerinage et la mythologie soigneusement forgée par la République.
Dans les siècles qui suivirent, la situation du joyau de la couronne républicaine vint à grandement changer : la plupart des palais et monuments républicains furent détruits lors du Cycle Iconoclaste des années 4100-4300, et seuls quelques uns purent être conservés en état jusqu’à ce jour. Les dernières icônes de l’autorité républicaine furent maintenues, symboles de l’hubris de cet âge païen, ou remodelées par l’Eglise renaissante (pensez à la Rome du Moyen-Age terrien : toute une cité impériale à disposition du clergé chrétien).
Plusieurs zones d’habitations ayant été détruites ou étant tombées en désuétude, la vaste majorité de la population retourna vivre à la mode « pré-industrielle », selon l’idéal rural et pastoral des Pères de l’Eglise. La hiérarchie cléricale supervise ainsi ses ouailles depuis de vastes latifundia – une récompense en nature pour leurs bonnes œuvres.
Croulant sous les visiteurs, Teyr-Sainte semble se limiter à
un gigantesque piège à pèlerins - heureusement, ceci est loin d'être le cas.
Grâce à la tutelle de la République et de l'Église, la planète est a
retrouvé sa beauté et ses qualités d'antan - et malgré son importante
population, elle parvient à exporter de grandes quantités de produits
alimentaires aussi bien dans son propre système solaire qu'à travers l'Empire.
Quant aux vastes étendues qui ne sont pas cultivées, celles-ci sont sillonnées
par la faune teyrienne ou par des tribus primitives autorisées telles que les
Sioux, les Touaregs ou les Hell's Angels.
Le système solaire de Teyr-Sainte a été largement exploré
et colonisé au cours de la Première République - mais si la population des
colons est en chute libre depuis la Chute, des cités existent toujours sur la
surface de certaines des huit autres planètes du système et de leurs
satellites.
L'ambiance de Teyr-Sainte est la même que celle du Moyen Age
européen : l'Église est omniprésente et règne ouvertement sur des continents
entiers, autorité suprême en matière de moralité et de spiritualité. Toute
personne qui souhaite tirer les ficelles doit obligatoirement se tailler une
place dans la hiérarchie de cette dernière - du moins en Europe et en Extrême-Orient.
En dehors de ces terres de prédilection de l'Orthodoxie, la norme est beaucoup
plus souple, et certaines régions commencent à se détourner du droit chemin
(pensez aux Albigeois et aux Cathares) alors que d'autres vont jusqu'à se révolter
(prenez l'exemple de l'Empire byzantin, de l'Allemagne des années 1520 ou de la
Chine du XIXe siècle).
Comme au XXe siècle, l'Amérique du Sud demeure un refuge pour ceux qui
cherchent à échapper à la vindicte des cardinaux et des Inquisiteurs, à la
bigoterie religieuse et aux chasses aux sorcières. Mais n'oubliez pas que la
zone reste contrôlée par les Hazat, agressifs et prompts à s'entredéchirer...
Par Benjamin Inn.
NB : Attention, tout ce qui suit ne correspond pas à la "version officielle" de Stigmata des auteurs de Fading Suns, présentée dans les pages du supplément VO Legions of the Empire. A vous de décider quel matériel vous souhaiterez donc employer.
Stigmata, contrairement à ce qui apparaît dans le jeu vidéo Emperor of the Fading
Suns,
est un monde principalement constitué de jungles et de marais. Le comparer au Vietnam n'est
pas une mauvaise idée, d'autant plus que les attaques des Symbiotes consistent davantage en
assauts éclairs qu'en batailles rangées. Si les Symbiotes disposent d'unités plus nombreuses
et plus lourdes, celles-ci sont généralement mises de côté, cantonnées à la défense ou aux
attaques les plus importantes.
La majorité des ruches symbiotes limitent le nombre de leurs guerriers et restent mobiles,
avec des unités variant depuis les Scarabées terrestres géants aux créatures fongiformes,
qui semblent mourir pour réapparaître soudainement quelques kilomètres plus loin... La seule
ruche permanente est celle de l'Arête d'Hiranzus, qui emploie une sorte d'artefact Ur pour
échapper à l'artillerie humaine terrestre et orbitale. Si les Symbiotes ne sont pas des zélotes
invétérés, ils n'en restent pas moins des guerriers décidés et prêts à se battre, rusés et
peu disposés à se rendre - pensez également au film AlienS, où il n'existe que de rares
"reines", tandis que les guerriers servent à ramener des hôtes vivants, destinés à la conversion.
Les Symbiotes ont également la manie de bouleverser la flore et la faune, de façon à ce
qu'elles se retournent contre les humains - en plus d'avoir un certain contrôle sur la
météorologie. Les scientifiques impériaux commencent à s'inquiéter : à cette allure,
les Symbiotes finiront un jour ou l'autre par contrôler l'activité sismique et géologique
de la planète entière... Naturellement, la flore et la faune de Stigmata comptent parmi
les plus dangereuses des Mondes Connus, en plus de celles de Severus et d'Ungavorox - on
trouvera ainsi tout un éventail de créatures peu intelligentes mais robustes, depuis
l'Arbre Maendus cracheur de poison à la célèbre Anguille des Marais, en passant par le
Mammouth Yarav, dont le souffle s'enflamme lorsqu'il est enragé ou mis en danger...
La Baronne Lucinda Dulcinea Hazat est l'actuelle commandant en chef de la Garnison. L'Empereur l'a choisie alors qu'il n'était encore que Régent au cours des Guerres impériales, pour deux raisons : primo, il s'agissait d'ôter aux Hazat une stratège de renom ; secundo, c'est une Dulcinea. Or, la famille Dulcinea met l'honneur et le service au-dessus de tout autre chose, réputée pour son intégrité. De plus, la Baronne Lucinda est capable de séparer le devoir envers sa Maison et le devoir envers l'État - son éthique lui interdit de mêler ses intérêts personnels à la tâche qui lui est confiée.
NB : vous trouverez ses caractéristiques complètes en Anglais dans le texte sur le site de
Holistic Design, dans la section
"Game",
Personnages Guerriers.
D'autres Hazat ont débarqué sur Stigmata en quête de gloire, tout comme des membres des
autres Maisons nobles. Ici, les troupes hawkwood et décados oublient (généralement)
leurs différends personnels, tandis que les Li Halan cherchent à combattre les immondes
envahisseurs symbiotes au nom de la guerre sainte. La Maison al-Malik, comme les Recruteurs,
a tout intérêt à ce que Stigmata résiste, ses fiefs principaux n'étant qu'à un saut de distance. L'Empereur partage les terres de Stigmata entre tous les vétérans partis en retraite qui ont pu survivre à leurs périodes de service au sein de la Garnison - une rumeur voudrait que ces ex-soldats se rassembleraient en secret pour former leur propre Maison noble, mettant en commun leurs larges étendues de terres offertes en récompense de leurs services.
Les Fouinards sont souvent surpris en train de traîner leurs guêtres dans les parages,
à la recherche de cités en ruines et d'antiquités de grande valeur perdues dans la jungle.
Les Recruteurs viennent combattre sous contrat, mais également pour assurer que Bannockburn
ne subisse pas le même sort que Stigmata. Les rumeurs courent, prétendant que les Baillis
emploieraient des centaines de mercenaires Recruteurs afin que ceux-ci servent sur Stigmata -
après quoi ils pourront racheter les terres accordées à titre de récompense aux vétérans.
Les Ingénieurs sont le plus souvent bienvenus, apportant dans leur sillage de nouveaux gadgets
et des armes inédites pour affronter les Symbiotes - mais ils restent néanmoins surveillés,
afin d'éviter qu'ils ne lancent des recherches dans le domaine de l'armement biologique ou
qu'ils n'exportent clandestinement des technologies symbiotes vers d'autres systèmes planétaires...
L'Église dispose sur Stigmata de plusieurs prêtres renommés : les Eskatoniques sont employés
pour prévoir les futures offensives symbiotes ainsi qu'à déceler les points faibles de la
cuirasse; les Amalthéens ont leur travail habituel ; les Orthodoxes rallient les troupes
avant et pendant les batailles ; et enfin les Frères d'armes combattent sans interruption
(des guerriers avec des talents tels que Stoïcisme et Force d'âme peuvent se battre des heures
sans se soucier de manger ou de dormir !).
Peu de temps auparavant, un grand combattant du nom de Nuadima périt dans la Jungle Rouge -
mais nombreux sont ceux qui cherchent encore à mettre la main sur son héritage, un bras
cybernétique sanctifié par un puissant théurge - le mariage idéal entre magie et technologie.
Ce bras est présumé donner une force et une vitesse incroyables à son utilisateur, ainsi qu'une
immunité face aux spores des Symbiotes et à certaines de leurs attaques. L'équipement de
Nuadima et son entourage ont été retrouvés au milieu de la jungle il y a quelques mois, mais
aucun signe du guerrier comme de son bras. Sa mort n'est que supposée - ce qui n'a pas empêché
sa canonisation peu de temps après.
Il y a deux mois environ, un membre des Frères d'armes, Sœur Kantarra dite "la Fleur de Fer",
détruisit une ruche près du poste de Kadeen avec une poignée d'autres moines guerriers. L'un
de ces derniers prétendit qu'elle revêtit la forme d'un Empyréen, ange de la compassion, au
cours de la bataille, tandis qu'un autre vit en elle un ange de la Mort... Kantarra a quitté
la planète peu après cet assaut, mais un petit culte semble se former autour d'elle et des
évènements de Kadeen.
Par Benoît Felten et Kerk.
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Baylor ne pouvait plus retenir une minute de plus le repas de ce midi - il finit par tout
lâcher, une masse chaude et humide, maculant les jambes de son sergent. "Bordel, la pucelle !"
éructa le sous-officier, bien plus énervé par l'attitude du jeune serf que pour son treillis
(déjà couvert de boue) "Ca fait déjà un bail qu'il est clamsé, pas besoin de poser un renard !".
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Au début du 50e siècle, les Mondes Connus allaient devoir faire face à une menace comme
ils n'en avaient jamais connu jusqu'alors. Ce fut le début des Guerres Symbiotes, qui durent
encore à ce jour.
Le premier acte des Guerres Symbiotes se déroula sur le système d'Absolution. En 4900,
un immense vaisseau de type inconnu franchit le portail. Il ne ressemblait à aucun modèle
répertorié et sa technologie semblait parfaitement incompréhensible. La petite flotte qui
surveillait le Portail ne fit pas le poids et se vit rapidement mise hors d'état de nuire.
Avant que des renforts ne puissent être mis en place, le vaisseau plongea dans l'atmosphère
de la planète et, atterrissant près de la capitale - le plus grand centre de population et
d'industrie sur Absolution - il déversa des hordes armées monstrueuses.
Les témoignages de cette première attaque parlèrent d'êtres proto-humains ou animaux
changeant de forme à volonté, d'armes végétales qui éructaient la foudre, d'ennemis qui
se régénéraient même après les pires blessures. Ce fut un massacre. En quelques heures,
des milliers d'habitants furent tués, des bâtiments détruits puis les étranges légions
repartirent par où elles étaient venues. Lorsque les renforts humains parvinrent sur les
lieux, les ruines se couvrirent de végétation, comme si elles avaient été abandonnées à
la végétation depuis des siècles...
Les nantis fuirent Absolution en masse, mais une grosse partie de la population ne crut
pas à une réelle menace. Après tout, il n'y avait qu'un vaisseau, et il était reparti,
non ? Les nobles, néanmoins, furent plus inquiets... Pour eux, qui disait vaisseau disait
technologie avancée, et l'hypothèse qu'il fut seul ne tenait pas la route. Ils envoyèrent
ainsi une requête au Régent (rappelons que depuis l'assassinat de Vladimir Ier en 4550,
les Régents se succèdent tous les dix ans). Les éléments décrivant l'attaque furent pris
très au sérieux et cette nouvelle race xénomorphe fut baptisée "Symbiotes". Malgré le
peu de pouvoirs entre les mains de la Régence, la menace fut jugée importante, et une force
composée de vaisseaux des diverses Maisons nobles s'assembla pour aller protéger Absolution.
Mais cela nécessita des mois entiers...
Malheureusement, ces quelques mois furent de trop, et les Symbiotes en profitèrent pour
revenir en masse. Grâce à de nombreux vaisseaux, ils purent rapidement prendre le contrôle
spatial du système d'Absolution. Ils y restèrent quelques temps, semblant ne pas vouloir
attaquer en masse comme la fois précédente, mais lorsqu'ils se décidèrent à atterrir,
les forces armées au sol furent soudain assaillies dans le dos, par des Symbiotes déjà
présents sur la planète et surgissant de nulle part. Pris en tenaille entre ces deux forces,
les humains n'eurent aucune chance. Avant même que la force assemblée par le Régent ne parvînt
à Absolution, les Mondes Connus savaient délibérément que ce système-frontière était perdu,
et il n'y eut aucun témoin pour leur décrire l'horreur de la chose...
Au même moment, Daïshan, un système voisin d'Absolution et bastion de la Maison Masseri,
fut assaillie à son tour. Mais cette fois-ci, pas de force interplanétaire, pas de vaisseaux
ennemis ! Les Symbiotes émergèrent des forêts de Daïshan sans que nul ne sache comment
ils y étaient entrés. Il était inimaginable qu'un tel nombre de combattants aie pu être
transporté en secret... La flotte du Régent fut finalement envoyée sur Daïshan
(il était bien trop tard pour Absolution) tandis que les premiers réfugiés commençaient
à affluer vers le système de Stigmata. Lorsque la flotte arriva, les témoignages de ceux
qui purent s'échapper de la planète firent froid dans le dos des amiraux des différentes
Maisons nobles : des végétaux vivants sortis des jungles de Daïshan, des arbres qui se
déracinaient et attaquaient, des soldats masseri qui revenaient transformés et déchiquetaient
leurs propres camarades... Une décision terrible fut alors prise : puisque l'ennemi semblait
lié à la nature, il fallait frapper sans pitié, sans le moindre remord ou considération pour
la planète !
Des premiers raids furent organisés pour défolier et brûler les forêts de Daïshan.
Quelques jours plus tard, les assaillants se rendirent compte que les forêts avaient
repoussé, et qu'elles semblaient beaucoup plus résistantes. Le désespoir gagna les forces
des Mondes Connus face à ce constat. Il fallait se décider... Malgré le fait que des centaines
de milliers d'humains vivaient encore sur Daïshan, les forces du Régent en orbite décidèrent
de bombarder la planète avec des ogives nucléaires et tout l'arsenal à leur disposition,
réduisant la surface de Daïshan en un tas de cendres. Daïshan était dorénavant un monde mort.
Les forces du Régent firent retraite vers le système de Stigmata, décidées à protéger coûte
que coûte le Portail puisque celui-ci restait le seul passage identifié pour le reste des
Mondes Connus. Sur la planète, les populations civiles furent toutes ramenées en milieu
urbain et les villes furent renforcées et fortifiées. De larges zones autour de ces
cités-refuges subirent des déforestations pour minimiser les risques. Dans l'espace,
la flotte qui gardait le Portail eut pour ordre d'abattre sans sommation tout vaisseau
qui franchirait le Portail en provenance de Daïshan ou d'Absolution. Il s'était écoulé
moins de deux ans depuis la première attaque des Symbiotes sur Absolution.
Quelques mois seulement après la destruction de Daïshan, les premières unités Symbiotes
franchirent le Portail de Stigmata. Elles subirent de lourdes pertes lors de ces premières
vagues, mais elles changèrent rapidement de tactique. Des multitudes de petits vaisseaux
émergèrent du Portail simultanément, leur objectif étant visiblement de franchir les
défenses orbitales pour venir se poser sur la planète. Inévitablement, quelques-uns y
parvinrent, et les Symbiotes s'implantèrent sur la surface de Stigmata. Il se passa encore
quelques mois... Les attaques de Symbiotes en orbite se firent de plus en plus irrégulières,
tandis qu'à la surface de la planète, il ne semblait rien se passer...
Et puis, presque sans y prêter attention, on apprit qu'une ville ne répondait plus.
Puis deux. Des survols confirmèrent la terrible nouvelle : elles étaient toutes deux
tombées aux mains des Symbiotes. Mais contrairement à ce qui s'était passé sur Absolution
ou sur Daïshan, les Symbiotes semblaient prendre leur temps, afin de mieux consolider
le territoire acquis. Ce fut une longue guerre de tranchées qui s'instaura, et aujourd'hui
les humains n'en savent toujours pas beaucoup plus sur l'ennemi qu'ils ont en face d'eux.
Les années passèrent. La force du Régent devint petit à petit la Garnison de Stigmata.
Son commandement était assuré par des nobles importants des Maisons qui constituaient
cette force, les Commandeurs étant nommés pour des périodes plus ou moins longues.
Les Commandeurs se succédèrent, mais le constat restait toujours le même : petit à petit,
les Symbiotes gagnaient du terrain. La guerre s'enlisait, il parut inévitable qu'elle serait
perdue. Raser Stigmata comme a été rasée Daïshan n'était pas une solution : cela ne ferait
que déplacer le problème un monde plus loin. Certains proposèrent néanmoins de le faire et
d'utiliser les codes secrets qui permettraient de sceller le Portail. Le problème, c'est
qu'on ne maîtrisait pas assez bien la technologie des Portails pour savoir combien de temps
il resterait fermé. La solution fut donc abandonnée... pour l'instant.
La Garnison de Stigmata est extrêmement paranoïaque. Les rescapés des raids des Symbiotes
sont systématiquement mis en quarantaine, de peur qu'ils ne se retournent contre les leurs
ou, pire encore, qu'ils infectent le reste de la Garnison. Aucun soldat ayant été au contact
avec les Symbiotes n'est autorisé à quitter le système. Parfois, des vaisseaux symbiotes
isolés parviennent à franchir le Portail vers Istakhr, un monde al-malik - mais ils sont
aussitôt détruits par les batteries de défense déployées autour du Portail. Tous les hommes
qui ont combattu ou rencontré les Symbiotes sont immédiatement intégrés à la Garnison,
sans aucun espoir d'en ressortir vivants...
Mais finalement, au bout de presque trois décennies de conflit larvé dont on sentait qu'il est
perdu d'avance, les humains firent une percée spectaculaire lors d'une offensive pour tenter
de reprendre des positions symbiotes. Alors que sur tous les fronts, la Garnison de Stigmata
était repoussée, l'une des unités se tailla un chemin à travers les forces des Symbiotes sans
la moindre difficulté (en tous cas en comparaison avec les autre fronts...)
Le Haut-commandement diligenta aussitôt une enquête, et l'on fit une découverte stupéfiante :
deux combattants éminents de cette unité avaient tout le mérite de cette percée !
L'un était le Frère Berthold, un hérétique (d'une secte qui se nomme aujourd'hui l'Ordre
Eskatonique) pratiquant certains rituels théurgiques alors inconnus ; l'autre se prénommait
Damiana, une Aurige dont les interrogatoires décelèrent qu'elle disposait de divers pouvoirs
psychiques. Il apparut clairement que les miracles du Pancréateur comme les pouvoirs de
l'esprit étaient des armes très efficaces contre les Symbiotes !
Un moine hérétique et une psychomancienne, ce n'était pas pour plaire à l'Orthodoxie, mais
les Commandeurs de la Garnison de Stigmata n'en eurent cure. Ils firent diffuser à travers
les Mondes Connus des instructions de recrutement visant les psychomanciens et les religieux
pratiquant la théurgie. Les Maisons Royales firent pression sur le Patriarche et ses cardinaux
pour que l'Ordre Eskatonique soit accepté dans le giron officiel de l'Eglise. "Psychomanciens,
théurges, engagez-vous sur Stigmata et tous vos crimes seront pardonnés !", tel est en
substance le message qui fut transmis.
Une nouvelle formation militaire fut constituée, encadrée par Frère Berthold et Damiana.
Elle prit pour nom "l'Ordre de la Lumière Manifeste" et elle contribua en quelques mois
à reprendre le terrain perdu au cours des dix dernières années. Mais les théurges et les
psychomanciens ne sont pas légions, et la ligne de front s'étendant de nouveau, ils devinrent
trop disséminés pour que la reconquête se poursuivît. Une nouvelle ligne de front stable
s'établit ainsi vers 4950, les Symbiotes contrôlant à peu près 40% du territoire de Stigmata.
Le conflit semblait en place pour longtemps, et un certain effet de lassitude affecta
les Maisons Royales. Le statu quo semblant acquis, elle tournèrent leur attention vers
d'autres problèmes, et en particulier celui qui les préoccupait depuis la mort de Vladimir
Ier il y a quatre siècles : conquérir le trône impérial. En 4956, les premières manœuvres
s'amorcèrent : Darius Erik Hawkwood tenta d'obtenir le soutien de l'Église et de la Ligue
Marchande pour accéder au trône. Cela finit par déclencher une série de réactions
diplomatiques hostiles puis, petit à petit, militaires - les Guerres impériales avaient commencé.
Les Maisons commencèrent à ressentir de plus en plus lourdement le poids des ressources
consacrées à la Garnison de Stigmata, d'autant plus que la menace symbiote n'avait pas
la même résonance pour tous : les mondes al-malik sont à quelques sauts de Stigmata tout
au plus, alors que ceux des Hazat sont bien plus loin...
Alors que la tension montait entre les Maisons Royales, en 4972, la baronne Carmétha Décados
fut nommée par le Régent au poste de Commandeur de la Garnison. Comme tant d'autres avant,
elle vint avec de nombreuses troupes soigneusement entraînées constituant le gros de l'effort
de guerre. Mais l'attention de la Baronne était ailleurs... Le jeune Prince Alexius Hawkwood
allait de succès diplomatique en succès militaire, et peu à peu, il apparut comme un candidat
potentiel au trône, le premier depuis bien longtemps. Seulement les Décados ne l'entendirent
pas de cette oreille, et firent tout leur possible pour semer la dissension et attirer la
méfiance sur ce prétendant vantard. Et finalement, en 4979, ce fut le tournant : la Maison
al-Malik se rangea aux côtés d'Alexius et annonça qu'elle soutiendrait sa nomination au poste
de Régent lors du vote de 4983.
C'en fut trop pour les Décados. Depuis des années, ceux-ci lorgnaient le riche système de
Criticorum, voisin de Cadavus. Du jour au lendemain, la Baronne Carmétha plia armes et
bagages, emmenant toute la Garnison de Stigmata dans son sillage, lançant l'assaut sur le
monde al-Malik.
Sur Stigmata, la situation devint catastrophique. Certes, le front restait stable et calme,
et les Symbiotes n'attaquaient plus en masse, mais les défenses qui subsistaient devinrent
ridiculement sous-dimensionnées. La principale force armée était constituée par les moines
de l'ordre des Frères d'armes, par les recrues de la Lumière Manifeste, et par quelques
milliers de courageux volontaires de tous les horizons qui se battaient depuis de longues
années sur Stigmata. Les Frères d'armes tentèrent au mieux de concentrer les quelques poches
de population sur des bases défendables, mais ils savaient pertinemment que si les Symbiotes
se décidaient à lancer une offensive, ils ne feraient guère le poids...
Pendant près de deux ans, rien ne bougea. Les humains de Stigmata sentirent peser sur
eux une terrible épée de Damoclès, et tentèrent de s'y préparer comme ils le pouvaient,
mais l'avenir était bien incertain. Finalement, en 4982, arriva ce qui devait arriver.
Les Symbiotes lancèrent une offensive massive et parfaitement coordonnée. Il était évident
pour les Frères d'armes qui commandaient les maigres forces encore en place que rien ne
s'était fait au hasard : les Symbiotes savaient que la Garnison avait disparu et qu'aucune
aide ne viendrait au secours des humains. Ainsi, ils prirent leur temps, économisant
leurs troupes et leur énergie, consolidant le territoire conquis comme ils l'entendaient.
Mais l'étau se resserrait de manière inéluctable. L'une après l'autre, les bases humaines
furent abandonnées et les survivants se réfugièrent dans le périmètre de la station Darmak,
la principale base militaire établie sur les ruines de l'ancienne capitale.
Les forces symbiotes encerclèrent la Station, et l'heure du dernier baroud avait sonné pour
les humains. Au centre du monastère des "Descendants de Zhal", le régiment des Frères
d'armes stationné sur la planète, les recrues trop jeunes pour le combat prièrent nuit
et jour pour que le Pancréateur entende leur complainte et leur vienne en aide. Mais
les Symbiotes avançaient toujours, et les troupes humaines furent décimées. Un dernier
repli se fit à l'intérieur des remparts, mais les humains savaient qu'ils étaient perdus.
Les Frères d'armes se préparèrent à "suicider" ceux qui ne voulaient pas mourir aux mains
des Symbiotes ou, pire encore, être infectés et convertis, mais eux-mêmes savaient qu'il
n'y a de mort qu'au combat : le Pancréateur n'accepte pas en Son sein l'âme de ceux qui
se sont lâchement donnés la mort.
Et puis une nuit, le miracle tant attendu survint. Le centre de commandement de la Station
Darmak reçut un message laconique mais tellement porteur d'espoir : "Flotte orbitale en
approche. Donnez relèvements forces ennemies pour faciliter bombardement - Prince Alexius
Hawkwood". Au petit matin, en effet, des vaisseaux de débarquement entrèrent dans
l'atmosphère. Les Symbiotes furent pris par surprise, et leur flotte de "vaisseaux vivants"
fut détruite ou massivement endommagée au sol. Des bombardements massifs ravagèrent les
armées symbiotes qui s'étaient découvertes sans la moindre protection, sûres de leur victoire.
Les Symbiotes amorcèrent un repli, et une partie importante de la flotte d'Alexius vint se
poser autour de la Station, dernier bastion des humains de Stigmata. Les vaisseaux
hawkwood
apportèrent des vivres, des unités médicales, et surtout, des armes et la rage d'en découdre.
Dans les mois qui suivirent, Alexius prit le commandement des opérations avec le soutien
des Frères d'armes. Il mena ses troupes de victoire en victoire, avec à ses côtés la
magnifique Sœur d'Arme Théafana al-Malik. Le front symbiote recula, car il semblait que
les pertes subies lors du premier assaut d'Alexius aient été bien lourdes. Mais Alexius sut
rester prudent. Il savait qu'il n'avait pas les ressources pour entièrement reprendre la
planète et exterminer les Symbiotes. Nul ne savait même si cela est possible. Et, bien
qu'il lui en coûta de l'admettre, Alexius avait d'autres objectifs en tête - briguer la
Régence, et sans doute le trône impérial.
Une fois le front stabilisé, Alexius affecta une partie importante de ses troupes pour
se substituer à la Garnison désertée. Il reprit la route des étoiles, mais laissa derrière
lui un monde qui lui serait loyal jusqu'à la mort. Les plus valeureux combattants furent
anoblis, et Alexius leur octroya des terres - sur Stigmata certes, mais c'était bien plus
qu'ils n'auraient jamais imaginé. Les Frères d'Armes eurent le temps de se renforcer, et
De Moley envoya des troupes fraîches pour prendre la relève, d'autant plus que l'Ordre
avait décidé de se jeter dans la bataille pour le trône impérial derrière Alexius.
Théafana al-Malik et le Maître des Descendants de Zhal lui-même suivirent Alexius lors
de son départ.
A L'OUEST, PLUS RIEN DE NOUVEAU ...
Sur Stigmata, la situation a peu évolué depuis. Bien sûr, il y a des accrochages réguliers avec les Symbiotes et assez d'histoires horribles pour effrayer tous les enfants des Mondes Connus pendant des mois, mais aucune offensive massive. Alexius est désormais Empereur, et il a dû faire face à d'autres dangers ainsi qu'à des invasions barbares. Au moins, depuis ces évènements, la Garnison de Stigmata n'a plus jamais eu à se plaindre de manquer de moyens. Certes les soldats n'ont pas les ressources pour remettre durablement en cause le statu quo, mais les Symbiotes n'ont plus jamais réussi à prendre significativement du terrain. Sont-ils trop affaiblis ? Hésitent-ils ? Voudraient-ils faire la paix ? Ou attendent-ils simplement quelque évènement pour lancer une dernière et ultime offensive ? Seul le temps pourra le dire, ou peut-être un prophète à l'esprit dérangé...