Aides de Jeu - Mondes Connus



Bûcher :: Terre de Feu.    Downloader le fichier sur ma machine pensante.

Par Boss Smiley.

"L'amour pour vos breloques républicaines vous a déjà consumé !"
Salutation avestite habituelle à l'égard des aventuriers.

Bûcher... Imaginez Salem à l'échelle planétaire, toute entière dédiée à une incessante chasse aux sorcières, mais aussi un désert inhabitable et sans ressources, parsemé de fanatiques hallucinés... Tout PJ, quel qu'il soit, doit forcément avoir une opinion sur Bûcher (sinon, vous n'avez pas fait votre boulot !) - mais à l'inverse, cette planète est un rêve pour MJs : Bûcher n'est autre que le QG de l'Inquisition, où la Police de la Pensée s'arroge le droit de débarquer où elle l'entend, lance-flammes parés - elle a la loi et la force pour elle !

Comme toujours, Hypérion de Dan Simmon reste une source majeure (particulièrement la section sur la rébellion de Qom-Riyadh), sans oublier The Crucible d'Arthur Miller, Le Nom de la Rose d'Umberto Ecco et Pavane de Keith Robert. Vous devez vous en douter à présent : difficile d'imaginer une planète plus sordide...

Bûcher - Caractéristiques
Nom : Bûcher.
Dirigeant : le Temple Avesti.
Cathédrale : Avestite.
Agora : Auriges.
Garnison : 3.
Capitale : Foi.
Sauts : 1.

Mondes adjacents : Byzantium Secundus, Graal et Criticorum.
Système solaire : -

Tech : 3.
Pop. humaine : -
Pop. xénomorphe : -

Ressources : Pétrole.
Exportations : Produits religieux, produits pétrochimiques et Inquisiteurs.

Paysage : du sable, à perte de vue...
Bûcher est une planète immergée dans les tréfonds du Nouvel Age Féodal. Ici, les dictats de l'Église en matière de technologie et autres assertions vaniteuses sur la nature humaine sont légions. C'est sur Bûcher que les doctrines de vie simple et pastorale, seul moyen de rémission, trouvent tout leur sens. Voici un monde où les termes compromis et compassion sont inconnus, où le Désert Incandescent vous enseigne une leçon que jamais vous ne pourrez oublier.

Malgré sa position stratégique, située entre Byzantium Secundus et Criticorum, Bûcher a pourtant échappé aux ravages des Guerres Impériales. Au cours du conflit, aucune faction impliquée n'a souhaité gaspiller ses hommes, son matériel et son moral pour prendre d'assaut une planète regorgeant de zélotes - d'autant plus qu'elle n'avait rien de mieux à offrir en retour...

Même dans ce nouvel âge de paix et de promesses, symbolisé par l'Empereur Alexius et ses Chevaliers Errants, Bûcher reste encore un monde fui comme la peste, où ne demeure qu'un peuple haineux et sentencieux - un cancer au cœur de l'espace humain.

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LA CAPITALE DE BÛCHER : FOI

Un trou perdu... Si ce n'était le minable spatioport (géré par un Aurige désabusé qui désespère de pouvoir parler à quelqu'un et d'entendre des nouvelles des Mondes Connus) et l'énorme monastère creusé à main nue dans la montagne par les Avestites (la foi ne soulève t-elle pas des montagnes ?), cette "cité" ne pourrait être distinguée de tout autre bled poussiéreux de la périphérie du célèbre Désert Incandescent.

Foi n'a rien d'une bourgade touristique : l'architecture est inspirée de l'école "taudis amassés", les projets de planification urbaine sont inexistants et les quelques espaces d'agrément spartiates. La nourriture est sans saveur - le plus souvent desséchée par le soleil et sablonneuse, tandis que l'eau doit être puisée aux puits ou aux qanats (systèmes de drainage souterrains). Les dispensaires ne disposent que de matériel de premiers soins - à moins que les prières que psalmodient vos sympathiques voisins Avestites n'aient quelque effet... Quant à l'électricité, elle devient un souvenir une fois sorti du spatioport - vous ne vous souvenez pas ? La technologie est un péché mortel !

Le peuple de Foi correspond fort bien à l'image de la ville : les hommes sont vêtus d'informes burnous bruns et les femmes d'une longue défroque noire typique des cultures misogynes. La prière est obligatoire six fois par jour pour les citoyens de la Très Sainte Cité, et assister à la messe est l'événement social le plus excitant qui soit. Des frivolités telles que le théâtre, la boisson, la danse et le chant sont condamnées, éloignant les croyants du dessein divin du Pancréateur.

Les hommes dominent par le nombre sur Bûcher, mais ils n'en demeurent par moins lourdement encadrés par la rigueur de la culture locale. Ainsi, on attend d'eux à ce qu'ils agissent avec gravité et convenance avec tout autre homme, et il leur est interdit de parler publiquement à une femme qui n'est pas de leur famille. Quant aux femmes, celles-ci sont considérées comme des déficientes mentales et appartiennent aux hommes. Toute femme déambulant non-accompagnée ou vêtue de façon licencieuse sera traînée devant un Matawain (Gardien de la Moralité), puis probablement marquée au fer rouge pour sa débauche.

Malgré l'imposant contrôle social des Avestites sur la Très Sainte Cité de Foi (quelle imagination chez les Pères fondateurs de Bûcher...), les habitants ne semblent pas moins heureux de leur lot quotidien. Le taux de criminalité est minimal, les enfants sont en sécurité, et les révoltes sont inexistantes - d'autant plus que les Avestites sont issus de la population locale, autrement dit tout un ramassis de rabats-joie qui aura vite fait de vous huer et de vous houspiller. Si jamais ces habitants devaient avoir une facette cachée, qui ne pourrait être satisfaite qu'avec des moyens à faire rougir un Décados outrancier, elle est certainement bien cachée !

Le seul panorama digne de ce nom à Foi est la Cathédrale de Sainte Miya : un édifice creusé dans le flanc des Montagnes Saintes par des milliers de fidèles, la seule partie visible du vaste monastère Avestite, le seul sur Bûcher dont l'entrée soit autorisée aux profanes. Au cours des services, hommes et femmes sont strictement séparés dans la cathédrale, et tous doivent se soumettre à la règle du silence observée par la congrégation. Et pour ceux qui ne sont pas excédés par tout ce fondamentalisme, reste la procession journalière des Flagellants, qui traverse la ville aux heures les plus chaudes (un spectacle à ne pas manquer dit-on)...

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LE DÉSERT INCANDESCENT

Doramos de Tyr, maître ès terraformage, affirma autrefois que le Désert Incandescent ne pourrait jamais être apprivoisé par l'homme, toutes les ressources de la Seconde République fussent-elles entre ses mains. Habité uniquement par les nomades les plus résistants et les zélotes les moins sensés (les Avestites ont tout de même eu l'intelligence de creuser leurs monastères dans le flanc des montagnes pour gagner en fraîcheur), le Désert Incandescent reste l'un des environnements les plus rudes jamais connus de l'humanité.

Comme pour tout environnement désertique, l'eau et l'ombre sont les deux biens les plus précieux au milieu de cette désolation - et même la faune dut se plier coûte que coûte à ces contingences pour espérer survivre. Ainsi, la plupart des créatures qui vivent dans le Désert sortent et vivent la nuit, après s'être adaptées à survivre sous le sable ou à produire elles-mêmes de l'ombre. Par ailleurs, elles emploient toute une incroyable série de moyens (souvent peu ragoûtants) pour extraire la moindre goutte d'eau de leurs proies... Les horribles habitudes du célèbre Scorpélion sont monnaie courante ici.

Le Désert Incandescent est divisé en plusieurs zones :

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AVENTURES SUR BÛCHER

Les possibilités d'aventures sur Bûcher sont limitées - mais elles existent tout de même. Je ne m'attends pas à ce qu'un groupe de joueurs vienne s'y échouer volontairement, à moins d'avoir une bonne raison - que ce soit pour du commerce ou du maquignonnage. Autant ne pas se leurrer : les PJs ont toujours le chic de se promener avec des bricoles dont la moitié est strictement prohibée par l'Église - je doute qu'ils veuillent sciemment s'attirer des problèmes avec des ayatollahs braillards armés de lance-flammes...

Mais malgré ces difficultés avec les douanes et les coutumes locales, on peut toujours trouver une raison pour s'aventurer sur Bûcher-la-verdoyante. Peut-être y trouvera t-on une source d'informations ou de matériel, que les joueurs devront contacter, étant payés pour, sans se soucier des zélotes les plus craints et haïs des Mondes Connus... Ou peut-être s'agit-il de rumeurs entendues dans le bar du spatioport au sujet d'une trouvaille faite dans le Désert Incandescent (artefact ou données de la Seconde République, et tout le toutim) - mieux vaut mettre rapidement la main dessus et l'embarquer hors de Bûcher avant que les Avestites ne s'en occupent...

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Nulpart :: Planète du néant.    Downloader le fichier sur ma machine pensante.

Par Benjamin Inn.

Nulpart est principalement constituée de deux déserts, le Drasien (une étendue rocailleuse, le plus souvent plate) et le T'ruis (une large étendue de dunes de sables). Les Sables de T'ruis sont connus pour leurs dunes gigantesques, dont certaines mesurent jusqu'à 30m de haut. De par la quasi-absence de vents dans les plus basses couches de l'atmosphère, on pourrait alors penser que ces dunes n'ont jamais changé de forme ou de taille. Erreur... Les Sables ne cessent d'évoluer, pour une raison toujours inconnue (certains expliquent ce fait par des mouvements de magma sous la légère croûte terrestre). Ces deux régions n'ont guère qu'une seule couleur : un gris uniforme et monotone.

Les deux déserts sont séparés par une chaîne de montagnes, toutes connues sous le nom de "Lames de Rasoirs" ou "Crocs du Hurleur", chaque parcelle étant aussi incommode que le restant de la planète. On prétend que les rochers sont si acérés qu'il est pratiquement impossible de franchir les montagnes, et les passes sont très rares. Un vaisseau vao se serait cependant écrasé dans les environs, aiguisant certains appétits... Plusieurs ruines parsèment le paysage - parmi elles, la rumeur voudrait qu'il y ait plusieurs cliniques psychiques de la Seconde République, soigneusement dissimulées aux regards inquisiteurs de l'Église.

L'atmosphère de Nulpart est extrêmement fine, et l'emploi de respirateurs est nécessaire la plupart du temps. La faiblesse des vents, vue précédemment, occasionne souvent un silence parfois angoissant. A l'inverse, les vents des plus hautes couches de l'atmosphère sont beaucoup plus vifs, de ce fait les nuages se déplacent rapidement, comme dans un mauvais film d'horreur républicain, lorsque le démon Mephistopheles s'apprête à frapper... Quant aux températures, celles-ci sont relativement basses, si ce n'est à l'équateur où elles avoisinent les 50°. De nuit, le ciel de Nulpart est constellé de quatre lunes, dont l'une brillera au moins partiellement - des évènements étranges se produisent toujours lorsque toutes les quatre sont voilées, mais ce cas est rarissime.

Une région volcanique située dans l'hémisphère nord, du nom de Fournaise, s'est réveillée il y a peu : d'innombrables volcans ont émergé d'un jour à l'autre, tout autour de la ville de Kangel'sk. Certains pensent que le ville est toujours intacte, entourée d'un rempart protecteur formé par l'activité volcanique. Cette région est en mouvement, et s'étend lentement vers le sud, pour une raison toujours inconnue.

La seule présence d'eau/glace digne d'intérêt se révèle être la Mer Rampante, un phénomène propre à Nulpart. Comme son nom l'indique, la "Mer" gèle régulièrement, et se déplace comme un glacier avant de se liquéfier de nouveau... Ses mouvements sont toujours aléatoires, et la distance peut varier de quelques centimètres jusqu'à une dizaine de kilomètres par an... Les mouvements de magma déjà mentionnés seraient impliqués dans cette étrange activité, puisque la "Mer" n'a cessé de rester une seule et même masse, au fil des fontes.

Les deux seules villes connues de Nulpart sont le spatioport d'Oulan-Bator et la capitale de Zyanne. Toutes deux accueillent un petit contingent de soldats de la Garnison de Stigmata, ainsi que 100 000 habitants chacune. En revanche, on ne compte plus les tribus nomades qui sillonnent les étendues désertiques, ces dernières n'ayant pas droit de cité, à jamais exilés, forcées de voler de la nourriture dans des caches oubliées ou lors de razzias sur les fermes hydroponiques.

La célèbre Gargouille de Nulpart, le Hurleur, se tient à six jours de voyage à l'ouest d'Oulan-Bator, dans le Drasien. C'est apparemment le seul objet d'intérêt de la planète - et sa seule source de revenus.

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Teyr-Sainte :: Berceau sacré de l'humanité.    Downloader le fichier sur ma machine pensante.

Par Boss Smiley.

Ce fichier regroupe toutes les notes que j'ai pu rassembler sur Teyr-Sainte, centre spirituel de l'Église Universelle. La plupart des informations contenues ci-dessous proviennent des pages du Player's Companion ainsi que des Prêtres du Soleil Universel, bien que la série Hypérion de Dan Simmon (qui contient la description d'une véritable Église catholique universelle) et Pavane de Keith Robert m'aient été fort utiles.

Teyr-Sainte - Caractéristiques
Nom : Teyr-Sainte.
Dirigeant : Le Patriarche en personne.
Cathédrale : Orthodoxe.
Agora : Auriges/guildes locales.
Garnison : 6.
Capitale : -
Sauts : 2.

Mondes adjacents : Pentateuque, Sutek, Artémis.
Système solaire : -

Tech : 3/6 (selon les régions).
Pop. humaine : 4 milliards déclarés, 250 millions non-déclarés et 10 millions de pèlerins par an.
Pop. xénomorphe : 10 millions (des Obun principalement).

Ressources : Bois, produits agricoles et piscicoles, commerce du pèlerinage.
Exportations : Nourriture et produits culturels et religieux (habits et accessoires sacerdotaux, icônes, reliques, artefacts pré-républicains, etc.).

Paysage : à votre avis ?

La Terre des années 5000 n’a que peu de choses à voir avec celle du XXIe siècle. Après des années de dégradation progressive de l’environnement sous la Première République et les guerres intestines de la Diaspora, la Seconde République décida d’investir d’énormes ressources pour transformer le berceau de l’humanité en chef-d’œuvre planétaire.

Ainsi, la planète fut « toilettée », de façon à rivaliser avec Byzantium Secundus, Ligueheim et Criticorum,  ainsi qu’à afficher les mérites du Republican way of life. Les pèlerinages commencèrent alors vers le « Système Mère », les humains étant désireux de retrouver les racines de leur espèce et de leur civilisation, tandis que les xénomorphes vinrent visiter la planète natale de leur conquérants.

Mais étant un centre politique majeur de la vieille République, la Terre fut rudement touchée lors de la Chute. Aussitôt, l’Eglise Universelle du Soleil Céleste, l’une des factions-clé de la planète, réclama sa tutelle, en alléguant de la position de l’Eglise, gardienne de l’humanité. Ecrasant l’opposition grâce à des méthodes peu dignes des Saintes Ecritures, l’Eglise finit par prendre le contrôle de la Terre lors de la Dépossession (le siècle qui suivit la Chute) : la Terre devint enfin Teyr-Sainte.

Une fois le fait accompli, et avec une batterie d’autorisations du Sénat en main (personne ne put prouver si celles-ci étaient falsifiées ou non), l’Eglise entra légitimement en possession de Teyr-Sainte, s’arrogeant au passage le commerce du pèlerinage et la mythologie soigneusement forgée par la République.

Dans les siècles qui suivirent, la situation du joyau de la couronne républicaine vint à grandement changer : la plupart des palais et monuments républicains furent détruits lors du Cycle Iconoclaste des années 4100-4300, et seuls quelques uns purent être conservés en état jusqu’à ce jour. Les dernières icônes de l’autorité républicaine furent maintenues, symboles de l’hubris de cet âge païen, ou remodelées par l’Eglise renaissante (pensez à la Rome du Moyen-Age terrien : toute une cité impériale à disposition du clergé chrétien).

Plusieurs zones d’habitations ayant été détruites ou étant tombées en désuétude, la vaste majorité de la population retourna vivre à la mode « pré-industrielle », selon l’idéal rural et pastoral des Pères de l’Eglise. La hiérarchie cléricale supervise ainsi ses ouailles depuis de vastes latifundia – une récompense en nature pour leurs bonnes œuvres.

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SITUATION LOCALE

Croulant sous les visiteurs, Teyr-Sainte semble se limiter à un gigantesque piège à pèlerins - heureusement, ceci est loin d'être le cas. Grâce à la tutelle de la République et de l'Église, la planète est a retrouvé sa beauté et ses qualités d'antan - et malgré son importante population, elle parvient à exporter de grandes quantités de produits alimentaires aussi bien dans son propre système solaire qu'à travers l'Empire. Quant aux vastes étendues qui ne sont pas cultivées, celles-ci sont sillonnées par la faune teyrienne ou par des tribus primitives autorisées telles que les Sioux, les Touaregs ou les Hell's Angels.

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SYSTÈME SOLAIRE

Le système solaire de Teyr-Sainte a été largement exploré et colonisé au cours de la Première République - mais si la population des colons est en chute libre depuis la Chute, des cités existent toujours sur la surface de certaines des huit autres planètes du système et de leurs satellites.

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ATMOSPHÈRE

L'ambiance de Teyr-Sainte est la même que celle du Moyen Age européen : l'Église est omniprésente et règne ouvertement sur des continents entiers, autorité suprême en matière de moralité et de spiritualité. Toute personne qui souhaite tirer les ficelles doit obligatoirement se tailler une place dans la hiérarchie de cette dernière - du moins en Europe et en Extrême-Orient.

En dehors de ces terres de prédilection de l'Orthodoxie, la norme est beaucoup plus souple, et certaines régions commencent à se détourner du droit chemin (pensez aux Albigeois et aux Cathares) alors que d'autres vont jusqu'à se révolter (prenez l'exemple de l'Empire byzantin, de l'Allemagne des années 1520 ou de la Chine du XIXe siècle).

Comme au XXe siècle, l'Amérique du Sud demeure un refuge pour ceux qui cherchent à échapper à la vindicte des cardinaux et des Inquisiteurs, à la bigoterie religieuse et aux chasses aux sorcières. Mais n'oubliez pas que la zone reste contrôlée par les Hazat, agressifs et prompts à s'entredéchirer...

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Stigmata :: La planète martyre.    Downloader le fichier sur ma machine pensante.

Par Benjamin Inn.

NB : Attention, tout ce qui suit ne correspond pas à la "version officielle" de Stigmata des auteurs de Fading Suns, présentée dans les pages du supplément VO Legions of the Empire. A vous de décider quel matériel vous souhaiterez donc employer.

SITUATION ACTUELLE

Stigmata, contrairement à ce qui apparaît dans le jeu vidéo Emperor of the Fading Suns, est un monde principalement constitué de jungles et de marais. Le comparer au Vietnam n'est pas une mauvaise idée, d'autant plus que les attaques des Symbiotes consistent davantage en assauts éclairs qu'en batailles rangées. Si les Symbiotes disposent d'unités plus nombreuses et plus lourdes, celles-ci sont généralement mises de côté, cantonnées à la défense ou aux attaques les plus importantes.

La majorité des ruches symbiotes limitent le nombre de leurs guerriers et restent mobiles, avec des unités variant depuis les Scarabées terrestres géants aux créatures fongiformes, qui semblent mourir pour réapparaître soudainement quelques kilomètres plus loin... La seule ruche permanente est celle de l'Arête d'Hiranzus, qui emploie une sorte d'artefact Ur pour échapper à l'artillerie humaine terrestre et orbitale. Si les Symbiotes ne sont pas des zélotes invétérés, ils n'en restent pas moins des guerriers décidés et prêts à se battre, rusés et peu disposés à se rendre - pensez également au film AlienS, où il n'existe que de rares "reines", tandis que les guerriers servent à ramener des hôtes vivants, destinés à la conversion.

Les Symbiotes ont également la manie de bouleverser la flore et la faune, de façon à ce qu'elles se retournent contre les humains - en plus d'avoir un certain contrôle sur la météorologie. Les scientifiques impériaux commencent à s'inquiéter : à cette allure, les Symbiotes finiront un jour ou l'autre par contrôler l'activité sismique et géologique de la planète entière... Naturellement, la flore et la faune de Stigmata comptent parmi les plus dangereuses des Mondes Connus, en plus de celles de Severus et d'Ungavorox - on trouvera ainsi tout un éventail de créatures peu intelligentes mais robustes, depuis l'Arbre Maendus cracheur de poison à la célèbre Anguille des Marais, en passant par le Mammouth Yarav, dont le souffle s'enflamme lorsqu'il est enragé ou mis en danger...

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PAYSAGES DE STIGMATA

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PERSONNALITÉS DE STIGMATA

La Baronne Lucinda Dulcinea Hazat est l'actuelle commandant en chef de la Garnison. L'Empereur l'a choisie alors qu'il n'était encore que Régent au cours des Guerres impériales, pour deux raisons : primo, il s'agissait d'ôter aux Hazat une stratège de renom ; secundo, c'est une Dulcinea. Or, la famille Dulcinea met l'honneur et le service au-dessus de tout autre chose, réputée pour son intégrité. De plus, la Baronne Lucinda est capable de séparer le devoir envers sa Maison et le devoir envers l'État - son éthique lui interdit de mêler ses intérêts personnels à la tâche qui lui est confiée.

NB : vous trouverez ses caractéristiques complètes en Anglais dans le texte sur le site de Holistic Design, dans la section "Game", Personnages Guerriers.

D'autres Hazat ont débarqué sur Stigmata en quête de gloire, tout comme des membres des autres Maisons nobles. Ici, les troupes hawkwood et décados oublient (généralement) leurs différends personnels, tandis que les Li Halan cherchent à combattre les immondes envahisseurs symbiotes au nom de la guerre sainte. La Maison al-Malik, comme les Recruteurs, a tout intérêt à ce que Stigmata résiste, ses fiefs principaux n'étant qu'à un saut de distance. L'Empereur partage les terres de Stigmata entre tous les vétérans partis en retraite qui ont pu survivre à leurs périodes de service au sein de la Garnison - une rumeur voudrait que ces ex-soldats se rassembleraient en secret pour former leur propre Maison noble, mettant en commun leurs larges étendues de terres offertes en récompense de leurs services.

Les Fouinards sont souvent surpris en train de traîner leurs guêtres dans les parages, à la recherche de cités en ruines et d'antiquités de grande valeur perdues dans la jungle. Les Recruteurs viennent combattre sous contrat, mais également pour assurer que Bannockburn ne subisse pas le même sort que Stigmata. Les rumeurs courent, prétendant que les Baillis emploieraient des centaines de mercenaires Recruteurs afin que ceux-ci servent sur Stigmata - après quoi ils pourront racheter les terres accordées à titre de récompense aux vétérans. Les Ingénieurs sont le plus souvent bienvenus, apportant dans leur sillage de nouveaux gadgets et des armes inédites pour affronter les Symbiotes - mais ils restent néanmoins surveillés, afin d'éviter qu'ils ne lancent des recherches dans le domaine de l'armement biologique ou qu'ils n'exportent clandestinement des technologies symbiotes vers d'autres systèmes planétaires...

L'Église dispose sur Stigmata de plusieurs prêtres renommés : les Eskatoniques sont employés pour prévoir les futures offensives symbiotes ainsi qu'à déceler les points faibles de la cuirasse; les Amalthéens ont leur travail habituel ; les Orthodoxes rallient les troupes avant et pendant les batailles ; et enfin les Frères d'armes combattent sans interruption (des guerriers avec des talents tels que Stoïcisme et Force d'âme peuvent se battre des heures sans se soucier de manger ou de dormir !).

Peu de temps auparavant, un grand combattant du nom de Nuadima périt dans la Jungle Rouge - mais nombreux sont ceux qui cherchent encore à mettre la main sur son héritage, un bras cybernétique sanctifié par un puissant théurge - le mariage idéal entre magie et technologie. Ce bras est présumé donner une force et une vitesse incroyables à son utilisateur, ainsi qu'une immunité face aux spores des Symbiotes et à certaines de leurs attaques. L'équipement de Nuadima et son entourage ont été retrouvés au milieu de la jungle il y a quelques mois, mais aucun signe du guerrier comme de son bras. Sa mort n'est que supposée - ce qui n'a pas empêché sa canonisation peu de temps après.

Il y a deux mois environ, un membre des Frères d'armes, Sœur Kantarra dite "la Fleur de Fer", détruisit une ruche près du poste de Kadeen avec une poignée d'autres moines guerriers. L'un de ces derniers prétendit qu'elle revêtit la forme d'un Empyréen, ange de la compassion, au cours de la bataille, tandis qu'un autre vit en elle un ange de la Mort... Kantarra a quitté la planète peu après cet assaut, mais un petit culte semble se former autour d'elle et des évènements de Kadeen.

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Le Front Symbiote :: Rappel historique.    Downloader le fichier sur ma machine pensante.

Par Benoît Felten et Kerk.

Baylor ne pouvait plus retenir une minute de plus le repas de ce midi - il finit par tout lâcher, une masse chaude et humide, maculant les jambes de son sergent. "Bordel, la pucelle !" éructa le sous-officier, bien plus énervé par l'attitude du jeune serf que pour son treillis (déjà couvert de boue) "Ca fait déjà un bail qu'il est clamsé, pas besoin de poser un renard !".

La personne à laquelle il faisait référence était le lieutenant Garrick, Cinquième Légion, Compagnie Typhon. Porté disparu depuis déjà quelques jours, présumé capturé par des espions symbiotes. Le peloton de Baylor était tombé sur son corps, dans les bois à l'est de Sylan. Le pauvre gars avait été ligoté à un arbre à l'aide de fibres végétales, et son estomac avait implosé, libérant des espèces de larves blanchâtres. Quelques unes se tortillaient encore au pied de l'arbre, mais la plupart avait décampé ou rejoint leurs maîtres symbiotes. Le visage de Garrick était figé par une expression d'horreur.

"Bon Dieu, mais qu'est-ce qu'il lui est arrivé chef ? gémit Baylor, incapable de détacher ses yeux du soldat mort.
- Arrête de psychoter ! lui répondit le sergent. Ils l'ont utilisé comme cocon pour faire naître quelque chose. J'ai déjà vu ce tour-là avant. Et reprends-toi la bleusaille, ou tu finiras pareil ! Il y a un sacré bordel ici - ces enfoirés de pustuleux s'amusent à chambouler l'Oeuvre du Pancréateur de tous les côtés. Tu t'y feras."

Baylor ferma les yeux et marmonna une litanie que son père avait pris pour habitude de lui lire, là-bas, dans leur paroisse de Rempart. Il retrouva un certain soulagement, et se souvint de pourquoi il était ici - empêcher ce qui était arrivé à Garrick de se répandre à travers les Mondes Connus. A sa façon, il était un Croisé finit-il par se dire ; le Pancréateur veillerait sur lui. Même si pour ses seigneurs li halan il n'était qu'un serf, un fermier, le destin l'avait désigné pour la levée des troupes et pour finir ici. Il se jura de ne revenir qu'avec les honneurs et des décorations puis se redressa, balayant les filets de salive qui avaient coulé sur son menton.

Il se tourna vers le sergent pour lui faire signe, mais il vit le visage de ce dernier devenir livide, les yeux fixés sur la forêt. Baylor suivit le regard du vieux vétéran, et vit la chose, une masse blanche et charnue, constituée de milliers de larves, se tordant et fonçant droit sur eux depuis les sous-bois ; d'une manière ou d'une autre, elle avait trouvé le moyen de muter et de se creuser une bouche qui ne cessait de s'ouvrir et de se refermer, à croire que la chose se pourléchait les babines... Entre deux déglutitions, on pouvait apercevoir des restes humains dans sa gueule, qui attendaient d'être lentement digérés par les sucs acides.

Baylor sentit un liquide tiédasse couler entre ses jambes, avant qu'il ne se mette à détaler, ignorant les hurlements de ses compagnons... (extrait du supplément VO Legions of the Empire)

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GENÈSE

Au début du 50e siècle, les Mondes Connus allaient devoir faire face à une menace comme ils n'en avaient jamais connu jusqu'alors. Ce fut le début des Guerres Symbiotes, qui durent encore à ce jour.

Le premier acte des Guerres Symbiotes se déroula sur le système d'Absolution. En 4900, un immense vaisseau de type inconnu franchit le portail. Il ne ressemblait à aucun modèle répertorié et sa technologie semblait parfaitement incompréhensible. La petite flotte qui surveillait le Portail ne fit pas le poids et se vit rapidement mise hors d'état de nuire. Avant que des renforts ne puissent être mis en place, le vaisseau plongea dans l'atmosphère de la planète et, atterrissant près de la capitale - le plus grand centre de population et d'industrie sur Absolution - il déversa des hordes armées monstrueuses.

Les témoignages de cette première attaque parlèrent d'êtres proto-humains ou animaux changeant de forme à volonté, d'armes végétales qui éructaient la foudre, d'ennemis qui se régénéraient même après les pires blessures. Ce fut un massacre. En quelques heures, des milliers d'habitants furent tués, des bâtiments détruits puis les étranges légions repartirent par où elles étaient venues. Lorsque les renforts humains parvinrent sur les lieux, les ruines se couvrirent de végétation, comme si elles avaient été abandonnées à la végétation depuis des siècles...

Les nantis fuirent Absolution en masse, mais une grosse partie de la population ne crut pas à une réelle menace. Après tout, il n'y avait qu'un vaisseau, et il était reparti, non ? Les nobles, néanmoins, furent plus inquiets... Pour eux, qui disait vaisseau disait technologie avancée, et l'hypothèse qu'il fut seul ne tenait pas la route. Ils envoyèrent ainsi une requête au Régent (rappelons que depuis l'assassinat de Vladimir Ier en 4550, les Régents se succèdent tous les dix ans). Les éléments décrivant l'attaque furent pris très au sérieux et cette nouvelle race xénomorphe fut baptisée "Symbiotes". Malgré le peu de pouvoirs entre les mains de la Régence, la menace fut jugée importante, et une force composée de vaisseaux des diverses Maisons nobles s'assembla pour aller protéger Absolution. Mais cela nécessita des mois entiers...

Malheureusement, ces quelques mois furent de trop, et les Symbiotes en profitèrent pour revenir en masse. Grâce à de nombreux vaisseaux, ils purent rapidement prendre le contrôle spatial du système d'Absolution. Ils y restèrent quelques temps, semblant ne pas vouloir attaquer en masse comme la fois précédente, mais lorsqu'ils se décidèrent à atterrir, les forces armées au sol furent soudain assaillies dans le dos, par des Symbiotes déjà présents sur la planète et surgissant de nulle part. Pris en tenaille entre ces deux forces, les humains n'eurent aucune chance. Avant même que la force assemblée par le Régent ne parvînt à Absolution, les Mondes Connus savaient délibérément que ce système-frontière était perdu, et il n'y eut aucun témoin pour leur décrire l'horreur de la chose...

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L'HUMANITÉ AU BORD DU GOUFFRE

Au même moment, Daïshan, un système voisin d'Absolution et bastion de la Maison Masseri, fut assaillie à son tour. Mais cette fois-ci, pas de force interplanétaire, pas de vaisseaux ennemis ! Les Symbiotes émergèrent des forêts de Daïshan sans que nul ne sache comment ils y étaient entrés. Il était inimaginable qu'un tel nombre de combattants aie pu être transporté en secret... La flotte du Régent fut finalement envoyée sur Daïshan (il était bien trop tard pour Absolution) tandis que les premiers réfugiés commençaient à affluer vers le système de Stigmata. Lorsque la flotte arriva, les témoignages de ceux qui purent s'échapper de la planète firent froid dans le dos des amiraux des différentes Maisons nobles : des végétaux vivants sortis des jungles de Daïshan, des arbres qui se déracinaient et attaquaient, des soldats masseri qui revenaient transformés et déchiquetaient leurs propres camarades... Une décision terrible fut alors prise : puisque l'ennemi semblait lié à la nature, il fallait frapper sans pitié, sans le moindre remord ou considération pour la planète !

Des premiers raids furent organisés pour défolier et brûler les forêts de Daïshan. Quelques jours plus tard, les assaillants se rendirent compte que les forêts avaient repoussé, et qu'elles semblaient beaucoup plus résistantes. Le désespoir gagna les forces des Mondes Connus face à ce constat. Il fallait se décider... Malgré le fait que des centaines de milliers d'humains vivaient encore sur Daïshan, les forces du Régent en orbite décidèrent de bombarder la planète avec des ogives nucléaires et tout l'arsenal à leur disposition, réduisant la surface de Daïshan en un tas de cendres. Daïshan était dorénavant un monde mort.

Les forces du Régent firent retraite vers le système de Stigmata, décidées à protéger coûte que coûte le Portail puisque celui-ci restait le seul passage identifié pour le reste des Mondes Connus. Sur la planète, les populations civiles furent toutes ramenées en milieu urbain et les villes furent renforcées et fortifiées. De larges zones autour de ces cités-refuges subirent des déforestations pour minimiser les risques. Dans l'espace, la flotte qui gardait le Portail eut pour ordre d'abattre sans sommation tout vaisseau qui franchirait le Portail en provenance de Daïshan ou d'Absolution. Il s'était écoulé moins de deux ans depuis la première attaque des Symbiotes sur Absolution.

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STIGMATA - DERNIER REMPART

Quelques mois seulement après la destruction de Daïshan, les premières unités Symbiotes franchirent le Portail de Stigmata. Elles subirent de lourdes pertes lors de ces premières vagues, mais elles changèrent rapidement de tactique. Des multitudes de petits vaisseaux émergèrent du Portail simultanément, leur objectif étant visiblement de franchir les défenses orbitales pour venir se poser sur la planète. Inévitablement, quelques-uns y parvinrent, et les Symbiotes s'implantèrent sur la surface de Stigmata. Il se passa encore quelques mois... Les attaques de Symbiotes en orbite se firent de plus en plus irrégulières, tandis qu'à la surface de la planète, il ne semblait rien se passer...

Et puis, presque sans y prêter attention, on apprit qu'une ville ne répondait plus. Puis deux. Des survols confirmèrent la terrible nouvelle : elles étaient toutes deux tombées aux mains des Symbiotes. Mais contrairement à ce qui s'était passé sur Absolution ou sur Daïshan, les Symbiotes semblaient prendre leur temps, afin de mieux consolider le territoire acquis. Ce fut une longue guerre de tranchées qui s'instaura, et aujourd'hui les humains n'en savent toujours pas beaucoup plus sur l'ennemi qu'ils ont en face d'eux. Les années passèrent. La force du Régent devint petit à petit la Garnison de Stigmata. Son commandement était assuré par des nobles importants des Maisons qui constituaient cette force, les Commandeurs étant nommés pour des périodes plus ou moins longues.

Les Commandeurs se succédèrent, mais le constat restait toujours le même : petit à petit, les Symbiotes gagnaient du terrain. La guerre s'enlisait, il parut inévitable qu'elle serait perdue. Raser Stigmata comme a été rasée Daïshan n'était pas une solution : cela ne ferait que déplacer le problème un monde plus loin. Certains proposèrent néanmoins de le faire et d'utiliser les codes secrets qui permettraient de sceller le Portail. Le problème, c'est qu'on ne maîtrisait pas assez bien la technologie des Portails pour savoir combien de temps il resterait fermé. La solution fut donc abandonnée... pour l'instant.

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LE FRONT S'ENLISE

La Garnison de Stigmata est extrêmement paranoïaque. Les rescapés des raids des Symbiotes sont systématiquement mis en quarantaine, de peur qu'ils ne se retournent contre les leurs ou, pire encore, qu'ils infectent le reste de la Garnison. Aucun soldat ayant été au contact avec les Symbiotes n'est autorisé à quitter le système. Parfois, des vaisseaux symbiotes isolés parviennent à franchir le Portail vers Istakhr, un monde al-malik - mais ils sont aussitôt détruits par les batteries de défense déployées autour du Portail. Tous les hommes qui ont combattu ou rencontré les Symbiotes sont immédiatement intégrés à la Garnison, sans aucun espoir d'en ressortir vivants...

Mais finalement, au bout de presque trois décennies de conflit larvé dont on sentait qu'il est perdu d'avance, les humains firent une percée spectaculaire lors d'une offensive pour tenter de reprendre des positions symbiotes. Alors que sur tous les fronts, la Garnison de Stigmata était repoussée, l'une des unités se tailla un chemin à travers les forces des Symbiotes sans la moindre difficulté (en tous cas en comparaison avec les autre fronts...) Le Haut-commandement diligenta aussitôt une enquête, et l'on fit une découverte stupéfiante : deux combattants éminents de cette unité avaient tout le mérite de cette percée ! L'un était le Frère Berthold, un hérétique (d'une secte qui se nomme aujourd'hui l'Ordre Eskatonique) pratiquant certains rituels théurgiques alors inconnus ; l'autre se prénommait Damiana, une Aurige dont les interrogatoires décelèrent qu'elle disposait de divers pouvoirs psychiques. Il apparut clairement que les miracles du Pancréateur comme les pouvoirs de l'esprit étaient des armes très efficaces contre les Symbiotes !

Un moine hérétique et une psychomancienne, ce n'était pas pour plaire à l'Orthodoxie, mais les Commandeurs de la Garnison de Stigmata n'en eurent cure. Ils firent diffuser à travers les Mondes Connus des instructions de recrutement visant les psychomanciens et les religieux pratiquant la théurgie. Les Maisons Royales firent pression sur le Patriarche et ses cardinaux pour que l'Ordre Eskatonique soit accepté dans le giron officiel de l'Eglise. "Psychomanciens, théurges, engagez-vous sur Stigmata et tous vos crimes seront pardonnés !", tel est en substance le message qui fut transmis.

Une nouvelle formation militaire fut constituée, encadrée par Frère Berthold et Damiana. Elle prit pour nom "l'Ordre de la Lumière Manifeste" et elle contribua en quelques mois à reprendre le terrain perdu au cours des dix dernières années. Mais les théurges et les psychomanciens ne sont pas légions, et la ligne de front s'étendant de nouveau, ils devinrent trop disséminés pour que la reconquête se poursuivît. Une nouvelle ligne de front stable s'établit ainsi vers 4950, les Symbiotes contrôlant à peu près 40% du territoire de Stigmata.

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LES GUERRES IMPÉRIALES

Le conflit semblait en place pour longtemps, et un certain effet de lassitude affecta les Maisons Royales. Le statu quo semblant acquis, elle tournèrent leur attention vers d'autres problèmes, et en particulier celui qui les préoccupait depuis la mort de Vladimir Ier il y a quatre siècles : conquérir le trône impérial. En 4956, les premières manœuvres s'amorcèrent : Darius Erik Hawkwood tenta d'obtenir le soutien de l'Église et de la Ligue Marchande pour accéder au trône. Cela finit par déclencher une série de réactions diplomatiques hostiles puis, petit à petit, militaires - les Guerres impériales avaient commencé.

Les Maisons commencèrent à ressentir de plus en plus lourdement le poids des ressources consacrées à la Garnison de Stigmata, d'autant plus que la menace symbiote n'avait pas la même résonance pour tous : les mondes al-malik sont à quelques sauts de Stigmata tout au plus, alors que ceux des Hazat sont bien plus loin...

Alors que la tension montait entre les Maisons Royales, en 4972, la baronne Carmétha Décados fut nommée par le Régent au poste de Commandeur de la Garnison. Comme tant d'autres avant, elle vint avec de nombreuses troupes soigneusement entraînées constituant le gros de l'effort de guerre. Mais l'attention de la Baronne était ailleurs... Le jeune Prince Alexius Hawkwood allait de succès diplomatique en succès militaire, et peu à peu, il apparut comme un candidat potentiel au trône, le premier depuis bien longtemps. Seulement les Décados ne l'entendirent pas de cette oreille, et firent tout leur possible pour semer la dissension et attirer la méfiance sur ce prétendant vantard. Et finalement, en 4979, ce fut le tournant : la Maison al-Malik se rangea aux côtés d'Alexius et annonça qu'elle soutiendrait sa nomination au poste de Régent lors du vote de 4983.

C'en fut trop pour les Décados. Depuis des années, ceux-ci lorgnaient le riche système de Criticorum, voisin de Cadavus. Du jour au lendemain, la Baronne Carmétha plia armes et bagages, emmenant toute la Garnison de Stigmata dans son sillage, lançant l'assaut sur le monde al-Malik.

Sur Stigmata, la situation devint catastrophique. Certes, le front restait stable et calme, et les Symbiotes n'attaquaient plus en masse, mais les défenses qui subsistaient devinrent ridiculement sous-dimensionnées. La principale force armée était constituée par les moines de l'ordre des Frères d'armes, par les recrues de la Lumière Manifeste, et par quelques milliers de courageux volontaires de tous les horizons qui se battaient depuis de longues années sur Stigmata. Les Frères d'armes tentèrent au mieux de concentrer les quelques poches de population sur des bases défendables, mais ils savaient pertinemment que si les Symbiotes se décidaient à lancer une offensive, ils ne feraient guère le poids...

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RENVERSEMENT DE SITUATION

Pendant près de deux ans, rien ne bougea. Les humains de Stigmata sentirent peser sur eux une terrible épée de Damoclès, et tentèrent de s'y préparer comme ils le pouvaient, mais l'avenir était bien incertain. Finalement, en 4982, arriva ce qui devait arriver. Les Symbiotes lancèrent une offensive massive et parfaitement coordonnée. Il était évident pour les Frères d'armes qui commandaient les maigres forces encore en place que rien ne s'était fait au hasard : les Symbiotes savaient que la Garnison avait disparu et qu'aucune aide ne viendrait au secours des humains. Ainsi, ils prirent leur temps, économisant leurs troupes et leur énergie, consolidant le territoire conquis comme ils l'entendaient. Mais l'étau se resserrait de manière inéluctable. L'une après l'autre, les bases humaines furent abandonnées et les survivants se réfugièrent dans le périmètre de la station Darmak, la principale base militaire établie sur les ruines de l'ancienne capitale.

Les forces symbiotes encerclèrent la Station, et l'heure du dernier baroud avait sonné pour les humains. Au centre du monastère des "Descendants de Zhal", le régiment des Frères d'armes stationné sur la planète, les recrues trop jeunes pour le combat prièrent nuit et jour pour que le Pancréateur entende leur complainte et leur vienne en aide. Mais les Symbiotes avançaient toujours, et les troupes humaines furent décimées. Un dernier repli se fit à l'intérieur des remparts, mais les humains savaient qu'ils étaient perdus. Les Frères d'armes se préparèrent à "suicider" ceux qui ne voulaient pas mourir aux mains des Symbiotes ou, pire encore, être infectés et convertis, mais eux-mêmes savaient qu'il n'y a de mort qu'au combat : le Pancréateur n'accepte pas en Son sein l'âme de ceux qui se sont lâchement donnés la mort.

Et puis une nuit, le miracle tant attendu survint. Le centre de commandement de la Station Darmak reçut un message laconique mais tellement porteur d'espoir : "Flotte orbitale en approche. Donnez relèvements forces ennemies pour faciliter bombardement - Prince Alexius Hawkwood". Au petit matin, en effet, des vaisseaux de débarquement entrèrent dans l'atmosphère. Les Symbiotes furent pris par surprise, et leur flotte de "vaisseaux vivants" fut détruite ou massivement endommagée au sol. Des bombardements massifs ravagèrent les armées symbiotes qui s'étaient découvertes sans la moindre protection, sûres de leur victoire. Les Symbiotes amorcèrent un repli, et une partie importante de la flotte d'Alexius vint se poser autour de la Station, dernier bastion des humains de Stigmata. Les vaisseaux hawkwood apportèrent des vivres, des unités médicales, et surtout, des armes et la rage d'en découdre.

Dans les mois qui suivirent, Alexius prit le commandement des opérations avec le soutien des Frères d'armes. Il mena ses troupes de victoire en victoire, avec à ses côtés la magnifique Sœur d'Arme Théafana al-Malik. Le front symbiote recula, car il semblait que les pertes subies lors du premier assaut d'Alexius aient été bien lourdes. Mais Alexius sut rester prudent. Il savait qu'il n'avait pas les ressources pour entièrement reprendre la planète et exterminer les Symbiotes. Nul ne savait même si cela est possible. Et, bien qu'il lui en coûta de l'admettre, Alexius avait d'autres objectifs en tête - briguer la Régence, et sans doute le trône impérial.

Une fois le front stabilisé, Alexius affecta une partie importante de ses troupes pour se substituer à la Garnison désertée. Il reprit la route des étoiles, mais laissa derrière lui un monde qui lui serait loyal jusqu'à la mort. Les plus valeureux combattants furent anoblis, et Alexius leur octroya des terres - sur Stigmata certes, mais c'était bien plus qu'ils n'auraient jamais imaginé. Les Frères d'Armes eurent le temps de se renforcer, et De Moley envoya des troupes fraîches pour prendre la relève, d'autant plus que l'Ordre avait décidé de se jeter dans la bataille pour le trône impérial derrière Alexius. Théafana al-Malik et le Maître des Descendants de Zhal lui-même suivirent Alexius lors de son départ.

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A L'OUEST, PLUS RIEN DE NOUVEAU ...

Sur Stigmata, la situation a peu évolué depuis. Bien sûr, il y a des accrochages réguliers avec les Symbiotes et assez d'histoires horribles pour effrayer tous les enfants des Mondes Connus pendant des mois, mais aucune offensive massive. Alexius est désormais Empereur, et il a dû faire face à d'autres dangers ainsi qu'à des invasions barbares. Au moins, depuis ces évènements, la Garnison de Stigmata n'a plus jamais eu à se plaindre de manquer de moyens. Certes les soldats n'ont pas les ressources pour remettre durablement en cause le statu quo, mais les Symbiotes n'ont plus jamais réussi à prendre significativement du terrain. Sont-ils trop affaiblis ? Hésitent-ils ? Voudraient-ils faire la paix ? Ou attendent-ils simplement quelque évènement pour lancer une dernière et ultime offensive ? Seul le temps pourra le dire, ou peut-être un prophète à l'esprit dérangé...

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