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Par Max Lambertini - Traduit par Kerk.
Aylon est célèbre pour avoir été le premier monde sur lequel prêcha le Prophète, ainsi
que pour ses importantes réserves de chasse. Parmi ces dernières, la plus mystérieuse
demeure une vaste plaine située sur le continent de Dehorz-ha, sur l'hémisphère sud.
Depuis des générations, les chasseurs ont baptisé ces plaines les Terres Animées
:
en effet, les créatures qui y vivent peuvent changer d'un jour à l'autre, tout comme
le paysage. Si aujourd'hui vous vous promenez à travers une prairie verdoyante, et si
vous avez le courage d'y passer la nuit, vous aurez alors l'occasion de vous réveiller
au beau milieu d'une toundra, d'une étendue déserte ou d'un marécage - sans que la saison
ou la géographie aient une quelconque influence... De plus, les boussoles ne semblent
pas fonctionner ici, tandis que le musc d'Aylon ne croît jamais sur le côté nord des
troncs d'arbres. Même le soleil paraît altéré, changeant de taille, de couleur comme
de température - alors que les satellites n'observent aucun changement perceptible.
Certains Ingénieurs pensent qu'une puissante machine de terraformage (de type inconnu)
enterrée dans les environs serait à l'origine de ce phénomène, du fait de disfonctionnements,
alors que des moines eskatoniques estiment qu'un dangereux démon (peut-être emprisonné en ce
lieu par le Prophète Zacharie) reposerait ici, maudissant cette terre, en l'attente du voyageur
étourdi qui le délivrera. D'autres pensent encore à une étrange maladie, d'origine symbiote
peut-être. Mais en réalité, nul n'a réellement connaissance de ce qui se cache derrière les
Terres Animées...
Entre-temps, plusieurs étranges animaux, particulièrement rares, ont pu être observés dans
ces plaines : le Gueypard Vert flottant, sorte de félin proche du léopard dont les tâches
sont de couleur verte, et qui lorsqu'il se met à courir semble voltiger ; ou encore la
Quadri-Boule de poils, un animal ressemblant vaguement à un ourson, capable de se scinder
en quatre parties parfaitement autonomes (de même que retorses) lorsqu'il est attaqué -
chaque partie comportant une solide mâchoire dont la dentition n'a rien à envier à celle
des voraces Amen'tas.
D'autres espèces tout aussi étranges ont été signalées, cependant la plupart des rapports
sont des faux : seule une poignée de chasseurs et de guides ont en effet pu parvenir à
entrer et sortir vivants des Terres Animées. Ces personnes sont particulièrement recherchées
par les jeunes têtes brûlées de la noblesse, qui cherchent à se tailler une réputation de
grands chasseurs - mais les guides acceptent très rarement d'emmener avec eux de tels matamores
à travers les Terres Animées.
Une ville si... paisible de Leminkainen, par Benoît Felten.
La Nouvelle Chartres est une cité prospère, bien que de petite taille, située à quelques kilomètres de Talmen, la capitale du Jyväskylä Nord (planète Leminkainen). Bien qu’il n’ait aucune influence politique d’importance, le Comte Zacharie Hawkwood, dirigeant de la ville, n’en est pas moins un proche ami de l’Empereur – la Nouvelle Chartres a d’ailleurs été citée à l’ordre du jour, comme étant un parfait exemple de ce que pouvaient donner une juste direction ainsi que la collaboration entre l’Église et l’État. En réalité, bien des choses ne sont pas ce qu’elles semblent être. Sous le masque de la richesse et de l’euphorie reposent bien des secrets compromettants…
LA NOUVELLE CHARTRES ET LES COLLINES POURPRES
Les Collines Pourpres forment la zone entourant la Nouvelle
Chartres – ce nom provient de la couleur caractéristique de la roche et du
sol de cette région. Ce dernier est fertile, d’autant plus que le climat est
relativement clément, au grand bénéfice des agriculteurs, bien que les
Collines ne facilitent guère les moissons (les machines sont difficilement
employables, d’autant plus que seules les plus grosses fermes peuvent employer
de tels moyens). Ainsi, les cultures ont dû s’adapter aux exigences du
terrain : nombreux sont les arbres fruitiers et les cultures à racines,
puisque rarement détériorés par les pluies, mais les vignes sont de loin la
plantation la plus populaire chez les exploitants, produisant des raisins verts,
noirs, ainsi qu’une variante pourpre. Le vin est ainsi la production la plus
importante de la ville, exporté vers des mondes toujours plus éloignés.
Un canal relie Talmen à la Nouvelle Chartres ainsi que
les villes en amont. Nul ne sait si la vallée où a été construit le canal
est d’origine naturelle ou due à un terraformage, mais cela reste toujours
une surprise pour celui qui découvre la région, étonné qu’un canal puisse
exister dans une zone constituée de collines… D’autres récoltes comme le
blé rouge, le maïs et l’orge sont produites en aval de la Vallée du Canal,
là où le terrain est plus plat et donc plus propice à ces cultures.
L’accès vers la Nouvelle Chartres peut se faire soit par le Canal (il faudra alors payer une taxe à l’une des guildes chargées du transport), soit par la route, à pied ou à dos de cheval (qui s’est parfaitement adapté à l’écosystème de la région). Les routes sont trop étroites et rocailleuses pour permettre le passage de véhicules autres que des chariots (encore que ceux-ci ont parfois du mal à passer). Les diverses routes menant à la ville arrivent de la rive Est du Canal, à travers les collines recouvertes de vignes. Le panorama depuis ces hauteurs vaut le coup d’œil : la Nouvelle Chartres semble sortir d’un conte de fées, avec ses bâtisses de pierre et souvent sans étages, dominées par le Castel et la Cathédrale. La roche pourpre donne un étrange aspect à la ville, et ce point de vue depuis les collines est largement exploité pour fournir des reproductions aux touristes. L’arrivée par barge est bien moins spectaculaire, bien que nombre de personnes s’accordent à dire que les guildes font leur possible pour satisfaire leur clientèle : le port est très bien entretenu, et la garde municipale plutôt discrète, préférant surveiller les ponts – les personnes arrivant par barge sont supposées avoir des moyens, elles n’ont donc apparemment rien à voir avec des criminels.
La Hanse forme un petit faubourg à la lisière du port. La
totalité du terrain est détenue par la Ligue Marchande, et seules les guildes
qui lui sont affiliées peuvent y louer de l’espace. De même, personne
n’ignore que la Ligue préfère laver son linge sale en famille : après
accord avec le Comte (en échange de services particuliers), la garde municipale
n’a plus la possibilité d’entrer dans le quartier – la Ligue utilise sa
propre milice ainsi que ses propres tribunaux pour maintenir l’ordre dans la
zone. Cependant, les criminels qui cherchent à échapper à la garde du Comte
en s’infiltrant dans la Hanse sont généralement refoulés, à moins d’être
membres d’une guilde.
Le quartier est constitué de petits bâtiments serrés
les uns aux autres, entourés de rues étroites et d’allées qui mènent dans
toutes les directions. Seuls ceux qui ont vécu ici assez longtemps osent se
risquer dans ce labyrinthe pavé, qui s’étend à partir des deux artères
principales, la Rue du Port et l’Allée des Guildes.
Si plusieurs guildes ont pignon sur rue, les deux plus
importantes sont les Auriges et les Recruteurs. Les Auriges possèdent en effet
le port, et disposent d’un contrôle exclusif sur tout ce qui circule sur le
Canal – de même ils tirent énormément de profits du commerce du vin, des
Recruteurs et des entrepreneurs locaux. Les Auriges sont partis d’une idée
simple : ne pas se soucier des entreprises qui se sont multipliées autour
de la Nouvelle Chartres, afin d’attendre qu’elles se développent
suffisamment – à ce moment elles seront obligées d’employer les services
de la guilde pour s’étendre géographiquement, ce qui donne aux Auriges un
contrôle indiscutable sur la région, et à moindre coût !
Les affaires (du moins officielles) des Recruteurs consistent
à s’occuper de la main-d’œuvre destinée à la vendange, ce qui représente
un nombre important de personnel – donc de profits. Mais officieusement, les
Recruteurs utilisent la Nouvelle Chartres comme base arrière d’où partent
leurs expéditions d’esclavagistes vers les tribus barbares des forêts de
Leminkainen.
Les autres guildes majeures sont représentées : les
Fouinards et les Baillis disposent de petits bureaux, et cohabitent avec de plus
petites guildes qui ont une certaine importance locale, comme la Société des
Rangers, la Guilde des Maçons et les Croiseurs.
Les Vignobles sont le secteur où se sont établis
producteurs et marchands de vins. Étant donné que ce pan d’activité est
vital pour la Nouvelle Chartres, les producteurs restent les plus gros
entrepreneurs de la ville, à la tête de milliers d’employés, qui œuvrent
aussi bien dans les entrepôts, les magasins ou les vignes. Trois compagnies se
taillent actuellement 90% de la production, et elles disposent d’au moins la
moitié du quartier. Naturellement, le quartier est très surveillé, à la fois
par la garde du Comte et une milice, nommée la Garde du Vin, constituée par
les trois plus gros producteurs. Cette milice se contente de s’assurer que
rien ne vient troubler l’ordre, auquel cas elle dispose de moyens de
communication rapides pour alerter la garde du Comte.
Si la compétition est féroce, les coups bas sont interdits : les producteurs sont implantés de longue date dans la ville, et seraient immédiatement boycottés s’ils devaient agir de façon non-commerciale. Les plus petits artisans ne souffrent pas de cette compétition, puisqu’en général ils s’adressent à une clientèle particulière, s’ajustant à ses goûts et visant une qualité plus élevée que celle des gros producteurs.
Noël est mort il y a quelques années, et depuis Ethan est le seul dirigeant de
la compagnie. C’est un homme âgé mais jovial, qui a su rester modeste malgré
le succès.
Les origines de la Cathédrale sont devenues quasi mythiques,
bien que la construction de celle-ci ne remonte qu’à quelques décennies en
arrière. Les différentes versions de l’histoire s’accordent pour dire que
le jeune Frère Claytas eut une vision dans laquelle le Pancréateur lui
commanda de bâtir en son nom le plus grand monument. Claytas voyagea à travers
le pays, afin de rassembler les fidèles, jusqu’à ce qu’il parvienne à la
Nouvelle Chartres, où ses suivants commencèrent la construction, qui prit
moins d’un an.
La vérité est bien évidemment plus réaliste :
Claytas s’arrangea avec les Baillis pour obtenir le financement de la Cathédrale,
la guilde profitant des retombées économiques dues à la construction, du fait
du gain de popularité de la ville. La Guilde des Maçons dessina les plans et
dirigea les travaux dans les premiers temps, alors que des dizaines de personnes
offrirent leurs services, en échange d’un abri et de nourriture. Grâce à
cette main d’œuvre inattendue, le chantier fut achevé en moins de cinq années
(ce qui est déjà un miracle de rapidité !) tandis que Claytas fut nommé
Évêque (le plus jeune de Leminkainen) à la tête de la Cathédrale.
Le quartier de la Cathédrale (appelé tout simplement
« Cathédrale ») se développa rapidement tout autour de l’édifice
saint, d’abord avec les commerces destinés aux pèlerins et touristes, puis
avec l’installation de deux monastères : les Frères de la Sainte Porte
et les Moines Pourpres. A présent, c’est un quartier actif, mais qui conserve
malgré tout une certaine sérénité – les troubles sont rares. Toutes les
rues sont pavées et fermées à la circulation (sauf autorisation de l’Église),
et le quartier se donne un air de village médiéval (c’est du moins la
conception du Moyen Age qu’ont les résidents !).
L’Église dispose de sa propre garde, qui assure à la fois la sécurité des ses édifices, mais également l’arrestation des personnes qu’elle préfère ne pas voir tomber entre les mains du Comte ou des guildes. Après accord tacite (si ce n’est à contrecœur), le Comte a admis que les gardes de l’Église auront autorité de police dans tout le quartier, même s’ils restent subordonnés à sa propre garde.
Le monastère fut ouvert et dirigé par le Frère Django quelques années après
la construction de la Cathédrale. Frère Django et plusieurs autres prêtres
participèrent aux dernières touches de l’édifice, et c’est ainsi que
lorsqu’ils demandèrent à l’Évêque la permission de fonder un monastère
au sein du diocèse, celui-ci accepta.
Les moines sont perçus par les autres ecclésiastiques comme étant étranges.
Ils parlent de façon cryptée, emploient les Écritures dans des circonstances
inattendues, et suggèrent des interprétations moins canoniques. Mais ils
passent la plupart de leur temps dans les rues des quartiers de la Cathédrale
et du Bourbier à aider les pauvres et à leur offrir la charité – ce que la
plupart des prêtres de la Nouvelle Chartres leur auraient donné à eux-mêmes…
Beaucoup pensent qu’il y a un mystère derrière cet étrange comportement,
mais jusqu’à présent, nul n’a pu le percer.
Dans les années qui suivirent l’ouverture du monastère, l’Évêque Claytas a commencé à regretter sa bénédiction accordée à l’ordre : les moines agissent de manière bizarre, parfois provocante, et sont (trop) appréciés de la population grâce à leurs œuvres. L’Évêque attend impatiemment que l’un des moines franchisse la ligne pour les juger hérétiques…
Léon le Petit fut le premier à saisir l’opportunité – il était lui-même
pèlerin, mais n’attendait qu’une occasion pour s’installer sur place. Son
établissement a le mérite d’être bon marché et propre, et donc populaire,
bien que les chambres soient étroites, ne comportant rien de plus qu’un lit,
une couverture et une chaise.
Ainsi, le Foyer est devenu une étape de choix pour les nombreux pèlerins, et il affiche souvent complet. Mais en réalité il est tellement apprécié que certains prêtres d’autres sectes que l’Orthodoxie préfère s’installer là, plutôt que dans les quartiers souterrains de la Cathédrale, où ils se sentent surveillés et mal à l’aise.
Le Castel du Comte est bâti sur la colline rocailleuse du
nom de Roc Pourpre. Alors que la cité se développait, le Castel devint le
centre d’un quartier où se rassemblèrent les riches et les puissants. Toute
la zone semble sortir droit d’un conte de fée : de hautes bâtisses
pourpres serrées autour d’une route en spirale menant au Castel.
L’atmosphère du Roc Pourpre n’a pourtant rien d’une
belle histoire : peu importe les convictions du Comte Zacharie sur l’égalité,
les nobles et les marchands sont absolument nécessaires au bon fonctionnement
de la ville, et ce genre d’individus n’a guère envie de croiser la populace
dans leur quartier… Ainsi, le Roc est gardé nuit et jour, tout en étant
entouré de petites barricades. Toute personne qui souhaite visiter le secteur
doit avoir l’air convenable et ne doit pas porter d’armes – à
l’exception de certains invités du Comte et des nobles qui peuvent conserver
leurs armes familiales.
Le Roc comporte peu de boutiques, et la plupart d’entre elles sont des établissements huppés, principalement des tailleurs, parfumeries, bijouteries et galeries d’art. Une fois par semaine se tient le marché du Roc, sur un square paisible à mi-hauteur de la colline. L’atmosphère n’a rien de celle du marché principal : tout est propre, calme, les aliments vendus sont hors de prix mais immaculés (et probablement insipides), et les articles autres que la nourriture sont souvent de riches articles artisanaux (bouteilles ornementées, poupées faites mains, etc.).
La légende prétend que le Castel fut bâti par le bisaïeul de Zacharie, Léopold,
au cours d’une féroce bataille contre les barbares qui avaient envahi
Leminkainen. Un avant-poste était nécessaire pour abriter les hommes, et les
meilleurs stratèges Hawkwood se mirent à l’ouvrage : utilisant la
technologie la plus avancée, le Castel fut bâti en secret en une seule année.
A peine la garnison fut-elle installée que les barbares découvrirent le Castel
et l’assiégèrent. Léopold Hawkwood et ses soldats durent alors tenir des
mois (bien sûr, ajoutent certains, les passages secrets permirent de se
ravitailler en eau et en nourriture) jusqu’à l’arrivée des renforts.
Les défenses les plus redoutables du Castel ne sont pas
visibles à l’œil nu, ce sont des batteries laser rétractables placées sur
les parapets qui peuvent être activées en quelques secondes, en cas
d’attaque aérienne. De même, le Comte entraîne une unité spéciale à
l’utilisation de lance-roquettes portatifs. Tout cela est bien entendu ignoré
de la population, qui pourrait s’inquiéter d’un tel déploiement de force.
A part ces quelques précautions particulières, le Castel dispose d’une garde
classique, équipée d’armures de cuir renforcées et d’épées (sans
compter les armes à feu pour les officiers). De même, la bâtisse est parsemée
de caches où sont entreposés du matériel médical et des injecteurs d’Elixir.
Les quartiers d’habitation du Comte et de sa famille se
situent dans l’aile est du Castel, qui sans être luxueux restent très
confortables. Tous se promènent dans le Roc Pourpre sans escorte, et ne sont
accompagnés que de quelques gardes dans les autres parties de la Nouvelle
Chartres.
La chambre d’audience est une grande salle où le siège
du Comte (qu’il refuse d’appeler trône) est disposé sur un dais. Toute
personne est en droit de venir présenter ses griefs devant le Comte, quelle que
soit sa condition sociale. Le personnel du tribunal est réputé pour sa compétence
aussi bien que sa rapidité – dans la majeure partie des cas, la conciliation
entre les parties permet de régler l’affaire au mieux. Le responsable de
l’instruction se nomme Liam Parker, l’un des conseillers les plus loyaux du
Comte formé pendant plusieurs années chez les juristes Baillis.
Mais le Castel est plus particulièrement réputé pour l’importante salle de
spectacle qu’il abrite – baptisée tout simplement le Théâtre. Le Comte
est particulièrement friand de musique classique, et il assiste le Théâtre
pour les projets qui attisent son intérêt. Il dispose de son propre balcon,
afin de pouvoir se rendre au Théâtre sans être remarqué. La gestion de
l’ensemble est confiée au Théâtre lui-même, qui tâche d’assurer au
moins une représentation par semaine. Mais faute d’une troupe permanente
suffisamment importante (les acteurs ne pouvant se permettre de vivre à la
Nouvelle Chartres), le Théâtre doit compter sur les troupes itinérantes, sans
quoi la scène est ouverte aux musiciens de la ville.
Dans chaque cité, il existe une zone où les individus désargentés
finissent par se regrouper, parce qu’ils n’ont nulle part ailleurs où
aller, ou parce qu’au moins ils ne s’y sentent pas méprisés. Ce qui forme
aujourd’hui le quartier du Bourbier était autrefois un faubourg aussi salubre
que les autres, portant un nom autrement plus élégant. Malheureusement, le nom
s’est perdu tout comme le confort, et personne ne s’en souvient plus… Il y
a cinquante ou soixante ans en arrière (à l’époque de la construction de la
Cathédrale), le réseau local d’égout s’est rapidement dégradé, faute de
maintenance, et peu à peu les eaux puantes sont remontées à la surface,
transformant la zone en un cloaque infect.
Si cette transformation s’était réalisée d’un jour à
l’autre, les autorités seraient probablement intervenues, mais les choses se
sont lentement déroulées, et personne n’y a prêté attention. Le prix des
terrains a commencé à chuter, et les habitants qui devaient alors lutter pour
verser leur loyer ont fini par affluer, avant que ne suivent les escrocs à la
petite semaine. En une décennie, le quartier est finalement devenu le Bourbier
d’aujourd’hui.
Lorsque les causes réelles du disfonctionnement des égouts
furent découvertes, le Comte Xerxès s’échina à rebâtir le réseau, mais
au même moment les techniciens employés par le Comte se rendirent compte que
les autres quartiers allaient finir par être touchés par le même phénomène :
tous les crédits furent alors alloués à la prévention, et non plus aux réparations,
et le Bourbier continua à lentement s’enfoncer …
Comme on peut s’y attendre, une promenade dans le Bourbier
n’a rien d’une expérience impérissable. Les odeurs sont omniprésentes et
la quasi-totalité des rues sont recouvertes de quelques centimètres de boue
– voire une bonne douzaine dans certains recoins. Les résidents savent quels
chemins ignorer, et par où passer pour rester sec, mais ils se refusent à les
indiquer : l’un de leurs passe-temps favoris est d’indiquer une
mauvaise direction aux étrangers pour les voir s’étaler dans une fosse
boueuse.
Les habitants du quartier sont crasseux, pauvres, et souvent
hargneux : ils se jugent (à juste titre) abandonnés des Comtes. Le seul bâtiment
officiel représentant l’autorité comtale est la prison, et les patrouilles
se limitent aux artères principales. En revanche, la Ligue maintient une forte
présence, plus particulièrement les Fouinards et les Recruteurs. Les premiers
détiennent la plupart des tripots, des usuriers, des monts-de-piété ainsi que
la toute puissante « Compagnie des Égouts ». Quant aux Recruteurs,
leur quartier général se tient dans le quartier dont ils ont fait le point de
départ de leurs expéditions forestières.
Le bâtiment se situe en bordure du Bourbier, à une petite distance du Square
du Marché, de ce fait le niveau de boue n’y est pas très élevé. Les
Fouinards ont chèrement payé afin que la rue qui relie le marché au Cain soit
repavée – et c’est l’unique voie véritablement praticable du Bourbier.
Cette rue est depuis surnommées « Fouinard Street », et la plupart
des boutiques du Bourbier s’y sont installées (nombre d’entre elles
appartiennent aux Fouinards).
L’intérieur du Cain est bien plus chic que pourrait le laisser entendre le
quartier. Même si l’on est loin des casinos snobs du reste des Mondes Connus,
cela reste un palace d’après les critères de la Nouvelle Chartres… La
plupart des tables de jeux sont accessibles au rez-de-chaussée, mais plusieurs
autres sont situées au sous-sol, réservées aux clients « particuliers »,
où l’on peut miser illégalement, comme sur des combats d’esclaves nues par
exemple. Naturellement, la sécurité est extrêmement resserrée, et
l’efficacité des gardes est telle que les affaires se déroulent sans soucis
depuis les vingt dernières années.
Le Cain est dirigé par Florian Zweiger, un Fouinard de haut rang, qui s’assure de bien des façons que tout se déroule selon ses plans. A son efficacité s’ajoutent des goûts modestes, ainsi que l’absence de tout scrupule : il ne gâchera jamais quelque opportunité que ce soit.
La prison dispose de sa propre garnison permanente, et très peu sont parvenus
à s’en évader. Les hommes d’Anatoly sont en général particulièrement
loyaux, et il se charge lui-même du recrutement. Il y a rarement plus d’une
centaine de personnes détenues : le Comte tâche de trouver différentes
façons de traiter les petits malfaiteurs, et les criminels les plus importants
sont condamnés aux travaux forcés dans les mines ou exécutés.
AUTOUR DE LA NOUVELLE CHARTRES
La Nouvelle Chartres s’étend sur la rive
Sud du Canal, avec seulement quelques bâtisses au Nord. Les routes du Nord s’étendent
à travers les Collines Pourpres, croisant de nombreux petits chemins qui mènent
aux grandes vignes, dont les ouvriers sont en majorité des serfs. Après
accord, ces derniers appartiennent toujours au Comte, mais les vignerons en
disposent comme ils l’entendent – cependant chaque serf peut toujours faire
appel à la justice du Comte, ce qui empêche les contremaîtres d’abuser
d’eux.
Le raisin pousse bien, trop peut-être, et très
peu d’exploitants produisent autre chose – en réalité, une large
partie des aliments nécessaires à la Nouvelle Chartres doivent être importés
d’autres fiefs. La situation ne plaît guère au Comte, et récemment il a démarré
une enquête discrète sur l’efficacité de certains fermiers. Zacharie se
montrerait prêt à les affranchir, en l’échange de quoi ils devront
promettre de cultiver des céréales et de travailler pour le Comte. Nazul
Keddah, l’un de ses conseillers, est chargé de cette mission.
Si la partie Est de la ville est composée de
villages entourés de cultures, celles-ci ne peuvent maintenant plus s’étendre
qu’au Sud, vers la forêt. Mais toutes les tentatives visant à couper des
arbres pour gagner de la place ont échoué : temps exécrable, pannes fréquentes,
paysans effrayés par des fantômes, etc. En homme rationnel, le Comte est
convaincu qu’il doit exister une explication à ces étranges répétitions,
mais il lui manque le temps pour enquêter, et entre temps les projets de développement
ont été abandonnés.
En réalité, les paysans ont tellement peur
de la forêt qu’ils ne s’y aventurent que de quelques mètres. Ils prétendent
que des créatures bizarres y vivraient, prêtes à les embrocher et à les
manger crus… Ils n’ont pas totalement tort : il existe plusieurs
villages barbares au cœur de la forêt, qui à force d’avoir été tolérés
au fil des siècles pour leur non-dangerosité ont fini par être oubliés de
tous.
De tous… sauf des Recruteurs. Lorsque Omar a
pris contrôle de la branche locale des Recruteurs, il étudia les meilleures
possibilités de capturer des esclaves pour les revendre sur de lointains marchés.
Malheureusement pour lui, vu les positions humanistes du Comte, Omar comprit que
capturer des paysans ici et là ne lui attirerait que des problèmes. Mais
depuis, il finit par avoir vent de l’existence des barbares, et sachant
pertinemment que personne ne se soucierait d’eux, il rassembla plusieurs
groupes de crapules (qui travaillent secrètement pour lui) afin de régulièrement
lancer des raids sur la forêt.
Les hommes d’Omar emploient des tétaniseurs et d’autres armes non-létales contre les barbares, et capturent hommes, femmes et enfants. Pendant deux ans, les opérations se sont déroulées sans problèmes, et Omar pouvait compter sur un quota de quelques dizaines d’esclaves par mois, les faisant discrètement disparaître dans des barges spécialement commandées aux Auriges. Mais depuis peu, les choses semblent se corser, et plusieurs raiders ont déjà disparu…
Le Comte Zacharie dirige à présent la Nouvelle Chartres depuis quinze ans, succédant à son père Xerxès, et de tous les points de vue c’est un bon gouvernant. Ses sujets l’aiment, et sous sa férule l’Église, la Noblesse et les marchands ont prospéré et coopéré – ou du moins, c’est ce que croit le citoyen lambda… La vérité est naturellement plus compliquée, avec des accrochages aussi bien entre factions qu’en leur sein.
Seulement, d’après les lois de l’Église, chaque diocèse est en droit de
lever une dîme, versée par tout fidèle, pour permettre l’entretien de ses
propriétés ainsi que de fournir une assistance aux nécessiteux. Le poids de
cet impôt est déterminé par le représentant local de l’Église (donc l’Évêque),
et il n’a de comptes à rendre à personne en dehors du clergé. Or, le Comte
qui est préoccupé par le bien de ses sujets trouve cette dîme anormalement élevée.
Celle-ci a déjà plongé des membres des petites classes dans la pauvreté,
sans que cela ne choque l’Église. De plus, le Comte se demande à quoi peut
bien servir une telle masse d’argent : l’entretien de la Cathédrale
n’a jamais nécessité des fonds aussi élevés…
De son côté, le Comte tâche de s’accommoder avec la situation telle
qu’elle est, et s’est accordé avec les Auriges pour que ceux-ci
l’informent de tout noble débarquant en ville ainsi que des risques de
troubles. Les Auriges sont ravis de ce travail, ce qui ne les empêche pas de
garder certains secrets pour eux… Récemment, ils se sont divisés pour savoir
si oui ou non ils devaient informer le Comte des cargaisons affrétées par l’Evêque
et soigneusement emmagasinées sous la Cathédrale.
Mais le problème le plus important actuellement est celui
de savoir s’il faut aider le Comte, qui souhaiterait retrouver un Bourbier
salubre et habitable. En effet, le Comte ne peut supporter l’idée qu’une
partie de sa ville puisse être aussi répugnante, et il réalise parfaitement
que le Bourbier est le centre des activités criminelles de la Nouvelle
Chartres. Tout en reconstruisant le quartier, il espère ainsi se débarrasser
des trouble-fête. Un tel projet ne pourrait que satisfaire les guildes, en leur
apportant de nouvelles ressources ainsi qu’en leur permettant de nouvelles
affiliations avec les nouveaux commerces implantés, seulement…
Tout d’abord, Maître Jonah voit Omar comme un porc sans scrupules, tandis
qu’Omar voit Jonah comme un pleurnichard républicain sans tripes. Ce sont
pourtant deux professionnels qui ne laissent pas passer leurs jugements
personnels avant les intérêts économiques, mais leurs relations sont de plus
en plus tendues au cours des réunions du Conseil.
Enfin, il est de plus en plus difficile pour les Auriges
d’ignorer le commerce d’esclaves d’Omar, et certains pilotes refusent
d’embarquer les cages pleines de captifs (généralement abrutis par les
drogues et camouflés en animaux durant le transport), d’autant plus que le
nombre d’enfants capturés est en nette progression.
Il est parfaitement conscient que les Fouinards ne lâcheront pas le morceau
facilement, mais Omar s’est préparé : il a secrètement engagé un ingénieur
spécialisé dans les égouts ainsi que plusieurs techniciens afin de protéger
son quartier général d’un « incident » de fosse septique…
- Le village de Bauce, 10 miles à l’est de la Nouvelle Chartres, situé au
bord du Canal, bourg prospère dirigé par le Chevalier Alexander Hawkwood,
ancien bras droit de Zacharie lors des Guerres Impériales.
- Le village de St Quentin, niché dans les Collines Pourpres au nord de la
Nouvelle Chartres, qui vit essentiellement des exploitations du minerai de fer découvert
il y a 50 ans en arrière. Son seigneur, Anton Hawkwood, est mort récemment et
sans descendants (ses deux fils ont péri au cours des Guerres Impériales), de
ce fait ses terres sont revenues au Comte. De nombreux Hawkwood attendent de se
voir confier le bourg, mais jusqu’à présent le Comte semble s’y refuser,
à la surprise de beaucoup.
Au cours des Guerres Impériales, Zacharie s’est distingué en tant que précieux conseiller auprès d’Alexius, devenant rapidement son ami. Depuis qu’Alexius est monté sur le Trône, les contacts se sont faits rares, mais une rumeur récente laisse entendre que l’Empereur serait sur le point d’appeler Zacharie sur Byzantium Secundus en vue de le nommer conseiller personnel. Nul ne sait si cette rumeur est vérifiée, et le Comte prétend ne rien savoir, mais ses sujets craignent de le voir partir. C’est d’ailleurs le sujet de discussion le plus en vogue dernièrement dans les tavernes.
La Noblesse
Cette caste est principalement représentée par des membres de la Maison Hawkwood, mais
d'autres nobles gravitent autour de la Nouvelle Chartres, liés au Comte ou à sa famille,
ou présents pour des raisons plus douteuses...
Sir Léopold a nombre des traits de ses parents, bien qu’il soit plus
aventureux. Son épouse Selima est une al-Malik, ce qui a froissé certains
Hawkwood au moment du mariage – mais immédiatement après l’avoir rencontrée,
le Comte Zacharie n’a cessé de tarir d’éloges à son égard.
Pricia a une grande silhouette élancée ainsi que de longs cheveux auburn. Elle
apprécie les longues robes noires ainsi que le maquillage, et n’a rien de la
turbulence de sa sœur. Mais malgré leurs différences, les deux sœurs
s’aiment énormément l’une l’autre et ne se cachent jamais rien.
Sa plus grande peur est de finir cloîtrée dans une cour, et elle rêve de
rejoindre les Chevaliers errants comme son frère fût un temps, mais elle
suspecte son père d’y être fermement opposé. Ses parents n’ont aucune idée
de ses escapades grâce à la découverte de l’un des vieux souterrains du
Castel, qui mène discrètement vers la forêt. Seule Pricia est au courant de
tout cela, et elle ne le révèlera que lorsque sa sœur sera en danger.
Rapunzel a de longs cheveux blonds, noués en queue de cheval lors de ses
sorties, tandis que son regard est particulièrement troublant. Elle porte dès
que possible une épée à son côté – et elle sait fort bien s’en servir.
L’un de ses meilleurs amis est Roman Tannhausen, et tous deux passent de
longues soirées ensemble à jouer aux échecs en salle de garde ou dans une
taverne.
Roman est un homme âgé qui accompagne le Comte Zacharie depuis que ce dernier
lui a sauvé la vie lors d’un raid décados dans les premières années des
Guerres. Sa femme est morte de vieillesse il y a peu, et ses enfants sont loin
à présent, alors il fait de son mieux pour conseiller le Comte dans ses
affaires et pour amuser les petits enfants de ce dernier. Roman croit qu’il ne
lui plus que quelques années à vivre, et il n’hésitera pas à se sacrifier
pour le Comte et sa famille.
En réalité, il est de loin l’un des pires Décados qui soient… Gunther a
été soigneusement entraîné pour des missions d’infiltration et
d’espionnage au sein de l’Agence Jakovian. Son objectif : trouver un
chemin qui le mènerait droit vers l’Empereur, en utilisant l’amitié de ce
dernier pour Zacharie. Après avoir multiplié les contacts et les liens,
Gunther se tourne à présent vers l’Évêque Claytas, tout en gardant un
profil bas, ce qui lui a permis de rester insoupçonné.
L'Église
La secte la plus représentative est naturellement l'Orthodoxie, d'autant plus que
l'Evêque s'est arrangé pour conserver une majorité relative au Synode Inquisitorial
planétaire - ce qui lui coûte certaines concessions, notamment sa non-opposition à
la présence d'Avestites, qui critiquent notamment la corruption de la foi des croyants
par la faute des barbares.
Peu de personnes ont réalisé cet état de fait, et la vie personnelle de l’Évêque
est mêlée à la légende tissée tout autour, mélange de vrai et de faux
soigneusement diffusé par les sbires de Claytas. Certains ecclésiastiques
suspectent Claytas ou ont eu vent de ses projets, mais il est trop populaire
pour que l’on agisse contre lui ouvertement…
Mais au cours des dernières années, l’esprit acerbe de
l’Évêque a perdu de sa vivacité, et Claytas a commencé à se plonger dans
les plaisirs de la vie, jusqu’à l’excès en comparaison a son austérité
d’autrefois, et ses besoins d’argent ont considérablement augmenté.
C’est pourquoi il projette d’alourdir la dîme, malgré l’avis contraire
du Comte.
Depuis peu, l’Évêque n’apparaît plus en public, et
seuls ses conseillers les plus loyaux sont admis à le voir régulièrement. Ses
quartiers sont disposés sous la Cathédrale et sont soigneusement protégés.
Le Diacre Jones est son « bras droit », et se charge de filtrer les
différentes requêtes des visiteurs.
Jones est un être robuste, avec des cheveux coupés en brosse qui accentuent
les angles de son visage. Il porte continuellement une épée ainsi qu’un
bouclier énergétique. Extrêmement autoritaire, il se montre parfois violent
avec les novices – ce qui explique pourquoi il est autant détesté.
Tout comme ses Moines Pourpres, on peut souvent croiser Frère Django dans les
rues des quartiers du Bourbier ou de la Cathédrale, et c’est un homme que
l’on aime et que l’on déteste à la fois. Django semble connaître certains
secrets sur les gens, y compris sur des personnes qu’il n’a jamais rencontrées
– bien qu’il n’en parle presque jamais en public, certains se sentent ciblés
par ses commentaires et ont tenté de s’en débarrasser, mais nul n’y est
jamais parvenu… Même les Fouinards ont fini par apprendre à cohabiter avec
lui : inconsciemment, ils semblent avoir adouci les pires aspects de leur
business. L’Évêque Claytas lui-même semble avoir été ébranlé par une
conversation avec Django, et depuis il s’est efforcé de l’éviter.
Théodora est une femme d’âge moyen aux cheveux argentés, particulièrement
aimable, et qui a encore toute sa beauté. Elle adore les enfants et a gagné
l’affection des filles et petits enfants du Comte. Bien qu’elle ait réussi
à lire à travers Rapunzel, elle garde son secret pour elle.
Mais ce que personne ne sait (sauf peut-être Frère Django), c’est que
l’ermite n’est nul autre que le Père Renaldo, fondateur et Premier Maître
des Frères de la Sainte Porte… Ses pouvoirs théurgiques sont
impressionnants, voire inégalés dans les Mondes Connus, et Renaldo devint à
cause d’eux un outil politique majeur pour l’Église contre son gré. Après
quelques années, il finit par craquer, la pression étant trop importante, et
il s’enfuit pour devenir ermite.
Un monastère eskatonique fondé sur Manitou, par Benjamin Inn - Traduit par Kerk.
Au milieu de la mer de Maropin, sur la planète Manitou, se tient une petite île surplombée
d'un gigantesque pic rocheux. C'est ici que les Eskatoniques ont fondé un monastère en vue
d'étudier les phénomènes occultes les plus étranges, tout en pouvant garder un œil sur les
activités des proches Vao. Manitou étant hors de portée de l'Inquisition, les Eskatoniques
estiment avoir les mains libres quant à leurs sujets d'études - cependant, cela n'empêche
pas les Sanhédrins de veiller et de pénétrer dans le système. Le monastère continue donc de
se plier tant à la doctrine eskatonique qu'orthodoxe.
Le monastère, baptisé Passerelle des Cieux, est une véritable curiosité à lui seul : si les
parties les plus basses de l'île comprennent les quartiers d'habitation, la cantine,
les terrains d'exercice, les docks d'appontage et une petite surface d'atterrissage, il
faudra gagner le sommet pour atteindre le temple principal, les bibliothèques et un petit
sanctuaire dédié à Ven Lohji et à Saint Horace. Pour parvenir à cette partie du monastère,
reste à gravir les mille marches qui entourent les bords du pic. Cet escalier à été creusé
à partir du roc il y a déjà fort longtemps, et l'on prétend que l'île aurait été érigée par
les Vao afin d'obéir à leurs oracles... Certains vont jusqu'à murmurer que les Ur eux-mêmes
utilisèrent cette île un jour, nœud énergétique de la planète - sous l'escalier se cacheraient
de mystérieux mécanismes, qui une fois correctement activés devraient mener à l'ultime
illumination.
Le seul acte de gravir les marches, en théorie, représente l'idéal de la Quête et
l'ascension vers le Sacré. Toute personne qui oserait atteindre le sommet grâce à un
aéronef ou tout autre moyen sera ignorée par les Eskatoniques, jusqu'à ce qu'elle emploie
l'escalier.
Le maître des lieux se nomme Guillaume de la Passerelle, abbé du monastère. Lui et son
assistant Osanto cumulent les informations au sujet des multiples convents psychiques qui
opèrent sur le sol de Manitou, et certaines agences de renseignement des Mondes Connus font
souvent halte sur l'île en vue d'obtenir certaines informations. Guillaume est un homme sage
et paisible, bien qu'il soit capable de parler pendant des heures après qu'on lui ait posé
une certaine question. On prétend qu'il serait une sorte de prophète, ou encore qu'il écrirait
la destinée des Mondes Connus dans les pages de ses chroniques...
Par Rich Harkrader - Traduit par Kerk.
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Pour plus d'informations sur la station spatiale Barter, reportez vous au
supplément VO Weird Places. Pour résumer en deux mots Barter, imaginez
un gigantesque cimetière flottant dans l'espace, un amas de tous les vaisseaux
spatiaux possibles et imaginables récupérés à droite et à gauche, assemblés autour
d'un gigantesque pylône porteur assurant la propulsion de ce... capharnaüm démesuré.
Et maintenant, mettez les Fouinards à la tête de cette monstruosité spatiale, et vous obtenez Barter, le plus gigantesque marché ambulant des Mondes Connus, voguant de planète en planète, avec ses cales croulant sous les marchandises les plus anodines comme les plus exotiques. |
NdT : utilisateurs de la VO, j'ai délibérément laissé entre parenthèses les noms en anglais utilisés dans la description de Barter faite dans Weird Places, afin de ne pas vous égarer.