Beliah le Noir, dit Beliah le Démon

Importé du recueil Sinners & Saints - Traduit par Kerk
Illustration de John Bridges

Beliah n'est autre que le 15e rejeton d'un lointain flibustier, maudit de la veuve et de l'orphelin, descendant lui-même d'une lignée de Frères de la Côte et qui mourut bien avant la naissance de son engeance.

Las, le Démon fut engendré lors d'une éclipse cosmique, des oeuvres d'une mère antinomiste, créature dégénérée dont le corps était peint d'innombrables arabesques et figures malsaines, dons hérétiques du Qlippoth. Mais la naissance du Démon allait lui être fatale, et au moment où la créature sans âme franchit le portail hurlant des neuf étoiles infernales pour s'y consummer jusqu'au jour de l'Eskaton, la sage-femme aux yeux de métal sectionna le giron maudit pour en extraire le nouveau-né.

On dit qu'au moment où Beliah poussa son premier cri, un vagissement moqueur et glacial, un soleil s'éteignit...

Extrait de l'ouvrage Considérations sur les avanies du Millénaire - Les défis du nouvel Empire, par l'écriveur Cyrek Zhivago.

Recherché par l'Empire - mort plutôt que vif.


L’homme se vante d’avoir été mis au monde à bord d’un vaisseau pirate et de ne pas avoir foulé le sol poussiéreux d’une planète avant son treizième anniversaire. Les tenanciers et forces de l’ordre des planètes visitées auraient préféré qu’il s’abstienne, à l’inverse, les marchands et guildiens qu’il en profite pour ne jamais regagner l’espace. Sur terre ou dans le vide spatial, la simple vue de Beliah ou de « La Vengeance du Démon », sa frégate aux couleurs criardes, suffit à instiller une peur panique, à laquelle nul n’échappe.

Beliah le Noir a passé la majeure partie de sa vie d’un vaisseau à l’autre, menaçant d’une arme les marchands à tout juste cinq ans, se taillant la réputation d’un homme impitoyable et audacieux à treize ans, commandant son premier vaisseau pirate à quinze ans, alors une petite navette sous armée. Sa manie d’attaquer des gibiers bien plus gros et autrement mieux armés lui a valu une aura – celle d’un homme particulièrement chanceux… ou en jambe avec les ténèbres. Tous ses vaisseaux ont systématiquement porté le nom de Vengeance du Démon, et chacun a hérité des légendes fondées sur ses prédécesseurs. La carrière de Beliah s’étale sur une grande partie des Guerres impériales, et il a depuis longtemps perdu le compte des cibles de ses attaques. Sa réputation n’a cessé de croître, jusqu’à atteindre son paroxysme à la fin des Guerres, lorsque Beliah rançonna la planète Icône au moment où la flotte li halan bataillait face aux al-Malik. Il fit le blocus de la planète, avec l’aide de deux autres vaisseaux pirates et neutralisa l’unique destroyer envoyé pour le stopper, avant de repartir avec son butin (or, médicaments et munitions li halan) au moment où la flotte s’en revenait. Son propre surnom, Beliah le Démon, était déjà forgé ; à dire vrai, ses victimes l’utilisaient depuis son adolescence, mais ce n’est qu’après une trouvaille ô combien précieuse qu’il allait s’enraciner, l’année des 22 ans de Beliah.

Alors que son vaisseau louvoyait pour échapper à une patrouille de la Ligue, Beliah trouva refuge dans l’espace profond du système stellaire de Bannockburn. Là, il croisa une épave aux armes de la Maison Masseri. Beliah et ses pirates ne découvrirent que bien peu de choses à dévaliser, avant de tomber par hasard sur un caisson de stase (du type utilisé pour le transport de cargaisons périssables). Beliah attendit d’être seul pour le déverrouiller et découvrit à l’intérieur une créature vivante, de forme et de substance inconnues. La créature sembla s’éveiller au moment où Beliah brisa le sceau, et tous ignorent quelle forme de communication a pu s’établir entre les deux êtres… Toujours est-il que lorsque son équipage vit Beliah quitter ses quartiers privés, la petite créature – sorte de petite pieuvre – s’était greffée à son visage, et Beliah refusa toutes les propositions visant à le débarrasser de son « démon », comme il l’avait baptisée. Au fil des années, la créature n’a jamais quitté le visage de Beliah, mais il lui arrive de changer de place, ce qui ne cesse d’inquiéter l’équipage. La plupart du temps, elle demeure immobile, si ce n’est quelques sursauts et tressaillements gélatineux ; mais lorsque Beliah s’anime, comme pour le combat, la créature revient à la vie, ses tentacules cinglent, attrapent et tordent ce qui passe à leur portée avec une force prodigieuse. Au sein de l’équipage (dans le dos de Beliah), les plaisanteries vont bon train, comme quoi la créature s’agiterait de la même façon lorsque Beliah fait l’amour, mais aucune des nombreuses partenaires de leur capitaine ne s’est plainte pour le moment. Dans un cas comme dans l’autre, son « démon » a contribué à cimenter davantage la réputation diabolique de Beliah.

Chaque année, cette réputation s’amplifie encore un peu plus, et à l’heure actuelle Beliah doit être le deuxième pirate le plus célèbre des Mondes Connus, derrière la célèbre Sœur Tracina Isterot. L’équipage de Beliah murmure que cette concurrence a tourné à l’obsession dans l’esprit de leur capitaine : il court après chaque rumeur la concernant, et il a déjà torturé plusieurs de ses anciens hommes pour obtenir toujours plus d’informations. L’équipage n’a pas tort : Tracina le hante ; mais ce que ses acolytes ignorent, c’est que Beliah (et son démon) l’a déjà rencontrée, et Beliah comme la créature sont captivées par cette femme, à la fois pirate et hérétique. Cette attraction est devenue plus forte que tout le reste, au point que le jugement de Beliah commence à en être perturbé.

Cet homme massif serait déjà bien effrayant avec son seul regard enflammé, ses nombreuses balafres et cicatrices, ainsi que ses boucles d’oreille, mais le xénomorphe attaché à son visage – porté comme une barbe – ne fait qu’empirer les choses. Cette bizarrerie tentaculaire et remuante dresse l’un de ses membres vers quiconque s’approche trop près de Beliah le Noir.

Beliah ne démérite pas sa réputation de cruauté contre quiconque lui résiste, à l’inverse il blesse rarement ceux qui se rendent à lui sans combattre. Il en va autrement avec son équipage : si bon nombre de ses hommes ont fini couverts d’or, Beliah est capable de la pire barbarie à leur égard, de manière à rappeler qui commande : il n’a pas son pareil pour déceler qui est de son côté et qui complote contre lui.

Cette créature offre aussi bien une protection qu’un moyen d’attaque. Elle et Beliah sont pratiquement immunisés aux effets des techniques psychiques (avec l’équivalent d’un pouvoir de Dispersion, décrit dans le Compagnon du Joueur, à hauteur de 10 points de victoire ; ce qui signifie que tout psychomancien prenant Beliah ou son démon pour cible subira un malus de -10 à son jet ; en revanche, cette défense est sans effet contre la théurgie).

Chaque tour, la créature peut tenter de réaliser deux prises, avec un seuil de réussite de 14 et une Force de 12. Par ailleurs, chaque coup injecte un poison paralysant si l’armure est percée. Ce poison réduit la Dextérité de la cible d’un point par tour, jusqu’à ce que cette dernière réussisse un jet d’Endurance + Vigueur.

NB : l’astérisque accompagnant certaines des compétences de Beliah signifie qu’elles ont été améliorées par la créature.

Les suivants de Beliah comptent parmi les pirates les plus désespérés, capables de tout. Beliah se contente le plus souvent d’un équipage réduit, de manière à partager son butin bien mal acquis avec le moins de monde possible. Il commande à l’heure actuelle une frégate de classe Kylanthra, à la propulsion gonflée (jusqu’à 17% de la vitesse de la lumière, sans oublier des accélérations soudaines) et dotée de trois silos de missiles. 50 hommes sont aujourd’hui sous ses ordres, mais bien peu savent manier les armes de bord : Beliah préfère coller à sa cible et l’aborder aussi vite que possible.



Force 8 Intelligence 7 Extra 9 / Intro 1
Dextérité 7 Perception 8 Foi 2 / Ego 5
Endurance 9 Tech 7 Passion 7 / Calme 2

Compétences innées : charme 4 ; combat à mains nues 9 ; discrétion 5 ; esquive 8 ; intimidation 11 ; mêlée 10 ; observation 7 ; tir 7 ; vigueur 8.

Compétences acquises : baratin 7* ; communication (commandement 9*) ; conduite (vaisseaux spatiaux) 9* ; connaissance (espace 9*) ; connaissance de la rue 8 ; empathie 8* ; enquête 5 ; force d'âme 7* ; guerre (artillerie 7 ; tactique 2) ; jeu 6 ; lire & écrire (teyrien et techno-teyrien ; machine pensante 5 ; prestidigitation 4* ; recherche 4 ; rédemption tech (mécanique 5, électricité 2, high-tech 4) ; scaphandre ; stoïcisme 5 ; torture 7.

Anima : 7.

Equipement : lame-filament, pistolet blaster, scaphandre blindé.

Citation : « Alors moussaillon, c'est ma trogne qui t'fout les glandes ? Allez, ramène-toi et tape-nous un bécot ! »

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