Une journée dans la vie d'un prêtre Frustré

Par le Père Christophe.

Salut à vous tous, fils et filles du Pancréateur.

En cette nouvelle année qui commence, je tiens à vous adresser tous mes vœux. Débarrassez-vous de vos oripeaux, chassez l'hubris qui est en vous, cessez d'importuner vos voisins avec vos babioles mercantiles, chassez les fausses idoles skippistes ; car en vérité je vous le dis, j'ai rencontré le Pancréateur ! Il m'a regardé, Il m'a embrassé de lumière, Il m'a parlé et Il m'a noyé de sa chaleur !

Aussi, repentez-vous, l'heure est grave ! Je suis désormais Son messager, car Il m'a parlé pour me faire Son pèlerin à travers les Mondes Connus ! Je vous retranscris ce prodige tel que je l'ai perçu...

C'était un soir, j'étais fin saoul (comme d'habitude) en compagnie de mes frères orthodoxes ; nous avions légèrement abusé de ce bon vin d'Aragon, et j'étais sorti pour me soulager. Titubant, je m'étais approché d'un buisson ardent et commençais à asperger cette étrange curiosité de la nature, quand soudain le végétal se mit à parler et à m'invectiver !

« Eh, toi ! »

Interloqué, je me retournai pour savoir qui me parlait ainsi...

« Oui, toi ! »

- Quoi ?

- Je peux te tutoyer ?

- Oui, bien sûr.

- Alors arrête de TE soulager sur Moi.

- Ho, pardon, je ne savais pas que vous étiez vivant.

- Oui, Je sais, on Me l'a déjà dit avant. Je Me demande pourquoi vous avez toujours envie au moment où J'apparais...

- Pourquoi, vous venez souvent ici ?

- Non, la dernière fois, c'était pour Moïse.

- Maurice vous a vu ?

- MOÏSE ! T'es dur de la feuille ou quoi ? M-O-Ï-S-E ! Moïse, lui non plus d'ailleurs ne s'était pas lavé les mains après, il n'y a que Ponce qui l'ait fait d'ailleurs.

- Ah, moi, je préfère du savon !

- Bon, remballe tes affaires, on a d'autres affaires qui nous appellent.

- Je vous écoute.

- Bien. Je vais pas te refaire le coup du « Tu ne convoiteras pas la femme d'autrui » et tout le tremblement, ce n'est pas crédible... On va donc trouver autre chose.

- Trouver quoi, monsieur le buisson ?

- Euh... Ben... C'est-à-dire... Trouver comment Me faire passer pour quelqu'un d'important, c'est tout.

- Ah, mais vous êtes déjà spécial : vous parlez et vous brûlez.

- Exactement.

- Ceci dit, les hérétiques le font déjà quand ils sont sur le bûcher, genre « je vous maudis tous ! », « ça brûle ! », « maman ! » ou « aaaaaaargh ! » ; mais leur vocabulaire n'est pas très évolué...

- Bon, faut que Je trouve autre chose.

- D'accord, je vous écoute.

- Je cherche...

- Euh, pardon monsieur ?

- Oui ?

- Je voulais vous demander : si je rentre dans votre buisson, je brûlerai pas moi aussi ?

- Non, tu ne peux pas.

- Pourquoi ?

- Parce que les buissons du Seigneur sont impénétrables.

- D'accord, je reste là...

- Bon, t'as une idée ?

- Non.

- Je le savais... J'ai encore choisi une tête de veau !

- Ah non, je suis un humain, pas un Vao.

- Ca y est, J'ai une idée !

- Mmmm ?

- Tu vas faire croire à tous les Mondes Connus que Je suis le Pancréateur !

- Oui ?

- Et que Je t'ai parlé !

- Et ?

- Et c'est tout.

- Et c'est tout quoi ?

- Mpppf... C'est tout, tu vas leur dire que Je t'ai parlé, et que maintenant Je suis de retour, que ça va chauffer, que Je vais me fâcher et tout et tout, fini les biquettes et autres poupées Monique made in LAIC ; pour le reste, tu improvises ! Je vais pas tout te dire quand même...

- Ok, mais je le dis à qui ?

- A tous ceux qui peuvent t'entendre. Pour les sourds, tu fais des gestes, et puis c'est tout.

- D'accord monsieur.

- « Pancréateur » je préfère.

- D'accord. A bientôt Pancréateur !

Et c'est ainsi que je reçus les divines paroles du Seigneur !

Haut de la Page