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Aucune institution n'a jamais eu autant d'impact sur le quotidien des Mondes Connus que l'Église Universelle. Malgré ses divisions internes en sectes parfois antagonistes, elle apparaît toujours comme un bloc monolithique dévoué à la sauvegarde des âmes, face au mal inhérent de notre univers. Pour les petites gens, prêtres, évêques et Patriarches marchent main dans la main, combattant ensemble hérétiques et démons.
Pourtant, l'Église n'est pas si universelle qu'on pourrait le penser, émaillée par des conflits sectaires, manquant de peu de se fractionner si ce n'était la férule du Patriarche - mais il reste une haine commune, à l'égard de la noblesse et de la Ligue Marchande : chaque prêtre est conscient de devoir faire front pour s'opposer à ces deux factions.
Aujourd'hui, l'Église se divise en cinq sectes majeures, et en une myriade de sectes mineures, issues de mouvements xénomorphes, historiques ou locaux.
Prêtres, évêques ou archevêques ; humbles ou puissants,
Nous possédons la Voie Droite, le Savoir Juste qui ne meurt pas,
Nous incarnons l'unique espoir de salut de milliards d'âmes.
Les prêtres orthodoxes sont comme le rempart de l'Église: ils maintiennent sa
stabilité au jour le jour, et combattent les hérésies comme les démons. Ils sont
également les détenteurs du pouvoir temporel et politique -
traditionnellement, le Patriarche régnant depuis Teyr-Sainte est issu de leurs
rangs, à quelques exceptions près.
Selon leur credo, la Grâce s'obtient en travaillant pour le bien de l'Église et
des structures établies par les Patriarches successifs, qui marchent eux-mêmes
dans les pas du Prophète. Le Pancréateur ne se manifeste pas par des visions,
mais au travers des tâches bien accomplies, des rites théurgiques et des lieux
de culte. Il serait dangereux de se détourner de cette doctrine par les temps
qui courent - il suffit d'un fou illuminé ou d'un dévoyé pour compromettre toute
une communauté de fidèles.
Malgré leur penchant pour le jeu politique, les Orthodoxes n'en restent pas
moins de fervents croyants et les gardiens des valeurs de l'Église ainsi que de
la morale. Leur but premier est d'apporter du réconfort à tout nécessiteux,
noble comme paysan. Grâce à ses bonnes oeuvres, 75% de la population des Mondes
Connus se tiennent derrière elle, et les dirigeants nobles et guildiens prennent
garde à ne pas mépriser les avis de l'Église, par peur d'un éventuel soulèvement
des masses laborieuses.
L'accès à la prêtrise orthodoxe est ouvert à tous, mais chaque aspirant doit patiemment
endurer des années de formation en rituels, doctrines et théologie.
Personnalités : Patriarche Hézékiah l'Ancien, Marc Aurèle Palamon (Archevêque de
Byzantium Secundus), Sigmund Drual (Archevêque et Syneculla - comprenez bras
droit du Patriarche).
Notes : si le pouvoir orthodoxe paraît étouffant, en réalité il laisse une
certaine marge d'action à ses prêtres, qui pourront choisir leurs moyens
d'action voire interpréter les doctrines de leur propre façon, dans une
certaine limite. Quant à l'extinction des soleils, ce n'est autre que la manifestation de notre hubris,
notre trop grand orgueil - et également une mise à l'épreuve qui doit nous
forcer à modérer nos tempéraments.
Factions internes : la Flotte Stellaire Patriarcale, les Kalinthi (chasseurs de démons,
efficaces et étonnement rationnels, mais tributaires de pertes élevées), les
Pénitents (psychomanciens conditionnés pour servir l'Église), le Synecullum
(police politique de l'Église).
Protecteurs des pèlerins, défenseurs de l'Église,
Piliers de la foi, notre lutte s'étend à travers tout l'univers
Et notre âme ne craint pas la souillure de la technologie.
De tous temps, des ordres monastiques guerriers ont toujours existé au sein des
religions structurées : Templiers, Hospitaliers, Shaolin, Janissaires et ainsi
de suite.
Aujourd'hui, ce sont les Frères d'armes, réputés former le meilleur corps
d'élite des Mondes Connus, dépassant même la Garde Phénix impériale.
Fanatiquement dévoués à la défense de la Foi, de l'Église et des croyants par
les armes, les Frères sont largement respectés - et craints.
Depuis sa création et son intégration au sein de l'Église, l'ordre a grandi en
efficacité et en influence, se basant sur des techniques martiales créées par
les générations de Frères précédentes - toutes sont gardées secrètes, et ceux
qui doivent un jour quitter l'ordre doivent faire impérativement vu de silence, l'unique punition encourue
étant la mort. Les Frères détestent également
travailler en collaboration avec d'autres unités militaires : ils ne prennent
d'ordres que de leurs supérieurs, et ne sont employés que comme unités tactiques
spéciales.
Les conditions d'accès sont strictes : nul n'est accepté au-delà de 10 ans, à
de très rares exceptions (et malgré le nom de l'ordre, les filles sont acceptées
au même titre que les garçons), puis tout postulant est envoyé au monastère de la
planète De Molay pour y endurer des années d'entraînement rigoureux et de
contemplation spirituelle.
Pourtant, l'ordre semble parfois vouloir sortir de son rôle militaire pour
s'immiscer dans la politique - bien des Patriarches se sont sentis menacés par
cette immixtion soudaine. Mais toutes les factions ont recours aux Frères un
jour ou l'autre, y compris
l'Empereur pour barrer la voie aux Symbiotes et aux raiders barbares -
l'Orthodoxie redoute déjà le jour où elle devra affronter cet ordre devenu trop
influent... Ainsi, les Frères d'armes sont sous surveillance constante : la
moindre marque d'hérésie y serait violemment réprimée.
Personnalités : Maître Claudius de Molay (à la tête de l'ordre), Grand Prieur
Falkner de Stigmata (à la tête du régiment combattant les Symbiotes), Grand
Prieur Aaron de Teyr (représentant la secte auprès du Patriarche).
Notes : la discipline de fer est la marque de fabrique des Frères d'armes, et
chaque exercice physique ou mental est pratiqué religieusement. Dès qu'un Frère
se voit assigner une tâche, il s'y conformera jusqu'au bout, ignorant tout
autre considération sur sa route. Pour cette raison, les Frères sont fréquemment
recherchés pour servir de gardes du corps ou de commandos - mais leur prix ne se
compte pas en Fénix, seule une mission digne du Pancréateur est jugée acceptable
(reste que les Frères ont parfois une définition assez large du concept de «
digne du Pancréateur »). Les Frères nouvellement ordonnés sont quant à eux
poussés à parcourir longuement les Mondes Connus, à la fois pour connaître les
planètes sur lesquelles ils seront peut-être amenés à combattre, ainsi que pour
s'instruire sur les autres sectes de l'Église, la noblesse et la Ligue
Marchande.
Mystiques héritiers de mille savoirs oubliés,
Nous apportons la nouvelle de la Fin des Temps.
Nos frères orthodoxes nous ont-ils acceptés trop tard ?
Mystiques et savants, les Eskatoniques ont pour but de protéger les Mondes
Connus et la Sainte Flamme qui nous habite tous, en prévision de l'Eskaton,
l'Apocalypse. Tous se sont engagés dans une quête individuelle et spirituelle du
Sacré - contrairement aux Orthodoxes, ils pensent que chaque être dispose d'une
étincelle de la Flamme, et qu'il est du devoir de chacun (et non des prêtres)
d'entretenir cette étincelle et de l'embraser.
Les conditions d'admission sont telles que cet ordre est le plus restreint
d'entre tous - et donc celui qui dispose du plus faible réseau de soutien. Mais
la pratique occulte au sein de l'ordre est telle que chaque membre est un prêtre
relativement puissant et digne de considération. Chacun se penche sur les
mystères de notre univers et sur des questions philosophiques - mais avec le
regard d'oiseaux de mauvais augure, qui s'attendent toujours au pire... De leur
point de vue, seuls quelques élus atteindront la Lumière et échapperont à
l'Obscurité apocalyptique : seules la sagesse et la théurgie peuvent
partiellement empêcher notre univers de tomber en ruines.
Longtemps, les Eskatoniques formèrent une société secrète, bannie par
l'Orthodoxie, jusqu'au jour où les Symbiotes envahirent les Mondes Connus. Ils
purent alors opérer à visage découvert et montrer la puissance de leur théurgie
- la seule arme véritablement efficace contre les Symbiotes. Le Patriarche dut
alors admettre leur utilité et les incorporer au sein des sectes officielles de
l'Église ; mais les Eskatoniques durent continuer à opérer dans la
clandestinité (ou du moins à cacher leurs expériences ratées), sous peine d'être
frappés d'anathème.
L'humilité est une valeur primordiale au sein des Eskatoniques, sans quoi il est
impossible de gravir les échelons de la hiérarchie : les mutilations, châtiments
et pénitences auto-infligés sont monnaie courante, car supposés protéger de
l'hubris - l'Histoire a déjà montré que la trop grande fierté de certains
prêtres a pu déclencher des cataclysmes dévastateurs, et les Eskatoniques n'ont
nulle envie de voir le phénomène se reproduire.
Personnalités : Mystagogue Moore de Pentateuque (à la tête de l'ordre), Magister
Osanto de Manitou (attentif aux convents psychiques), Philosophus Antonia de
Cadix (magicienne hazat).
Notes : les Eskatoniques sont les prêtres les plus insolites de l'Église. La
plupart sont impatients de déchiffrer les secrets les mieux cachés de l'univers,
se lançant dans des pèlerinages à travers les étoiles, parfois à la recherche de
savoirs interdits. Mais les Mondes Connus sont dangereux, et très peu osent
voyager seuls, s'attachant à un entourage noble ou à une caravane marchande pour
disposer d'une escorte. S'ils sont peu nombreux et parfois jaloux du savoir des autres,
les Eskatoniques ont pourtant souvent hâte de se croiser pour partager leurs
expériences - les nobles et les guildiens n'étant pas aptes à comprendre leurs
méditations...
Faction interne : le Conseil des Sanhédrins (chargé d'enquêter sur toute
activité paranormale, parallèlement à l'Inquisition, ainsi que d'assurer la discipline au sein
de l'ordre).
Ce monde est imparfait, impur, rongé par le vice.
Notre pénitence éternelle est d'extirper le péché de nos curs
Et de châtier les fidèles qui s'écartent des commandements !
Inquisiteurs redoutés, zélotes, fanatiques, imprévisibles, les Avestites forment
le bras armé le plus craint de l'Église - même les Patriarches ont fini par les
trouver trop régressifs et intolérants à leur goût, c'est dire...
Si tous les Inquisiteurs ne proviennent pas des rangs du Temple Avesti, les
membres de la secte ont depuis longtemps déjà pris le contrôle de la majorité
des sièges du Synode Inquisitorial, attribuant les sceaux inquisitoriaux à qui
bon leur semble, et leurs pèlerins sillonnent inlassablement les Mondes Connus,
pour faire respecter les lois de l'Église à la lettre.
Le Temple Avesti est né en tant que mouvement de sécession face à l'Orthodoxie,
composé de puritains pour lesquels l'Église ne châtiait pas suffisamment ses ennemis. Ces extrémistes ont bâti leur temple au cur d'un désert sur la
planète Bûcher, jurant de punir les pécheurs par le feu et de purifier les
Mondes Connus à leur manière. Leurs violentes attaques terroristes ont fini par leur attirer la colère des nobles : les flottes
royales se sont rassemblées afin de bombarder leur monastère - jusqu'à ce que la
Flotte Patriarcale s'interpose, et ordonne aux Avestites de se soumettre à
l'autorité orthodoxe, en échange de sa protection. Depuis, cette secte est
considérée comme pénitente : si elle peut agir de son propre chef, elle devra se
soumettre en temps voulu aux prêtres de l'Orthodoxie. Mais étant donné le zèle
incontrôlable de cette secte, l'Orthodoxie ne daigne faire appel aux Avestites qu'en
dernier recours, quand toutes les autres méthodes ont échoué...
La secte n'accepte que les candidats capables de prouver qu'ils sont les plus
purs ou les plus repentants. De plus, les analphabètes et les ignorants ont sa
préférence, tant les Avestites méprisent l'éducation, fardeau destiné à
appesantir l'âme. Une fois intégrés, la plupart des membres ne quitteront jamais
leur monastère, passant leur vie à prier et à travailler sous un soleil de plomb
: seuls les plus radicaux seront promus pèlerins, autorisés à pourchasser les
impies à travers les Mondes Connus. Les meilleurs d'entre eux auront droit à
l'ultime récompense : le Sceau Inquisitorial à titre permanent.
A l'égard des innocents, les Avestites sont des modèles de bonté et de
gentillesse, mais face aux mécréants, aucun châtiment n'est trop cruel -
d'autant plus qu'ils prennent très au sérieux le dogme de la Sainte Flamme :
toute personne en qui la Flamme s'est éteinte doit aussitôt être brûlée
vive, pour ranimer cette même Flamme. Aussi, les Avestites sont facilement reconnaissables
à leurs robes et capuchons ignifugés et à leurs lance-flammes crachant de
l'huile de Kâ.
Personnalités : Archevêque Dolmen (à la tête de la secte), Gond Ortiz de Aragon
(évêque à la tête du Synode Inquisitorial), Chanoine Buchanan de Shaprut dit «
le Déchaîné » (tenu pour responsable des massacres de réfugiés provenant de
Stigmata).
Notes : tout Avestite est un fouineur qui pense que les affaires du monde entier
sont ses propres affaires - les valeurs individuelles pécheresses telles que
l'intimité et la vie privée n'ont aucune valeur à ses yeux. Cependant, la secte a
conscience de son faible niveau de popularité (avoisinant celui des Symbiotes),
et nombreux sont les Avestites à rechercher des compagnons pour les protéger par
la force du nombre, jurant de les guider en échange sur la voie du Bien...
Ô douce Amalthée, amie du Prophète,
Savante d'un âge disparu, Dame Compatissante,
Qu'as-tu vu là-bas, hors de l'espace, hors du temps ?
Cet ordre de guérisseurs ne vise qu'à apporter pitié et réconfort aux Mondes
Connus. Si l'adhésion est ouverte à tous, peu de personnes se portent cependant
volontaires pour cette tâche altruiste, en raison des risques encourus à servir
notamment dans un hôpital militaire sur le front de Stigmata ou d'Hira. Ainsi,
les prêtres du Sanctuaire sont peu nombreux, mais véritablement aimés de tous -
ce qui leur vaut une solide protection face à l'Inquisition.
Le Sanctuaire fut fondé par Sainte Amalthée, femme médecin et disciple du
Prophète. Après la mort de ce dernier, elle tenta de bâtir une Église différente
de celle de Palamède Alecto ; mais malgré sa grande popularité, elle ne put
toucher autant de monde que l'Église Universelle. Finalement, le Sanctuaire fut
incorporé à celle-ci, et sa voix s'élève toujours pour protester contre les
édits les plus sévères des Patriarches.
Le principal monastère de l'ordre se situe sur Artémis, où chaque initié se rend
en vue de recevoir une formation dans l'art de soigner le corps comme l'esprit.
Une fois ordonnés, les prêtres ont le choix entre repartir pour leur monde natal
afin d'y employer leurs compétences, rester sur Artémis ou devenir guérisseurs
itinérants. Certains seront envoyés sur les fronts militaires, en tant que
médecins voire diplomates, mais jamais en tant que soldats.
Les Amalthéens parlent peu au sein des cercles du pouvoir de l'Église, mais ils
prêchent toujours en faveur des droits de tous les êtres vivants, de toutes les
races. De même, ils exhortent ceux qu'ils aident à ne jamais nuire à un animal
ou à leur prochain - en cas de menace, ils peuvent se défendre, mais ne doivent
jamais tuer.
Personnalités : Archevêque Sakhya d'Artémis (à la tête de la secte), Évêque
Deander de Stigmata (médecin en charge des hôpitaux militaires), Chanoine Teras
Myrin (guérisseur errant populaire), Cardinal Oma d'Apshaï (ambassadeur auprès
des Vao).
Notes : les Amalthéens doivent lutter contre leurs pensées négatives, jusqu'à
les éradiquer. En même temps, ils doivent avoir pitié des défauts d'autrui et se
refuser à les juger. Cette dualité a créé un noble complexe du martyr chez ces
prêtres, persuadés que leurs péchés sont systématiquement pires que ceux de
tout autre personne. Ceci les rend plus fragiles, car ils n'ont au final aucun
moyen de pouvoir confesser leurs fautes... Ainsi, ils craignent plus que nul autre la solitude, certains que la présence de compagnons de voyage les empêchera de
commettre des mauvaises actions - et peu de gens refusent la compagnie de
médecins aussi compétents à leurs côtés.
Nos voix ont survécu à des siècles de persécution,
Aujourd'hui elles résonnent à nouveau,
Qu'apportons-nous ?