Introduction
Certains secrets méritent d’être gardés enterrés... Et on a malheureusement tôt fait de les sortir au grand jour…
Mais quand les erreurs sont revendiquées comme étant des découvertes faites pour le bien de la communauté, on est à peu près certains que la Commanderie d’Airain se cache derrière…
Lundi 24 Mars 300
Monsieur le Commissaire Général,
Je vous écris aujourd’hui pour vous faire part de mes inquiétudes… Le Port devient de plus en plus dangereux ces temps-ci… Il était connu de tous que, de temps en temps, une ou deux catin disparaissait et on ne les retrouvait jamais. Ces choses là étaient communes. Mais ces derniers jours, non seulement les catins ne sont pas les seules à disparaître, mais en plus on retrouve leurs cadavres, mutilés…
Il y a fort à parier qu’un de ces tueurs psychotiques sévisse encore dans les bas quartiers. J’ai reçu il y a peu le rapport de l’autopsie de Monsieur de Cergole, armateur habitant aux Cîmes, retrouvé hier les yeux arrachés et certains organes comme le cœur, le foi et les reins, manquants. J’avoue que malgré mes 19 ans de service au commissariat du Port, j’ai eu du mal à contenir mes haut-le-cœur…
J’en viens, monsieur, à me demander si une enquête et un assainissement du Port ne serait pas une bonne idée…
Veuillez agréer, monsieur le Commissaire Général, l’expression de mes salutations distinguées.
Inspecteur Siméon, commissariat du Port
Inspecteur Siméon,
Vais-je être encore une fois oblige de vous rappeler que votre travail consiste a faire respecter la loi dans les quartiers qui en valent la peine… Les crimes et les délits dans le Port sont et ont toujours été choses communes ! Il est hors de question de faire une enquête, quelle qu’elle soit, dans le quartier du Port pour des raisons évidentes de coûts.
Veuillez accusez réception de la présente, et n’oubliez pas une chose : vous êtes là pour obéir, pas pour penser.
Si toutefois il vous prenais une soudaine envie de justicier, sachez que j’ai parfaitement les moyens de faire respecter mes ordres, et je peux sans aucune difficultés vous mettre aux arrêts pour faute quelconque.
N’oubliez pas qui fait la loi ici…
Malthus Arman
Commissaire Général de Gavrinis
Histoire d’une erreur, histoire d’une passion
En 202, peu après le mariage du roi Auzon et de la jeune elfe venue des contrées lointaines, une communauté de scientifiques s’intéressèrent de près à la fantaisie et à ses applications. C’est grâce à certains sortilèges qu’ils découvrirent, ils parvinrent à produire l’électricité. Désirant à tout prix que la gloire jaillisse au maximum de leur découverte, ils la gardèrent secrète.
Mais la Fantaisie était instable et peu désireuse de se laisser ainsi contrôler. Nombreux furent les scientifiques de cette communauté qui moururent d’accidents au cours de leurs expériences… De plus, l’interdiction de la Fantaisie quelques décennies plus tard les poussèrent à essayer de trouver une solution de rechange.
C’est là qu’intervint François de Baterre, jeune scientifique d’une trentaine d’année, aventurier, qui était allé très loin au-dedans des terres lointaines et exotiques que personne ne connaissait, hormis par les légendes. Il ramena de ses voyages un métal nommé « airain » qui, par des propriétés mystérieuses, pouvait produire au contact du fer pur une forte dose d’énergie électrique. Immédiatement accepté dans la communauté, François de Baterre révéla son génie sans cesse grandissant par les nombreuses expériences dont il fit profiter la Commanderie. C’est d’ailleurs à cette époque que la communauté de scientifiques pris le nom de Commanderie d’Airain, et elle garda l’anonymat.
Le but avoué des dirigeants de la Commanderie était de faire en sorte de faire avancer d’un pas de géant la technologie encore trop archaïque de Gavrinis. Malheureusement, leurs différentes expériences étant très coûteuses en hommes et en place, ils décidèrent dès la fondation de ne se révéler au grand jour qu’une fois certains de l’adhésion sans compromis du Roi lui-même à la Commanderie. Entre-temps, elle se « contenterait » de placer de ses agents un peu partout dans Gavrinis, pour couvrir les abus dont elle se nourrissait fréquemment.
Encore aujourd’hui, la Commanderie reste la société secrète la plus puissante et la mieux ancrée de tout Gavrinis. Mais le délire scientifique s’est emparé de beaucoup de ses membres et les seules « découvertes » qu’elle ait fait depuis une lustre reste des monstres en tout genre et des abominations pseudo humaines.
Jert GILPMARK