
Les Ubarchitectes Part 1 : La rencontre
Le jeu des pouvoirs à Gavrinis est complexe... D'autant plus qu'il implique de nombreux participants. Après le représentant logique du pouvoir, je vais vous détailler ici le rôle de la caste des Ubarchitectes.
Leur origine tout d'abord : Contraction "d'Architecte" et "d'urbaniste". Revenons, si vous le voulez bien, un siècle et demi en arrière. Zaklem Imod, jeune intellectuel reclu dans son atelier, publie ses travaux par voie de presse, ayant un cousin dans cette noble industrie. Ses travaux, novateurs pour l'époque, sont un condensé brut d'idées, de commentaires sur une approche logistique et fonctionnelle de ce qu'il appelle une "condensation importante d'individus aux interactions polymultiples dans un environnement créé par la main de l'homme". Ou, pour faire plus court, une ville -ce terme n'apparaissant que plus tard-. Le mot "cité" rajoutant une notion d'appartenance.
Cette année-là, Irus Trussac, chef (cultivé) d'une tribu modeste, nourri lui de -très- grandes ambitions. Pour lui-même bien sûr, mais surtout pour sa famille et... Gavrinis. Né dans les environs (au village de Pennester, sur la côte, dont il donna plus tard la direction à son frère), il ne connu Gavrinis qu'arrivé à l'âge adulte, pour faire ses études auprès d'un apothicaire renommé (Velin Godec), qui allait devenir son mentor.
C'est à cette époque qu'il rencontra Zaklem, en allant chercher -à l'aube comme tous les matins-, les plantes nécessaires aux leçons de la journée. Zaklem était simplement assis sur le rebord de la fontaine de la place du même nom -disparue aujourd'hui-, faisant face au Portail. Il observait. Rien ne le forçait lui à se lever si tôt, mais il adorait ça : regarder la ville se lever, les premières boutiques ouvrir leurs échopes, les livraisons de farine pour le boulanger, les fétards rejoindre tant bien que mal leur lits, les maris infidèles rejoindre le lit conjugal... Cette curiosité plus à Irus, lui qui, contrairement à son compagnon, était plus pressé à l'interaction sociale qu'à l'observation calme. Les deux avaient de nombreuses choses à s'apprendre, et c'est en toute logique qu'ils devinrent amis.
Les Ubarchitectes Part 2 : L'héritage
Le temps passa, les deux amis s'en retournèrent à leurs occupations. Zaklem à ses livres et Irus à sa tribu. Le hasard voulu qu'Irus eu un destin hors du commun, entrainant certains de ses proches dans sa trajectoire. Zaklem Imod fut l'un d'eux, et pas des moindres. C'est ainsi que lorsque Trussac devint le premier seigneur de Gavrinis, celui-ci donna à son vieil ami une tâche qui allait boulverser le devenir de Gavrinis, alors petite ville calme sans d'autre intérêt que la bizzarerie d'un Portail charriant des amnésiques. Zaklem devait fournir à Gavrinis les moyens de passer d'une bourgade régionale à une mégalopole culturelle, industrielle et politique d'importance mondiale (ce terme désignant bien sûr le monde "connu").
L'ingénieur, promu donc Ubarchitecte, n'avait qu'une vie pour mener à bien ce titanesque chantier. Et une vie d'autant plus courte que touchée par la maladie. Travaillant dans l'urgence, remplissant un nombre considérable de carnets, ivre d'une fatigue créatrice, Zaklem n'eut même pas la consolation de voir un seul de ses projets réalisés. Mort deux semaines avant la mise en place symbolique de la première pierre du Temple du Portail, Zaklem ne vu de la glorieuse mégalopole que le champ de ruine des démolitions. Triste fin pour quelqu'un qui donna tant pour le futur et reçu si peu de son présent. Terrassé par la mort anticipée de son vieil ami, le Seigneur Trussac se laissa porter par une terrible désillusion, celle de ne pouvoir faire voir à sa descendance le fruit de leur travail acharné...
Tout aurait pu finir bien tristement si Zaklem Imod n'avait eu la prescience d'archiver son travail prévision de sa mort qui, maladie ou pas, arriverait bien avant la fin de l'aventure épique dans laquelle il s'était lancé. C'est ainsi parmis la quantité de documents se trouvant dans le bureau du maître, les hommes envoyés par les chefs des chantiers en cours trouvèrent une série d'épais manuscrits mystérieusement intitulés "Les XII Travaux de la Caste". Ces livres fûrent immédiatement réquisitionnés par le Premier Seigneur, qui s'enferma avec dans la bibliothèque privée du Palais, ne reçevant que très rarement et déléguant à tour de bras. Lorsqu'il sortit enfin au bout d'un mois et demi, les cernes démesurément creusées mais souriant, alors que des rumeurs le disaient mourant, il décida la création immédiate de la "Caste des Ubarchitectes", qui aurait désormais la charge de l'application à la lettre des directives contenues dans les manuscrits...
Les Ubarchitectes Part 3 : Les Travaux
Pendant plus d'un siècle, la Caste s'efforça de suivre le chemin tracé, et après la douloureuse période de démolition -pourtant indispensable- de certains des quartiers historiques de la ville vint celle des constructions... A commencer par le Temple, car Imod savait que c'est le Portail qui permet à Gavrinis de nourrir de telles ambitions. D'une part par l'apport démographique exeptionnel que représente les "noovonés", mais surtout par le contrôle de cet apport... Les faire rester -pour conserver la croissance démographique-, puis les éduquer -pour élever très sensiblement le niveau de connaissance (et donc d'avancement technologique) de la ville-, et enfin les soigner -pour conserver un taux de mortalité faible-.
Ce n'est pourtant pas tout. Il fallait aussi fournir à la ville un système de distribution d'eau potable, pour que l'accroisement de la population n'entraîne pas de catastrophes sanitaires irréversibles. Ainsi a débuté l'édification de la "Station de Distribution et de Traitement des Eaux", des murailles -délimitant l'extention de la ville-, de même que les trois lacs artificiels -dont le lac Godec, seul intra-muros-.
A ces deux ensembles incontournables s'ajoute nombre d'édifices et de lieux plus ou moins importants tels le Parc Public et la volière d'Enesy, du temps des seigneur. Passé la période trouble des Godec et de la chute des seigneurs, la Caste pût enfin se remettre au travail sous l'Oligarchie, celle-ci fournissant un pouvoir politique stable. Ainsi sortirent de terre le Complexe Administratif -également appelé la "machine à papperasse"-, le Grand Canal reliant Gavrinis à la mer et tout le Complexe Portuaire fournissant une ouverture commerciale maritime -tout en soutenant lourdement l'industrie-, les quartiers de la milice oligarchique de même que la Tour Carrée, et j'en passe !
La tâche principale de la Caste n'a pourtant pas été d'élever cette forêt d'édifices, mais tout simplement de tracer pûrement et simplement les plans de la ville. Les grands Boulevards comme le Grand Boulevard Iruss Trussac -traversant la ville d'Est en Ouest- ou les Avenues de la Révolution et de l'Apothicaire -coupant du Nord au Sud- sont le véritable squelette de la cité moderne. Avec, bien sûr en son centre, la Place Rouge (voir plus haut), coeur qui pompe les évênements socio-culturels de la ville et recycle les êtres, les font se froller, se rencontrer.
Guron FRONSAC