Un scénario de G.E. Ranne
Par G.E. Ranne (plan de Cyrille
Daujean)
Mis en ligne avec l'aimable autorisation des éditions Asmodée,
(NDA pour Notes d'Arioch, pas Notes de l'auteur, j'ai pas cette prétention)
La conversion troisième édition a été
réalisée par
Big White
|
Cette projection est prévue pour un meneur de jeu et des
joueurs débutants à INS/MV. Seuls des Anges de Grade
0 ou 1 sont autorisés à voir le film.
Ce scénario, bien qu’il puisse être joué
par des Anges de tous niveaux, a été conçu
pour présenter, en un seul tour d’horizon, des aspects
très différents du monde d’In Nomine Satanis/Magna
Veritas. Une bonne initiation, donc, pour une équipe de personnages
à qui vous voudriez donner un aperçu du background
de «base» du jeu : sorciers, Renégats, Démons
; mais aussi un aperçu des différents caractères
et aspects des Anges… De Notre-Dame de Paris à l’Angleterre,
des vicissitudes de la Poste au Paraguay, tout pour vous prouver
que Magna Veritas, ce n’est pas seulement un Ange de Laurent
aux cheveux courts et une épée bénite…
Ah ! oui, pour ceux qui se posent des questions : un Canopy,
c’est la verrière qui saute quand on déclenche
un siège éjectable…
Durée de jeu estimée : 4 séances (de
4 heures) minimum.
Nota bene : L’introduction, dans les sous-sols de Notre-Dame,
est volontairement descriptive et détaillée. Il s’agit
en effet, si vos personnages sont débutants, de leur premier
contact avec l’administration angélique… une
expérience bien particulière qu’il ne faut pas
rater ! Ne vous inquiétez pas, le reste de l’histoire
reprend ensuite un rythme normal, c’est-à-dire plus
rapide.
|
| Introduction
|
Les forces du Bien, c’est un grand tas de chouettes copains
! 18 septembre 1993. Une lettre en vélin, avec un cachet
de cire rouge orné d’une croix apparaît sur l’oreiller
des personnages. Rendez-vous leur est donné le lendemain,
à 9h30 à Notre-Dame de Paris, pour une évaluation
de leur état physique et mental. Notre-Dame, le lendemain
matin. Des touristes japonais, des vendeurs de glaces, des guides.
Rendez-vous où ? Avec qui ? Personne ne parait les attendre…
Après quelques longues minutes d’errance, les personnages
auront peut-être l’idée de montrer leurs lettres
à un prêtre. Celui-ci, d’un air glacial, les
fait passer par une petite porte marquée "Accès
interdit". Là, toujours sans commentaires, il leur demande,
un par un, de s’agenouiller dans un confessionnal placé
au milieu de la pièce. Puis il appuie sur un bouton. Le confessionnal,
qui est en vérité un ascenseur, descend au sous-sol,
où se trouve le QG principal des forces du Bien en France.
Les sous-sols de Notre-Dame sont décrits dans Demonix Remix
(Extension n°7) et dans la seconde édition du jeu. Quelques
grandes lignes cependant : imaginez, dans un décor de splendides
caves voûtées, un dédale – nettement plus
étendu que le surface même de Notre-Dame – de
bureaux, d’ordinateurs, de salles d’archives, de salles
d’armes, de dortoirs et de salles de télé, plus
une cafétéria. Le cœur de l’administration
des forces du Bien françaises est là, et plus de trois
cents Anges ou humains au service du Bien y travaillent en permanence.
On peut se perdre dans les couloirs, et certaines mauvaises langues
disent même que la topographie change mystérieusement
et que personne n’a jamais réussi à en faire
un plan précis… En sortant de l’ascenseur, les
personnages devront trouver quelqu’un qui accepte de s’occuper
d’eux : ce sera une petite blondinette préposée
à l’accueil, qui était partie siroter un chocolat
chaud à la cafét’ et qui sera de très
mauvaise humeur d’être dérangée. Elle
emmènera les personnages, ainsi que trois ou quatre autres
Anges débutants aussi perdus qu’eux, dans une sorte
d’infirmerie où ils passeront des tests de vue, de
réflexes, de force… On leur demandera aussi d’essayer
certains de leurs pouvoirs, et tant pis pour leurs points dépensés
!
Ensuite, comme l’heure du déjeuner approche, on les
laissera en plan en leur demandant de ne pas sortir des sous-sols
et de revenir dans une heure.
Profitez-en pour les faire fouiner dans les différents couloirs
: qu’ils se fassent provoquer en duel dans une salle d’armes
par un Ange de Michel qui veut tester le tranchant de sa hache,
qu’ils évaluent d’un coup d’œil les
milliers de boites de documents d’archives, qu’ils soupèsent
les dizaines de formulaires à remplir pour avoir un ordre
de mission, qu’ils boivent une bière avec des Anges
de Daniel en train de regarder un match du PSG…
Une heure plus tard, quelques tests leur seront encore infligés,
puis les infirmières leur demanderont d’aller porter
les résultats aux services de Dominique, afin que ces documents
soient intégrés à leurs dossiers.
|
Dominique,
nique, nique, c'est un classique ! |
Le service de Dominique (l’Archange Dominique, celui de la
Justice) s’occupe du suivi des missions et des dossiers personnels
des Anges.
Imaginez une ambiance Brazil (le film de Terry Gillian), en plus
petit et avec moins d’argent pour les effets spéciaux.
Des secrétaires font attendre les personnages des heures
devant leurs ordinateurs, disent qu’elles ne retrouvent pas
leurs dossiers, qu’il manque des papiers… Après
bien trois à quatre heures d’enfer, la porte d’un
bureau s’ouvre brusquement. Les filles qui, il y a quelques
secondes, parlaient aux personnages sur un ton hautain et désagréable
sont soudain tout sourire. "Et donc monsieur, comme je vous
disais, nous allons sûrement trouver une solution… je
peux peut-être vous taper un double de ce rapport…"
Du bureau sort… un véritable play-boy. La quarantaine
bronzée et musclée, le cheveux brun foncé au
brushing impeccable, l’œil bleu pétillant. Il
discute avec quelques secrétaires de sa voix douce, fait
un compliment par-ci par-là… puis s’approche
d’une femme d’une quarantaine d’années.
- Maryse, dit-il, il me faut une équipe dans la minute.
Une urgence, en Angleterre.
- Je peux te réunir quelque chose pour ce soir, Philippe,
répond la fameuse Maryse.
- Non, il me les faut tout de suite", réplique-t-il.
Il se tourne alors vers les personnages. "C’est qui,
ceux-là ?
Quelques minutes plus tard, les personnages sont dans le bureau
personnel et luxueux du play-boy gominé. Celui-ci se présente
: Philippe Pernoud, au service de Dominique.
- Une jeune femme vient d’être trouvée assassinée
dans le petit village de Hartford, dans le Pays de Galles, dit-il.
C’est le second meurtre de ce genre en un mois. Or il se trouve
que je soupçonne depuis longtemps un sorcier, de son nom
Werther Glibbons, de s’être réfugié dans
ce village… sous je ne sais quelle identité. J’avais
mis l’enquête en sommeil depuis un certain temps, car
l’Angleterre n’est pas ma juridiction. Mais ce meurtre
est de trop. Je veux que vous partiez à Hartford dans l’heure
qui suit, et que vous me dénichiez ce sorcier… si mon
intuition est juste et que c’est bien lui le responsable,
évidemment. Une recommandation essentielle : je veux, et
j’y tiens plus que tout, que vous me le rameniez vivant. Vous
m’appellerez dès que vous l’aurez fait prisonnier
; je m’occuperai moi-même de son retour en France. Je
ne répondrai à aucune question, car ce qui touche
ce sorcier est classé secret défense pour des raisons
que je ne peux vous révéler. Et hop ! sautez-moi dans
l’avion... Comment, vous êtes encore là ? !»
|
Ière
Partie |
L’Angleterre, son gazon émeraude, sa pluie, ses
taches de rousseur
|
Le
départ |
De nos jours, tout le monde, ou presque, parle anglais. Notez donc
sur les fiches de ceux de vos personnages dont il est logique qu’ils
aient été jusqu’au baccalauréat un talent
d’Anglais à 1. Ceux qui sont censés avoir fait
de bonnes études peuvent avoir, selon les circonstances,
Anglais à 2 ou à 3. Quant aux autres, tant pis pour
eux.
Avant de les lancer dans l’inconnu, Philippe donnera quand
même aux personnages une sorte de couverture : ils incarneront
des détectives privés français engagés
par un oncle fictif de la seconde victime, Janet Leigh, pour découvrir
l’assassin. Il a constitué un dossier sur les deux
meurtres, qu’ils pourront parcourir dans l’avion. La
dernière description qu’il ait de Werther Glibbons,
dont il n’a aucune photo, est celle d’un petit homme
grassouillet d’une cinquantaine d’années.
Werther est sans doute d’origine allemande, mais Philippe
n’en est pas sûr. L’Ange ne voudra rien dire sur
les pouvoirs réels ou présumés du sorcier,
ni sur ses antécédents, ni sur quoi il se fonde pour
penser que l’homme est à Hartford et qu’il est
responsable des meurtres. Secret défense, encore.
- Je sais que cela vous rend la mission plus difficile, mais croyez-moi,
j’ai mes raisons, dit-il avant de fermer la porte de son bureau,
laissant Maryse s’occuper des méprisables détails
matériels tels que l’argent, les passeports (NDA :
nous sommes en 1993 je rappelle, il y a encore besoin d'un passeport
pour aller en Angleterre, et il n'y a pas encore l'Eurostar) et
les billets d’avion.
Pendant que celle-ci se décarcasse pour rassembler le nécessaire,
les personnages seront regardés avec admiration par les secrétaires
qui les martyrisaient une heure auparavant. L’une d’entre
elles leur demande s’ils savent à qui ils ont affaire.
"Philippe Pernoud est le gouverneur des forces du Bien de Paris
Notre-Dame, le chouchou de l’Archange Dominique, chuchote-t-elle.
Vous en avez de la chance. Y’en a beaucoup qui se feraient
tuer avec plaisir pour avoir l’honneur de travailler directement
sous ses ordres…"
C’est sur ces paroles réconfortantes que les personnages
s’envoleront pour Londres.
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Hartford-upon-Losthole |
De Londres, louer une voiture leur permettra, en huit heures de
voyage, d’atteindre Hartford (localité fictive sur
la côte du Pays de Galles). Vos Anges auront largement le
temps, pendant le voyage, de prendre connaissance du dossier sur
les meurtres, qui n’est d’ailleurs pas très consistant.
La première victime, une dénommée Wynona
Darcy, vendeuse, d’après les coupures de journaux,
avait disparu de la ferme de ses parents depuis trois jours quand
son corps a été découvert dans la rivière,
poignardé, le matin du 15 août. Détail un peu
sordide : elle a été scalpée. La police a tout
de suite pensé à un crime passionnel, mais aucun suspect
n’a été arrêté. Le meurtre n’a
d’ailleurs fait que quelques lignes dans la presse locale.
La seconde victime a été retrouvée un mois
plus tard sur la plage, le 16 septembre. Janet Leigh était
institutrice. L’autopsie a prouvé qu’elle avait
été étranglée ; la main droite manquait
au cadavre. La police n’est pas certaine qu’il faille
établir un lien entre les deux décès.
Les panneaux routiers annoncent enfin Hartford… une charmante
petite ville, qui semble un peu hors du temps. Une architecture
traditionnelle anglaise, avec des maisons un peu austères
et de belles propriétés agrémentées
de grands jardins.
L’agglomération compte à peine mille cinq
cents habitants. En plus de la rue principale, les deux seuls endroits
marquants sont le port, qui était auparavant très
fréquenté et qui n’est plus aujourd’hui
utilisé que par quelques bateaux de pêcheurs, et la
mairie/poste de police/bibliothèque, qui marque le centre-ville.
Les personnages peuvent s’installer dans un hôtel ou
dans un bed & breakfast, qui sera tenu, quel que soit leur choix,
par une femme divorcée d’une cinquantaine d’années,
Amelia Bennett, très aimable et source inépuisable
de ragots sur la petite ville. Elle servira à faire passer
des informations aux personnages. Amelia a une fille de quinze ans
dénommée Angie, rousse, gironde, qui, toute excitée
par l’arrivée de "vrais Français de France"
ne lâchera pas nos Anges d’une semelle et passera son
temps à les draguer.
Quant à l’enquête, elle peut être abordée
par de nombreux aspects, que nous allons résumer.
|
L'atmosphère
de Hartford |
Hartford est en état de choc. Dans le coin, les meurtres
sont rares, et deux en si peu de temps constituent un événement
national.
Pour alimenter encore plus les mauvaises langues, un second scandale,
moins grave mais plus croustillant, s’est greffé sur
le premier. En effet, depuis le premier meurtre, celui de Wynona,
un corbeau fait rage à Hartford. Un corbeau ? Oui : un auteur
de lettres anonymes. Une quarantaine de lettres au moins ont été
envoyées depuis.
Ces missives, qui n’épargnent personne, mettent une
ambiance déplorable dans la petite ville. Leur contenu varie
de "le poissonnier vole ses clients" à "Mr
Smith a une grand-mère noire", en passant par "le
petit Andrew a une ressemblance plus marquée avec le notaire
qu’avec le mari de sa mère"…
Certaines victimes des lettres sont allées porter plainte
à la police, d’autres les ont brûlées
discrètement. Depuis, les rumeurs les plus bizarres courent
dans le village…
|
Enquête
sur Wynona et Janet |
Wynona Darcy, dix-neuf ans, était le troisième enfant
d’une famille de fermiers qui en comptait huit. Le niveau
de vie des Darcy est bas – quand on est pauvre en Angleterre,
on est vraiment pauvre –, ce qui ne les empêche pas
d’être encore bouleversés par la mort de leur
fille.
Wynona était, d’après les photos, une fille
d’une beauté moyenne, avec une magnifique chevelure
rousse. Elle avait un petit ami mécanicien, qui a été
longtemps le premier suspect mais qui semble finalement n’avoir
rien à voir avec le meurtre. La jeune fille était
employée dans un magasin d’alimentation situé
dans la rue principale de Hartford. Elle a disparu le 12 août,
sans doute sur le chemin du retour à la ferme. Son corps,
scalpé, rappelons-le, a été retrouvé
le 15 août dans la rivière. Que découvrir sur
Wynona ? L’existence d’un amant mystérieux (voir
la lettre anonyme reçue par Mr Simsonn, plus loin).
Janet Leigh, vingt-six ans, était une femme plus intellectuelle.
Elle vivait seule dans une maison du centre-ville, et était
une bonne institutrice. Elle avait des amis, mais sortait peu et
n’avait pas de petit ami attitré. D’après
les photos, c’était une jolie jeune femme, aux cheveux
mi-longs, rousse également. Son corps, dont la main droite
a été coupée, a été retrouvé
sur la plage le 16 octobre.
Que découvrir sur Janet ? Rien, hélas. Elle fréquentait
beaucoup le docteur Barnes et son frère, ainsi que lady Jennifer
Berlton (voir plus loin). Une brave petite, que tout le monde aimait
beaucoup…
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Trois
lettres anonymes |
Les lettres anonymes sont essentielles à l’enquête,
car elles permettent d’avoir accès rapidement à
tous les secrets cachés (NDA : je savais pas qu'il existait
des secrets cachés et des secrets publics ;-P) des habitants
de Harford.
Pour pouvoir accéder à ces lettres, les personnages
devront faire de la diplomatie auprès des policiers (plutôt
sympas, d’ailleurs) qui les ont réunies dans leur dossier
"corbeau". S’ils n’y parviennent pas, Amelia
Bennett, leur pétillante et bavarde hôtesse, pourra
les aiguiller sur les pistes intéressantes. ("Et la
cuisinière m’a dit que Mr Barnes avait reçu
à son tour une de ces horribles lettres…")
Inventez de petits scandales mineurs, dont 80% seront faux et
20% vrais.
Voici les trois seuls qui ont de l’importance :
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Une
liaison mal-t-à propos |
Le notaire, Mr Simsonn (celui auquel le petit Andrew est supposé
ressembler, voir plus haut), un homme marié et "respectable"
a reçu une lettre l’accusant d’avoir eu une liaison
avec Wynona Darcy. Il a aussitôt porté cette lettre
à la police et ne se cache pas de l’avoir reçue.
Il nie cependant avoir eu cette liaison.
- Ce qu’il y a à découvrir : Mr Simsonn
est innocent dans cette affaire (par contre, il est vraiment le
père du petit Andrew, mais ça, les personnages s’en
fichent !). Il lui sera cependant difficile de le prouver, surtout
qu’un interrogatoire des collègues de Wynona, au magasin
où elle travaillait, révélera que la jeune
fille avait, en plus de son petit ami mécanicien, une liaison
avec un homme d’une cinquantaine d’années dont
elle n’a pas révélé le nom à ses
copines.
Les personnages, s’ils sont malins, peuvent tomber sur un
indice que n’a pas eu la police. L’homme mystérieux
avec lequel sortait Wynona lui avait offert une très belle
broche en or ancienne. Dès que la nouvelle de sa mort est
parvenue au magasin, une collègue en a profité pour
la lui piquer (elle la gardait dans son casier). Les vendeuses ont
remarqué ce vol, et en parleront aux "détectives
français". La responsable du larcin, une très
jeune fille, est bourrelée de remords, et ne sera pas naturelle
avec les personnages. Il suffira que ceux-ci la poussent un peu
pour qu’elle avoue.
La broche ne dira rien à personne, en tous cas dans un
premier temps. Mais il est certain qu’elle venait d’un
homme riche.
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Ma
charcutière est une cochonne |
Lady Jennifer Berlton est "la" personnalité de
la ville. D’origine noble, elle vit dans une magnifique propriété
à la bordure de la ville. C’est elle qui contactera
les personnages, vingt-quatre heures environ après leur arrivée.
Ayant entendu parler de «détectives français»,
elle veut faire appel à leurs services.
Il se trouve qu’elle vient de recevoir une lettre anonyme
l’accusant du meurtre de son mari, lord John Berlton. "John
Berlton, mon époux, raconte-t-elle, s’est enfui avec
toutes nos économies et la baby-sitter hollandaise de mon
fils il y a trois ans. Je ne les ai jamais revus."
Elle se dit choquée et chagrinée par la réception
de cette lettre, dont voici la teneur : "Salope – Assassin
(Murderess, en v.o.) – Tu as tué ton mari et tu l’as
découpé en morceaux – Dieu t’enverra brûler
en enfer."
Lady Jennifer n’a pas montré cette lettre à
la police : "Je ne veux pas que ma réputation soit entachée",
dit-elle. Elle est par contre prête à payer une somme
rondelette aux personnages pour qu’ils dénichent –
discrètement – l’auteur de ces lettres anonymes,
sans en rien dire à la police. Elle dit agir uniquement par
curiosité.
Les personnages peuvent accepter ou refuser ce "contrat",
qui n’est finalement pas dans leurs attributions. Cela n’influera
pas tellement sur la suite du scénario.
- Ce qu’il y a à découvrir : Lady
Jennifer, il y a trois ans, a tué à coups de hache
son mari et la baby-sitter hollandaise avec qui il comptait s’enfuir.
Elle a enterré les deux cadavres dans le jardin, sous les
rosiers. C’est pour cela qu’elle ne veut pas que la
police soit au courant, c’est pour cela qu’elle veut
retrouver l’auteur des lettres anonymes – pour savoir
ce qu’il ou elle sait, comment il ou elle le sait… et
combien elle doit payer pour le ou la faire taire !
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Les
rousses, ça pue, surtout quand c’est tout pourri |
Les frères Henry et Frederic Barnes sont deux personnalités
importantes à Hartford. Ils ont respectivement cinquante
et soixante-cinq ans.
Henry Barnes, le plus jeune, est le plus communicatif. Un bel
homme aux cheveux et aux dents blanches, avec une voix chaleureuse
et un comportement sympathique ; il inspire tout de suite confiance.
C’est le médecin du village, et en tant que tel,
il collabore avec la police. Les personnages le rencontreront donc
dans le cadre de leur enquête. C’est lui qui a autopsié
les corps de Wynona et de Janet, et c’est lui qui pourra leur
fournir les renseignements médicaux les concernant. Très
choqué, apparemment, par ces deux morts, il se montrera très
ouvert et accueillera bien les personnages. Il viendra d’ailleurs
les voir quand il recevra, à son tour, une lettre anonyme.
Celle-ci affirme que lui et son frère Frederic (médecin
lui aussi, mais désormais à la retraite) sont des
fous dangereux. Le contenu exact de la lettre est : "Deux frères,
deux fous – Comme votre mère, pervers et dérangés
– Monstres, partez de notre ville avant que Dieu ne vous chasse
!" Henry précisera en riant que ni sa mère, ni
son frère, ni lui n’ont d’antécédents
psychiatriques, mais qu’il est vrai qu’en pensant à
ce corbeau, il se sent des instincts violents !
- Ce qu’il y a à découvrir : accrochez
vos ceintures… vous n’allez pas être déçus.
Henry Barnes est en fait Werther Glibbons, le sorcier, et c’est
son frère Frederic qui a tué Wynona et Janet.
Quelques explications ? Allons-y.
La lettre anonyme ne disait que la vérité : la mère
d’Henry et de Frederic était un peu folle, et ses deux
fils sont sacrément dérangés… chacun
dans leur genre, car si Henry est extrêmement intelligent,
Frederic est juste taré.
Dans leur jeunesse, Henry et Frederic ont étudié
la même chose : la médecine et la sorcellerie. Tous
deux sont devenus médecins. Un seul est devenu un véritable
sorcier, Henry, qui sous le nom de Werther Glibbons, a parcouru
le monde et a eu de nombreuses aventures (nous reviendrons plus
en détail sur ses autres activités dans la seconde
partie de ce scénario). Henry, poursuivi d’un peu trop
près par des Anges – ceux du service de Philippe Pernoud
– est récemment revenu s’installer dans sa ville
natale pour quelques mois, avant de repartir au Paraguay (voir IVème
partie), en espérant que ses poursuivants perdraient sa trace.
Là, il a repris, pour quelques temps, son activité
de médecin. Mais il s’est vite aperçu que son
frère Frederic avait ses propres problèmes…
Frederic Barnes a habité Hartford toute sa vie. Pendant
vingt ans, il est resté marié à une femme qu’il
adorait, une belle rousse dénommée Lydia. Lydia, un
jour, est morte d’un cancer. Frederic a alors complètement
sombré dans la folie.
Se souvenant des lectures occultes de sa jeunesse, et spécialement
de Frankenstein, il a décidé de reconstruire le corps
de sa femme à partir de morceaux d’autres femmes rousses,
puis d’y insuffler l’âme de la défunte…
Précisons bien sûr que ce qu’il fait ne correspond
absolument à rien du point de vue sorcellerie. Frederic est
fou, vraiment fou, et les rituels qu’il chantonne autour de
ses bouts de cadavres en décomposition n’ont aucune
signification ni aucune puissance.
Pour le corps de base, il s’est servi d’un cadavre
de jeune fille rousse volé à la morgue d’une
ville voisine quelques mois auparavant (il est possible de retrouver
un entrefilet à ce propos dans de vieux journaux…).
Il a ensuite, discrètement, entamé une liaison avec
Wynona Darcy, et l’a tuée un soir pour récupérer
sa chevelure – celle de l’autre n’était
pas assez belle. Il a ensuite tué Janet Leigh pour récupérer
sa main droite – celle de l’autre était abîmée.
Dans sa cave, où il a organisé son petit laboratoire,
il recoud méthodiquement les morceaux.
Henry/Werther s’est rendu compte de la situation dès
son arrivée. Henry n’a pas dénoncé son
frère : d’abord parce que le meurtre n’est pas
quelque chose qui le choque – à chacun ses petits travers
–, et ensuite parce qu’il aime bien son aîné.
Il va d’ailleurs tout faire pour que celui-ci ne soit pas
arrêté. C’est pour cela qu’il collabore
de son mieux avec la police – il peut ainsi suivre de près
l’enquête et anticiper les mouvements des enquêteurs.
C’est aussi pour cela qu’il fera copain-copain avec
les personnages le plus rapidement possible – il peut ainsi
les surveiller et les faire embrayer sur de fausses pistes.
Ce que les personnages pourront réunir comme renseignements
sur Henry et Frederic :
- Henry est revenu il y a six mois d’une tournée
européenne de plus de quatre ans.
- Frederic a perdu sa femme d’un cancer du sein il y a un
an. "Le pauvre homme, il n’est plus vraiment comme avant,
dira cette bonne âme d’Amelia Bennett. Le chagrin l’a
brisé." La photo en couleur de l’épouse
tant pleurée trône dans le salon des deux frères,
où les personnages seront peut-être invités
à boire un thé pour parler de l’enquête.
Une belle femme, souriante, aux très beaux et très
longs cheveux roux.
- La mère de Henry et Frederic avait véritablement
un petit grain, comme le dit la lettre anonyme. Ce renseignement
ne peut être donné que par une personne âgée
résidant depuis longtemps à Hartford.
|
Le
corbeau |
Avant de découvrir le rôle des deux frérots,
les personnages vont peut-être s’intéresser au
cas du corbeau. Cette partie du scénario n’est pas
obligatoire pour terminer l’enquête, mais elle pourra
grandement les y aider.
Les lettres anonymes sont composées de morceaux de journaux
découpés et collés sur du papier acheté
dans un grand supermarché de Londres. Elles sont en général
postées de Hartford ou de petites villes voisines. La police
n’a pas assez de personnel pour faire surveiller toutes les
boites aux lettres, de plus, l’énergie des bobbies
est plutôt consacrée à rechercher le tueur.
Les personnages peuvent découvrir le corbeau, grâce
à leurs pouvoirs – un petit coup de Psychométrie
sur les lettres et le tour est quasi joué –, par hasard
– s’ils surveillent toutes les boites aux lettres –,
ou par déduction.
En effet, qui peut être au courant du double meurtre commis
par lady Jennifer ? Quelqu’un qui était sur place au
moment où ces meurtres ont été perpétrés.
A l’époque, lady Jennifer avait trois employés
de maison. Deux d’entre eux travaillent toujours pour elle.
La troisième, Thelma Ryder, une femme d’environ cinquante-cinq
ans, a démissionné quelques mois après la "disparition"
du mari et a trouvé un emploi dans le magasin d’alimentation
où travaillait justement Wynona.
C’est là que Thelma a entendu dire par la jeune fille
elle-même qu’elle "sortait" avec un homme
entre deux âges (Thelma a cru que c’était le
notaire). Son travail lui permettait également, en discutant
avec les autres vendeuses, d’être au cœur de tous
les ragots de la ville. Thelma avait aussi, dans sa jeunesse, travaillé
chez la mère d’Henry et de Frederic comme femme de
ménage… C’est elle le corbeau. Donnez à
vos personnages trois jours pour la découvrir.
Si les personnages l’identifient avant les trois jours,
la pauvre femme, complètement paniquée, essaiera de
s’enfuir. Rattrapée, elle avouera tout… elle
voulait juste s’amuser un peu. Ce n’est, au fond, qu’une
femme très seule, un peu bizarre et très malheureuse.
Thelma a été témoin, par une fenêtre,
du double meurtre de lady Jennifer et pourra le raconter aux personnages.
Mais, plus intéressant encore, elle vient de découvrir
à qui avait appartenu la broche offerte par l’homme
mystérieux à la pauvre Wynona. C’est en fouillant
dans des vieux journaux locaux, pour découper des mots, qu’elle
est tombée sur une ancienne photo de Lydia Barnes, qui arborait,
pour la remise du prix de la meilleure confiture de prune, le fameux
bijou.
Lydia Barnes, l’ex-épouse morte d’un cancer
du sein, de Frederic Barnes, frère du docteur… Aux
personnages de suivre la piste.
S’ils mettent plus de deux jours à retrouver Thelma…
ils ne pourront plus interroger que son cadavre. Thelma aura en
effet fait l’erreur de téléphoner à Frederic
pour le faire chanter. Celui-ci, qui n’est plus à un
meurtre près, est venu chez elle et l’a tout simplement
étranglée. La police découvrira le corps de
la pauvre femme chez elle, avec tout son matériel de lettres
anonymes. Le journal avec la photo de Lydia Barnes aura bien sûr
été brûlé par Frederic.
Le mystère du corbeau sera ainsi résolu.
|
Tout
ça va me coûter les yeux de la tête ! |
Chercher le corbeau, interroger tout le monde… quoi qu’ils
fassent Henry Barnes (alias Werther) les surveille étroitement.
Il va même faire plus que cela. Il va les faire suivre par
Cassandra, une petite fille blonde de huit ans, Démon de
Samigina de son état, qui est en son pouvoir.
Dès que les personnages deviendront trop "lourds",
il demandera à Cassandra de les éliminer un par un.
Si les Anges sont malins, ils pourront bien sûr remarquer
qu’ils sont suivis, et renverser la vapeur en suivant, à
leur tour, la petite Cassandra jusqu’à la maison de
son maître.
Pendant ce temps-là, Frederic est toujours dans son trip.
Il a maintenant besoin d’une paire d’yeux. De beaux
yeux bleus, comme ceux qu’avait sa femme. Et où y a-t-il
une jolie rousse avec de beaux yeux bleus ? Tout près des
personnages : Angie Bennett, la fille de leur hôtesse, la
minette de quinze ans qui n’arrête pas de les draguer
depuis le début.
L’enlèvement d’Angie aura lieu trois jours
après l’arrivée des Anges à Hartford.
Nous allons en faire deux versions, selon que vos personnages soupçonnent
déjà les Barnes ou qu’ils nagent complètement.
- S’ils soupçonnent déjà les Barnes.
Ils reviendront à l’hôtel un soir, et Angie aura
disparu. Rien de plus, aucun indice, et une mère hystérique.
A eux de réagir vite, et de se décider à fouiller
la maison Barnes avant qu’Angie ne soit tuée (quatre
heures plus tard).
- S’ils nagent complètement. Angie, terrorisée,
leur demandera de l’aide : elle a l’impression d’être
suivie. Elle ne se trompe pas, c’est Frederic qui est en train
de préparer son coup. Les personnages peuvent alors préparer
une embuscade pour prendre Frederic sur le fait.
|
Chez
Henry et Frederic Barnes |
Attention : quelle que soit la manière dont les personnages
arrivent à découvrir la culpabilité des frères
Barnes, il ne faut pas oublier qu’ils doivent ramener Werther,
donc Henry, vivant.
Dès que les Anges essaieront d’entrer par la force
dans la maison, Henry lâchera ses deux chiens de garde : Cassandra
et David, le Démon et l’Ange qui sont en son pouvoir.
Une fois les deux êtres neutralisés (voir caractéristiques),
ils devront faire prisonniers Henry et Frederic, ou en tous cas
au moins Henry.
Dans la maison des Barnes, ils découvriront :
- Dans le bureau d’Henry : de faux papiers d’identité
au nom de Werther Glibbons, tout le matériel du parfait petit
sorcier (bougies, pentacles, etc.) et… des papiers administratifs,
des cartes de visite, du papier à en-tête au nom d’une
société dénommée Security Society. Ce
qu’est cette société, les personnages n’en
savent rien, et Werther ne parlera pas.
- Dans la cave : un cadavre de femme à moitié décomposé,
avec une chevelure rousse et une main droite cousues dessus. Et,
éventuellement (selon la rapidité d’intervention
de vos personnages), le cadavre énucléé d’Angie
Bennett…
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La
morale de cette histoire |
Un coup de fil à Philippe Pernoud suffira pour que ce dernier
envoie des Anges à lui prendre livraison de Werther Glibbons.
Si Werther est vivant, les personnages bénéficieront
d’une victoire totale (normale seulement si Angie Bennett
est morte).
S’il est mort, ils écoperont d’une limitation
– et cela même s’ils se sont débrouillés
comme des chefs pour résoudre l’enquête.
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Interlude |
Suicide
Solution |
Ne trouvez-vous pas ces conditions de victoire un peu illogiques
? A partir du moment où ils ont ramené Werther vivant,
les personnages ont au moins une victoire normale… et cela
même s’ils ont laissé une traînée
de cadavres derrière eux. De même, une limitation s’ils
ont tué le sorcier, alors qu’ils peuvent très
bien avoir résolu l’enquête, n’est-ce pas
un peu exagéré ? C’est qu’il y a du louche
là-dessous. Philippe Pernoud, l’Ange de Dominique,
le gouverneur des forces du Bien de Paris Notre- Dame, s’est
en fait servi des personnages pour des raisons personnelles et profondément
antichrétiennes.
On s’explique. Philippe, comme vous pourrez le constater
en étudiant ses caractéristiques, est un Ange très
puissant. Par son intelligence, son efficacité, son sens
de la diplomatie, il s’est fait estimer de tous. Il est d’ailleurs
officieusement considéré comme "le second"
de l’Archange Dominique lui-même.
Ce succès lui est un peu, d’ailleurs, monté
à la tête. Tellement qu’il a commencé
à se dire qu’il aimerait bien devenir calife à
la place du calife, ou plutôt Archange de la Justice à
la place de Dominique.
Le problème, c’est que les Archanges ne peuvent pas
mourir. Si le corps humain de l’Archange est tué, son
âme repart au Paradis et peut se réincarner en quelques
heures. Ce n’est donc pas demain, apparemment, que Philippe
réalisera son ambition.
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Sauf
que... |
Il était une fois une petite société montée
par trois sorciers, dont notre cher Werther Glibbons. Cette société,
dont le nom est Suicide Solution, permet aux Anges et aux Démons
qui veulent devenir Renégats de disparaître sans être
poursuivis par leur hiérarchie. Il suffit que l’Ange
ou le Démon se débrouille pour faire tuer son corps
humain devant témoins, dans une baston par exemple. A ce
moment précis, un des sorciers de Suicide Solution invoque
son âme et la place dans un nouveau corps. Pour la hiérarchie,
l’Ange ou le Démon est mort au combat (avant que l’on
s’aperçoive, dans l’administration d’En
Haut ou d’En Bas que l’âme n’est pas dans
la salle d’attente il peut s’écouler des siècles)
et le Renégat peut vivre dans son nouveau corps en toute
tranquillité. Le paiement demandé par les sorciers
: des informations, et particulièrement les Vrais Noms d’Anges
ou de Démons nécessaires aux invocations, ainsi qu’un
service, qui sera demandé au Renégat à un moment
ou à un autre de sa nouvelle vie.
Au cours d’une enquête, Philippe Pernoud a entendu
parler de Suicide Solution, et d’un de ses fondateurs, Werther
Glibbons. Il décide de les contacter. Ses informateurs lui
apprennent que Werther est sans doute en Angleterre, dans une petite
ville dénommée Hartford. Il envoie donc une équipe
d’Anges d’assez bas niveau, de manière à
ce qu’ils ne se doutent de rien, chercher Werther pour lui.
Ces Anges, vous l’aurez compris, c’étaient
les personnages. La Security Society, dont les personnages ont vu
des papiers dans le bureau de Werther, est la coquille juridique
(supposée être une société de louage
de gardes du corps) de Suicide Solution. Werther n’arrivera
jamais à Notre-Dame. Dès qu’il aura mis la main
dessus, Philippe l’emmènera dans un coin tranquille,
et là, lui proposera un marché qu’il ne peut
pas refuser : collaborer avec lui ou mourir. Werther, vous vous
en doutez, va accepter. Nota bene : Si les personnages ont tué
Werther, on considérera que Philippe Pernoud a, par un autre
moyen, réussi à contacter un des deux autres sorciers
de Suicide Solution. Vous remplacerez alors toutes les allusions
à Werther dans la suite de cette histoire par ce nouveau
sorcier, pour lequel vous prendrez les mêmes caractéristiques.
Voici le marché. Contre l’immunité pour tous
les membres de Suicide Solution, et même un coup de main à
leur activité, les sorciers de la société vont
tenter le coup de leur vie : invoquer l’âme de l’Archange
Dominique et le coincer dans un corps inintelligent, avec une très
grande espérance de vie. Ainsi, Dominique sera porté
disparu et Philippe pourra enfin prendre sa place. Pas mal, non
?
Dans les jours qui suivent, Philippe et Werther, remis en liberté,
vont préparer lentement leur coup. C’est assez compliqué,
car il faut s’arranger pour que le corps de l’Archange
Dominique soit tué (et cela sans qu’une traîtrise
soit soupçonnée, bien sûr). Les forces du Bien
ne s’inquiéteront ainsi que vingt-quatre heures plus
tard, délai habituel pour que l’âme d’un
Archange revienne au Paradis. Ce délai de vingt-quatre heures
permettra aux sorciers de s’assurer que l’âme
est bien coincée dans le corps d’accueil. La voie royale
sera alors ouverte pour Philippe.
Mais nous n’en sommes pas encore là. Quatre jours
après leur retour d’Angleterre, les personnages sont
de nouveau convoqués à Notre-Dame…
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la deuxième partie... |
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