6. Deux Mondes

Dans mon esprit je pensais à mon enseignement religieux, on la nommait la Putain et non pas la Rêveuse cette République Universelle. Car en effet l'une des premières initiatives de l'Empereur et Patriarche Bruce Ier fut d'assimiler la République à celle qui guide la bête et les légions des ténèbres (comme de juste les Républicains sont vêtus d'uniformes noirs) dans l'apocalypse des très saintes écritures.

Né de l'union de l'Impératrice héritière Britannique, chef de l'Eglise Anglicane, et de Empereur de toutes les Russies, protecteur de la foi Orthodoxe, Bruce Ier se déclara Patriarche de toute la chrétienté, et favorisa durant tout son règne un subtil syncrétisme (qui confondit même la croix chrétienne à la double croix impériale), qui n'avait comme seul but que de faire penser qu'il était l'indispensable protecteur, désigné par Dieu, de la foi de ses sujets.

Il faut dire que la République Universelle lui facilita la tache : en effet durant la "Guerre Révolutionnaire de Libération de l'Europe", la République Universelle ingéra dans un premier temps l'Eglise Catholique, et décida pour finir de la démanteler, pour la faire entrer dans un nouveau carcan juridique : Association à But Non Lucratif. Ainsi le Pape de l'époque devint Président des Associations de Culte Catholique, et bien que ça ne gêna en rien la liberté de culte des citoyens, le statut international du Patriarche d'Occident devint nul.

Mais la religion n'a rien à voir avec ma trahison, alors n'en parlons plus, de plus on m'a assuré que je trouverai certainement ma place dans une A.C. Œcuménique. Par contre on m'a bien averti, que mettre Dieu et Empereur Britannico-Russe dans une seule phrase était un délit. Je crois qu'ils sont encore plus phobiques des couronnes que des systèmes non-décimaux, ici !

Pourtant dans leurs livres d'histoires on encense quelques rois : en fait certaines des monarchies alliées à la République Universelle furent dans la première étape de leur intégration des monarchies parlementaires constitutionnelles, mais dès que la succession d'un roi n'était pas plébiscitée, l'Etat se transformait irrémédiablement en une république. Le monarque sortant était alors considéré comme un bon citoyen s'il ne tentait pas de Coup d'Etat !

5. Dix de Feu - 7. Aéronef entre en Gare