44. Légende des Etoiles
J’entrai dans un club mal fréquenté du quartier du Divertissement de notre chère Capitale. Je venais à peine d’arriver d’une réunion très importante dans les îles anglo-normandes statuant sur la reconnaissance des nouvelles nations nées du traité de Constantinople, rare accord où nous étions du côté des bénéficiaires en même temps que les Britannico-Russes. Je n’avais guère l’habitude de traîner dans ces lieux de débauches durant mes trois quarts libres, mais c’est le lieu de rendez-vous que m’avait fixé un de mes collègues et meilleur ami : Yorge Lagard. Il faisait parti de la première expédition habitée envoyée sur les Lunes d’Eole peu de temps après le premier contact avec les Drèykën. |
|
D’après le message qu’il avait laissé à mon intention sur le Réseau PolyGraphique, il avait été surpris d’apprendre une légende sur l’origine des Drèykën : "Ils
se disent originaires de Mars et qu’ils l’ont fuit pour
échapper à une guerre civile déclanchée
par un mot qui portait la folie, propagé via leur pensée
quasi télépathique. Quand
une dose suffisante encombre le cerveau du contaminé, celui-ci
perd toute individualité et devient une parcelle de la conscience
émergeant de la folie collective. |
|
L’être issu de cette décomposition planétaire propulsa des morceaux de sa masse colossale à travers l’espace à la poursuite des exilés et à la conquête d’autres mondes, mais heureusement le desséchement accéléré qu’il produisit sur Mars le plongea dans un état de vie ralentie." Voilà tout ce que je sais de la Légende des Drèykën. Evidement, je la prends pour ce qu’elle est sûrement : un mythe des origines mêlant l’âge d’or de la civilisation ancienne suivit de la bien opportune chute qui explique la misère relative des sociétés stagnantes. Je demandai mon ami au barman, il me fit signe de passer dans l’arrière salle expliquant que Yorge n’avait pas su m’attendre plus longtemps de par une inhabituelle excitation. |
|
J’entrai
seul. A ma surprise c’était une fumerie d’opium.
Je ne pensais pas Yorge un habitué de ces endroit plus qu’illégaux. Ses
yeux étaient rouges et vagues mais dans un dernier souffle
de lucidité il me dit : |
|
|
La porte s’ouvre à qui connaît son nom, Baphomet." |