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Labyrinth

L’Arrivée

Nouvelle écrite par Schmill

mardi 30 mars 2010, par Schmill

La lumière faiblissait autour de moi, alors que je basculais dans les ténèbres. Cette chute sans fin n’était rythmé que par la douleur qui me tenaillait les tempes. Vertiges et migraines s’obstinaient à vouloir faire exploser ma tête comme un fruit trop mûr. Il me semblait que mon cerveau avait été placé dans un impitoyable étau, dont les extrémités s’enfonçaient cruellement dans ma chair. Je ne pouvais que deviner la cause de cette douleur. Etre condamné au Labyrinth signifiait d’abord perdre son identité. Comme un fou, j’essayais de m’accrocher à mes souvenirs, au visage de ma mère, à mes rêves d’enfance…En vain. Chaque seconde de chute supplémentaire m’arrachait une année de ma vie. Adieu mes amis, adieu mon foyer, ma famille… Il ne resta bientôt dans ma tête qu’un seul visage, dénué de toute pitié. Celui du juge. Sans arrêt, je le revoyais lever son marteau, articuler doucement la sentence, puis me fixer d’un air narquois et triomphant. Sa dernière parole me poursuivait : " …vous êtes condamnés à l’exil dans le Labyrinth ! ". Enfin je me rappelais le son du marteau sur le bureau, les deux yeux bleu et vert du juge, son regard braqué sur moi avant la chute.

Puis il ne resta bientôt que cette longue descente dans ce tunnel obscur, ce moment intemporel. Je rejoignais le néant, la poubelle des mondes, l’exil suprême dont on ne revient pas.

Le Labyrinth.

Je sombrais dans l’inconscience.

Le temps fila sans que je puisse le mesurer. Quand je rouvris les yeux, ce fut pour être replongé dans l’obscurité. Ma chute avait pris fin et j’étais désormais allongé sur le sol. Incapable de discerner une paroi ou une silhouette dans ce noir absolu, je me concentrai sur mes autres sens. Le dallage était froid et dur, et un souffle d’air sur ma peau m’indiqua que j’étais nu. Mon bras gauche, enfin, me faisait cruellement souffrir. C’était apparemment la seule trace de ma chute, et bien qu’un peu surpris, je ne pus que m’en féliciter.
Dans le noir, je me mis à tâtonner mon bras abîmé afin de découvrir s’il était brisé.
Mon geste se figea rapidement. Avec stupéfaction, je découvris que mon avant-bras était recouvert d’une matière troublante, à la fois solide et souple. Paniqué, je me remis rapidement sur pied et me mis à tâter frénétiquement le reste de mon bras. La main était également recouverte par cette sorte de gantelet. Plus étrange encore, quand je tâtonnais cette matière, j’avais l’impression de toucher ma propre peau.

Je n’eus pas le temps de m’étonner plus longtemps là dessus. Le rythme d’une respiration profonde se fit entendre non loin de moi, me faisant faire volte face avec toute la rapidité dont j’étais encore capable. Je n’étais apparemment pas le seul à me réveiller dans ce cauchemar. Je me mis aussitôt à brasser l’air autour de moi, afin de trouver une paroi qui pourrait me guider. En vain. Il me fallait essayer de parler avec mes compagnons d’infortune, qui qu’ils soient, et de sonder leurs intentions.

Alors que je me retournai en direction d’eux, un grondement sourd résonna dans toute la pièce. Dans un fracas, un long trait vertical de lumière aveuglante apparu. Une lourde double porte était en train de s’ouvrir. Ebloui, j’abattis ma main devant mes yeux pour essayer de distinguer quelque chose.
Les deux battants finirent par s’ouvrir en grand et se figèrent dans un grincement sinistre. Les silhouettes de mes compagnons d’infortune se détachaient maintenant en contre-jour. Tout comme moi, ils se tenaient hagards, leurs jambes hésitantes, essayant de percer le voile de cette lumière légèrement rouge pour voir ce qu’il y avait au-delà.

Où étions-nous ?

***

Une à une, la demi-douzaine de personnes devant moi se mit à avancer vers la porte. Tous ces gens, homme et femmes, de tout âge et de toutes races, étaient tout aussi nu que moi. Tous, ils portaient également à un de leur bras l’étrange gantelet verdâtre.
Ils franchirent tous le seuil, se fondant dans la lumière, et disparaissant presque aussitôt à ma vue. A mon tour, face à la porte, je fis le pas qui devait me faire franchir l’enceinte du Labyrinth.

Mes yeux maintenant plus accoutumés à l’éclat de la salle, je pouvais commencer à discerner plus nettement ses contours. Il s’agissait d’une sorte de grand hall de pierre rouge, dont le plafond était soutenu par une voûte gothique de toute beauté. Sur chacun des murs latéraux couraient des dizaines de portes, décorées de gargouilles grimaçantes. Celle par laquelle nous étions rentrés était la plus grande, et se tenait à un des deux bouts de la pièce. De l’autre côté se trouvait l’immense statue d’un ange qui tenait une trompe à la main et semblait tourné vers nous, comme en un solennel avertissement.

Et maintenant, que faire ?
Un vieil homme noir aux cheveux et à la barbe grisonnante, à côté de moi, éclata de rire tout d’un coup. Nu tout comme moi, il se tenait les côtes tellement son rire le possédait et se mit à tomber au sol, tout en continuant son hilarité. Je l’entendis juste hurler, entre deux éclats, qu’il s’appelait M’Bele.
C’est alors que je sentis la panique me gagnait : Et moi, qui étais-je ? Que faisais-je ici ? Je me pris la tête à deux mains et m’essayai désespérément à retrouver un souvenir, n’importe lequel…
Rien. Il ne restait rien de moi avant la porte.

Il fallait que quelqu’un m’aide, me dise ce qui se passait. Vite.

Deux des hommes arrivés avec moi était en train de franchir une porte latérale. Je me mis à courir vers eux. Ils semblaient en train de discuter avec des gens " normaux ", habillés, rasé, de véritables phares, pour moi qui étais déjà perdu.
J’arrivai haletant près d’eux, près à leur poser milles questions. Ils étaient trois, tout comme nous, l’air manifestement satisfait. Ils regardèrent derrière mon épaule voir s’ils restaient quelqu’un d’autres.
Ayant repris mon souffle, je me mis à les interroger.

- Où sommes-nous ? Criai-je presque, et qu’est qui se passe ? Pourquoi…

Un des hommes m’interrompit d’un signe de la main.

- Du calme mon gars…pour ta première question, ici tu es dans le Labyrinth. Pour la deuxième…

Le gaillard explosa de rire.
Les trois hommes sortirent des gourdins et se mirent à nous matraquer violemment. La douleur me fit perdre conscience.

***

Tout ça n’avait plus de sens. Voilà plus de 20 cycles, l’équivalent d’une journée, que nous avons été enchaînés et forcés à miner. Condamné à creuser le Labyrinth pour un vieux fou qui voulait créer une sortie. J’avais découvert peu à peu plusieurs élément sur cet univers étrange. Ici se retrouvaient tous ceux qui avaient été condamnés à l’exil le plus sévère. Leurs mémoires vidées, ils étaient projetés dans ce monde de cauchemar, que se disputaient malades mentaux et assassins. Le gantelet, cette étrange matière sur notre bras, était notre meilleur allié. Il pouvait prendre plusieurs formes quand on savait s’en servir, que ce soit celle d’une arme ou d’une corde.
J’avais aussi retrouvé mon nom. Los, je m’appelais Los. Quant au reste…il ne fallait pas y compter. Seul M’Bele, qui avait été lui aussi capturé, se rappelait un peu plus sur lui-même. Ça ne l’avançait guère, néanmoins, pour creuser les murs du Labyrinth.

Pour sortir de cette mine nous avions préparé un plan. Mais il nous fallait sacrifier quelqu’un pour faire diversion et cette question menaçait de faire exploser notre petit groupe. Jusqu’au jour où de nouveaux prisonniers arrivèrent.

Sans que je sache tout de suite pourquoi, l’un d’eux m’avait tout de suite intrigué. Il s’agissait d’un gros homme d’une cinquantaine d’années. Avec un œil bleu et un œil vert.
Puis, je m’étais rappelé de lui.
Ironie du sort, lui ne m’avait par contre pas reconnu.

Je m’approchai en souriant et lui demanda s’il avait besoin d’aide.

Il ferait une parfaite diversion pour notre évasion.

Ensuite, il ne me resterait plus qu’à retrouver ma mémoire…et la sortie.



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