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Labyrinth

Poursuite

Nouvelle écrite par David

mardi 30 mars 2010

Un couloir sombre. Très, trop sombre. Une fuite haletante.
A dix pas de là, une oreille exercée aurait entendu les halètements des poumons qui protestaient contre cet effort.
Ces halètements, on les devait à un homme qui fuyait. Qui fuyait depuis des jours, des semaines.
Qui fuyait sans s’arrêter. Qui fuyait pour sauver sa vie, même si au fond de lui il n’était pas vraiment sûre de savoir pourquoi il fuyait. L’homme s’arrêta quelques minutes, reprenant son souffle appuyé contre les parois du boyau rocheux dans lequel il s’était engagé. Aussitôt, comme si cette pause permettait à son cerveau de fonctionner, des images lui vinrent à l’esprit. Des images de son arrivée dans ce lieu maudit que ses habitants nommait Labyrinth.
Lorsqu’il était arrivé ici, condamné, il avait été désarçonné par ce monde prison.
Dépouillé de ses vêtements, il avait reçu des loques immondes qui, lui avait-on dit, avaient appartenu à un autre condamné mort depuis, dépouillé de sa mémoire, avec pour seul souvenir son nom et un sentiment de culpabilité exacerbé par la solitude. On lui avait tondu le crane sans doute, pensait-il, afin de lui enlevé son identité ; et, pire que tout, on lui avait soudé à sa chair des bracelets torsadés qui partaient de sa main droite pour rejoindre son épaule. Un " gantelet " comme les autres condamnés disaient.
Puis il avait été amené devant le " Jugement ", une grande pierre de lumières mêlées. Il y avait peu d’attention, toutes notions de jugement ou de loi lui paraissant très éloignées de sa situation actuelle.
Sans écouter ce qu’on lui avait dit, baigné de lumière rouge, l’homme s’était repu de cet univers qui s’était ouvert à lui, cet univers où, il l’avait compris, la loi du plus fort régnait. A cette pensée, l’homme avait eût un sourire de loup.
Il avait été ensuite conduit devant ceux qui, comme d’autre condamnés avant lui, régnaient sur le Labyrinth : l’Empereur et l’Impératrice.
Tout ce qu’il avait retenu de cette entrevue était deux masses enfermées dans des scaphandres de survie, sorte de costume gonflé de ressources. Et un regard aussi. Le regard de pitié que lui avait envoyé l’Empereur.
Plusieurs semaines avaient passé, plusieurs semaines durant lesquelles l’homme s’était révélé à coup de terreur et de meurtres, il s’était taillé un petit territoire dan un recoin des plus sombres du Labyrinth, là où une lumière bleu nuit régnait.
Puis sa fuite avait commencé. Un soir de terreur. Un soir où il avait entamé une chasse et ou il était devenu la proie. La chasse était pour lui un moyen de se détendre. Savoir qu’une femme fuyait devant lui ; apeurée, terrorisée car ne se sachant aucune échappatoire ; Cela le portait presque jusqu’à la jouissance. Lorsqu’il avait rattrapé sa proie et assouvie sa soif de sensations, les murs s’étaient enflés. La peur l’avait saisi et il ne savait toujours pas pourquoi. La seul chose qu’il savait, c’est qu’il devait s’enfuir.
Soudain, les murmures le sortirent de sa rêverie. Du couloir où il venait progressaient des petits bruits, des petites voix qui disaient, si on y prêtait attention, de s’enfuir.
Les murmures dépassèrent l’homme et il ne bougea plus. Il ne voulait plus s’enfuir. Et de toute façon, il était trop fatigué pour cela.
Regardant son gantelet, il se concentra un peu comme il avait appris à le faire. Sous ses yeux, un gant griffu et muni de deux fouets barbelés. Le Lacérateur comme il l’avait appelé.
Il sonda l’obscurité.
Devant lui, les murs s’écartèrent, comme pour laisser passer une force mystérieuse.
S’appuyant contre une paroi, le dos au mur, l’homme accentua sa vision et, surpris, sursauta.
Des points rouges commençaient à apparaître dans le néant. C’était la première fois qu’il voyait un telle chose durant sa fuite.
Les points rouges se muèrent en taches, les taches en mouvements, les mouvements en silhouette. Bientôt quelqu’un apparut devant l’homme. Et il se mit à rire en voyant son poursuivant, une femme se tenait devant lui. Une femme !
Se reprenant, il détailla la silhouette immobile.
Très belle, elle n’aurait pas dépareillé sur son tableau de chasse. Vêtu de cuir noir moulant, toute une partie de son corps était dissimulé par une grande cape noire, bordée de rouge. Tant et si bien que seules sa poitrine et son bras gauche dépassaient de l’amas de tissu. Son visage, au ton glacial, était à moitié dissimulé par une large visière optique.

- " Qui est tu ? " cria l’homme que ce calme effrayait. " Que me veux-tu ? "
La seule réponse de la femme fut un sourire. Toujours glacial.

- " D’accord . . . " murmura l’homme.
Puis il sauta vers son interlocutrice et lança le Lacérateur en avant.
Comme si pour elle le fouet avait été aussi rapide qu’une pierre roulant à terre, la femme se décala sur la droite et leva le bras. Le fouet s’y enroula.
L’homme ricana mais son sourire mourut lorsqu’il vit celui de son adversaire redoublait.
Violemment, le prenant au dépourvu, la femme tira sur le fouet, enfonçant par la même encore plus profondément les barbelés du fouet dans son bras.
Elle sourit de plus belle.
Déséquilibré, l’homme roula à terre jusqu’à n’être plus qu’à un mètre de la femme.
Cette dernière dégagea son autre bras de sous la cape, dévoilant une grande épée d’un rouge sombre, comme ayant absorbé le sang et l’âme de milliers d’êtres.
D’un geste sec, elle leva la lame, tranchant au passage les lanières du fouet.
L’homme hurla.

- " Mais que me veux-tu, bordel ? " cria-t-il en tenant le moignon de son gantelet.
La femme avança, levant son épée.

- " C’est pour les femmes ? C’est ça ? " continua-t-il.
" Mais putain, c’était pas la peine de le prendre comme ça ! Suffisait de demander ! "
La femme secoua la tête de gauche à droite, souriant jusqu’à faire apparaître de belles dents blanches. Des dents de prédatrices.

- " Non ! Comment ça non ! Pourquoi tout ce foutoir alors ? "
Pour la première fois, la femme parla.

- " Tu vas mourir, . . . " Dit-elle d’un ton joyeux et grave à la fois
" . . . car tu es condamné. Et je suis La Justice. "

Puis l’épée s’abattit.



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