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Livre des cinq anneaux

Ere des Quatre Vents (1155-1160)

L’aimable voyageur

traduction d’Ancalagon (J.Weiss)

jeudi 16 mars 2006, par Rich Wulf

Yasuki Hachi, champion d’Emeraude, tente de faire cesser les combats entre la Grue et le Crabe.

Doji Kazo se tenait à la fenêtre de la demeure qui avait été celle de Yasuki Tada, et qui servait maintenant de quartiers aux soldats du clan de la Grue. Le jeune guerrier fronça les sourcils, portant son regard au loin dans la nuit. Les feux de veille ennemis parsemaient plaines et plages tout autour du village de l’Aimable Voyageur.
Tard au cours de la nuit précédente, trois vaisseaux de guerre de facture Mante accostaient sur les plages cernant le village et débarquaient par centaines des hommes de l’élite des bushis de la Grue aux ordres de Kazo. Un assaut rapide et décisif. Ils ne montrèrent aucune merci à la petite garnison de samurais du Crabe en faction au village ; Kazo savait que le simple fait de proposer une reddition serait considéré comme une insulte. Aucun paysan ne fut blessé lors de la bataille qui s’ensuivit, aucun bâtiment endommagé. Avoir participé à une manoeuvre tactique si bien menée emplissait Kazo de fierté.
A présent, tout ça semblait vain. Alors que les renforts de la Grue auraient déjà dû arriver, on les attendait toujours. En revanche, des troupes Hida s’étaient amassées au Nord, prêtes à lancer l’attaque dès le lever de Seigneur Soleil. Le village ne présentait que de faibles défenses malgré les efforts sans ménagement des Daidoji pour les fortifier. Kazo avait toute confiance en ses hommes, mais il craignait que la bataille ne détruise ce pour quoi ils s’étaient battus.
"Doutez-vous, seigneur ?" demanda Yasuki Jinn-Kuen.
Kazo posa un regard menaçant sur l’homme mince, au teint pâle, qui se tenait assis au coin opposé de la pièce. Jinn-Kuen... un agent double à la solde de la Grue, un espion infiltré dans les rangs des Yasuki. Sans ses renseignements, rien n’aurait permis au clan de la Grue de savoir que la florissante exploitation de sake du village de l’Aimable Voyageur était si faiblement gardée. Quand bien même, l’estomac de Kazo se retournait à la seule idée de travailler aux côtés de ce petit homme fourbe.
"Ne me parle pas si tu n’as rien d’utile à dire, Yasuki," répondit-il brèvement.
"Hmm," grogna Jinn Kuen. "Je ne voulais pas vous offenser, Kazo-sama. Je souhaitais juste savoir si vous aviez besoin d’un quelconque conseil concernant la bataille à venir. Rappelez-vous que j’appartenais au clan du Crabe. Nous ne sommes pas tous des brutes en mal de tueries. Il n’est pas nécessaire de conclure cette affaire dans un bain de sang."
"Je peux me passer de tes conseils, espion," dit Kazo.
Jinn-Kuen fronça les sourcils. "Ne vous montrez pas si imprévoyant, Kazo-sama," répondit-il, "Sun Tao lui-même louait les vertus des espions en temps de guerre."
Kazo hocha la tête, "Il insistait également sur le besoin de les tuer une fois leur utilitée passée." Il regarda Jinn-Kuen droit dans les yeux. "Remercie les fortunes que je ne tienne pas compte de Sun Tao."
Jinn Kuen détourna le regard et observa le silence, buvant à petites gorgées sa coupe de sake.

Hida Shara faisait les cent pas à la bordure du camp. Une énergie inépuisable agitait la jeune bushi du clan du Crabe. La veille au matin, un paysan exténué rejoignait les lignes de front, apportant des nouvelles de l’invasion du village de l’Aimable Voyageur. Cette attaque inattendue confirmait les rumeurs selon lesquelles le clan de la Mante aidait en secret celui de la Grue. En temps normal, celui-ci ne disposait que de vaisseaux lourds et peu maniables. Seuls des navires construits par les Yoritomo pouvaient les mener si loin aussi rapidement. Hida Kuon avait mobilisé ses troupes dans l’heure pour tenter de reconquérir le village. Shara et son unité de deux centaines d’hommes étaient envoyés en avant afin de vérifier la présence de l’ennemi, ainsi que pour s’assurer du bon état du village.
Elle n’échouerait pas.
Isawa Minoru, à la limite de la luminosité du feu, soupira profondément.
Shara posa un oeil perçant sur le Phénix. Se détournant de sa veille, elle lui lança : "Est-ce moi qui vous empêche de dormir ?" tout en écartant de ses yeux une mèche de cheveux noirs.
"Vous m’amusez, Shara-san," répondit l’émissaire du Phénix. Il arbora un sourire serré, ses traits aquilins s’ornant d’ombres fantômatiques à la lumière vacillante du feu de camp.
"Je vous conseille d’expliquer le sens de cette phrase," prononça-t-elle d’une voix à chaque mot plus profonde et menaçante.
Minoru sourit à nouveau : "Cette guerre que vous menez. Remettez-vous en à un Crabe pour régler une affaire de loi, il utilisera ses poings."
Elle secoua la tête : "Je ne prendrai même pas la peine de vous prouver à quel point vous avez tort. De plus, vous n’avez pas le droit de vous plaindre. Vous êtes mon invité. Ne pas apprécier mon hospitalité constituerait un manquement à l’étiquette."
"Ma venue sur ces terres devait me permettre de rendre visite à mes cousins chez les Kuni," dit Minoru. "C’est à la demande de votre belliqueux daimyo qu’on m’a placé sous la ’protection’ d’une unité du clan du Crabe. Envoyer les ambassadeurs aux côtés d’unités d’assaut constitue-t-il la méthode dont vous usez normalement pour les protéger ?" Le Phénix chassa les plis de ses robes orange au niveau de ses genoux en grimaçant de dégoût à la vue du sol terreux.
"Pas dans tous les cas." Le visage de Shara se fendit d’un sourire cruel. "Seulement lorsqu’il s’agit de shugenja formés par les Isawa. Je suis certaine que si nous rencontrons des problèmes, votre si renommé honneur de Phénix vous conduira à défendre vos bienveillants hôtes." D’un geste large elle désigna le camp de soldats.
"Je vois... Et si je décidais que le clan de la Grue pourrait se montrer plus hospitalier ?" répliqua-t-il.
"La décision vous appartient. Mais rappelez-vous bien que les accidents sont monnaie courante à une telle proximité de l’Outremonde, et que personne mieux qu’un Crabe ne saura vous protéger des ténèbres," conclut-elle en posant une main sur la garde de son katana.
Minoru hocha calmement la tête : "Je saurai m’en souvenir, Shara-san."
Elle le fixa de ses yeux noirs, souriant doucement.
Après quelques instants, il demanda : "Vous délectez-vous à l’idée de massacrer ceux de la Grue ? Avez-vous hâte de baigner dans le sang de vos pairs samurai ?"
Elle le foudroya du regard. "Non," dit-elle. "Je ne déteste pas ce clan. Mon père s’est battu aux côtés de Daidoji Uji. Je ne me réjouis pas de cette guerre, mais je ne chercherai pas à fuir le combat."
"Si vous aviez une chance de conclure cette guerre de manière pacifique, le feriez-vous ?" questionna-t-il.
"Je pense que ça ne fait pas partie de nos options," répondit Shara. "Ce serait à mon daimyo de prendre cette décision. Je ne suis qu’un soldat."
"Nous sommes ce que nous nous donnons le droit d’être," répliqua Minoru.
"Garde ta philosophie, Phénix. J’ai un assaut à organiser." Elle se détourna et se remit à tourner en rond, jaugeant les défenses ennemies pour la bataille à venir.

Le matin.
Derrière les défenses hâtivement érigées autour du village de l’Aimable Voyageur se regroupaient les armées du clan de la Grue, mur d’armures bleu azur et de yaris aux pointes cruelles. Dans les champs au-delà, les forces du clan du Crabe s’amassaient, mer d’acier gris et rouge sang, armées d’imposants tetsubos et dai-tsuchis. Leurs habituels engins de siège manquaient ; la progression rapide de ce groupe avancé avait rendu le transport d’une telle charge impossible, et le terrain environnant ne présentait guère de ressources pour improviser des machines.
D’un bout à l’autre du champ de bataille, Doji Kazo et Hida Shara, calmes, s’observaient mutuellement. Ces deux samurais étaient plus que de simples soldats dans les armées de Clans Majeurs. A cette distance des lignes de front, ils représentaient leurs clans. Quelqu’en soit l’issue, leurs actions allaient changer le cours de cette guerre.
"Qu’avez-vous décidé, Shara-San ?" Elle entendait le conseil d’Isawa Minoru résonner dans son esprit.
"Il n’est pas nécessaire de conclure cette affaire dans un bain de sang." Doji Kazo se surprit à reprendre malgré lui les paroles de Jinn-Kuen.
Les rayons de Seigneur Soleil illuminèrent peu à peu le terrain. Prêtes à charger, les armées attendirent un ordre qui ne venait pas. Durant plusieurs minutes, les deux guerriers ne firent que s’observer.
Enfin, d’une voix qui retentit avec force sur les plages, engloutissant le fracas des marées, Shara cria : "Je suis Hida Shara, gunso du clan du Crabe. Mon père a combattu l’Ombre à la Bataille de Volturnum. Ma mère est morte en enfonçant sa lame dans le torse du lieutenant du Chrisanthème d’Acier, Tsi Yoji. Je sers au nom de Hida Kuon et sa mère, Champion du clan du Crabe, Fille de l’Ours, Hida O-Ushi ! Retournez dans vos misérables bateaux de pirates et quittez notre village, ou vous périrez sous l’acier des Kaiu !"
Nonchalamment, Kazo passa sortit de l’enceinte des palissades de pieux aiguisés, son armure saphir scintillait sous le soleil levant. Derrière son mempo de bleu armorié, ses yeux fixaient calmement Shara. Il laissa plusieurs secondes s’écouler avant de répondre :
"Je suis Doji Kazo, gunso du clan de la Grue." Dans sa voix ne résonnait pas la même force ou menace mais un calme à donner des frissons, et elle portait tout aussi loin. "Mes ancêtres étaient aussi valeureux que les vôtres, Shara-san, mais je laisse mes actions parler d’elles-mêmes. Les Yasuki possèdent ce village, et par la volonté de l’Empereur les Yasuki servent maintenant notre clan."
"Les Yasuki sont à vous, les terres à nous," répliqua Shara. "Etes-vous préparés à soutenir du poids des armes vos revendications infondées ?"
"J’appartiens au clan de la Grue," cria Kazo, "Je suis toujours prêt. Mais sachez que votre assaut brutal détruira le village. L’Aimable Voyageur n’a ni mine, ni culture de perles, ni aucune ressource naturelle qui ne vaille la peine d’être mentionnée. Sans son exploitation de sake, le village est une prise sans valeur. Attaquez, et mes troupes Daidoji y mettent le feu."
"Vous tueriez des paysans par fierté, Kazo-san ?" demanda-t-elle.
Il désigna d’un geste l’horizon lointain : "Les paysans ont été évacués en sécurité dans les collines. Seuls les bâtiments brûleront."
"Suggèreriez-vous que nous nous rendions ?" cracha Shara, "ou battions en retraite ?" Elle avança d’un pas, un poing serré dirigé vers la Grue solitaire.
"Je ne vous ferai pas l’offense d’une telle demande," dit Kazo, tenant sa position.
Les yeux de Shara s’étrécirent. Une lueur de respect y brillait et il la lui rendit. Elle lui lança : "Alors que proposez-vous ? Que nous restions là à nous menacer jusqu’à ce que nos deux armées meurent de faim ?"
"Négocions," répondit-il. "Peut-être pourrions-nous chacun en sortir gagnants."
"Peut-être," répliqua Shara d’une voix où résonnait le doute.
Ils se firent silencieux, chacun observant l’autre pour déceler le moindre signe de faiblesse.
Ils n’en trouvèrent aucun.
Le son assourdissant des tambours tonna à travers les plaines. Les deux officiers se tournèrent vers le Nord pour y voir une troisième armée avancer sur eux, cuirassées du vert clair impérial. Les troupes portaient l’étendard de la Cinquième Légion d’Emeraude. Un trio de cavaliers s’en détacha au galop et se dirigea vers Shara et Kazo.
Leur chef était vêtu une armure verte scintillante, le chrysanthème doré de l’Empereur emblasonné sur sa bannière dorsale. A ses côtés chevauchaient un bushi en armure rouge sombre où le symbole des Bayushi accompagnait celui de la Légion et un jeune homme aux cheveux blancs décolorés habillé de robes bleu pâle.
"Halte !" cria le chef. "Le Champion d’Emeraude l’ordonne !"
L’un comme l’autre, les deux gunsos connaissaient bien ce visage.
"Hachi," murmura Isawa Minoru, se détachant des rangs de l’armée du Crabe pour se tenir au côté de Shara. "Le Champion d’Emeraude chouchou de Naseru. Ceci ne présage rien de bon, Shara-san." Il parlait doucement, réservant ses mots à la guerrière.
Elle pouvait sentir la rage lui prendre la gorge et aurait attaqué à la première occasion.
"Yasuki Hachi-sama," Doji Kazo s’inclina pour saluer le Champion d’Emeraude. "J’étais loin de me douter que Seigneur Kurohito vous enverrait ici."
"Ma venue ne se fait pas sur son ordre," répliqua Hachi en quittant sa selle d’un bond agile. "J’arrive ici en tant que Champion d’Emeraude, pour négocier une trève avant que l’un des camps ne fasse une erreur qu’il regretterait."
"Alors ne devriez vous pas aller aux lignes de front ?" demanda Minoru, "Là où O-Ushi-sama attend Seigneur Kurohito ?"
Hachi se tourna vers lui. "Le silence règne sur les lignes de front, Phénix," répondit-il. "Le conflit se trouve ici et je viens donc le résoudre."
Minoru hocha la tête avec un sourire : "Le daimyo des Yasuki vient résoudre la Guerre des Yasuki. Ainsi je constate que les rumeurs sur l’impartialité tant louée du nouveau Champion d’Emeraude se vérifient."
Hachi le fixa d’un regard menaçant : "Qui est-tu pour mettre en doute mon honneur ?"
"Un simple Phénix," répondit le shugenja. "Vous ne reconnaissez probablement pas mes couleurs, puisque vous avez si adroitement évité notre représentant, Shiba Aikune, lors de l’Epreuve."
"Tu oses insulter l’honneur du Champion d’Emeraude ?" gronda Hachi, le visage assombri par la fureur à l’état brut.
"Jamais," répliqua Minoru, "mais si vous êtes réellement le Champion d’Emeraude, je suggère que vous agissiez comme tel. Le Champion représente l’Empire, pas la Grue. Si vous souhaitez vous montrer impartial, alors faites-le !"
Hachi ouvrit la bouche pour répondre. A côté de lui, l’homme en robes bleues s’éclaircit douchement la gorge. Sa bouche se referma d’un claquement. Au prix d’un effort visible, il retint sa colère, réalisant que toute parole supplémentaire ne ferait que plus le couvrir de ridicule.
"Bien," dit-il en se tournant vers son autre compagnon. "Mon lieutenant, Bayushi Norachai, servira d’arbitre à ma place."
"Un Scorpion ?" s’exclama Shara, incrédule.
"Un Magistrat d’Emeraude," répliqua fermement Hachi. Le visage de Norachai restait calme, apparemment insensible à une telle suspicion.
"Avec tout le respect que je vous dois, Hachi-sama," dit doucement Kazo, "nous avons déjà réalisé qu’il fallait négocier. Nous apprécions votre proposition d’arbitrage, mais elle n’est pas nécessaire."
Hachi fronça les sourcils. "Est-ce ce que vous souhaitez, Hida-san ?" demanda-t-il à Shara.
Elle regarda Kazo, puis à nouveau Hachi avant de répondre : "Ca l’est."
Hachi leur adressa sèchement un hochement de tête et s’en retourna.
Le visage d’Isawa Minoru se fendit d’un sourire triomphant.

Le soleil se couchait sur l’Aimable Voyageur.
La grande exploitation de sake n’avait pas subi le moindre dommage et de nouveau les paysans se pressaient à la tâche pour produire le meilleur sake de tout l’Empire. En dépit des récents événements, il ne ressentaient pas grand changement dans leur vie. Dorénavant, les mons de deux Clans Majeurs flottaient au-dessus des portes du village et on croisait dans les rues des samurais de l’un comme de l’autre, mais le travail à effectuer restait le même.
"Ce fut un désastre," dit calmement Yasuki Hachi, se retournant pour adresser un dernier regard au village, les sourcils froncés par la frustration.
Bayushi Norachai acquiesca : "Une grande perte de face."
"Je doute que la présence du Phénix soit un hasard," continua Doji Nagori. "Minoru en savait trop à propos de l’Epreuve."
Hachi secoua la tête tout en gagnant sa selle : "Peu importe. Nos dessins ont vu leur réalisation, même si je n’ai pas la place d’instigateur du traité. Le village est sauf et un précédent établi. Peut-être les clans du Crabe et de la Grue le remarqueront, et un espoir de paix pourra se répandre."
"Peut-être aussi l’Aimable Voyageur deviendra-t-il un horrible symbole de division et de conflit," répliqua Nagori, observant la paire de mons en haut des portes alors qu’il remontait à cheval. Hachi lui jeta un oeil irrité.
"C’est la vérité," lança Nagori avec un froncement de sourcils. "La guerre a peu de chances de se terminer ainsi. Quoi qu’il arrive entre ces deux clans, je vous assure que ça commencera ici."
"Je ne comprend pas," dit Norachai, remontant sur son destrier qu’il fit avancer jusqu’au côté de Hachi. "Si Doji Kurohito voulait la paix il n’aurait pas attaqué ces terres. Ses ordres n’étaient-ils pas de vous en emparer, Hachi-sama ?"
"Certes, mais ici je ne sers pas Doji Kurohito," répondit fermement Hachi. "Mon devoir de Champion d’Emeraude outrepasse les ordres de mon seigneur, et le Champion d’Emeraude ne peut permettre que les Clans Majeurs se dispersent en guerres inutiles."
Il se tourna vers son compagnon et le regarda, à la fois sévére et lassé. "Je pensais que tu savais cela, Norachai, toi qui as suivi les enseignement de Bayushi Yojiro. Ou est-ce juste un test de plus ? Dois-je continuer à faire mes preuves, même vis-à-vis de mes lieutenants ?"
"Avec tout le respect qui vous est dû, Hachi-sama," répliqua le Scorpion. "Vous n’avez même pas commencé à faire vos preuves."
Hachi le fixa d’un regard d’acier : "Vous non plus, Bayushi-san."
"Je ne voulais pas vous offenser, Hachi-sama," dit finalement Norachai en inclinant la tête. "Mes mots peuvent être acérés, mais je ne vous teste qu’afin que vous puissiez conserver votre ascendant contre les ennemis de l’Empire. Si quelqu’un sait ce que l’on ressent quand on ne rencontre que la méfiance à cause de son propre nom, il s’agit de moi. Nous vivons une époque étrange. Si vous trouvez mes paroles déplacées, je me soumettrai à toute punition que vous jugerez adéquate."
Hachi garda le silence pendant un long moment... "Tu n’as fait qu’exprimer ce que tu pensais, Scorpion. Je n’en attend pas moins de toi. Quand à savoir si tes mots sont sincères, je finirai bien par le découvrir un jour."
"C’est juste," répondit Norachai.
"Et où allons-nous maintenant ?" demanda Nagori.
"Au Nord," dit Hachi en regardant vers l’horizon. "Suivez-moi si vous le pouvez." Il déploya son tessen pour signaler à la Légion de se mettre en route alors qu’il éperonnait son cheval pour partir au galop.
Les trois hommes s’en allèrent à toute vitesse, les soldats d’un Empereur mort dans leur sillage, laissant loin derrière la paix fragile du village de l’Aimable Voyageur.



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