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Livre des cinq anneaux

Guerre des clans (1123-1128)

L’histoire de Kapukksu

traduit par la Shala

jeudi 16 mars 2006, par Ree Soesbee

Le récit étrange d’un soldat gobelin de l’armée de Hida Kisada, retranscrit par Doji Shizue.

Mon nom est Kapukksu, et je suis le Chef Gobelin du Grand Clan Gobelin de Morziloeil. Mon lignage est long et honorable, et ma mère était renommée à travers toutes les tribus du Peuple Trapu pour sa capacité à cracher une noix dans l’oeil d’un mujina à 30 mètres. Mais ce n’est pas l’histoire pour laquelle je suis là.

Ma tribu, les Morziloeil, a sept des plus braves bushi de tout l’Outremonde, et nous z’étais
le premier clan choisi par l’honorable Hida Kisada pour rejoindre ses armées. T’vois, nous
vivions près de la forteresse du Clan du Crabe depuis pas mal d’années, et nous avons
z’été dedans et dehors des grandes mines de fer qu’y a là-bas. En fait, nous avons
été dedans et dehors, et dedans et dehors et dedans... mon peuple est coriace, t’vois.
Mais c’est pas l’histoire pour laquelle je suis là, non plus.

Je suis Kappukksu, je l’ai dit, et j’étais responsable d’un paquet de gobelins qui s’battaient
sous Hida Sukune et la bannière du Clan du Crabe à la bataille de la Passe de Beiden.
Littéralement, j’veux dire, nous nous battions sous Hida Sukune, après qu’il a été cloué à la bannière du Clan du Crabe. Juste sous lui. Nous
z’étais une sorte de garde de bannière... Mais c’est pas là où l’histoire
commence.

Mes gobelins sont farouches, et compétents à la fronde et au tanto, et il nous
z’était habituellement donné l’honneur de mener la charge dans les lignes ennemies. Une
fois, pendant le siège juste après la Passe de Beiden, j’étais en train de r’garder
l’impeccable formation de mes troupes. Chacun avait des tas de pierres, soigneusement étalé de la boue sur tout leur corps, et mis leur mucus sur la poignée de leurs armes pour qu’elles ne
glissent pas de leurs mains pendant le combat. Ouaip, j’étais fier de mes bushi. L’un d’eux, mon
fils, Ropputtu, avait été nommé commandant d’un régiment entier de Mujina, et
nous les faisais travailler dur, ces petits démons, pour porter notre matériel et cracher
sur nos bottes pour les faire briller. Bon, au moins ils crachaient.

Nous z’étais si bons, qu’un grand guerrier du Clan du Crabe avait r’marqué nos astuces
militaires, et il est venu pour nous voir au camp, un soir. Cette nuit là, il y avait de la
fumée partout dans notre camp à cause du feu que nous avions fait pour manger, et nous
z’étais tous à tousser et à hacher la bouffe, quequ’chose d’affreux. Nous z’avons
offert au guerrier un bout de la chose morte qu’on étions en train de manger, pour être
poli, mais il n’en a pas voulu. Je pense que la fumée gênait ses yeux aussi, parce qu’il a
gardé un bout de tissu sombre enroulé autour de son visage pendant tout le temps qu’il m’a
parlé. Mais c’était pas grave, je savais que je pourrai le retrouver plus tard
d’après son odeur si j’avais des questions à propos du travail. Nous, les gobelins, on a un
meilleur odorat que vous. C’est pourquoi, mon vieux grand-père pouvait sentir une charogne et vous
dire dans la minute depuis combien de temps elle était morte. C’est très utile pour trouver
de la nourriture, parce que vous ne voulez pas manger quelque chose de trop frais, pas vrai ?

Bon, ce guerrier me dit que nos nouveaux ordres z’était de grimper sur une crête à
côté et de dégager cet énorme rocher au sommet, pour qui soit près
à rouler droit sur l’ennemi demain. Et j’ai pensé, "Quelle idée géniale !".
Nous z’étais impatients d’aider, et en plus, c’était pas dangereux, pask’y avait tout le
campement à traverser avant l’ennemi. D’habitude nous z’étais placés juste sur le
front, mais cette fois nous z’étais tout le temps à l’arrière de notre armée.
Impossible que les forces des Dragons puissent voir ce que nous faisais, et ça serait une surprise.

J’ai rassemblé mes gobelins, je les ai tous frappé deux ou trois fois, comme un bon chef, et
nous avons traîner la patte jusqu’à la crête avec les mujina de Ropputtu pour
dégager le gros rocher. Il faisait complètement noir en haut de la montagne, parce que le guerrier du Clan du Crabe nous a dits que nous n’avions pas besoin de torches, mais c’était pas
grave. Nous, les gobelins, voit mieux que vous. Est-ce que je t’ai parlé de mon frère,
Cakkitan ? Une fois, il vu un ours foncer sur lui depuis les profondeurs d’une grotte où il campait.
Il est pas sorti de son chemin, c’est le plus dommage, mais je jurerai jusqu’à mon dernier jour
qu’il l’a vu le premier.

Bon, finalement, on a dégagé le rocher. Exactement comme ce gars nous l’avait dit, et
il était prêt à rouler dès que quelqu’un le regarderait de travers.
J’étais puissamment fier de mes gobelins, et j’ai ordonné une tournée gratuite de
cidre pommes pourries pour nous tous quand nous retournions au camp. Le jour suivant, nous z’étais
prêt avec cette pierre. Mais le gars s’est pas montré. A la place un tas d’autres gars du
Clan du Crabe sont venus, disant que nous z’avais à dégager pour qu’Hida Kisada puisse
installer son camp où notre camp était. "Maintenant, attendez", j’ai dit, mais tu sais
comment ça marche. Nous z’étais dehors aux aguets, en train de chercher un autre endroit
pour dormir entre les combats, et le Champion du Clan du Crabe avait tous nos bons endroits caillouteux.

Bon, c’était assez mauvais, mais ce qui était pire c’était que le gars qui nous
avait empêchés de dormir toute la nuit avec ce stupide caillou, n’est jamais revenu pour nous
dire de le faire rouler. Alors nous passions une paire de jours aux trucs de combats, et nous avons
été promus à la garde de la bannière après que Hida Sukune ai été
suspendu. Ca, c’était bien, paske nous z’avais enfin un boulot qui sentait le pourri.

De toute manière, j’ai finalement senti le gars au rocher grimper sur la falaise quelques nuits
après, et je lui crie, "Hé, mec, quand c’est qu’on va faire rouler ce rocher ?" et il
commence à faire comme s’il me connaissait pas. Alors, je commence un vrai duel de hurlements avec
lui, et qu’est ce qui ce passe : Hida Kisada sort de sa tente en hurlant sur nous tous et en faisant plus
de barouf que nous faisais au début. Comme s’il était le chef ou quequ’chose. Et j’ai
commencé, "J’suis désolé, mon seigneur, mais j’avais un rocher tout prêt à
rouler jusqu’ici, sur votre tente et qu’est-ce que ce gars m’fait, mais me dire qu’il va le faire rouler,
et pas moi." Je lui dit combien mes gobelins ont travaillé dur et longtemps sur ce rocher, mais il
ne m’écoute pas plus. Le gars au rocher, il commence à hurler vraiment fort comme quoi j’ai
insulté son honneur et comme quoi je fais comme si c’était son idée de faire rouler un
bon gros rocher en bas de cette colline (ce qui était le cas, tu te souviens ?). Il criait comme s’il était fou, et puis il part me défier en duel.

Bien, me voilà fier. Je suis là, juste devant Hida Kisada, et je me fais défier en
duel. C’est pas que je sache quel bout d’un katana se mange, mais je peux pas juste le refuser. Je r’garde
le guerrier, et j’y vais : "Bon, j’pense que je vais t’combattre, alors, paske si quelqu’un va pousser cette
pierre, c’est moi qui le fera."

A ce moment, il fait nuit, mais ils disent qu’on va se battre maintenant. Ce qui est très bien
pour moi, parce que les gobelins voient mieux que vous autres. Je t’ai déjà parlé de
mon frère ? Ouaip, bon, il me semble que je l’ai fait, mais ne l’oublie pas. Ensuite, ils veulent me
donner une épée mais je dis, "Queske que j’vais faire de ça ? L’jeter ?" et je sors ma

fronde. Tous ces Hida arrivent à ce moment pour nous voir, et c’est seulement moi contre ce guerrier
qui nous a fait dégager ce rocher. Me voici, entouré par les gardes, juste en face de la tente
de Hida Kisada lui-même, et prêt à défier un fou avec juste ma fronde. Le Champion
tient un foulard blanc dans ses mains et me dit, "Quand ceci tombe, tu l’frappes". Et j’ai dit très
bien, et le cinglé a dit très bien, et Kisada l’a lâché.

Je suis un bon tireur avec ma fronde, mais j’étais beaucoup nerveux. Donc, j’avais mis le plus gros
projectile que j’ai pu trouver dedans et quand ce mouchoir est tombé, je l’ai lancé sur le gars.
Si j’étais un minable petit menteur comme ceux de la tribu Jarrèbaveux, j’dirais que je l’ai
touché juste entre les deux yeux et qu’il est tombé comme une fiente d’un vautour gras. En fait,
non. Je l’ai raté d’un bon kilomètre et la pierre s’est envolée dans les airs. Il a
commencé à sourire et à marcher vers moi avec cette grosse épée
aiguisée et je m’suis maudit. Soudain, du coin de mon oreille, j’entends un grondement.

Pas un petit grondement, comme un estomac sans choses mortes dedans, et pas un moyen grondement, comme une
paire de bushis ogres avec un nouveau samurai pour jouer, mais un gros grondement. Le plus gros grondement que
j’ai jamais entendu, et là, il descendait de la montagne vers nous. Et bien, cette saloperie
d’énorme rocher maudit, c’était ce que j’avais touché avec ma pierre, et bien sûr,
il tombait droit sur nous. La tente où Kisada devait dormir est écrasée, et le gars que
je combattais, écrabouillé, et tous les Hida commencent à crier et brailler.

Bon, j’ai pensé que Kisada allait m’arracher la tête pour avoir écrasé sa tente
comme ça avec un énorme rocher, je veux dire qu’il n’était même pas dedans pour
voir si le piège avait marché ou non, mais il n’était même pas furieux.
Apparemment, ses gardes ont retiré le corps de ce fou de sous son rocher, et il portait une petite
pièce d’or autour de son cou, et c’est ça qui les rendait tous nerveux. J’suis pas sûr de
ce qu’est un "kolat", mais il semble que ce gars en était un. Je pense que "kolat" veut dire quelqu’un
qui meurt écrasé par un gros rocher, parce que c’est tout ce que ce gars était
maintenant. Bon, Kisada devient vraiment dingue quand il a vu ce truc doré et il écrase tout
dans sa main. Et je dis : "Je peux y aller maintenant, patron, ou tu veux que j’essaye de remettre cette
pierre en place pour l’utiliser convenablement ?"

En fait, j’espère qu’il ne dirait pas oui, parce que comme j’l’ai dit ce rocher était ENORME.
Mais il me regarde et il sourit. Sourit, tu peux imaginer ça ? A un gobelin. Il m’a donné le
truc écrasé, et il a dit "Tu as gagné beaucoup d’honneur aujourd’hui, gobelin, en sauvant
la vie du Champion du Clan du Crabe", ou quelque chose comme ça, et juste là, bang, il me fait
samurai. Un samurai ! C’est pas le clan Jarrèbaveux, ni le clan Dentbang, ni aucun clan gobelin qui
a déjà eu un gobelin qui soit samurai.

Voilà mon histoire, et je porte le collier en or écrasé qu’Hida Kisada m’a donné
ce jour là pour le prouver. Alors, toi et les tiens, souvenez-vous, quand vous embêtez le Peuple
Trapu comme vous le faites, qu’il y a un gobelin là-bas qui n’aime pas être embêté.
Et c’est moi, Kapukksu, Samurai du clan Morziloeil. Je peux cracher une noix dans l’oeil d’un mujina à 30 mètres si besoin, et j’ai fait sourire le Champion du Clan du Crabe alors qu’il ne tuait personne.
Et ça c’est une histoire dont on peut être fier.



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