SDEN - Site de jeu de role
Accueil > Livre des cinq anneaux > Inspirations > Les écrits de nos visiteurs > La peur
Contribuer

Livre des cinq anneaux

Non officiel

La peur

vendredi 12 décembre 2008, par Daidoji Sojuho

Hantei XXXIX, possédé par Fu Leng, a vaincu les sept héros venus l’affronter lors du deuxième Jour des Tonnerres.
L’empire est condamné à 1000 ans d’horreur, sous le joug d’un empereur immortel.
C’est dans ce contexte que s’inscrit cette nouvelle.

La peur…

Non, ce n’est pas ce que je ressens en ce moment.
La peur n’est qu’un sentiment banal, bien trop humain, pour décrire la sensation surnaturelle qui se dégage de la silhouette me faisant face. La peur pousse un magistrat à croire aux promesses creuses du Sombre Seigneur afin de conserver son pouvoir. Et même la terreur froide qui, sur le champs de bataille, fait reculer le plus droit des samouraï face à la marée des créatures grouillantes de l’Outremonde n’est rien, face à ce que dégage mon interlocuteur.

Nous sommes là, dans ce dojo dont le souvenir me parait à la fois si familier et pourtant si distant.
J’arrive encore à revoir mes frères d’armes en train de combattre, à revoir les entraînements, à revoir les premiers coups que je reçus ici.
Pourtant je sais que nous n’y sommes pas vraiment, les murs sont tels que dans mes souvenirs, les panneaux de riz coulissants des parois Est et Ouest portent toujours les stigmates des différents arts qui furent enseignés ici. Les marques carbonisées laissées par des sorts mal contrôlés côtoient les entailles de coups de sabre maladroits et de griffes acérées. Les tatamis sont toujours les mêmes, les horreurs qui sont passées par ici, ou qui se sont passées ici, leurs ont fait acquérir la solidité du marbre et la couleur de l’ébène.
Pourtant c’est trop, je sais que nous n’y sommes pas, je sais qu’il a cherché à ce que je le vois dans le lieu où je serais le plus à l’aise, et le seul qui me soit réellement familier est le Dojo d’Obsidienne.

Ce n’est pas la première fois aujourd’hui que je me retrouve ainsi devant lui.
Il n’y a pas plus d’une heure nous avons été en face l’un de l’autre.
J’étais à cette réunion d’ambassadeurs Yakuza, mais pas pour y participer : leurs objectifs et même leur présence me répugnent. Ils me rappellent ces humains, que j’ai eu à diriger par le passé, qui, aveuglés par leurs pouvoirs personnels, en sont venus à se damner pour augmenter leur influence sans jamais penser aux conséquences.
Non, j’y étais car c’est là que je serai le mieux en attendant de trouver ma place dans cet empire.
Je les défends, ils me payent, je ne cherche pas à pousser le contact plus loin.
Et bien sur, il y a le gosse, je ne désire pas l’éloigner de son père trop longtemps.

A ce moment, la réunion était sur le point de se terminer ; on nous avait déjà autorisé à boire et des jeux s’organisaient.
C’est là que je l’ai fait.
Je le regretterai sûrement longtemps, mais l’alcool aidant, les rires, la fatigue et mon apathie durant depuis trop longtemps m’y ont poussé. Mais surtout, je pense que c’est le fait que mes forces me lâchent dans ce bras de fer contre cette ordure qui m’a forcé à l’utiliser. J’avais réussi à la garder enfouie au fond de moi pendant si longtemps.
Pourtant, la souillure me répondit sans effort, et c’est là que tout s’est arrêté. Je me suis retrouvé devant lui, cela faisait si longtemps que je résistais et pourtant il savait que je la réutiliserais, il m’attendait…

Ca n’a été qu’un flash, un bref instant, trop court pour que je m’en souvienne, mais bien assez long pour m’ébranler profondément. J’ai d’abord mis ce malaise sur le compte de la colère, mais maintenant je me rappelle son regard, son visage impassible, le moindre de ses traits.
Tel que je le vois à présent.

Le reste de la soirée s’était enchaîné de manière aussi soudaine qu’imprévue, je me souviens déjà à peine des évènements. Je revois la trahison, le combat, les explications du gamin, l’attaque des ninjas, l’auberge en proie au chaos, je me revois ouvrir la boîte, puis je ne vois plus que cette lumière…

La lumière blanche…

J’ai cru mourir, mais j’aurais dû savoir.
J’aurais dû savoir qu’il ne me laisserait pas lui échapper si facilement.
Mon destin me rattrape, une fois de plus, et maintenant je suis là, face à lui. Il a probablement prit la forme la moins effrayante dont il est capable, mais dégage néanmoins une terreur qui dépasse l’entendement. Je suis là, où que soit réellement ce « là », face au Dernier Kami en personne.
Nous sommes tous deux agenouillés, comme avant une cérémonie du thé, mais il semble attendre, impassible. Il porte le même kimono vert que celui avec lequel les rokuganis le représente. Mais son visage est celui d’un homme, un samouraï prêt à partir en retraite tel un maître ayant vu suffisamment d’élèves, à la seul exception de ses yeux dans lesquels ont peut lire la nature de la corruption du monde et une haine infinie.

Le temps passe et nous restons face à face, toute ma volonté est mobilisée pour ne pas sombrer dans la folie. Il est là et ne dit rien.

Il ne dit rien, il sait que c’est inutile, il me rappelle juste que je lui appartiens quoi que je fasse. Bien que j’ai pu croire lui avoir échappé quelques temps, il me montre qu’il a toujours mon destin entre ses mains et compte bien s’en servir au mieux de ses intérêts.
Pour moi son silence est bien plus éloquent mais surtout plus horrible que tout…

L’entretien dure, ma volonté fond, et sans qu’aucun de nous deux n’aie bougé, j’ai su qu’il ne me laisserait pas mourir mais qu’il me réserve un destin bien plus terrible…


En me réveillant, les médecins m’annoncent que mon coma à duré plus d’une semaine, que mon corps est dans un sale état mais que j’ai énormément de chance d’être sauf… S’ils savaient. Il me faut faire un dernier effort, je dois savoir ce qu’il est advenu après que j’eus ouvert la bombe, après l’explosion.
Ensuite, il me faudra faire un rapport tel que l’on me félicitera mais surtout que l’on me laissera du temps pour récupérer.
Les blessures physiques sont surmontables mais mon âme à besoin de temps pour cicatriser.



Encadrement arrondi
Ajouter un commentaire
forum bouton radio modere abonnement

forum vous enregistrer forum vous inscrire

[Connexion] [s’inscrire] [mot de passe oublié ?]

Encadrement arrondi

Tous les éléments et personnages sont des marques déposées détenues par leur propriétaire. Ils sont utilisés ici sans autorisation particulière, dans un but d'information. Si l'auteur ou le détenteur des droits d'un élément quelconque de ce site désirait qu'il soit retiré, les responsables du sden s'engagent à le faire dans les plus brefs délais.

(c) 1997- 2017 SDEN - Site communautaire de jeux de rôle
Tous droits réservés à l'association loi 1901 Elfe Noir.
Les textes et les illustrations des rubriques, sauf avis contraires, sont la propriété de leurs auteurs.