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Livre des cinq anneaux

L’amour rend aveugle (DFF)

mercredi 16 juin 2010, par Kakita Inigin

Synopsis issu du Oujidérépo pour le Livre des cinq anneaux. Il s’adresse à des PJ du Clan du Phénix (ou d’autres Clans pour peu qu’ils aient une bonne raison de se trouver là).

Mots clefs
- une autopsie un peu particulière
- des baguettes maudites (on est à Rokugan, les fourchettes ce n’est pas possible)
- léopard des neiges
- une étoile manquante
- une déclaration d’amour

Défi : une tradition ancienne, une histoire vieille comme le monde

Dans le fief d’Asako Nozaki, il existe une coutume paysanne tenace : on dit que les étoiles qui brillent au-dessus d’un des pics qui entourent le fief sont les âmes des Kami originels. D’autre part, une source qui émerge sur l’un des contreforts du pic est l’objet d’un pèlerinage bien spécial pour les jeunes gens du village : en effet, l’eau chargée de cristaux de silice apparaît étincelante, comme si elle renfermait la lumière des étoiles... et une part de l’âme des Kami ? Il est traditionnel que les jeunes gens qui souhaitent se marier aillent auprès de la source et offrent des gourdes d’eau « divine » aux parents de leur bien-aimée.

Depuis que le nouveau shugenja a déclaré ces pratiques inadéquates, cette tradition devient moins fréquente, même si elle est encore assez bien vue. Il faut cependant convenir que supprimer cette tradition nourrissait un avantage plus prosaïque : le chemin est extrêmement dangereux, acrobatique et souvent verglacé (la limite des neiges éternelles n’est pas si loin) et bien que les jeunes gens aient de grandes capacités et l’habitude de la haute montagne, les accidents sont inévitables : des dizaines de jeunes estropiés dans un fief exposé à la rude vie de montagne, ce n’est pas tenable.

Justement, Akodo Okamoto est amoureux. La jeune fille qui a su capter son cœur vaillant l’aime en retour. Une seule ombre au tableau, mais elle est de taille : sa bien-aimée est la fille (et héritière) du daimyo Nozaki, et lui même n’est qu’un samurai de modeste extrace. Pour tenter d’obtenir sa main (et déjà de survivre à une déclaration d’amour publique), il a décidé d’offrir de l’eau « divine » à son (peut-être) futur beau-père... et actuel daimyo.

Mais, bien sûr, aller en montagne sans autorisation et sans bonne raison est interdit. Il a donc obtenu d’un shugenja sauvage (un heimin qui parle aux kami mais qui n’a pas reçu de formation spécifique et surtout pas de reconnaissance) qu’il lance un sort donnant l’illusion de la chute de l’une des huit étoiles « sacrées », et a benoîtement proposé à son daimyo d’aller escalader le Pic des Kami pour vérifier si l’étoile manquante ne serait pas descendue là.

Il est donc monté. Le hic dans son plan, c’est que si les shugenja sauvages sont rares et persécutés, et si le clan du Phénix en particulier leur fait une chasse impitoyable, c’est souvent parce qu’à côté des kami bénéfiques des quatre éléments, on trouve parfois des entités moins bienveillantes : des kansen. Le shugenja auquel Okamoto s’est adressé est en réalité un maho-tsukai, un serviteur de Fu Leng. Il a fourni au jeune homme, en guise de cadeau d’encouragement, deux jeux de baguettes « pour ton repas de noces, pour toi et ta promise ». Le jeune homme les a emmenées avec lui, sans se douter le moins du monde qu’il s’agit là de baguettes maudites.

Focus : Pris au piège !

Malheureusement, avec autant de raisons d’échouer, il ne pouvait pas réussir. Il va donc rester coincé dans les hauteurs du pic, après de nombreuses épreuves périlleuses (ravines, neige qui s’effondre sous les pas, escalades sur des faces battues par les vents, rochers qui s’éboulent …), non pas parce qu’il ne reconnaît pas son chemin, mais parce que la pureté naturelle des lieux fait mauvais ménage avec la souillure des baguettes qu’il transporte sur lui : il est donc enfermé dans la montagne par un égarement provoqué non par sa mauvaise connaissance des lieux (lui le montagnard accompli) mais par le chaos et le conflit mystique et élémentaire engendré par ce qu’il porte.

Évidemment, sa disparition ne va pas passer inaperçue, et moins qu’aux autres encore à sa dulcinée. Celle-ci va demander à des samurai de son père d’aller le chercher. Bien sûr, sa position, celle du jeune homme, l’inavouable raison qui motive sa détresse (l’amour), vont entourer une mission banale d’une aura de secret, de mystère... de complot. Il faut que les personnages sentent cette atmosphère étrange avant qu’ils ne la rencontrent – et là, surprise ! Le mystérieux personnage qui les a convoqués a certes tout droit de leur attribuer une telle mission, mais quel est l’intérêt du secret qu’elle a mis à cette rencontre et du secret qu’elle exige d’eux ? Heureusement pour cette demoiselle (et pour le scénario), leur condition leur interdit de questionner la légitimité de la fille de leur seigneur.

Qui sont-ils, d’ailleurs, ces samurai modestes ? Frères par leur condition d’Okamoto, ils doivent l’être aussi par leur talent d’alpiniste. Cela requiert donc du Maître de Jeu qu’il fournisse aux joueurs des prétirés élaborés spécialement pour l’occasion (la compétence Escalade, au sens montagnard du terme, et plus encore la compétence Connaissance du Terrain : Montagne, sont rares [NdGap : La spécialisation Escalade de la compétence Athlétisme existe bel et bien, mais elle n’apporte en effet pas de connaissance des dangers de la montagne]).

Et l’ascension commence. C’est l’occasion de leur faire vivre les mêmes affres qu’Okamoto :
- ravines étroites dans lesquelles il faut monter (escalade),
- neige qui s’effondre sous les pas (à cause de congères, c’est-à-dire de murs de neige entrecoupés de failles, ou de ponts amassés entre deux parois sur des branches cassées). Occasion d’utiliser Connaissance du terrain (Montagne) pour repérer les passages dangereux, occasion aussi de mener des actions de sauvetage improvisées (corde – les personnages ont-ils pensé à en prendre une ? -, déblayage de la neige – les personnages ont-ils du matériel pour déblayer des quantités de neige ? -, traineau en cas de blessures, etc.),
- escalades sur des faces battues par les vents (encordement, escalade, chutes, jets d’Athlétisme pour hisser un camarade suspendu dans le vide)
- rochers qui s’éboulent (Jets d’esquive et d’agilité) sur de frêles corniches.

Une scène qui doit être jouée met en scène des léopards des neiges. Elle peut l’être de deux façons : soit ils tombent sur une portée de jeunes et sur la mère, et décident d’épargner les animaux visiblement hostiles (car apeurés) en se repliant ; soit ils rencontrent l’un des jeunes léopards en détresse (confronté à un ours, tombé dans une crevasse…) et l’aident à se tirer d’affaire.

Il faudra également les faire monter/camper dans la neige ou dans des grottes obscures et probablement occupées par des ours, construire des abris de fortune... jusqu’à ce qu’ils retrouvent un Okamoto épuisé, hagard, errant sans comprendre ce qui lui arrive, en plein cœur d’une tempête. Rencontre hasardeuse, au milieu des rafales de neige, qui peut tourner mal (s’ils le prennent pour un ours), et qui peut leur valoir de sérieux désagréments.

En effet, au cours du périple du jeune homme, les baguettes maudites qui lui avaient été offertes et qu’il avait rangées dans ses tuniques de montagne, à même sa peau ou derrière une étroite bande de tissu, se sont incrustées dans ses chairs, les nécrosant à mesure de leur avancée : la Souillure est sans appel. Lorsque les personnages le rencontrent, ses vêtements se sont probablement déchirés et il leur sera facile de s’apercevoir de son état : du sang vicié suinte des blessures, trempant les vêtements s’ils ne sont pas lacérés par les rochers et les ronces gelées.

Pour les personnages, son état doit apparaître comme grave (il l’est effectivement), et le caractère maudit des baguettes doit presque être évident : le sang neuf qui suinte est noir sans même avoir séché, les bords des plaies sont nécrosées... et les baguettes se sont enfoncées dans le torse du jeune homme comme des couteaux. Il va leur falloir monter un abri (en creusant la neige du sol au milieu du vent hurlant), et opérer Okamoto sur place, avec des instruments de fortune (leurs wakizashi ? des couteaux de cuisine ?), cautérisant la plaie avec les moyens locaux (du saké ? un feu de branchages ?).

Si le jeune samurai survit à cette autopsie un peu particulière, avec des samurai farfouillant dans son abdomen à la recherche des petits morceaux de bois, il reste encore aux PJ à le redescendre dans la vallée – il sera vraisemblablement incapable de marcher. S’ils ne sortent pas les baguettes du torse, ou s’ils décident de les conserver comme preuves... ils continueront à tourner tant qu’ils resteront en leur présence. S’ils s’en débarrassent, cependant, la neige aura recouvert leurs traces et ils seront perdus dans l’arrière-pays.

Autant jouer ce côté « perdu dans la neige ». Ce sont des chemins qui mènent à un glacier (et un glacis de crevasses), à des encoignures de murs rocheux, des corniches rocheuses qui se réduisent à un filet de pierre puis disparaissent à six cent pieds en dessus du vide. Un environnement changé par la tempête, d’arbres arrachés, de chemins obstrués ou éboulés, dans lequel ils peuvent tourner en rond des heures.

C’est à ce moment là, quand les PJ en auront plein le dos de porter Okamoto invalide, que la mère léopard des neiges viendra indiquer le chemin de la vallée aux PJ... s’ils ont épargné/protégé ses petits.

Frappe : Libérer la contrée

Une fois rentrés, il leur faudra bien sûr faire face aux conséquences de leurs actes. Si les joueurs sont futés, ils parviendront à ne pas mettre en cause trop vivement la fille de leur daimyo, tout en détournant la foudre de leur tête, ce qui n’est que justice : ils étaient en mission. Mais le jeu impitoyable de l’étiquette rokugani, qui leur interdit de mettre en cause un supérieur, peut leur poser de sérieux problèmes (rappelons qu’ils sont tenus au secret par l’héritière de leur daimyo).

Par contre, s’ils s’en tirent, leur mission ne s’arrête pas là. En effet, Okamoto, devenu souillé, ne peut plus prétendre épouser sa dulcinée (s’il l’avait jamais pu). Celle-ci, ivre de colère, mais pas totalement stupide (le clan du Phénix ne plaisante pas avec la Souillure) va les charger de trouver le maho-tsukai qui l’a condamnée à épouser un homme qu’elle n’aime pas – et cette fois, son père confirmera l’ordre. Ils vont donc devoir interroger Okamoto (de préférence avant que celui-ci ne fasse seppuku) et courser le sorcier avant de le tuer.



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