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Loup-garou : l'apocalypse

La Maison hanté

jeudi 28 juillet 2005, par Myrkvid

Deux garous qui attendent que leur voiture se fasse réparer... Ils acceptent de nettoyer un bout de maison mais...

- Et vous êtes sûr qu’il n’y a aucun autre garage à proximité ? Demanda Heinrich.
- Certaine, Rire de Tonnerre-rhya, lui répondit Récolteuse de Rumeurs. Vous allez devoir attendre le retour d’Ami des Tracteurs si vous voulez repartir.
Je tapotais l’épaule de mon ami.
- Heinrich, on pourrait aussi partir à pieds. On est des garous après tout...
- Tu veux rire ou quoi ? On sait même pas où est ton foutu caern, et tu voudrais que je sillonne la France entière à pieds ?
- Hé, ho, je t’ai pas demandé de me suivre partout comme un chien, hein !
- Ah oui ? T’étais pourtant bien content que je sois là, plutôt que d’avoir à cheminer sur les routes comme un clochard.
- Allons, ne vous disputez pas ainsi, déclara la jeune Enfant de Gaïa en s’interposant.
Heinrich, qui s’était dressé au-dessus de moi les yeux exorbités, se calma. Je passais une main dans mes cheveux et me détournais.
- Je pars demain à 14h, avec ou sans 4x4. à toi de voir !
- Écoutez, plutôt que de vous battre, seriez-vous prêts à nous rendre un service ?
Je regardais la jeune femme. Elle me rendit mon regard, de ses yeux verts miroitants. Des yeux étranges, comme animés d’une force étrangère à la Tellurie.
- Il y a une maison, non loin, Rônin-yuf. Des forces maléfiques s’y terrent, elles causent de grands
dommages sur nos terres. Je ne puis m’y rendre pour diverses raisons, et tous ceux qui s’y sont rendus...
-... ne sont jamais revenus, hein ? Grogna Heinrich. On connaît la chanson. Bon elle est où vot’baraque ? On va aller y faire un tour, ca nous fera passer le temps d’ici le retour de votre mécano, là...
- Toute ma meute a disparu là-bas, Rire de Tonnerre-rhya, dit Récolteuse de Rumeurs d’une voix glaciale. Nous n’étions peut-être que des Enfants, mais ne prenez pas la menace de cette maison à la légère.
- Z’en faites pas, dis-je, il a une grande gueule mais c’est aussi un grand guerrier et il sait se défendre !

Heinrich bougonna et partit avec moi dans la direction que nous indiqua l’Enfant de Gaïa.
La "maison" était en fait un vieux manoir tout droit sortit d’un roman de Maupassant, enfin en tout cas c’est ce que me souffla Heinrich en la voyant. La plupart des fenêtres étaient brisées, l’aile ouest s’était en grande partie effondrée sous le poids des années, et le jardin
relativement petit était envahi de diverses broussailles. Le tout était dans un ton de gris qui semblait occulter la luxuriance de la forêt alentours. Nous reniflâmes l’air, et le parfum de corruption se fit évident. D’un regard nous nous comprîmes : nos corps firent entendre divers
bruits sourds de craquements cartilagineux tandis que nous prenions notre forme de guerre.

- Par l’arrière ou le devant ? Demandais-je.
- On passe par la grande porte, c’est plus classe et dans tous les films les méchants s’attendent à ce que les héros passent par l’arrière, répondit Heinrich.
- On est pas des héros.
- Mais on a la classe.
- Ouaip.
Je sautais la vieille grille d’enceinte et m’avançais parmi les broussailles. Je perçu distinctement un mouvement sur ma gauche, mais ne vis rien, pas même un petit animal.
- Fais gaffe Richie, y’a un truc bizarre dans le jardin.
- Ah ouais ? Fit la voix d’Heinrich un peu plus loin derrière moi. Tu t’attendais à quoi dans un jardin souillé par le Ver ? Des bisounours ?
- Un jardin VRAIMENT corrompu par le Ver regorge sûrement de Bisounours, Heinrich, rétorquais-je tout en avançant. Et de Télétubbies aussi. Les plus terribles suppôts du Corrupteur qui soient !
- Ah bon. Donc là j’ai pas à m’inquiéter, hein ?
Je me retournais et vis Heinrich faire face à un gros truc visqueux de forme indéfinissable. Non, effectivement aucun homme sain d’esprit n’aurait mit ce machin dans une émission pour gosses...

La chose, d’apparence protéiforme, montait à la verticale depuis le sol. Elle faisait bien trois mètres de haut, et ondulait lentement devant mon ami. Celui-ci commençait à reculer doucement, sans gestes brusques. Mais à chacun de ses pas légèrement chaloupés, le bidule en gelée oscillait de concert, montrant qu’il percevait les mouvements du crinos.

- ce truc.. Il parle dans ma tête...
- Euh... et bien n’écoute pas ce qu’il te dit !
Je n’aimais pas le ton absent qu’avait adopté Heinrich. Je m’avançais vers lui et le secouais, en évitant de penser au plum-pudding maléfique. Malgré tout, une voix lancinante commença à chuchoter dans mon esprit, chargée de promesses impies et de perspectives inavouables. Manque de pot pour le flaïel, ou quelle qu’ai été cette saloperie, en Orient j’avais été formé à résister aux tentations. J’arrachais Heinrich à l’emprise du Ver en lui mordant généreusement le gras du mollet.

- Haaaaarrr !!! Je te revaudrais ça, faux-frère ! Gémit-il.
- Mais oui c’est ca. Bon, recule !

De ma grosse patte de crinos, j’avais arraché une grosse botte d’herbes folles. J’y mis prestement le feu et le jetait sur la répugnante pâtisserie anglaise ambulante, qui se mit à se craqueler. Quand ce ne fut plus qu’un petit tas de fragments desséchés, Heinrich jura en allemand et partit d’un pas lourd vers la maison.

Nous survécûmes à la maison. Tant grâce à la puissance d’Heinrich, décuplée par sa colère d’avoir failli se laisser prendre, que par d’étranges choses qu’il m’est difficile de raconter. Tout ce que je puis dire, c’est que nous n’avons pas été que deux à nous battre pour purger l’endroit de la Corruption. Les esprits des garous morts étaient là, d’une manière que je ne m’explique pas : il faudrait demander à un théurge, en espérant comprendre quelque chose à sa réponse. Toujours est-il que c’est ruisselants de sang, mais bien vivants, que nous prîment le chemin du retour.

Heinrich me portait sur son dos, et je chantais des chansons des Beatles à tue-tête pour nous laver le crâne de ce que nous venions de vivre. En arrivant au caern, des gars se précipitèrent vers nous : ils se présentèrent comme les membres du Sept, de retour à l’instant d’un pèlerinage
sur un site sacré non-loin.

- Vous en faites pas, Récolteuse de Rumeurs était là et a honoré les lois de l’hospitalité, leur dis-je en riant.
- D’ailleurs, on voudrait lui dire nous-même qu’on a vengé sa meute... Expliqua Heinrich. Avec leur aide, d’ailleurs, ajouta-il en roulant des yeux troublés.

Ils nous regardèrent en silence, et je senti que quelque chose n’allait pas dans ce que nous avions dit. Finalement le chef du Sept prit une inspiration, et d’une voix posée nous dit quelque chose qui allait nous hanter longtemps :
- Avec leur aide... Et la sienne aussi, étrangers. Récolteuse de Rumeurs est morte avec eux, dans cette maison maudite... Il y a des mois de cela.

Mise à jour : Août 2005 Auteur : Wee-Ree-Cat aka Amaury Fourtet



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