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Loup-garou : l'apocalypse

Le Zen, ou l’art de vivre avec les sangsues

jeudi 17 août 2006, par Loki

La traduction d’un manuel de survie à l’usage de mes chers Rongeurs d’Os : la vie en ville, la cohabitation avec ses habitants étranges, l’art et la manière de dialoguer avec un cousin Garou, etc. Pour les amateurs, un régal ! mais les autres vont encore trouver l’occasion de critiquer des méthodes, hum, alternatives...

La ville est un endroit sacrément marrant, quand on y pense. Toute la bouffe et tous les trucs qu’on peut vouloir, fournis par une humanité gaspilleuse. Fouiller les poubelles, c’est pas si galère, vraiment. Continuer d’être un prédateur est monstrueux face à autant de prédation de la part d’humains ou d’autres de notre espèce. Donc on vit comme des charognards, on nettoie les saloperies des autres.

Pourtant, la vie n’est pas si facile que ça (elle l’a déjà été ?). La majorité des garous ne veulent rien avoir à faire avec la ville, et ceux qui s’y intéressent, les Marcheurs sur verre, sont surtout concernés par les aspects les plus délicats, nous laissant nous débattre dans le flux et le reflux de la vie. On se doit d’avoir une putain de bonne prise sur la situation dans la ville, sur les masses pas trop bien lavées qui la font bouger, qui lui donnent sa vie. Sans parler des vampires.

Ceux-là sont supposés être aux commandes, pas vrai ? Ce sont eux qui font la vie et la mort (surtout la mort) dans quelques bouts d’asphaltes et de béton stratégiquement placés. Laisse-les penser ça. Ca ne vaut vraiment pas le coup de se casser le cul pour foutre le bordel dans leur petit coin. Après tout, c’est que de la brique et de la pierre, de l’acier et du verre. Gaïa a vu le Grand Canyon être creusé par l’eau, pas plus vite que la pluie tombant d’une gouttière. Ca aussi ça passera.

Mais bon, c’est pas plus mal de savoir comment s’y prendre avec eux s’ils décident de s’installer dans le voisinage, et que tu te sens vraiment trop feignant pour appeler une assemblée et les foutre dehors sérieusement. Donc voilà deux, trois détails à garder en tête quand ces invités très spéciaux s’installent dans la chambre d’à côté.

Règle n°1 : Traite les comme des animaux stupides

Ben, ils sont des animaux stupides. S’ils étaient un tant soit peu malin, ils réaliseraient qu’ils sont morts, et qu’ils ne font que se raconter des conneries à eux-mêmes en continuant à marcher. Mais si vous allez droit au fait, cette "Famille", comme ils s’appellent tout seuls, est encore plus territoriale que le pire des Fils de Fenris.
Tout ce que t’as à faire c’est de te rappeler que l’antagonisme avec eux n’est pas une bonne chose, mais que les laisser avoir le contrôle du coin n’est pas une bonne idée non plus. Dans le doute, intimide-les genre alpha. S’ils s’énervent et ramènent des copains, bouge de la ville le temps que ça se calme. Une fois que c’est moins chaud, tu vas les réveiller à coup de lattes dans la tronche.

Règle n°1 bis : Les vampires sont idiots
La majorité d’entre eux pensent qu’ils contrôlent la ville avec un poing de fer. La plupart n’imaginent même pas que nous puissions vivre là, sous leur nez, dans les trous sordides qu’ils ont créés. C’est bien. Laisse-les se faire des illusions de supériorité. Cela rend notre boulot, et nos vies, sacrément plus simples.

Quant à ceux qui en savent un peu plus, la moitié pense que nous sommes les déchets de la société Garou, ceux qui n’ont pas pu s’en sortir dans la nature. Quelqu’un qui pense ça est tellement à côté de la plaque que ça ne vaut même pas la peine de lui expliquer quoi que ce soit. Si on y pense, la ville n’est rien de plus que la nature en mieux aligné. Mais aussi bien alignée qu’elle puisse l’être, il y aura toujours des failles. Et c’est dans ces failles qu’on vit.

Règle n° 2 : Ne les sous-estime jamais

Je pense que c’est la première erreur que font la plupart des Garous qui se retrouvent en contact avec eux. Je retire ça. C’est la première, la deuxième, la troisième et la dernière erreur qu’ils font. Malgré leurs attitudes débiles, leurs gémissements sordides sur leur condition, ils sont dangereux quand on les agace.

Donc, que faire quand tu en emmerdes un ? D’abord, résiste à la tentation de passer directement en Crinos. Crois-moi. Ils ne supportent pas qu’on fasse ça. Ca a tendance à énerver les masses silencieuses et mal lavées, et quand ton dîner est énervé, ça t’irrite. A la place, sois-toi... quoi que ça veuille dire. N’essaye pas de les impressionner avec de la force brute. N’importe quel bouseux de Griffe rouge peut faire ça. Prend exemple sur les Sangsues, et fond toi dans le décor. Ca montre au moins que tu prends la peine d’essayer.

Et en parlant de prendre exemple...

Règle n°3 : Quand tu es dans la merde, que tu sais plus où t’en es, renifle un bon coup.

Une des choses sur laquelle les Garous se plantent le plus c’est quand ils croient que les vampires sont tous identiques. C’est FAUX ! D’abord, il y a les Moches. Tu sais, ceux qui voudraient bien se mélanger, mais qui n’approchent jamais trop du feu et qui ne s’approchent pas des Chiens fous. Ceux-là sont ceux qui se surnomment eux-mêmes Malk. Le consensus général à leur propos est qu’ils sont soit trop dingues pour s’en inquiéter, ou trop dingues pour être emmerdés.

A ce propos, même si ça n’a rien à voir, il est parfois intéressant de vivre sur le fil du rasoir. C’est bien qu’ils pensent que l’on est des machines à tuer de deux mètres cinquante. Mais c’est encore mieux qu’ils pensent qu’on est des machines à tuer de deux mètres cinquante et des psychotiques ! Ne les laisse pas croire autre chose.
Saccage le quartier à la pleine lune. Autant utiliser toutes ces conneries hollywoodiennes qu’ils ont inventé. S’ils pensent qu’on est dangereux uniquement à des moments comme ça, ça risque d’être amusant de les réduire en poussière une nuit sans lune.

Dans tous les cas, fais leur croire que tu n’es pas vraiment stable mentalement, toujours à la limite de péter les plombs mais pas vraiment dangereux. Casse des choses pour montrer que tu n’es pas gentil, mais fais-le assez intelligemment pour qu’ils te laissent assez d’espace vital. Par dessus tout, suis la règle d’or :
Sois assez chiant pour ne pas être dominé, et pas assez pour être éliminé.

En pratique, comment suivre cette règle dépend uniquement de toi. Moi, je tire à pile ou face.

Règle n° 4 : Choisis bien tes amis

C’est un monde solitaire, et les Sangsues le contrôlent autrement mieux que nous. Ca peut être sympa de connaître quelqu’un qui peut t’avoir de la bouffe chaude régulièrement, mais tout ce qui vaut la peine d’être possédé l’est déjà. Fais gaffe à n’importe lequel de tes potes qui semble être intéressé par tes allées et venues. Il y a des chances qu’il ne soit plus vraiment un copain. De temps en temps le changement est progressif, à mesure qu’il est lentement séduit par la bouffe, la bibine, la drogue ou même la thune. D’autre fois, c’est en une nuit, quand ton pote revient avec les yeux vitreux. Dans tous les cas, ce genre de changement est salement dangereux, et peut-être que ça ne vaut pas la peine de rester dans le coin pour voir si tu peux les récupérer. Oui, les vampires sont aussi bons que ça en lavage de cerveau. Et puis bon, qui a besoin d’amis, de toute façon ?

Règle n°5 : Protège tes amis

Fais-le. Sans poser de questions. Pour le vampire moyen, tes potes sont tout juste un repas, et toi t’es qu’un obstacle entre eux et ce repas. Ils contrôlent les flics qui nous virent de nos pieux. Ils contrôlent les tribunaux qui nous enferment. Ils contrôlent les proprios qui défoncent nos baraques à coup de bulldozer. Ils contrôlent le bourgeois qui nous crache dessus quand il passe. Bordel ! Y a intérêt à ce qu’y ai quelque chose qu’ils ne contrôlent pas, sinon on n’a plus qu’à retourner dans les bois la queue entre les jambes, et à sucer des racines avec les autres tribus.

Si la plupart des Garous se plantent, c’est parce qu’ils voient les hommes comme des enfants à protéger ou de la vermine à exterminer. Nous, on comprend la valeur de ceux qui pensent comme nous, de ceux que la vie et le destin ont balancé comme des déchets. Le plus important, c’est d’accorder de la valeur à ceux qui sont comme toi. La société leur a retiré toute valeur, leur a piqué leur identité. C’est à nous de préserver l’étincelle qui vit au fond d’eux. Sinon, ils se fondent dans la Machine, et on en a déjà trop perdu.

Alors, aide tes potes. Quand ils se retrouvent dos au mur, casse le mur. Montre leur que tu es normal. Partage tes talents. Tu as choisi de vivre ici. Pas eux. Fais leur savoir que c’est pas une erreur de ta part.

Et, encore plus important : ne laisse jamais, j’ai bien dit jamais, une Sangsue se nourrir sur un de tes amis proches. Il faut qu’il y ai une limite quelque part, et c’est là qu’elle passe. S’ils te prennent ça, alors y aura plus rien.

Règle n°6 : S’ils ont faim, laisse se nourrir sur toi.

Hé, hé. Après, tu les enfermes dans une pièce avec un autre vampire. Et tu vends des tickets. Tu croyais que les mecs shootés au PCP étaient dingues ? Ben t’as trouvé mieux. Et ça vaut bien le prix du ticket.

En général, les effets secondaire du sang de Garou sont bien suffisant pour que le vampire comprenne qu’il doit rester loin. En tout cas, c’est souvent plus efficace que de charger en Crinos. Après tout, un Garou enragé, y a une chance de se le faire avec une arme en argent ou une balle bien placée. Mais une fois qu’on est DANS eux, une fois que la rage prend les commandes de leur cerveau, ils ne peuvent plus rien faire. Enfin, si, ils peuvent toujours se jurer de ne pas recommencer.

Règle n°7 : Touche pas au truc jaune.

Toutes les merdes qu’on te raconte sur le Ver sont vraies. A 150%. Mais le premier truc qu’apprend un Rongeur, c’est que les villes ne sont pas tant au service du Ver qu’à celui du Tisserand. C’est pour ça qu’on est là, pour empêcher le Ver de corrompre le Tisserand avec sa pestilence.

Si on suit bien cette logique, les vampires sont des créatures de la ville, donc des créatures du Tisserand. Et comme certains endroit de la ville, quand on les néglige, ils tombent aux mains du Ver.

C’est quoi le but de cette philosophie de comptoir ? Facile. Tous les vampires ne sont pas mauvais. Bon, d’accord, ils se nourrissent tous de sang, et c’est vraiment crade, mais pas mal de gens trouvent aussi crade de bouffer ce qu’on trouve dans les poubelles. Ce qu’est important, c’est d’empêcher le Ver de s’emparer d’eux, et de connaître ce qui sont allés trop loin. De la même manière que tu ne t’approches de la zone industrielle au bord de la rivière, que tu fais gaffe à ceux que les mômes fassent pareil, ben parfois faut se débarrasser des vampires qui sont allé trop loin.

Le plus grave, c’est qu’on peur aussi être corrompus, comme les vampires, simplement en vivant en ville. C’est pas parce que quelque chose est belle, naturelle et pure, qu’une action un peu con ne va pas la salir pour toujours.

Règle n°8 : Faut savoir quand résister, faut savoir quand se tirer.

Le monde des vampires est un peu comme le notre, il est pas simple. Ils se font la guerre entre eux, histoire de se donner un but dans leur existence déprimante. De temps en temps, tu peux les comprendre. Après tout, la grande majorité d’entre eux n’a pas vraiment choisi de devenir ça. Mais bon, quoi que tu penses, ne t’engages pas dans leurs histoires.

Ca ne vaut pas le coup. Leur colère est profonde et puissante, c’est ça qui coule dans leurs veines et qui les fait vivre. Et, même si leur cause est noble, même s’ils t’offrent leur amitié en échange de ton soutien, ils vont juste te tirer vers le fond et te noyer dans le sang.

Donc, des fois, vaut mieux lâcher l’affaire et prendre la tangente. Quand ? Bonne question. Y a un truc qu’ils appellent la Chasse de sang. N’aide pas un des chasseurs, et encore moins celui qui est chassé. Quand un tas de vampire a décidé de s’occuper de ça toutes affaires cessantes, ça ne vaut vraiment pas le coup de se coller dans le champ de tir. Et rappelle toi toujours la vieille loi de la forêt :

Chasseur aujourd’hui, proie demain.

Un autre truc auquel il faut faire gaffe, c’est le bordel appelé un "siège". Ca arrive quand un groupe de vampire pense qu’un autre groupe de vampire fait un job de merde à la tête de la ville ; donc ils essaient de s’en emparer. Là, il faut te planquer vraiment profond ! Quand ça arrive, tout est en vrac. Tout le boulot que t’as fait pour t’assurer un p’tit territoire peinard est saccagé par une bande de sangsues qui cherche du sang, et un paquet de sang. Ils ne pensent qu’à récupérer un max de sang, sans s’occuper des conséquences, pour pouvoir retourner au baston. Et en plus, ils croient que le sang de Garou les aide à se battre. Y a pas grand-chose bien qui peut sortir d’un siège, et carrément rien si tu essaies d’en aider certains.

Enfin, y’a rien de plus galère qu’une visite de cousins de la campagne. A la seconde où tu vois un Garou qu’a l’air perdu, limite la bave aux lèvres, tu prends des vacances. Les vampires sont persuadés qu’on vit en bande. Un pour tous, tous pour un, etc. Donc, quand y’en a un qui fout la merde, ben c’est tout le monde qui prend. Ouais, c’est pas juste, mais, bon, la vie elle est pas juste non plus. Mets-toi bien dans le crâne que la seule autre alternative, si tu veux pas te casser, c’est de courir après l’autre psychopathe pour lui expliquer que sa quête de Gloire est un peu problématique. Devine qui va se faire appeler "suppôt du Ver" et devenir la nouvelle cible de ses petits cousins ?

Donc, même si je t’ai fais une belle leçon comme quoi il faut toujours rester, maintenant, je te dis que te tirer c’est mieux. Pourquoi ? Parce qu’être mort, ça pue. Et un type aussi désespéré qu’un vampire fera n’importe quoi pour éviter ça, y compris emmener ses "amis" dans la merde avec lui. On n’a qu’un avantage sur les vampires, c’est qu’à part l’argent, les trucs qui nous font mal leur font encore plus mal à eux. T’en verras pas beaucoup avec un lance-flammes ou un bazooka, parce que même s’ils sont désespéré, ils sont pas que cons. Et si tu vois un vampire avec un lance-flammes, ou une tronçonneuse, y a des chances qu’il soit suffisamment cinglé pour que tu te casses aussi sec.

Un vampire que je connais m’a dit que la réponse standard à une "provocation des Lupins", c’est de trouver un beau trou et d’attendre que les Lupins en question meurent de vieillesse. Que dalle ! La réponse standard, c’est d’acheter tout l’argent qui traîne, de le fondre et de faire boire ça aux "provocateurs". J’lai vu faire une fois, et c’est pas beau à voir. Nous, les Garous, on croit qu’on est brutaux, mais quand t’es immortel, t’as un paquet de temps pour imaginer des trucs dans ce style, et à quel point ça serait amusant de le faire.

Règle n°9 : Dans tous les cas, méfies-toi de la machine

Je vais te révéler un secret que même le plus malin des Marcheurs sur verre de connaît pas. Les vampires ne contrôlent pas la ville. Ils en sont les directeurs régionaux et les coordinateurs, mais ils ne le savent pas. La ville a un cœur et une âme. Les hommes se regroupent le plus près possible pour profiter de sa chaleur et de sa protection. Mais c’est dirigé par quelque chose qu’on appelle la Machine. Ce que c’est vraiment, je ne sais pas. On dirait que c’est lié au groupe d’humains qui fait tourner tout ça. Ils manipulent la ville à leurs propres fins, la forçant à prendre cette orientation ou à ressentir les choses de telle manière ; et si les hommes veulent profiter de la chaleur et de la protection, faut qu’il fasse avec la Machine. S’ils ne font pas avec, ils tombent dans les failles, là où on vit.

Les Marcheurs sont complètement dupes de la Machine et ne se rendent compte de rien. Les autres Garous, ils sont carrément trop cons pour comprendre son influence. Le zombie moyen au service de la Machine passe ses journées dans les vallées de verre et d’acier de la ville et ses nuits dans les villes miniatures qui entourent la grande comme des copeaux qui tombent d’une scie. Les zombies, comme on les appelle, n’imaginent pas aller jusqu’à une autre ville à moins d’y aller dans des machines qui leur sont évidemment fournies par la Machine. C’est comme s’ils avaient quitté l’utérus biologique du ventre de leur mère pour un nouvel utérus technologique où ils vont dormir toute leur vie.

En plus, la Machine n’est pas si facile que ça à éviter. Primo, elle est partout, des télés (surtout les télés) aux voitures en passant par la machine à café et les téléphones mobiles. Elle écoute en permanence, elle observe en permanence, toujours en train d’essayer de séduire ceux qui ne l’ont pas encore été. Elle est tellement puissante que même les esprits qui vivent dans les machins technologiques se rendent compte qu’elle est là. Ils disent que temps en temps, une demande leur est faite, via l’électricité, savoir si quelqu’un a été vu par là, ou ce qu’il a fait. Si l’esprit refuse de coopérer, il est débranché et remplacé par un autre, plus obéissant.

Ca va mal, ça va tellement mal qu’une fois, je me suis cogné dans une nana qui avait des brûlures autour des yeux et sur les tempes. Elle avait l’air d’une réfugiée sortant de la Machine, avec des fringues en lambeaux et des gadgets électroniques cassés, alors j’lui ai trouvé un lit, un verre de gnôle et j’lai planquée dans un trou. Et v’la t’y pas, dix minutes après, que se pointe un type sympa comme un frigo qui me demandent une "Marie Dubois". J’lui ai dit d’aller se faire voir, et c’t’enfoiré m’a tiré d’sus. Comme ça, cash ! T’y crois, toi ?

Bon, j’bouge pas, j’attends qui s’casse, tant pis pour ma fierté. Une fois qu’il est barré, j’me dis qu’il va pas l’emporter au paradis, et j’décide de lui jouer un tour à ma façon, un truc que j’ai piqué aux Marcheurs. Histoire de lui faire bouffer son propre plomb, j’voulais lui faire péter son flingue à la gueule. J’invoque les esprits du coin, et j’leur demande de faire foirer la machine, là, à coté. Et là, ils me répondent "Laquelle ?" Ca m’a rendu curieux, alors j’ai dit "Ben, y’a quoi comme machine pas loin ?" - "Alors, y a celle qui crache le feu, et y a celle qui la trimbale. Elle fait a peu près cinq mètre de long, et elle a pas l’air heureuse". Bon, là j’ai décidé de laisser tomber. J’en sais toujours pas plus, mais si ça s’infiltre dans les hommes, ça fait une bonne raison de plus de rester loin de la Machine.

Donc, si tu vis en ville, comment c’est possible ?

  • Ne regarde pas la télé (bon, sauf si c’est vraiment indispensable, comme Navarro, les cartoons ou Buffy. Cette fille.... Oh aïe).
  • Si tu dois aller dans un endroit important, vas-y à pieds.
  • Ne touche jamais à un ordinateur. Y compris ceux de la sécu. Crois moi, tu ne veux pas être dans leurs fichiers.
  • Les cartes à puce et autres sont des instruments de la Machine. Tu en as autant besoin que d’une balle en argent dans le crâne. Il paraît que la bande noire derrière sont le moyen qu’a la Machine pour te traquer, comment les savants qui mettent des émetteurs au coup des bestioles dans la nature.
  • Le fric pue, mais c’est mieux que les cartes. La Machine a mis ses symboles dessus, et ça n’a de valeur que si la Machine dit que ça a de la valeur. Mais bon, c’est pas pire qu’à l’époque où le seul fric utile était en argent. T’imagines comme c’était marrant, de te trimballer partout avec les poches pleines d’un truc mortel. Mais sinon, les billets en papier n’ont pas de valeur en eux-mêmes, à part celle que l’on veut bien mettre dedans. J’ai vu le regard d’un junkie à qui on a donné une belle dose toute fraîche, et j’ai vu celui d’un banquier quand on lui propose dix millions. Ils sont accros pareil, y a que la drogue qu’est différente.

Faut aussi qu’tu t’souviennes que les vampires, comme les Marcheurs, ne savent pas qu’ils sont des outils. C’est seulement parce qu’on est dans les failles du système qu’on peut avoir une idée de l’influence de la Machine. Ne leur casse surtout pas leurs rêves, parce qu’une fois que ça sera éclairci, y a des chances que quelqu’un vienne te flinguer. S’ils veulent croire qu’ils sont aux commandes, laisse les croire. C’est ça la diplomatie, non ?

Règle n°10 : Ce ne sont que des humains. Toi aussi.

Même si ça ne se voit pas, le cœur qui bat dans la poitrine de n’importe quel vampire est un cœur tout ce qu’il y a de plus humain. Il peut être blessé, il peut saigner, il peut être tué. Quand tu as affaire à un vampire, que ce soit comme adversaire ou comme voisin, n’oublie jamais que c’est quelqu’un qui a perdu un don extrêmement précieux, en échange de quelque chose qui aurait du avoir encore plus de valeur.

Toi, c’est pareil. Ne leur fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, ce que tu ne penses pas pouvoir supporter. Si tu as un problème avec un mec, tue ce mec, pas ses potes. Sinon, tu vas te retrouver salement seul un de ces jours, avec que des morts autour de toi. La cruauté est l’instrument du Ver, et personne ne réussit avec.
Et quand en plein hiver tu as froid et tu as faim, que tu regardes la lumière dans les fenêtres, loin au-dessus, rappelle-toi ce qu’ils ont payé pour être là. Rappelle toi à quel point ils ont froid même pendant la plus chaude des nuits, et comment ils essayent de se réchauffer avec le sang d’une victime sans défense.

Et rappelle toi au moins autant ce que nos frangins idiots semble avoir plus ou moins oublié. On est des hommes. On est aussi des loups, mais oublier notre coté humain c’est comme oublier notre coté gauche. Tu peux toujours vivre, bien sûr, mais c’est vachement plus difficile de profiter de la vie.

La dernière règle : Oublie toute les règles précédentes. Celle-là aussi.

C’est un truc sûr : le monde est bien trop complexe pour qu’une règle soit absolue. Parfois, faut savoir briser les règles pour s’en sortir.

Ca veut dire quoi ? Plein de choses, vraiment. Reste à ta place quand tu devrais fuir. Casse-toi quand tu devrais te battre. Ton pire ennemi est la Machine, mais le confort de ses créations est trop précieux pour être abandonné.
Plus important, les vampires doivent être plus que tolérés. Tu dois vivre avec. On a trouvé une existence confortable dans les failles de la civilisation. Ils ont trouvé une existence confortable dans les failles de la vie elle-même. Tu n’as pas à avoir pitié d’eux, pas plus qu’à critiquer leur manière de vivre. Est-ce qu’on est pas dans le même sac ? Est-ce qu’on ne s’est pas réfugiés tous dans les villes, pour se nourrir de ce qui tombe de la table de la Machine ? Y a rien de bon qui peut sortir d’une guerre ouverte avec les vampires. Ils retardent des ennemis, des ennemis qui finiraient par vouloir nous détruire ; nous, on a nos ennemis, des ennemis qui ne se poseraient pas plus la question avant de couper en deux une poignée de vampires.

Bon, ben, les mômes, j’espère que ça vous a aidés. La ville est un sacré morceau, plein de lumières qui brillent et de néons qui clignotent. C’est facile de vous y perdre, de se laisser aller au confort. Mais, pour chaque truc que tu voles ou que tu achètes, elle prend son dû sur ton âme. Et parfois, c’est dur de payer. Choisissez bien vos alliés, encore mieux vos combats, et plus que tout votre prochain repas.

P.-S.

Note : ce texte est la traduction d’une aide de jeu américaine dont j’ai perdu l’URL originale (faut dire, elle a trainé pendant bien 3 ans sur mon disque dur avant que je ne trouve le courage de faire la traduction, alors...) ; en tout cas, son auteur, Tim Toner, nous a gentiment donné son autorisation. Merci à lui.



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