Qui n’a rêvé d’incarner un preux chevalier en armure ?
Qui ne s’est vu rivaliser de gloire avec Bayard arrêtant une armée sur un pont, de chemises à jabots de dentelles avec Madame de Pompadour ?
Qui n’a parcouru les champs de son enfance en se donnant du "Seigneur de la Plaine" ou du "Prince du Bosquet" ?
Qui ne s’est pris pour le maître du monde du haut d’un donjon en grand appareil ?
Qui ne s’est imaginé les plaisirs sans fin de l’absolutisme devant la description du Château de la Muette ou n’a rêvé des rallyes parisiens ?
Hélas, autant de rêves qui jamais ne se réaliseront. Jamais ... sauf dans nos parties de jeux de rôles, espaces de liberté où l’imagination est seule maîtresse, avant même les dieux réduits à sortir de la machinerie comme un deus ex machina.
Dans ces parties où priment l’imagination et le plaisir ludique, bien sûr, sont bannies les tristes réalités de l’état noble : quel intérêt y aurait-il à jouer un noble polonais désargenté, empêché de se rendre à la Diète parce qu’il a vendu son cheval pour survivre ?
Non, sont convoqués au contraire les archétypes, les clichés, les traces dorées et chatoyantes qu’a laissé le concept de noblesse dans la mémoire indistincte : richesse, pouvoir, extravagance. Qu’importent les exagérations, tant que la truculence, la sophistication, le pouvoir se conjuguent au plaisir de jeu.
Selon les jeux, d’ailleurs, la noblesse recouvre de nombreux concepts : caste martiale d’origine divine dédiée à la mort dans le Livre des Cinq Anneaux, sorciers autocrates en proie à la défiance la religion dans les Secrets de la Septième Mer, dieux conceptuels dans Nobilis.
Ce dossier compile des aides de jeux mettant en relief ces aspects variés de la Noblesse pour et dans le jeu de rôle. Jamais fini, de par son essence même, il appelle vos contributions : vous mettez en scène des manières exquises ? Vous avez une utilisation de l’Histoire innovante ? Venez nous en parler !



Envoyer par email