Et pourtant, sous sa peau de bête dont on veut bien l’affubler se cache aussi un être et des peuplades dont la richesse culturelle n’a rien à envier aux peuples autoproclamés civilisées. C’est sous la civilisation grecque que cette terminologie est apparue, désignant initialement les peuples étrangers à leur culture et à leur langue. Notion déjà péjorative s’il en est car visant essentiellement les peuples asiatiques, slaves et germaniques. Les romains étendirent le concept à tous les peuples qui n’appartenaient pas à Rome. Étaient-ils plus rustres et plus stupides ces peuples dont les invasions ont forgé les bases de notre Europe moderne ? Il n’en est rien. Oh certes, l’attrait pour les abondantes ressources de leurs voisins plus établis les a peut-être motivé à aller y regarder de plus près. Pas toujours de la plus paisible des manières, mais quel que soit le continent et quelle que soit l’époque, ils ont supplanté des empires décadents pour insuffler un souffle nouveau aux civilisations auxquelles ils ont pris le contrôle pour mieux s’y fondre. Ils se sont adaptés et ont apporté une vision neuve sans forcément faire table rase du passé.
De l’adaptation. La conscience de sa propre valeur. Du pragmatisme devant les difficultés de la vie en territoires difficiles. C’est peut-être ce qui a conduit nos amis les barbares à cette image un peu réductrice de bête sauvage humanoïde, combative et un peu basse du front. Ne vous laissez pas enfermer dans ce stéréotype. La civilisation n’est pas uniquement définie par une certaine forme d’organisation matérielle ou culturelle. Et de plus elle peut profondément dépendre du point de vue. Qui est barbare aux yeux de qui ? Celui qui organise des tueries dans une arène pour se divertir ou celui qui pille pour pouvoir passer l’hiver ? Celui qui habillé de peau de bêtes organise des danses autour d’un feu ou celui qui y jette des femmes pour paraît-il y purifier leurs âmes ? Que d’artisans réputés, de navigateurs talentueux, d’éleveurs émérites vivants dans leur présent, à leur époque et vénérant tout simplement le vivant, se retrouvent derrière ces barbares ?
Repartons à la (re)découverte, stéréotypes inclus, de l’un des plus fameux archétypes du jeu de rôle.




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