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Méthode du Dr Chestel

L’Ascenseur

Histoire du patient : François Mignard.

mardi 25 août 2009, par Merin

Prêts pour monter les escaliers ?

HISTOIRE DU PATIENT : François Mignard.

Introduction

Tandis que Mr Courtois, responsable du centre Chestel, explique aux soigneurs les différents points du dossier, un infirmier entre dans le bureau, visiblement à la recherche de quelqu’un : "Excusez-moi Mr Courtois, vous n’avez pas vu notre patient ? Je l’avais installé dans un fauteuil devant votre bureau mais il n’est plus là".

Mr Courtois se lève, apparemment peu surpris, et propose aux soigneurs de l’accompagner, "Ainsi vous comprendrez mieux le problème de ce pauvre François".

Tout ce petit monde grimpe allègrement les escaliers pour trouver le patient au dernier étage, devant la porte d’accès au toit, porte qu’il n’a pas pu ouvrir bien qu’elle ne soit pas fermée à clé.
Il se laisse facilement reconduire et installer pour la scéance, les yeux dans le vide.


LES LIEUX

L’arrivée des soigneurs

Ils se retrouvent tous en train de monter des escaliers, plus ou moins imposants mais toujours très fréquentés : il est 9 heures et les nombreux habitants des immenses gratte-ciel de la Ville se rendent soit à leur bureau, soit à un rendez-vous (improvisez en fonction de la profession des masques).

La Ville

Elle est composée exclusivement de gratte-ciel, achevés, en construction ou en cours de rénovation, reliés entre eux par des voies aériennes qui permettent de passer d’un immeuble à l’autre et d’accéder aux aéroports situés sur le toit des plus grandes constructions.

Tous ces bâtiments sont organisés sur le même principe : ils contiennent des appartements, des bureaux, des magasins, des restaurants et des hôtels. Des escaliers interminables permettent de monter (n’hésitez pas à demander quelques jets de FOR ou de FOI pour y arriver après 10 étages !) quant aux ascenseurs, ils ne peuvent que DESCENDRE.

Entre les gratte-ciel subsistent quelques maisons pour la plupart en cours de démolition.

La population parle français et toutes les parutions littéraires, les publicités, les affiches sont en français. Seuls les journaux américains et britanniques sont en anglais.

Les déplacements se font à pied (au sol ou sur les ponts aériens), en métro ou en taxi jaune. Les voitures individuelles sont très rares (jet de MAT à 11 pour posséder un moyen de locomotion personnel) car seuls les camionneurs responsables du ravitaillement peuvent sortir de la Ville.

Le métro
Les couloirs et les rames sont uniformément couverts de graffitis et de tags. Les masques ne manqueront pas de remarquer de nombreuses affiches, d’autant plus qu’un groupe d’entretien les décollent sous l’oeil attentif d’un policier. Ces affiches, de bonne qualité, exposent les slogans suivants :

"HALTE A LA CONSTRUCTION POUR UNE VIE MEILLEURE."

"REFUSEZ LES EXPROPRIATIONS, NOUS NE SOMMES PAS DES
ANIMAUX EN TRANSHUMANCE."

"CITOYENS N’HESITEZ PLUS, LE RETOUR A DE PLUS JUSTES VALEURS
EST POSSIBLE GRACE AU RESEAU."

Si les masques ne prennent pas le métro, il est possible de voir des affiches identiques sur les palissades des chantiers (jet de PER à 8 ou plus).

L’extérieur

Une carte du globe montrera un unique grand continent avec juste l’emplacement des villes (sans nom, on dit toujours la Ville). Entre ces villes la campagne, où un seul endroit peut être localisé : la ferme du grand-père.


QUE VA-T-IL SE PASSER ?

A l’intention des masques

- Le premier jour, l’un des masques reçoit un avis d’expropriation, il doit quitter son domicile dans deux jours comme tous les autres locataires de l’immeuble.

- Le deuxième jour au petit matin, un autre voit ses fenêtres murées : durant la nuit on a construit un nouveau bâtiment contre le sien.

Peut-être seront-ils tentés de protester, mettez rapidement les choses au point :

Si l’un des masques réagit trop ouvertement, des policiers viennent le chercher et le conduisent au ministère de l’Environnement. Dans une grande salle circulaire et obscure, des hommes d’âge mur et à l’aspect sévère regarde le "coupable" de haut. Ils sont en effet assis trois mètres au dessus de lui. On n’écoutera pas sa défense, le masque est un élément perturbateur et "la société ne peut s’encombrer d’éléments perturbateurs. Aussi nous vous mettons en garde : faites-vous remarquer encore une fois et ce sera la prison".

Il peut alors quitter le ministère avec un exemplaire du procès-verbal.

Dans tous les cas, dosez les sanctions judiciaires en fonction du délit, la justice restant assez semblable à la réalité.

François Mignard

Le dossier ayant été rempli par sa mère, il convient d’éclaircir quelques points.

Tout d’abord François ne joue plus aux jeux sur PC. C’est une fausse piste tout comme l’ascenseur. Si dans son monde les ascenseurs se contentent de descendre, c’est parce que le patient regagne toujours son domicile (au troisième étage) à pied pour faire un peu d’exercice comme le lui a conseillé son médecin.

François a souvent progressé grâce aux relations de sa mère et il se sentait oppressé au domicile familial. Il a enfin trouvé le moyen d’échapper à l’emprise maternelle en partant travailler à New-York mais il y a rencontré la solitude. Il supporte de plus en plus difficilement d’être livré à lui même et l’ambiance de la grande métropole lui est devenue insupportable.

Son vœu le plus cher, tant dans la réalité que dans son Intracos : partir à la campagne, au calme chez son grand-père.

Dans son univers, François se voit comme une victime de la ville et de ses contemporains. On le trouvera dans son immeuble entre son appartement situé au troisième étage et les paliers supérieurs : il cherche à atteindre le toit pour prendre un avion et partir ailleurs, mais il sera impossible de lui faire préciser quel est cet ailleurs.

On remarquera une lettre glissée sous sa porte (jet de PER à 6), c’est un avis d’expropriation qui prendra effet dans trois jours.

Qu’il soit ou non accompagné d’un masque, François n’atteindra jamais le dernier étage (sauf 12 bien entendu). Inventez toutes sortes de bonnes raisons du genre :

- un groupe d’une dizaine de personnes surgit d’un couloir et s’engouffre dans l’ascenseur, entraînant avec lui le patient.

- la lumière s’éteint et le patient trébuche. Des gens compatissants le ramènent à son domicile.

- un incendie se déclare trois étages plus haut, il doit s’arrêter.

- on entreprend subitement des travaux de rénovation dans la cage d’escalier, impossible de passer.

- François se précipite soudainement dans l’ascenseur, il a oublié ses papiers et son argent.

De toute manière, même si les joueurs réussissent à le conduire sur le toit, on ne fait que reporter le problème : l’avion ne peut atterrir que dans une autre ville tout à fait identique à la première.

Le manuscrit

Comme dans la réalité, le patron de François lui a demandé un article sur l’oeuvre de Peeters et Schuiten.

Il ne comprend que la page de garde avec le titre "Perdu dans les Cités Obscures" et le nom de l’auteur. On trouvera dans son domicile tous les albums de la série.

Les camionneurs

Ce sont des gens bourrus avec une grosse moustache poivre et sel, une casquette en velours, et qui font très "grand-père". Pour engager la conversation il convient de réussir un jet de SYM à 8. Si on les interroge sur l’extérieur, ils prennent un air inquiet et ils refuseront de conduire des passagers hors de la Ville car ils jugent cela trop dangereux.

De toute manière, les routes sont surveillées par la police. Aussi conseilleront-ils aux masques de contacter le Réseau et se proposeront-ils d’organiser un rendez-vous.

Le réseau

C’est une association qui regroupe des victimes de la société. Un certain nombre d’entre elles habitent dans la Ville, continuant d’exercer leur métier, tandis que les autres résident constamment dans un réseau de grottes et de tunnels où circulent de nombreux véhicules électriques.
Ce sont des gens non violents qui se contentent (pour le moment) de coller des affiches, de distribuer des tracts et d’aider ceux dans le besoin suite aux expropriations. Moyennant finance (pour soutenir leur mouvement) ils permettent à de nombreuses personnes de quitter la Ville.

Les voyageurs potentiels ont rendez-vous sur un chantier désert à la tombée de la nuit. Les yeux bandés, ils seront conduits dans une gigantesque grotte aménagée en gare, où les attend un train qui effectue un aller et retour vers la campagne tous les jours.

Le train

Les soigneurs devraient arriver à la conclusion que le seul moyen de quitter "proprement" la Ville est le train. Ils devront convaincre François de les suivre, ce qui est facile car le patient souhaite quitter la Ville.
A 22 heures précises, le train quitte la Ville, traverse rapidement la banlieue, fouillis d’usines et de dépôts d’ordures, et s’engage dans la campagne. A ce moment, François s’inquiète et questionne les gens qui l’accompagnent :

- "Où va-t’on ?

- Pourquoi m’avez-vous emmené ici ?

- Que vais-je faire à la campagne ? Il faut rentrer en ville, je dois travailler..."

C’est une dernière chance pour les joueurs de résoudre parfaitement le cas qui leur est confié, de donner une motivation au patient.
Dans tous les cas, si François sort de la Ville, quelques instants après l’univers s’estompe. Fin de la mission.


COMMENT CONCLURE ?

La solution qui s’imposera facilement aux joueurs est de sortir François de la Ville et de le conduire chez son grand-père. Si cela est fait, le patient se réveille et dit à sa mère "maman, je voudrais bien aller voir grand-père".

Mais cela ne résout pas sa phobie de la ville et il ne saura pas construire sa vie future. A noter toutefois qu’un critique littéraire peut travailler à la campagne et que le rhume des foins se soigne.

Il serait également bon de lui montrer que "les Cités Obscures" sont de la fiction (là je m’avance un peu, que les auteurs m’excusent) et que l’interprétation qu’il en fait n’est pas forcément la meilleure. Dans la même optique, l’un des masques pourra rédiger l’article à la place de François en dégageant le côté positif de l’oeuvre (jet de SOC).

On constatera aussi que François est un jeune homme solitaire et on pourrait le pousser à se faire des amis, à multiplier ses loisirs... loin de sa mère !


ANNEXES

Voici quelques explications supplémentaires pour vous aider et que pourront obtenir les joueurs s’ils lisent les différents volumes qui composent la sage de Peeters et Schuiten. Je conseille au MJ de lire, en ordre décroissant d’importance, les albums cités ci-dessous. Les autres titres ne m’ont pas directement inspirés pour le scénario.

Brüsel

Décrit la reconstruction complète et fulgurante d’une ville en dépit du bon sens et aux dépends de ses habitants. Introduit l’existence d’une minorité mécontente qui s’organise face à l’inertie de l’administration, et montre que le véritable espoir se trouve ailleurs. Cet album est indispensable pour les description et l’ambiance.

La Tour

François n’en a retenu qu’une chose : l’ascension des héros vers le sommet de la Tour, alors que comme pour "Brüsel", la solution est à l’extérieur et que pour atteindre cet extérieur il faut préalablement descendre. On remarquera encore la lenteur administrative et les problèmes inhérents à la construction abusive.

La Fièvre d’Urbicande

Introduit le Réseau comme moyen de contrer les règles établies et comme lieu de passage entre deux mondes. On remarquera l’intransigeance de la société et de la justice, et toujours les problèmes de construction.

Samaris

François peut s’identifier à ce héros, seul face à son entourrage et à la justice implacable, victime ballottée par les événements. Fourni le moyen de sortir de la ville : le train.

L’Archiviste

Le personnage principal se voit confier une mission mais il va trop loin au goût de ses supérieurs qui organisent contre lui une répression implacable. Le patient doit-il écrire son article ?

P.-S.

Auteur : Karine Paquot



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