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Nephilim

Les Chemins de Saint Jacques de Compostelle

mardi 22 novembre 2005, par Ubik

Un article qui peut éventuellement inspirer une quête.

Saint Jacques le Majeur
"Oh, très digne et très saint apôtre, tête dorée et resplendissante d’Hispanie, sois notre protecteur et notre patron naturel en évitant la peste, sois notre santé céleste" (Beato de Liébana, "O Dei verbum", 785).

Santiago en espagnol, James en anglais, Giacomo en italien, São Tiago en portugais, Jacob en latin...

Fils de Zébédée et de Salomé, frère de Saint Jean l’Evangéliste, il fut l’un des douze apôtres de Jésus, qui avait surnommé les deux frères Boanergès (du grec, signifiant "fils du tonnerre") en raison de leur désir de punir par le feu céleste les opposants au Christ. Jacques formait avec Pierre et Jean le groupe privilégié des disciples de Jésus : ils furent les témoins de la résurrection de la fille de Jaïre, de la transfiguration du Christ sur la Montagne, ainsi que de son agonie dans le jardin de Gethsémani. Il fut le premier des douze disciples à subir le martyre (Actes des Apôtes, XII, 2) et périt décapité sur ordre d’Hérode Agrippa Ier de Judée, vers 44 après J.-C.

Jacques apparaît comme un homme au caractère véhément, passionné et impulsif : pour preuves les références dans sa conversation avec Jésus lorsqu’il lui demande un poste de privilège au royaume des cieux ou quand il lui réclame une punition pour les samaritains hostiles. L’ardeur de Saint-Jacques lui vaut de fortes réprimandes de la part du Christ. Sa véhémence et sa persévérance dans la prédication apparaissent dans le "Codex Calixtinus" (XIIème siècle, livre fondamental de la tradition du pèlerinage), qui le qualifie de "saint au pouvoir admirable, bienheureux pour sa vie, étonnant pour ses qualités et à l’esprit brillant et fécond".

Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago-de-Compostela)
"Les os de cet apôtre très saint, transportés en Espagne et déposés en son extrême, c’est-à-dire face à la mer Britannique, y ont reçu le culte avec une fameuse vénération de la part de ces gens" (Floro de Lyon).

La légende veut qu’après la mort de Jésus, les apôtres se partagèrent le monde pour y prêcher la parole du Christ. Ainsi, Jacques partit évangéliser la péninsule ibérique, à l’extrêmité du monde connu. Puis, au bout de sept ans, il revint en Palestine où il trouva la mort. Son corps aurait alors été volé par ses disciples qui l’embarquèrent dans un bateau doté d’un équipage angélique et, après sept jours en mer, ils débarquèrent en Galice, près de Iria Flavia (actuel Padrón). La dépouille de l’apôtre fut déposée sur une pierre qui s’ajusta au corps du saint et se transforma en sarcophage. Les disciples se heurtèrent alors aux populations locales profondément anti-chrétiennes mais, grâce à une série de miracles, ils parvinrent à inhumer leur maître. Puis la tombe fut oubliée avant d’être redécouverte huit siècles plus tard : elle devint alors le lieu d’un pèlerinage.

Ce culte, très local à ses origines, était déjà suffisamment assuré au IXème siècle pour que Théodomir, évêque d’Iria Flavia, jugea utile de transférer son siège auprès de la tombe de l’apôtre, sur le site de l’actuelle ville de Compostelle. En 951, les textes font mention du premier pèlerin étranger : il s’agit de l’évêque du Puy, Godescalc, bientôt suivi par l’abbé du monastère catalan de Sainte-Cécile de Montserrat, par le comte de Rouergue, Raymond II, et par l’archevêque de Reims, Hugues de Vermandois. Au début du XIe siècle arrivèrent les Flamands et les Allemands. À la fin du siècle, grâce à un immense travail collectif auquel participa l’Occident tout entier, hommes d’Église et laïcs, âmes charitables et marchands, dévots et politiques, le pèlerinage était bien lancé et Compostelle était en passe d’occuper dans la chrétienté la place tenue par La Mecque dans le monde islamique.

L’origine du mot Compostelle n’est pas établie avec certitude : certains pensent que le mot provient de la déformation du latin "compostum" (signifiant cimetière/séjour après la mort) en rapport avec le lieu où fut enterré l’apôtre ; d’autres pensent plutôt que Compostelle est la contraction de "campus stellae" (le champ de l’étoile) dont parlent les écrits du Moyen-Âge pour raconter la légende selon laquelle ce fut en suivant la lumière surnaturelle d’une étoile que l’ermite Pelayo et des bergers de la région découvrirent la tombe de Saint-Jacques.

Les Chemins de Saint-Jacques
"... par esprit d’oraison, de la région d’Aquitaine, contraint à la dévotion, je marchais, pressé, vers l’extrême de la Galice pour implorer humblement la miséricorde divine et la privauté de l’apôtre Jacques" (Prologue à "De Virginitate Mariae", Xème siècle).

Certains textes font mention de rites et de pèlerinages vers la "Finis Terrae" antérieurs au culte de l’apôtre. Mais à partir du XIème siècle, Saint-Jacques-de-Compostelle devint un haut-lieu de pèlerinage de l’Église catholique, le troisième après Rome et Jérusalem. En effet, le premier millénaire du christiannisme connut trois routes sacrées, qui valaient une série de bénédictions et d’indulgences à quiconque parcourait l’une d’elles. La première menait au tombeau de saint Pierre, à Rome. Son symbole était une croix. On appelait "romées", "romieux" ou "roumieux" ceux qui la parcouraient. La deuxième conduisait au Saint-Sépulcre du Christ, à Jérusalem, et ceux qui la suivaient étaient appelés "paumiers" ou "paulmiers",

car elle avait pour symbole les palmes qui saluèrent le Christ quand il entra dans la ville. Enfin, le troisième chemin menait jusqu’aux reliques de l’apôtre saint Jacques. On donna le nom de "jacquots", "jacotes", "jacquets" ou "jacquaires" à ceux qui parcouraient cette troisième route sacrée et ils prirent pour symbole une coquille. Mais il ne faut pas les confondre avec les "coquillards" qui usurpent sans scrupule l’état de pèlerin pour se mêler à la foule et perpétrer leurs sombres besognes. Le mot "pèlerin", quant à lui, vient du latin "peregrinus" dérivant de "per agrare", signifiant "parcourir, aller loin", mais aussi "étranger, exilé, voyageur".

Ainsi, de 200 000 à 500 000 "jacquets" venus à pied de toute l’Europe occidentale chrétienne se rendirent chaque année sur la tombe de l’apôtre Saint-Jacques (ce qui représente près de 1 000 pèlerins par jour pendant la période printanière) : les restes du Saint furent immédiatement l’objet de la vénération populaire. Les motivations des pèlerins étaient cependant différentes : par Foi, pour rendre hommage à l’apôtre Jacques qui fut un proche du Christ, pour le remercier d’une grâce ou pour l’obtenir, pour se purifier ou pour faire pénitence, etc. D’autres pèlerins marchèrent par procuration, envoyés à la demande d’un puissant qui financait l’entreprise pour son propre salut. Des criminels se voyaient condamnés au pèlerinage pour purger leur peine. Et puis il y avait les opportunistes qui fréquentaient le Chemin pour faire prospérer leur commerce ou leur gloire personnelle, ou encore les aventuriers à la recherche d’exotisme et de sensations fortes.

Le pèlerinage, qui durait plusieurs mois, était un véritable périple : le texte du XIIème siècle intitulé le "Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle", écrit par Aymery Picaud (moine français du prieuré Saint-Pierre de Parthenay-le-Vieux qui fit le pèlerinage en 1123), en dit long sur l’interminable route. Cet ouvrage présente les quatre chemins principaux qui traversaient la France (Paris, Vézelay, Le Puy et Arles) et se rejoignaient à la frontière espagnole pour n’en former qu’un jusqu’à Compostelle, le "camino francés". Picaud y décrit les régions traversées, leurs habitants, leurs coutumes, le climat et les curiosités à y voir, sans oublier les lieux saints que le pèlerin se devait de visiter sur sa route. Il localise également de manière relativement précise les zones dangereuses à traverser qui sont assez nombreuses, mais dont la plus chargée d’appréhension et d’angoisse reste celle des landes de Gascogne, désert d’hommes et terre traîtresse où le sol se dérobe sous les pieds du pèlerin.

En fait, Picaud écrivit sur son pèlerinage cinq livres qui furent présentés comme l’oeuvre du pape Calixte II, et connus plus tard sous l’appellation de "Codex Calixtinus". C’est dans le livre V du "Codex Calixtinus", "Liber Sancti Jacobi", que le moine énumère les marques naturelles, les fontaines, les hospices, les abris et les villes qui se trouvent le long du chemin. Se fondant sur les commentaires de Picaud, une société, "les Amis de Saint-Jacques", s’est chargée de conserver jusqu’à nos jours ces marques naturelles et d’orienter les pèlerins. Ainsi, la route suivie aujourd’hui par les pèlerins est identique au chemin qu’ont parcouru au Moyen-Âge Charlemagne, François d’Assise ou Isabelle de Castille.

« Chronique de la passion des chemins, pareil document atteste de l’héroïcité vécue et à vivre de l’exploit pèlerin. Rien d’étonnant dès lors que, sur ces chemins de Saint-Jacques, ait flotté une atmosphère épique, reprise et transformée au gré de l’imaginaire social par les chansons de geste - ces dramatiques insignes, à la fois émerveillement et appel, justice aussi, à travers la geste des grands, des humbles qui, eux aussi, ont affronté ou affronteront l’immense et purifiante aventure. Rien d’étonnant non plus, dans la passion d’aujourd’hui, tenace et envoûtante, de retrouver les routes anciennes des grands pèlerinages, tout particulièrement celles de Compostelle : c’est, dans l’espace homogène, celui de notre temps, décompté au nombre de "bornes", la quête d’une trace d’une autre densité, cet effluve sacral que les siècles et les hommes ont, à longueur de chemin, exhalé et qui ne saurait disparaître. » (source Universalis)

Les fidèles marchant vers Saint-Jacques-de-Compostelle, appelés aussi "jacquaires", étaient munis de documents certifiant l’authenticité de leur statut ("credencial"), et portaient les signes distinctifs du pèlerin : le large chapeau, la pèlerine (large cape), le bourdon (grand bâton), la musette (sac) et la calebasse (gourde), sans oublier la coquille Saint-Jacques. Pour faciliter leur voyage, les bénédictins de Cluny, mais aussi les Templiers, les Hospitaliers, ou encore l’ordre de Saint-Jacques-de-l’Epée, prêtaient de l’argent, assuraient la sécurité des chemins, logeaient et soignaient les pèlerins.

Le pèlerinage a engendré, dès le début, une extraordinaire vitalité spirituelle, culturelle et économique : création de ville et de villages, de voies commerciales, de chemins, de ponts, d’églises et de cathédrales. Les pèlerinages vers Compostelle ont également permis de véhiculer les différents courants culturels de l’Europe occidentale du Moyen-Âge vers la péninsule ibérique et, en sens inverse, ont fait connaître la culture espagnole au-delà de ses frontières. Le "camino" a été l’axe autour duquel s’est articulé la première conscience européenne.

Les étapes importantes du chemin sont :

* Ostabat (Pays basque français) :

C’est là que se rejoignaient trois des chemins traversant la France (ceux de Paris, Vézelay, et Le Puy). La première étape vers les Pyrénées conduisait vers le Port de Cize, en un lieu appelé Croix de Charles. Là, au sommet du col d’Ibaneta, une croix marquait la limite entre la Haute Navarre et la Basse Navarre, la fin de l’Aquitaine, la limite du Valcarlos, la limite entre le diocèse de Bayonne et de Pampelune. De plus, selon la légende, Charlemagne, qui pénétra vers l’Espagne par le Pied de Cize et en sortit par Valcarlos, choisit ce lieu pour prière et s’agenouilla avec ses soldats en se tournant vers Saint-Jacques. A son imitation, tous les pélerins, au lieu dit Croix de Charles, ont fait et font encore ce geste et le "Guide" va jusqu’à compter 1000 croix à cet endroit-là.

* Roncevaux (Roncesvalles, Navarre) :

C’est là qu’en 778 lutta Roland, "comte de la marche de Bretagne", armé de son épée Durendal et sonnant en vain de l’olifant pour alerter le gros de l’armée de Charlemagne du guet-apens vascon (basques), avant de céder sous la charge des assaillants. Cet événement fut repris trois siècles plus tard dans la fameuse chanson de geste : la "Chanson de Roland". Transformés et embellis, les faits réels devinrent épopée où l’expédition de Charlemagne en Espagne se changea en croisade de sept ans, et où l’embuscade des montagnards devint l’attaque de 400 000 cavaliers sarrasins dont le triomphe était dû à une trahison. Dans cette Chanson, Charlemagne venge son neveu Roland en écrasant les Sarrasins et punit le traître Ganelon. L’oeuvre rencontra un important succès auprès des pèlerins marchant vers Compostelle qui ne manquaient pas de rendre hommage à ces soldats de Dieu, symboles d’honneur et de piété. Passage obligé du Chemin (val et col de Roncevaux), le village était à l’apogée du pèlerinage le plus puissant monastère de la région. Il présente encore de superbes édifices romans, comme la chapelle du Saint-Esprit.

"Roland frappe contre une pierre bise, plus en abat que je ne vous sais dire. L’épée grince, mais elle n’éclate ni ne se brise ; vers le ciel elle rebondit. Quand le comte voit qu’il ne la brisera pas, très doucement, il la plaint en lui-même : « Ah ! Durendal, comme tu es belle et sainte ! Dans ton pommeau doré, il y a beaucoup de reliques : une dent de saint Pierre, du sang de saint Basile et des cheveux de Monseigneur saint Denis, et du vêtement de sainte Marie. Il n’est pas juste que des païens te possèdent : c’est par des chrétiens que vous devez être servie. Ne vous ait homme atteint de couardise ! Par vous, j’aurai conquis tant de vastes terres... »" ("La Chanson de Roland", CLXXIII).

* Pampelune (Pamplona, Navarre) :

La ville, peut-être fondée par Pompée sous le nom de Pompaelo, fut occupée par les Maures en 738 puis reprise par les Basques en 750. Elle devint ensuite la capitale du royaume de Navarre et lutta sans cesse contre les Maures, mais aussi parfois les royaumes de Castille et d’Aragon, tous cherchant à s’agrandir à ses dépends. La ville possède encore aujourd’hui de nombreux monuments (cathédrale...).

* Puente la Reina (Navarre) :

C’est là que se réunissaient les deux grandes routes du pèlerinage vers Compostelle traversant les Pyrénées, l’une passant par le col de Roncevaux (celle de Saint-Jean-Pied-de-Port), l’autre part le col du Somport (celle d’Arles). La voie devenait alors unique et franchissait le río Arga sur le pont médiéval dit "de la Reine" qui a donné son nom au village. A l’entrée de la localité se trouve l’église du Crucifix qui faisait partie d’un hôpital de pèlerins ; l’église de Santiago a quant à elle conservé un portail du XIIème siècle.

* Estella (Navarre) : à venir...
* Logroño (La Rioja) : à venir...
* Nájera (La Rioja) : à venir...
* Santo Domingo de la Calzada (La Rioja) : à venir...
* San Juan de Ortega (Burgos) : à venir...

* Burgos (Burgos) :

Au départ simple étape du "camino francés", la ville parvint à dominer l’axe commercial Ségovie-Bilbao (route d’exportation de la laine) et devint riche et prospère. Burgos est une cité gothique, avec de nombreux édifices qui permettent de suivre l’évolution du style architectural à travers toutes les étapes de son développement : monastère cistercien de Las Huelgas (XIIIème siècle), cathédrale (XIIIème siècle) souvent remaniée, églises et chapelles.

* Fromista (Palencia) : à venir...
* Sahagun (León) : à venir...
* León (León) : à venir...
* Ponferrada (León) : Château des Templiers du XIIème siècle.
* Palas del Rey (Galice) : à venir...

* Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago-de-Compostela, Galice) :

C’est la fin du périple (voir aussi La ville et le pèlerinage aujourd’hui ). Des hordes de pèlerins se ruaient à l’intérieur de la cathédrale : on parlait à voix haute, on chantait, on dormait, on faisait du commerce. Au XIIème siècle, l’église était la maison de tous. L’exubérance dans la piété ne connaissait pas non plus de limites : on se repentait sans baisser le ton, on confessait ses fautes en criant sa prière, les pèlerins circulaient en vagues anarchiques et déchaînées, certains sanglotant d’émotion, d’autres se jetant à terre pour implorer le Saint ou hurler leur requête. Puis, après s’être recueillis près des reliques sacrées, les pèlerins allaient quérir la Compostela, document attestant de leur passage à Saint-Jacques-de-Compostelle, avant d’aller fêter la fin du voyage.

"La Galice nous fascine. C’est un vieux pays celte où le temps a creusé les chemins, les margelles et les visages. Tout nous semble archaïque, d’un autre âge" (Barret / Gurgand, "Priez pour nous à Compostelle").
"Monte del Gozo, en français Montjoie. Là-bas, à cinq kilomètres, le « phare de l’univers », comme disait Jean XXIII, émerge du crachin. Ici, jadis, les pèlerins tombaient à genoux pour remercier monsieur saint Jacques de voir enfin le bout du chemin. Le premier arrivé au sommet était dit « le roi » du pèlerinage, et le nom lui restait, à lui et à ses descendants : Leroy. Aujourd’hui, c’est nous les rois !" (Barret / Gurgand, "Priez pour nous à Compostelle").

* Le Cap Finisterre (Galice) :

Après Compostelle, certains pèlerins poursuivaient leur voyage vers l’ancienne Iria Flavia (actuelle Padrón) où, selon la légende, la barque contenant la dépouille de l’Apôtre accosta en Galice. Ils se dirigeaient ensuite vers le nord-ouest, jusqu’aux mystérieux confins occidentaux du monde connu, les "Finis Terrae". Là, à la fin de la Terre, ils accomplissaient devant le soleil se couchant sur l’Océan un dernier geste symbolique : ils brûlaient leurs vêtements en signe de purification. Puis, se rendant au bord de la mer, ils ramassaient fièrement la coquille Saint-Jacques qu’ils porteraient avec dignité jusqu’au sol natal, pour témoigner matériellement de leur extraordinaire aventure humaine et spirituelle. Cet coquille serait désormais le souvenir futur de leur quête achevée et la marque de leur renaissance. Mais pour renaître au présent, il va falloir rentrer...

Saint-Jacques-de-Compostelle aujourd’hui
"... de toutes les vieilles villes espagnoles, celle qui paraît figée dans un rêve de granit, immuable et éternel, c’est Saint-Jacques-de-Compostelle... Elle ne semble pas ancienne, plutôt éternelle... Mais Compostelle, immobilisée à travers l’extase des pèlerins, unit toutes ses pierres en une seule évocation... Là-bas, les heures sont une même heure, éternellement répétée sous un ciel de pluie" (Valle-Inclán, "La lampe merveilleuse").

De nos jours, Compostelle compte environ 90 000 habitants. Elle est la capitale de la Communauté autonome de Galice (région située au nord-ouest de l’Espagne), dans la province de La Corogne. La ville est le siège d’un évêché et représente l’une des principales métropoles religieuses du pays. La ville conserve la plupart des édifices du Moyen-Âge, dont la célèbre cathédrale romane qui renferme le tombeau et les reliques de l’apôtre, et l’université de Saint-Jacques-de-Compostelle, fondée en 1532, qui est l’une des plus vieilles d’Espagne. Le Conseil de l’Europe a défini le chemin de Saint-Jacques comme le premier itinéraire culturel européen et l’UNESCO a déclaré la ville patrimoine culturel de l’humanité.

L’année 1999 est une année sainte (ou jubilé) car la Saint-Jacques (25 juillet) tombe un dimanche. Cette tradition fut instituée par le pape Calixte II au XIIème siècle. La ville va être le théatre d’une grande fête qui marquera la 118ème et dernière année sainte du millénaire. A l’occasion de ces célébrations, on ressortira le "Botafumeiro", encensoir géant balancé du sommet de la tour-lanterne au centre de la cathédrale par un groupe de huit hommes, les "tiraboleiros". Symbolisant la purification spirituelle, cette pratique du XIII ou XIVème siècle fut un motif d’admiration et d’étonnement pour les pélerins.

En ce qui concerne les chemins vers Compostelle, ils sortent peu à peu du sommeil de ces derniers siècles et les marcheurs de toutes les nationalités se réapproprient les sentiers du "camino" (marqués par des points jaunes). Acte de foi, retour à la nature, nostalgie d’un passé authentique ou quête personnelle : les raisons sont nombreuses mais la destination reste la même.

Le Chemin ésotérique

Plus que le but, la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle, c’est le Chemin en lui-même qui est intéressant. Ainsi, il existe deux chemins vers Compostelle, parallèles, superposés ou entrelacés, qu’emprunte le pèlerin de manière simultanée dans le temps et linéaire dans l’espace : l’un est réel, l’autre intérieur. Les différentes étapes sont ainsi autant d’épreuves physiques et morales que le marcheur doit surmonter pour poursuivre sa quête.

* La Kabbale

Il est important de garder en mémoire le but premier du pèlerinage vers Compostelle, c’est à dire un pèlerinage chrétien vers la tombe de Saint-Jaques le Majeur. Il est donc indéniable que la première Science Occulte qui fut à l’origine du Chemin est la Kabbale.

Revenons tout d’abord plus en détail sur l’Apôtre lui-même. Jacques le Majeur fut l’un des plus proches disciples de Jésus et il était l’un des trois apôtres priviligiés (avec Pierre et Jean) qui suivirent les enseignements du Christ. Il apparaît comme un homme au caractère véhément, passionné, impulsif, ce qui lui vaudra de fortes réprimandes de la part du Christ et son surnom de Boanergès ("fils du tonnerre"). Mais il est aussi présenté comme quelqu’un de persévérant, généreux, à l’esprit brillant et fécond. Cette description nous fait penser à un Nephilim du Feu, sûrement un Djinn, Pyrim Colérique Chaud.

Nous ne savons rien sur les incarnations passées de ce Nephilim. Cependant, en ce qui concerne l’incarnation à Jérusalem au Ier siècle, plusieurs hypothèses ont été avancées sur ses activités. Ainsi, il été probablement membre de l’Arcane 0 - le Mat - et aurait participé activement au Projet Jésus. A cette époque, Jacques aurait eu des attaches avec le mouvement zélote (mouvement aux origines obscures qui rassemblait les hébreux partisans d’une action directe et immédiate contre l’occupant romain et ses complices), et il semblerait qu’il fut d’abord disciple de Jean le Baptiste avant de suivre Jésus. En tant qu’apôtre, il fut le témoin privilégié de la passion du Christ, de sa résurrection et de son ascension. Il partagea ainsi le dernier repas du Christ, lorsque celui ci rompit avec ses disciples le pain "qui était son corps". Jacques fut peut-être le disciple qui tira son épée au moment de l’arrestation de Jésus. Ayant suivi les enseignements secrets du Christ, Jacques fut probablement l’un des pionniers de la Kabbale, suivant les traces de son Maître dans l’ascension de l’Arbre de Vie.

Comme les autres apôtres, Jacques reçut du Seigneur la mission de répandre l’Evangile, avec les dons spirituels et la puissance nécessaires à cette mission (provenant des connaissances apprises en Kabbale). Il partit alors prêcher aux confins du monde ("Finis Terrae" de la péninsule ibérique), puis revint en Palestine au bout de sept ans. Là il retrouva ses anciens compagnons, mais son zèle peu discret et ses méthodes peu traditionnelles attirèrent l’attention de l’Arcane VIII - la Justice - et des Sociétés Secrètes : il fut victime de la troisième persécution menée par les Romains contre les premiers Chrétiens. Celle-ci entraîna son martyre (il fut finalement décapité) et l’arrestation de Pierre. Selon la légende, le corps de Jacques aurait alors été volé par ses disciples qui l’embarquèrent dans un bateau doté d’un équipage angélique (provenant d’une invocation de Kabbale) et, après sept jours en mer, ils débarquèrent en Galice où Jacques s’était déjà rendu et avait sûrement préparé un refuge. Plus que le retour du corps du saint, cette légende semble faire allusion au vol de la stase de Jacques par des Humains et/ou Nephilim qui lui étaient dévoués (formant peut-être une Fraternité Occulte), et sa mise en lieu sûr, loin des Sociétés Secrètes. Cependant, les disciples de Jacques se heurtèrent dans un premier temps aux populations locales mais, grâce à une série de "miracles" (utilisation des Sciences Occultes), ils parvinrent finalement à s’installer sur le site de l’actuelle Compostelle.

Jacques resta ensuite prisonnier de sa stase pendant plusieurs siècles, seuls quelques Humains (peut-être les descendants des membres de la Fraternité Occulte créée par Jacques) se transmettant le secret de l’emplacement de sa sépulture. Il est également possible que la stase du Saint ou d’autres artefacts amenés en Galice au Ier millénaire (les précieuses "reliques") soient à l’origine de guérisons et de miracles ayant contribué à l’apparition d’un culte très local. Puis au IXème siècle, à l’occasion d’un Plexus de Feu dont furent témoins quelques bergers (qui parlèrent ensuite d’une lumière surnaturelle), les champs magiques rechargèrent la stase de l’apôtre qui fut libéré de sa prison. Affaibli, il reprit contact avec les descendants de ses disciples et se remit à prêcher l’Evangile. De nombreuses personnes (Humains et Nephilim) se rendirent alors à Compostelle pour écouter la parole de Jacques, motivés par les "miracles" qui remerciaient les pèlerins ayant fait le chemin pour se recueillir sur la tombe de l’apôtre. Alors que le culte allait grandissant, Jacques s’impliqua dans la Reconquête : sa nature de Djinn se manifesta à maintes reprises sur les champs de bataille où il luttait aux côtés des chrétiens pour repousser les Infidèles, une croix rouge pour emblème de reconnaissance.

Le pèlerinage prenait chaque jour de l’ampleur, et les fidèles étaient de plus en plus nombreux à partir sur les chemins pour se rendre sur la tombe de l’apôtre. Cet immense ferveur populaire créa un engouement sans précédent dans l’Europe chrétienne. L’affluence de pèlerins de toutes les nationalités et de tous les horizons sociaux était une aubaine pour Jacques qui pouvait ainsi prêcher l’enseignement du Christ au plus grand nombre, sans oublier les Initiés. Cependant, cette affluence suscita aussi la convoitise des Sociétés Secrètes qui peu à peu s’approprièrent le Chemin : les milices monastiques (Templiers, Hospitaliers...), les ordres militaires et religieux (Saint-Jacques, Cluny...), sans oublier la toute puissante Eglise catholique, vinrent chercher leur part du butin. Jacques dut fuir et se cacher comme il l’avait fait au temps de Jésus. Mais avant de disparaître il décida de créer un puzzle ésotérique et de disséminer les indices tout au long du Chemin menant à Compostelle, l’arrivée révélant la clé et dévoilant ainsi le secret. Ainsi, l’énigme était visible par tous mais seulement accessible aux humbles qui faisaient le pèlerinage à pied : "l’extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires" (Paulo Coelho). Ayant réalisé ce qui semblait être son testament, Jacques partit sur les chemins accompagné de quelques fidèles pour répandre la parole du Christ, comme celui-ci le lui avait demandé. Puis sa trace disparaît et il ne semble pas s’être manifesté depuis maintenant près de mille ans : l’apôtre a sûrement atteint l’Agartha. Et les pèlerins se succèdent encore sur le Chemin de Saint-Jacques, en quête de son message.

* L’Alchimie

La seconde discipline occulte qui s’inspira très nettement de la symbolique du Chemin est l’Alchimie. De nombreux textes ésotériques écrits par des maîtres aujourd’hui oubliés font référence à des voyages initiatiques vers Compostelle en empruntant le chemin mythique (cf Nicolas Flamel), même si bien souvent le voyage est resté symbolique et n’a été utilisé que comme métaphore des enseignements de cette discipline.

Même si les routes modernes se sont diversifiées, il n’existait traditionnellement que deux chemins principaux, celui du Nord (qui longe la côte du Golfe de Gascogne) et le chemin français ("camino francés"), l’un maritime et l’autre terrestre, qui coïncident avec les deux Voies humide et sèche de l’Alchimie. Habituellement, les pèlerins empruntaient la voie terrestre à l’aller, et la voie maritime au retour. Car il ne faut pas oublier que le pèlerinage était un voyage d’aller et de retour, tout comme dans l’Alchimie : à l’aller, le pèlerin espère obtenir quelque chose ; au retour, il tente de faire fructifier ce bien si précieux, représenté sur les anciennes illustrations par une étoile dessinée sur le front, symbole d’intelligence et d’esprit.

En empruntant le Chemin vers Compostelle, l’alchimiste quitte le confort de sa demeure et part à l’aventure, s’exposant à de multiples dangers et périples : la mort le guette sans cesse à chaque étape du Chemin. Il garde ainsi en mémoire les enseignements de la Voie brève. Il part alors sur les routes qui travèrsent la France puis, après avoir passé les Pyrénées, il va fouler les terres d’Espagne en s’engageant sur le "camino francés". Là, il va se familiariser avec l’enseignement de la Voie sèche, la voie de la génération et de la maîtrise. L’arrivée à Compostelle marquera la fin de cette apprentissage. Puis l’alchimiste reprendra sa route en suivant le chemin du Nord qui longe la côte cantabrique et s’initiera aux mystères de la Voie humide, la voie du changement et de la compréhension.

Les objets qui caractérisent le pèlerin sont également symboliques :

* Un coquillage : il contient un secret, protège la vie qui s’ouvre au monde. Les pèlerins avaient l’habitude de porter cette coquille Saint-Jacques sur leur chapeau, autour du coup ou accrochée sur un vêtement, près du coeur. Le coquillage est aussi le symbole du principe féminin, le Mercure des Alchimistes. Il peut aussi représenter le creuset (construct de la Voie sèche) : un site courbe et fertile qui accueille la semence.
* Une étoile : c’est le symbole à la fois de la conception et de la naissance, mais aussi de bon augure ou d’un événement important. C’est elle qui guide le pèlerin et protège son voyage (les pèlerins suivaient la nuit la Voie lactée pour se diriger vers Compostelle).
* Le bâton (ou bourdon) : c’est lui qui soutien le pèlerin et le protège des dangers du chemin. Le bâton, qui apparaît parfois avec un serpent enroulé autour de lui, est le symbole masculin, opposé au Mercure représenté par le coquillage. Il peut aussi représenter l’alambic (construct de la Voie humide) : il rappelle la fonction masculine d’ensemencement.

Certains éléments du supplément Nephilim "l’Alchimie" sont également intéressants à noter :

- "Le Chemin des Chemins" (p 43) : ce focus est l’oeuvre de Arnauld de Villeneuve, alchimiste de renom du XIIIème siècle, qui se lança dans une course folle à la recherche de l’Adepte qui possédait le secret de la Pierre philosophale. Il devint pour cela un grand voyageur et laissa derrière lui des indices intéressants pour les apprentis travaillant l’Oeuvre au noir, notamment en Espagne (et pourquoi pas le long du Chemin de Saint-Jacques, le "Chemin des Chemins" ?).

- "Ars Magna" (p 65) : ce focus du XIIIème siècle a la particularité d’avoir beaucoup voyagé car son auteur, Raymond Lulle, a semé ses ouvrages un peu partout sur son passage, espérant à chaque étape convertir les initiés qu’il rencontrait. Alors qu’il menait une vie de débauche à la cour de Jacques Ier le Conquérant, roi d’Aragon dont il était sénéchal, il eut une expérience mystique : il lui sembla pouvoir allier les religions du Livre, la Kabbale et l’Alchimie, en une discipline centrale qu’il nomma le Grand Art, "Ars Magna". Il entreprit alors une vie d’errance, essayant en vain de convertir les puissants d’Europe. Il rencontra notamment Arnauld de Villeneuve (voir ci-dessus). Ses thèses étaient pourtant intéressantes : Lulle avait retrouvé les liens unissant la Kabbale et l’Alchimie par l’entremise de la parole, le Verbe qui engendra le monde et par conséquent la matière. Est-ce là le véritable secret de Compostelle qui unit en un même Chemin ces deux Sciences Occultes ?

- "Le Livre des Figures Hiéroglyphiques" (p 113) : ce focus est l’oeuvre de Nicolas Flamel qui, selon la légende et pour parvenir à percer le secret du "Livre d’Abraham le Juif", entreprit un voyage vers Compostelle. Il est intéressant de noter que l’une des trois voies de pénétration de l’alchimie arabe dans l’Europe chrétienne fut l’Espagne, les deux autres étant la Provence et la Sicile. En effet, ce furent principalement les savants juifs, chassés de Cordoue par le fanatisme des Almohades, qui traduisirent les ouvrages alchimiques arabes et permirent ainsi de diffuser les traités. Le mystérieux Maître Canches, savant juif converti, que Flamel est supposé avoir rencontré à Compostelle était-il l’un d’eux ?

- La Mérelle Carbonique de Saint-Jacques (p 206) : cet artefact (construct de Terre) est intéressant et pourrait très bien avoir pour focus l’une des nombreuses statues du Saint présentes dans les églises ou abbayes du Chemin, ou mieux se trouve dans la cathédrale de Compostelle, près des reliques de l’Apôtre.

- Esmeralda (p 178) : l’Adepte du Glorieux Alliage, Esmeralda la voyageuse, accompagne de nos jours la caravane des Roms dans leur étrange vagabondage à travers le monde. Les routes d’Espagne ne seraient-elles pas un lieu idéal pour y croiser la caravane des Bohémiens, avançant lentement sous un soleil de plomb dans le désert de Castille, comme un mirage surgit d’une autre époque ?

Epoque d’incarnation : Saint-Jacques-de-Compostelle aux XIIème et XIIIème

Voici un dévellopement de l’époque que recouvre les Nouveaux Mondes, vous y trouverez une présentation de simulacres que votre personnage a pu incarner. Mais aussi une liste non exhaustive des quètes mystiques auxquelles il a pu se joindre durant cette période.

* Pélerin, voyageur en route vers les chemins de Compostelle

« Quand nous partîmes de France, en grand désir. Nous avons quitté père et mère, tristes et marris. Au coeur avions si grand désir d’aller à Saint-Jacques. Avons quitté tous nos plaisirs pour faire ce voyage. »

(La grande chanson)

« Des choses nécessaires il faut être garni, a l’exemple des Pères n’être pas défourni de bourdon, de malette, aussi d’un grand chapeau, et contre la tempête, avoir un bon manteau. Ma calebasse est ma compagne, mon bourdon, mon compagnon, la taverne m’y gouverne, l’hôpital, c’est ma maison. »

(Chanson du Devoir des Pèlerins)

* Noble Castillan, acteur de la "Reconquista" de l’Espagne Chretienne

« Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années. »

( Don Rodrigue à Don Gomès, Corneille, "Le Cid", Acte II, Scène 2, 1637 ).

« Généreux héritier d’une illustre famille, qui fut toujours la gloire et l’appui de Castille, race de tant d’ailleux en valeur signalés, que l’essai de la tienne a sitôt égalés, pour te récompenser ma force est trop petite ; Et j’ai moins de pouvoir que tu n’as de mérite. Le pays délivré d’un si rude ennemi, mon sceptre dans ma main par la tienne affermi, et les Mores défaits avant qu’en ces alarmes j’eusse pu donner ordre à repousser leurs armes, ne sont point des exploits qui laissent à ton roi le moyen ni l’espoir de s’acquitter vers toi. Mais deux rois tes captifs feront ta récompense. Ils t’ont nommé tous deux leur Cid en ma présence :

Puisque Cid en leur langue est autant que seigneur, je ne t’envierai pas ce beau titre d’honneur. Sois désormais le Cid : qu’à ce grand nom tout cède ; Qu’il comble d’épouvante et Grenade et Tolède, et qu’il marque à tous ceux qui vivent sous mes lois et ce que tu me vaux, et ce que je te dois. »

( Don Fernand à Don Rodrigue, Corneille, "Le Cid", Acte IV, Scène 3, 1637 ).

Une figûre de la reconquète : Le Cid Campeador

Rodrigo (Rodrigue) Díaz de Vivar (1043-1099) naquit à Vivar, petit village espagnol situé en Castille, au nord de Burgos. Issu d’une famille de petite noblesse castillane, il fut élevé auprès de Sanche, le fils aîné du roi Ferdinand Ier de Castille (1035-1065). Nommé premier officier de l’armée royale par Sanche II le Fort, le successeur de Ferdinand, Rodrigo combattit pendant plus de sept ans aux côtés de son roi. C’est durant ces guerres contre la Navarre, contre Saragosse, contre Alphonse VI, le frère du roi, et contre les Maures qu’il aurait acquis sa réputation de héros invincible. A la mort de Sanche, il passa au service d’Alphonse VI qui lui donna en mariage sa cousine Jimena (Chimène) Díaz. Mais bientôt son esprit d’indépendance et son influence portèrent ombrage au roi. Rodrigo, tombé en disgrâce, parcourut l’Espagne, offrant ses services à des princes chrétiens et même musulmans, remportant des victoires éclatantes qui lui conférèrent peu à peu une puissance politique qu’il utilisera dans les dernières années de sa vie, après s’être emparé du royaume maure de Valence sur lequel il régnera jusqu’à sa mort.

Chevalier héroïque au service de son pays, le Cid Campeador, "le seigneur qui gagne les batailles" (de l’arabe sidi, mon seigneur, et de l’espagnol campeador, guerrier illustre), est devenu au cours des siècles un personnage légendaire, le symbole de la noblesse chrétienne espagnole.

* Moine Cistercien, religieux de l’Abbaye de Santa Maria de las Huelgas de Burgos

* Compagnon, Maître Artisan Batisseur d’Eglise

« Toutes les cathédrales et presque toutes les églises avaient la forme d’une croix. La croix était le symbole le plus important de la chrétienté, bien sûr, mais il y avait aussi une raison pratique : les transepts fournissaient un espace précieux pour les chapelles annexes et la sacristie. Quand il eut tracé le plan au sol, qui était simple, Tom revint au dessin central qui montrait l’intérieur de l’église vu du côté ouest. Il entreprit alors de dessiner la tour s’élevant au-dessus et derrière la nef.

La tour devait avoir une fois et demie ou deux fois la hauteur de la nef. La première solution donnait au bâtiment un profil d’une agréable égalité avec les bas-côtés, la nef et la tour s’élevant suivant une progression continue : un, deux, trois. La grande tour serait plus spectaculaire, car la nef aurait alors deux fois la taille des bas-côtés et la tour deux fois celle de la nef, les proportions étant un, deux, quatre. Tom avait choisi la version spectaculaire : c’était la seule cathédrale qu’il bâtirait, et il voulait qu’elle atteignît le ciel. » ( "Les Piliers de la terre", Ken Follett ).

* Chevalier de l’Ordre des Hospitalier de St Jean de Jérusalem, protecteur des pelerins sur le chemin de St Jacques.

Au XIIème siècle, Cluny et Cîteaux occupèrent une place déterminante dans l’organisation de l’accueil des pèlerins sur les chemins de France et d’Espagne. Parallèlement au rôle qu’ils jouaient dans le combat contre l’Infidèle, les ordres de chevalerie créèrent également leurs établissements et commanderies, tout en veillant sur la sécurité des chemins. Il s’agit, entres autres, des Chevaliers de Saint-Jean dits "Hospitaliers", des Templiers, des Chevaliers de l’Ordre de Santiago, des Chevaliers de Saint-Lazare. Les confréries de Saint-Jacques se multiplièrent elles aussi pour venir en aide aux pèlerins.

* Erudit Maure, Sage du royaume de Cordoue et disciple d’Averroes

Avicenne et Averroès furent deux philosophes et médecins arabes dont les travaux eurent une grande influence sur les penseurs européens. Avicenne (en arabe ibn Sina) vécut de 980 à 1037. Il passa presque toute sa vie en Perse. Il écrivit une centaine de livres dont le plus important fut une encyclopédie de la médecine. Cet ouvrage servit de base aux études médicales jusqu’en 1500, non seulement dans le monde arabe mais aussi en Europe où il fut traduit. Averroès (en arabe ibn Rushd ) vécut de 1126 à 1198. Il naquit à Cordoue où il devint câdi (juge). Il écrivit de nombreux ouvrages sur l’astronomie, la grammaire, la législation. Ses commentaires du philosophe grec Aristote influencèrent les penseurs chrétiens et juifs.

* Guerrier Maure Almohade, Fanatique protecteur de l’Andalousie Musulmane

* Rabbin Séfarade réfugié à la cour de Castille

Les Quètes Mystiques, apport de Sapience

* Participation à la "Reconquista" de l’Espagne Chretienne

Initiée dès l’invasion musulmane, la résistance des monarchies chrétiennes s’organisa au fil des siècles et la "Reconquista" marqua notamment les XI, XII et XIIIème siècles. Les succès des offensives chrétiennes permirent aux royaumes des Rois catholiques de récupérer peu à peu les terres occupées par les Maures. Ces succès provoquèrent des réactions violentes de la part des rois islamiques qui tentèrent de reconquérir les territoires en faisant appel aux Almoravides, puis aux Almohades, dynasties musulmanes de guerriers fanatiques. Mais la cohésion des chrétiens permit de repousser ces assauts et d’assurer leur victoire.

* La cour du Roi de Castille

Les souverains espagnols pratiquèrent une politique de large tolérance à l’égard des minorité ethniques et religieuses qui passaient sous leur domination (comme l’avaient fait avant eux les souverains musulmans). Cette coexistence des trois groupes linguistiques (arabes, juifs et chrétiens) eut une grande influence sur le plan culturel. Ainsi, des traducteurs firent passer en latin certains ouvrages grecs qui avaient été conservés en traduction arabe, comme par exemple la "Physique" d’Aristote. D’autres traductions firent connaître les philosophes juifs et musulmans, notamment Averroès, mais aussi les sciences comme l’astronomie et la médecine. Cette politique de tolérance atteignit son apogée avec le roi de Castille Alphonse le Sage (1252-1284) qui s’entoura de savants, écrivains et poètes des trois religions.

* Exploration des mondes de Kabbales avec les Sefarades

"Séfarades" est le nom qui fut donné aux Juifs de l’Espagne médiévale (et à leurs descendants). Leur origine légendaire les fait venir d’une colonie salomonienne qui s’installa dans la péninsule ibérique. Jusqu’au VIème siècle, les communautés d’Espagne se développèrent sans encombre, mais la conversion au catholicisme du roi wisigoth Reccardère en 589 marqua le début d’un siècle de persécution des Juifs d’Espagne. C’est l’invasion musulmane en 711 qui y mit fin et initia l’âge d’or du judaïsme espagnol jusqu’à 1036, sous le Califat de Cordoue et ensuite sous les royaumes islamiques. Mais l’invasion des Almohades et la Reconquista entraînèrent au XIIème siècle la migration des juifs de l’Andalousie vers l’Espagne du Nord chrétienne. Les communautés juives vécurent alors en paix et y bénéficièrent de privilèges royaux ("fueros") tout en suivant leur propre constitution ("ascamot"). Les juifs furent à l’origine du développement de la science et de la littérature castillanes, comme par exemple sous Alfonse le Sage (voir La Cour du Roi de Castille), et leur prestige fut reconnu dans toute l’Europe. C’est au XIIIème siècle que Moïse de León, rabbin à Ávila, transcrivit (ou écrivit) le "Zohar", maître livre de la Kabbale. Mais à partir du XIVème siècle et jusqu’à l’expulsion officielle décrétée en 1492 à Grenade après la prise du palais de l’Alhambra, les communautés juives furent victimes de répressions et de massacres qui provoquèrent le déclin et l’extinction du foyer majeur du judaïsme médiéval.
* Participation à la défense des Royaumes Maures

A la fin du XIIème siècle, les Almohades imposèrent leur domination à l’Espagne musulmane et écrasèrent le roi de Castille Alphonse VIII à Alarcos en 1195. Mais devant ce péril, les forces chrétiennes se regroupèrent et remportèrent une éclatante victoire à Las Navas de Tolosa en 1212. Profitant de ce succès, les rois chrétiens s’emparèrent des territoires maures qui tombèrent un à un : Cordoue (1236), Valence, Séville (1248)... Seul resista le royaume de Grenade, occupant la Haute Andalousie et sa frange méditerranéenne. Les Maures luttèrent pour conserver ce dernier bastion islamique en Europe et tenter de protéger leur culture et leus trésors. Le royaume de Grenade devait encore résister pendant deux siècles, profitant des crises politiques et sociales qui affaiblissaient les monarchies chrétiennes.

Nicolas Flamel

Ce personnage est entouré d’une aura de mystère, et la tradition a fait de cet hermétiste un grand alchimiste.

Né près de Pontoise vers 1330, Nicolas Flamel partit travailler à Paris (il tenait boutique près de l’église Saint-Jacques la-Boucherie) comme écrivain public (activité lucrative puisque l’imprimerie n’existait pas encore). Selon la légende, il aurait fait dans sa jeunesse un rêve étrange au cours duquel un ange lui montrait un livre fabuleux. Flamel aurait ensuite découvert dans la réalité cet ouvrage : composé de trois fois sept feuillets, il contenait des gravures et des textes alchimiques signés " Abraham le Juif ". Flamel épousa ensuite dame Pernelle qui fut sa compagne dans la vie mais aussi dans ses recherches hermétiques.

Les deux époux passèrent alors des années à tenter de déchiffrer le précieux volume, mais sans succès. Le livre était composé de 3 fois 7 feuillets (= 21) : il lui fallut ainsi 21 ans de recherche avant de trouver l’homme qui put lui expliquer le livre. Flamel décida donc d’entreprendre un pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle où il rencontra Maître Canches, savant juif converti. Ce dernier lui fournit alors les clés permettant d’interpréter les textes. Le décryptage du livre lui prit ensuite 3 ans et l’Oeuvre au Blanc et au Rouge lui prirent trois essais (la seconde 103 jours après la première). Selon certains, Flamel n’aurait jamais fait le pélerinage à Compostelle, son itinéraire étant plutôt initiatique et philosophique.

Mais la légende raconte qu’à partir de ce moment, l’alchimie permit à Flamel d’acquérir une immense fortune : véritable mécène, il fit alors construire ou rénover de nombreux bâtiments, créa des fondations de charité, reconstruisit l’église Saint-Jacques-la-Boucherie (seul subsiste de nos jours la tour Saint-Jacques) et édifia deux "arcades" (sortes de concessions à perpétuité) au charnier des Innocents. Ses recherches lui auraient également permis de trouver la pierre philosophale (qui lui aurait apporté l’immortalité, même si sa mort le 22 mars 1418 est certifiée par des sources sûres). A sa mort, Flamel ne laissa cependant qu’un faible héritage.

La légende le concernant va aller en grandissant au cours des siècles et plusieurs personnes soutiendront l’avoir rencontré à diverses époques bien après sa mort. ll repose aujourd’hui aux côtés de dame Pernelle dans le musée de Cluny. De nombreux lieux de Paris conservent la trace de l’hermétiste et de son épouse : la rue de son domicile principal qui porte son nom, la taverne Nicolas Flamel (rue de Montmorency) aménagée dans une de ses maisons, une rue voisine porte le nom de Pernelle, etc.

Plusieurs textes sont attribués à Flamel, dont "Le livre des figures hiéroglyphiques", 1409

Liens

* Xacobeo = Un site très joli, tout en flash en plusieurs langues, avec plein d’infos.

* Le site d’un pélerin = Il y en a beaucoup sur le web

* Le site de l’Union Jacquaire de France = une mine d’or...

* Un site un peu plus historique sur le pélerinage au moyen âge

* Un site très complet sur Nicolas Flamel (en anglais)

* Un site sur les figures hiéroglyphiques



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