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Pendragon

Quelques Notes sur la religion des Celtes...

... dans la Bretagne Légendaire

samedi 19 août 2006, par Gégé

La religion celte, polythéiste à tendance monothéiste reconnaît dans la personnalité de Cerydh Wen la personnification féminine de la souveraineté. Symbolisée par Eire, chez les Irlandais, elle garantit la légitimité des souverains dont le pouvoir est justifié par son soutien et celui des collèges druidiques.

Afin de mettre en garde les joueurs quant à l’authenticité des informations contenus dans le présent chapitre, il est nécessaire de préciser que nous avons prit quelques libertés avec la réalité historique afin de constituer une trame plus simple à utiliser dans le cadre du jeu. D’autre part, beaucoup d’éléments admis par les celtisants demeurent à l’état d’hypothèse que le manque de source rendent difficiles à valider.
Gerbes de bataille, violence de la contrainte, iniquité du crime, les tristes corbeaux sont rassasiés, le sol sera rouge sang [...] Les hommes dans la terre, sur des tranchants, les gerbes.

Tain Bo Cualnge ( la Razzia des Vaches de Cooley )

Les dieux

Les celtes, reconnaissent également diverses personnifications de la déesse par différents avatars dont les noms sont connus de tous.

* Lug, tout d’abord est le souverain du ciel et le juge des hommes. Divinité solaire, il possède cependant un côté noir, celui de l’impitoyable vengeur. Nuada, au Bras d’argent symbolise le chef stratège qui seul peut assurer la victoire au combat. Il se doit d’être fort et c’est la raison pour laquelle la perte temporaire de son bras l’obligea à abdiquer. Muni d’un bras de métal par les soins de Diancecht le soigneur, il récupéra son trône et l’ensemble de son pouvoir.

* Le Dagda, est une personnalité particulière. Maître en magie, il constitue la dimension sacerdotale du pouvoir. Il possède quatre Objets légendaires dont les pouvoirs sont rappelés dans de nombreuses légendes. Le Chaudron de renaissance, dont les Chrétiens se sont inspirés pour définir les forces du saint Graal. La massue qui peut terrasser tout homme en le réveillant dans l’autre monde. La harpe aux mélopées infinies dont il tire les 3 chants majeurs (Le sommeil, Le rire et la tristesse) et la roue cosmique de l’Apocalypse.

* Ogme, maître incontesté des champs de Bataille est le seigneur de la guerre, dans tout ce qu’elle a de plus sanglant. A la faveur d’un combat, il laissera pourtant sa place de champion des dieux à un Héros humain comme c’est le cas de CuChullain, figure majeure de la mythologie irlandaise. (Tain Bo)

* Brigit est la force créatrice de Cerydh Wen. D’elle, viennent tous les savoirs et tous les arts connus des hommes. Muse des Aes Dana, les artisans et hommes de savoir, elle tient une place élevée dans la famille celtique. Il existe d’autres manifestations de la Déesse mais nous nous arrêterons à ceux-ci pour éviter le débordement.

Les Celtes ont un regard assez pragmatique de leur propre religion ; La déesse est là, partout présente, nouant les destinés. Cependant, L’homme n’a pas, à proprement parlé, de rôle à jouer dans un quelconque salut. La vie après la mort est une renaissance dans l’autre monde, vers un autre destin, dont les liens avec la vie passée sont limités. C’est la raison pour laquelle, le seul devoir d’un païen envers la déesse est le respect et, dans la mesure du possible, la compréhension. Les signes et les présages sont des moyens permettant à la déesse de s’exprimer. Libre aux hommes de la comprendre.

Leurs jambes pour toute monture,
Pour tout bien l’or de leur regard,
Par le chemin des aventures,
Ils vont haillonneux et hagards
Le sage indigné les harangue
Le sot plaint ces fous hasardeux ;
Les enfants leurs tirent la langue
Et les filles se moquent d’eux.

Les rites

Ils sont nombreux dans la tradition celtique. Ils ont une valeur de contrat avec les forces de la Nature dont la déesse est la Gardienne. Les éléments de la nature y tiennent une place importante.

Ainsi, l’eau pure permet de laver le corps de ses miasmes et peut être utilisée dans de nombreuses situations. La Terre foulée ainsi que les Champs peuvent être mis sous la protection de la Déesse par le Bornage de pierres sacrés.

Le voyageur, se doit de marquer son chemin en élevant un tas de pierre permettant à d’autre de se repérer sur leur route. De la même manière, on pourra laisser quelques aliments auprès d’un arbre majestueux afin que le peuple des Faës puisse se nourrir et permettre aux hommes de passer sur leurs terres. Plus rarement, le Feu pourra servir à consumer un sacrifice au profit de l’autre monde.

Le Sacrifice est un moment important de la vie religieuse car il permet aux hommes de banqueter avec les Dieux, nouant ainsi une entente qu’on voudrait indestructible.

Le Don est, dans une moindre mesure, un acte du même genre, puisqu’il s’agit d’un partage.

Les Morts font également l’objet d’un soin particulier. Eviscérés, ils seront entièrement brûlés. Les cendres devront être jetées en eau claire afin de rejoindre le domaine sacré.

C’est qu’odieux et ridicules,
Et maléfiques en effet,
Ils ont l’air, sur les crépuscules,
D’un mauvais rêve que l’on fait
C’est que, sur leurs aigres guitares
Crispant la main des libertés,
Ils nasillent des chants bizarres,
Nostalgiques et Révoltés ;

Les superstitions

La tradition celte est largement fournie de superstitions diverses liées ou non à des réalités culturelles. Quelques-unes unes d’entre elles méritent d’être notées.

La Morrigan

Est un personnage majeur des légendes. Symbole de la mort à la manière de la Walkyrie, elle se présente sous les traits d’une farouche guerrière vêtue de noir (parfois borgne). Son apparition présage de la mort d’un individu. Croiser son regard, s’est s’offrir le plus court chemin vers l’au-delà. Cette faucheuse apparaît dans un grand nombre d’histoire mais garde toujours une apparence calme et réfléchie. Elle ne constitue pas un principe mauvais. Simplement, une force naturelle venant préparer le voyage vers l’autre monde.

Avallon

L’île aux dames est un élément majeur de la tradition. Havre de paix et de silence, elle se situe hors du temps et de l’espace. Son accès est mystérieux et différera selon les individus. Prise comme une terre sainte, on lui prête le pouvoir de modeler les âmes dans le dessein de la Grande Déesse Cerydh Wen. La dame du lac, prêtresse dirigeante du sanctuaire est un personnage du siècle, qui garde toujours un contact avec les franges du pouvoir, où qu’elle se situe. Détentrice d’un grand savoir, elle peut également compter sur la sagesse d’un collège druidique pour la tenir informée des événements extérieurs ou la conseiller dans certains cas.

Le mariage du Grand Cornu

Le cornu est l’un des multiples avatars de la déesse Cerydh Wen, dans sa forme de reproductrice. Le mariage magique qui se tient à Avallon en de rares occasions voit une Femme, investi de l’esprit de la Déesse recevoir la semence d’un homme, lui-même sous l’emprise du Cornu. Cet homme, pour pouvoir participer à ce rite, doit au préalable, cornes et peaux de bête sur le corps, vaincre le mâle dominant d’un troupeau de Cerf, afin d’en devenir le seigneur, à la manière du Dieu de la mythologie. S’il est vaincu, sa dépouille est brûlée et son nom sera oublié. Si par contre, il obtient la victoire, il pourra alors poursuivre le mariage.

Cette fête a une utilité bien précise dans le jeu d’intrigue noué par Avallon. Les deux participants son généralement choisis dans un but politique ou parce que de leur union naîtra un homme d’exception. La plupart du temps, c’est la Dame du Lac "elle-même" qui enfantera afin de se lier la fidélité d’un clan ou d’un parti.

Le Sid, "l’autre Monde"

L’existence du Sid est sans doute la croyance païenne la plus répandue, dans la mesure où les exemples de passage dans l’autre monde sont légions et dépassent le seul cadre des légendes. La terre de l’autre côté du miroir fonctionne selon des règles et des lois qui diffèrent notablement du monde réel. Le temps s’y déroule différemment, les gens que l’on y rencontre peuvent ainsi être nés des centaines d’années auparavant, leur souvenir ayant été oublié, mais pas leurs malédictions. En effet, le Sid est un lieu de refuge pour ceux dont la destinée a été entachée par le sceau noir de la sorcellerie. Comme acte de justice, par punition ou simplement par méchanceté, un homme peut avoir été condamné à vivre éternellement sa souffrance dans le seul lieu où cela s’avère possible, une terre hors du temps.

Les passages dans l’autre monde sont le plus souvent involontaires, bien que certains pensent que les druides peuvent s’y rendre à leur gré afin de couvrir rapidement de longues distances. On raconte également que les vertus des hommes, le fond de leur cœur s’exprime pleinement dans le paysage et les gens qu’ils y rencontreront.

Stonehenge

Est un "Ring Fort", c’est à dire le vestige d’une ancienne forteresse en cercle permettant de repousser plus facilement les assauts. La tradition du ring est largement répandue en Bretagne comme en Irlande. Sa forme, à caractère sacré symbolise l’union mystique des hommes qui le protège. Ainsi toute confrérie voulant créer un lien sincère de solidarité choisira de se placer en cercle afin de fermer la boucle de leur amitié. Attaquer une partie du cercle, n’est-ce pas s’attaquer en fait à l’ensemble.

Comme lieu sacré, Stonehenge, le sanctuaire des pierres érigées est le lieu par excellence de la tradition celtique. De nombreux rites y prirent place du temps de la grandeur des Bretons. On raconte d’ailleurs que parfois, lorsque le vent passe au travers de ce cercle, des clameurs magiques peuvent être perçues, vestiges musicaux d’une tradition aujourd’hui disparue. D’autre raconte que tout homme dormant au cœur de ce cercle verra sans doute son sommeil troublé par le fantôme de quelques druides attachés à ce lieu. Quant à la profanation de ce sanctuaire, ce sont milles malédictions pour les coupables ; ainsi parle la légende...

L’île de Man

Cette île sacré en Mer d’Irlande est un lieu de pénitence et d’initiation pour les plus valeureux des païens. D’aucun pense qu’Avallon en serait un rocher détaché tandis que d’autre doute de son existence même.

Les druides semblent y puiser un savoir étonnant et ancien qu’ils peuvent ainsi ramener dans l’une des deux îles (Bretagne ou Irlande). Certains élus peuvent à l’occasion se voir admis à pénétrer dans ce sanctuaire par la voie des eaux (Immrama). Une série de rites d’initiation leur permettra parfois de recevoir la protection de la déesse, symbolisée par des tatouages en forme de serpents (ou de dragons) entrelacés sur les poignets.

C’est enfin que dans leurs prunelles

Rit et Pleure - Fastidieux -

L’amour des choses éternelles,

Les vieux Morts et les anciens dieux !

- Donc allez vagabonds sans trêves

Errez, funestes et maudits,

Le long des gouffres et des grèves,

Sous l’œil fermé des paradis !

Les valeurs

Les valeurs défendues par la religion païenne sont différentes de celles de l’autre grande religion de Bretagne, le christianisme. Tout d’abord, les valeurs païennes sont plus individuelles. La fierté par exemple est un trait majeur derrière lequel tout bon païen doit se réfugier afin que nul de puisse douter de ses mérites...et après tout, pourquoi non ? tant que la raison de cette fierté est authentique. Fierté pour des actes, mais également fierté de posséder quelques chose, de l’avoir acquis en son nom ou au nom de sa famille. On se méfie de la modestie, assimilée à un désir de dissimuler la vérité à des fins calculées. L’orgueil même, pourtant dangereux par essence est apprécié. Ce que d’autre appelle prétention, les païens le perçoivent comme une marque de courage, une volonté de s’élever parmi les hommes.

Le courage, bien entendu, doit animer tout bon païen, mais chez les guerriers celtes, cette marque de valeur tourne presque à l’inconscience. On se rappelle, le cas des combattants gaulois se jetant sur les centuries romaines, sans armures ni vêtements afin de prouver qu’ils ne craignaient pas leurs ennemis, espérant ainsi les mettre en fuite. L’histoire aura prouvé combien cette idée pouvait se révéler dangereuse.

La volonté d’indépendance est également à mettre au crédit des païens. Seul un accord librement consenti peut assujettir un païen à un seigneur ou à un pouvoir. Ce trait suffit à lui seul à expliquer le chaos dans lequel la gaule, la Bretagne ou l’Irlande se sont maintenus pendant des siècles ; nul pouvoir fédérateur ne pouvant finalement s’établir durablement dans des aires géographiques aussi vastes. D’un autre côté ce refus de voir une autorité commander à la destinée de tout un peuple justifie également la nécessité d’établir un code de la guerre et de la paix. La force du Pendragon, le roi Arthur est d’avoir réussit à réunir sous sa seule autorité l’ensemble d’un monde païen par sa seule personnalité. Mais cet équilibre est fragilisé par le fait que les hommes servants sous sa bannière gardent en mémoire l’ensemble de ces coutumes pour les faire resurgir dés lors que le pouvoir fléchira, ou que le suzerain ne méritera plus leur soutien.

Enfin, la vie des païens est réglée par quelques coutumes dont le respect garantit la liberté de tous mais également la sauvegarde du groupe. C’est la cas de l’hospitalité, par laquelle nul homme que l’on accepte chez soi de peut être attaqué ou déshonoré, si tant est que celui-ci respecte les lois dont il aura été informé dés son arrivé. Tout homme qui, comme invité ou comme hôte ne respectera pas cette coutume sera montré du doigt et pourra être combattu impitoyablement.

En remarque annexe, et afin de préciser quelques normes culturelles païennes. Il est nécessaire de parler un court instant de la place des enfants dans le jeu politique. Comme héritier d’un titre ou d’un pouvoir, la personne de l’enfant n’a aucun caractère sacré. Aussi bien, le vainqueur d’une bataille pourra, si sa cause est juste, massacrer femmes et enfants afin d’éviter que devenu grands ceux-ci ne cherchent à se venger. Il n’y a pas de vision de barbarie à invoquer : la vie est ainsi faite.

La nature à l’homme s’allie

Pour châtier comme il le faut

L’orgueilleuse mélancolie

Qui vous fait marcher le front haut,

Et vengeant sur vous le blasphème

Des vastes espoirs véhéments,

Meurtrit votre front anathème

Au choc rude des éléments.

Le sacerdoce

L’exercice du culte religieux dans la religion païenne est réparti entre trois collèges différents : les Druides, les Bardes et les Vates. Les premiers, et sans doute les plus prestigieux incarnent la souveraineté religieuse et assure la concorde entre les hommes et les dieux. Ecoutés ils peuvent s’opposer au prince afin de faire entendre la voix de la raison, inspirés par la déesse. Leur personne est sacrée et de terribles malédictions peuvent frapper quiconque oserait les combattre. De leur collège pourrait avoir émergé celui des brehons, des légistes collectant la coutume juridique (jurisprudence) afin d’en garantir la stricte observation.

Les Bardes sont la voix de l’ancienne tradition. Ils transmettent les légendes, les généalogies mais également les malédictions. C’est l’une des raisons pour lesquels ils sont craints par bon nombre de personnes. Beaucoup d’entre eux ont rejoint la religion chrétienne dés le temps d’Arthur, peut-être attirés par la valeur de l’écrit chez les clercs. On note , à cette occasion la protection qui leur fut accordée en retour par les grands monastères chrétiens (St Columba, conseillait même à chaque seigneur d’entretenir dignement un barde dans sa maison).

Enfin, les Vates ou devins constituent un pouvoir religieux à part entière mais également très indépendant. Capables d’interpréter les signes et les présages, ils peuvent communiquer avec le divin et mettre les hommes en garde contre les dangers qui les attendent. La dimension prophétique est un aspect important de la vie religieuse des païens. Savoir traduire les signes envoyés par la déesse accorde des avantages extraordinaires à la communauté. Un clan ou une famille païenne ne manquera pas de se tenir à l’écoute des présages afin de se préserver contre l’adversité. Les Vates sont le plus souvent itinérants, voyageants sans cesse pour prodiguer leurs conseils ou leurs mise en garde aux mortels quant à ce que leur réserve l’avenir.

On pense que l’ère chrétienne vit une période d’opposition entre les Bardes et les Druides, sans doute en raison du pouvoir que les second ont pu obtenir auprès de l’aristocratie. Certains trouvent dans cet élément l’une des raisons du passage des bardes dans le camp des chrétiens.

Quant aux femmes, il est important de préciser qu’elles ne sont en aucun cas tenues à l’écart de la vie religieuse. Il existe des druidesses, des prophétesses et même des conteuses placées sur un pied d’égalité avec des hommes. C’est l’un des points majeurs d’opposition entre les chrétiens et les païens, les premiers réservant comme on le sait une place inférieure aux femmes dans l’ordre voulu par dieu.

Les juins brûlent et les décembres

Gèlent votre chair jusqu’aux os,

Et la fièvre envahit vos membres

Qui se déchirent aux roseaux.

Tout vous repousse et tout vous navre

Et quant la mort viendra pour vous,

Maigre et froide votre cadavre

Sera dédaigné par les loups ! (P.Verlaine)



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