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Pendragon

Sur la Route Périlleuse

lundi 23 mai 2011, par erwan graugnard

20ème scénario d’une longue campagne se situant à la fin du règne du roi Arthur (544-570). Au cours du printemps 545.

Après le tournoi, alors que le roi Marc et sa maisnie sont déjà partis sur les routes, les personnages sont convoqués par le sénéchal, Sir Keu. Il les félicite du bout des lèvres pour les services qu’ils ont rendus à la couronne l’année passée et leur dit qu’Arthur a pensé à eux pour rejoindre les rangs de ses compagnons.

Il leur annonce avoir refusé cet honneur en leur nom car ils n’avaient pas encore conquis assez de gloire pour faire bonne figure en telle assemblée, et leur conseille de profiter de leur prochain voyage pour chercher de véritables exploits à accomplir. Comment ? Il ne leur a pas encore dit ? Avec un grand sourire satisfait, Sir Keu leur annonce alors que, compte tenu des services qu’ils lui ont rendus, l’ambassadeur du Danemark, le Jarl Offa, a demandé expressément que les personnages fassent partie de l’escorte de l’ambassadeur du Roi Arthur se rendant au Jutland.

Ils navigueront sur son navire afin de remettre la proposition de paix du Roi Arthur au Roi Hrothulf. Le jarl profitera de son voyage retour pour faire il ne sait quelle négociation commerciale. Son navire se trouve à Norwich, et les personnages doivent l’y rejoindre par voie de terre pour prendre la mer avec lui. Là bas, ils seront rejoints d’ici quelques jours par le navire de l’ambassadeur de Bretagne et son escorte. Si les personnages demandent qui sera l’ambassadeur, le sénéchal répondra que le roi n’a pas encore désigné le puissant personnage qui sera chargé de cette mission.

Sur la route de Camelot à Silchester : la Meute Dorée

Sur la route royale reliant Camelot à Silchester, alors qu’ils quittent les collines du Wessex, les personnages tombent sur une importante délégation aux armes du baron de Windsor. Il s’agit de son épouse, Dame Marie (44 ans) et de ses deux filles, Edwige (16 ans) et Liwa (14 ans), que les Personnages ne rencontreront pas de prime abord : ils ne sont pas dignes de leur être présentés, mais ils pourront leur adresser la parole au cours du voyage. Par contre, ils auront l’occasion de voir les héritiers jumeaux du Duc, Sir Seriol et Sir Neddig (22 ans) aussi insupportables que différents l’un de l’autre.

Si les Personnages ont un score minimum de 7 en « Intrigues » ils savent les choses suivantes sur la famille Windsor :
- Le Baron Geoffroy de Windsor (484) était l’un des plus puissants vassaux du Duc de Silchester avant que la famille de ce dernier ne soit chassée pour s’être rebellée contre le roi Arthur. C’est lui qui permit au plus jeune fils du Défunt duc Ulfius de fuir Silchester et de se réfugier à Windsor avant de s’exiler avec sa famille, évitant d’être capturés par Arthur. Dans sa grande clémence, le roi Arthur a jugé qu’il avait fait son devoir de vassal et lui a pardonné lorsqu’il s’est rendu à ses troupes lors de la chute de Silchester.
Réputé être un bon guerrier, il est surtout craint pour ses compétences de stratège et sa ruse proverbiale. Peu intéressé par l’amour courtois ou les choses de l’amour de façon générale, il a fait un mariage de raison pour des raisons financières et ne s’en cache pas - mais il n’entretient pas pour autant de maîtresse attitrée.

Jet réussi en « Intrigues » : En 523, les trois fils du Duc Ulfius de Silchester, se révoltèrent contre le Roi Arthur à la mort de leur père. Après près d’un an de guerre, le fils aîné fut tué au combat et les autres fils quittèrent le pays à la recherche d’alliance, grâce à l’aide du baron de Windsor.
Réussite critique : Le fils cadet fut tué dans le nord par Sir Gauvain alors qu’il tentait d’obtenir l’aide des anciens alliés du Roi Lot. Le troisième fils disparut en mer alors qu’il se rendait en France demander l’aide du Roi Claudias.

Jet réussi en « Romance » : Aucun des fils du Duc Ulfius n’avait d’enfant mâle, même si les deux aînés étaient mariés. Leurs filles ont été dotées et mariées à des chevaliers de la maisnie du Roi Arthur. Elles n’ont plus aucun droit sur Silchester.

- Dame Marie (500) : l’épouse du baron n’a jamais été une belle femme mais elle est pourtant connue pour sa vanité et son goût du luxe. Il est de notoriété publique qu’elle ne s’occupe pas et ne s’est jamais occupée de l’éducation de ses enfants, quel que soit leur sexe, se contentant de les confier à des nourrices et de les voir lors des grandes occasions.
Sa seule passion, c’est elle-même : elle se considère à tort comme l’une des plus belles et des plus puissantes femmes du royaume. Illusion encouragée par les nombreux amants que sa richesse, sa générosité et son prestige lui permettent d’attirer dans son lit. Fort heureusement pour les Personnages, elle ne s’intéresse pas aux chevaliers de moins de 2.500 points de gloire ! Elle a apporté en dot au baron la ville de Staines.

- Ses fils, Sir Seriol et Sir Neddig : ils sont jumeaux et aussi dissemblables qu’on peut l’être.
Suite à un incident lors de leur naissance, personne ne sait qui des deux était l’aîné et leur père a décidé que celui qui épousera la plus belle femme avant leurs 25 ans sera son héritier. Et à partir du moment où l’un d’eux se marie, l’autre a un an pour trouver épouse. Ce qui entretient une sévère compétition entre les deux frères qui se jalousent déjà notablement.

Sir Seriol
Chevalier Kymrique, chrétien, âge 22.
Gloire : 3.100
Traits : Fier 19, Impulsif 18, Bon vivant 17, Valeureux 16
Passions : Amour (Famille) 16, Jalousie (Neddig) 9
Caractéristiques : TAI 13, DEX 11, FOR 14, CON 15, APP 16
Compétences : Equitation 18, Epée 16, Lance 14, Chasse 14
Caractéristique familiale : Bon cavalier (+5 en équitation)

Remarque : Grand, beau, fort et impulsif mais aussi hargneux, agressif et sans manières. Il a l’art et la manière de s’aliéner amis comme ennemis par son comportement méprisant et vaniteux.

Apparence : Beau jeune homme au physique avenant et athlétique, Seriol porte les cheveux blonds frisés coupés courts et un petit bouc très à la mode auprès des chevaliers romantiques dont il ne fait pas partie !

Sir Neddig
Chevalier Kymrique, chrétien, âge 22.
Gloire : 2.600
Traits : Réfléchi 19, Trompeur 18, Rancunier 17, Valeureux 16
Passions : Amour (Famille) 16, Jalousie (Seriol) 15
Caractéristiques : TAI 11, DEX 10, FOR 12, CON 14, APP 10
Compétences : Equitation 18, Intrigue 17, Courtoisie 15, Epée 12, Lance 12, Chasse 10
Caractéristique familiale : Bon cavalier (+5 en équitation)

Remarque : Plutôt petit, d’un physique quelconque mais réfléchi et rusé. Cependant son avidité, son ambition et ses fourberies ne cessent de le conduire dans des situations impossibles.

Apparence : Neddig est petit, trapu et râblé. Il porte les cheveux bruns, courts et soigneusement taillés. Il garde le visage glabre et porte de nombreuses cicatrices sur le cou qu’il masque comme il le peut (foulard, pièce de cuir..).

Edwige
Femme Kymrique, chrétienne, âge 16.
Gloire : 1.200
Traits : Modeste 19, Chaste 18, Réfléchi 17
Passions : Amour Famille 12
Caractéristiques : TAI 10, DEX 16, FOR 11, CON 11, APP 12
Compétences : Gestion 18, Chant 14, Eloquence 13
Caractéristique familiale : Voix magnifique (+10 en Chant et Eloquence)
Dot : le manoir d’Appletrent.

Remarque : Femme discrète et effacée, Edwige a toujours vécu dans l’ombre de sa mère si envahissante et en même temps lointaine puis de sa sœur si brillante et plaisante… délaissée par leurs compagnes de jeu qui lui préféraient Liwa, elle a plus souvent fréquenté les servantes et les intendantes que la cour, la rendant gauche malhabile mais la dotant d’un talent rare pour la gestion d’un manoir.

Apparence : Petite, falote, s’habillant de vêtements ternes et parfois de mauvais goût, Edwige ne laisse dans les esprits aucun souvenir si ce n’est celui d’une femme quelconque. Les cheveux châtains foncés, le visage banal et les yeux éteints, elle semble maladive et d’une pâleur extrême.

Liwa
Femme Kymrique, chrétienne, âge 14.
Gloire : 1.600
Traits : Fier 19, Trompeur 18, Egoïste 17
Passions : Amour Famille 10
Caractéristiques : TAI 12, DEX 14, FOR 11, CON 11, APP 20
Compétences : Séduction 18, Romance 16, Chant 16, Eloquence 16
Caractéristique familiale : Voix magnifique (+10 en Chant et Eloquence)
Dot : le manoir de Ravenshore.

Remarque : Liwa est une femme capricieuse, imbue d’elle-même, insupportable et extravagante. Mais elle est également dotée d’un esprit aiguisé, d’un sens aigu des relations sociales et d’un don naturel pour enjôler ses interlocuteurs qui font d’elle une redoutable petite peste !

Apparence : Grande, belle, une magnifique chevelure blonde qui dévale jusqu’à mi reins, une voix d’ange, des yeux verts enchanteurs, un sourire espiègle et des traits gracieux, tout chez Liwa rappelle la femme belle et séduisante et en même temps l’enfant fragile et délicat à protéger. Tout à la fois, fille, femme et amante, elle est la réponse aux rêves de bien des chevaliers…

Au cours du trajet

Les personnages accompagneront le convoi jusqu’à Staines, où se rendent les membres de la famille de Windsor après avoir assisté au tournoi de Logres. A aucun moment les personnages ne discuteront avec les femmes de la maisonnée, à moins de créer la situation propice. Tout au plus pourront-ils entendre la voix envoûtante de Liwa et entrapercevoir sa magnifique silhouette. Bien malin sera celui qui devinera Edwige dans celle qui semble être une simple servante les observant à la dérobée.

Par contre, en discutant avec Sir Seriol et Sir Neddig, les personnages pourront apprendre que tout chevalier désireux de vivre de grandes aventures se doit d’après leur père d’affronter les grottes magiques qui s’étendent sous le château de Windsor. D’après leur père, l’un de leurs ancêtres y découvrit ce qui fit la puissance de leur lignée, et de nombreuses légendes disent qu’un trésor fabuleux y est caché. Pour leur part, ils ont visité les lieux pendant plusieurs heures sans rien y trouver - selon eux, ce n’est qu’un réseau de grottes comme il y en a tant, même si leur père croit le contraire et ne permet qu’aux chevaliers qui lui ont rendu service d’accéder aux grottes.

Interrogés sur les troubles que connaît le duché, ils répondront que la décision du roi Arthur de nommer un bailli après l’exil des héritiers du duché a plongé les trois barons dans une colère noire : chacun s’attendait à ce que le titre lui revint. Ils rentrèrent donc en résistance passive contre l’autorité du bailli, qui se révèle inexistante au-delà des murs de Silchester ! Dans l’attente de son renvoi prochain, chaque baron entretient des troupes et cherche à étendre son influence dans le duché, afin d’être le meilleur candidat au titre le moment venu. Si on les interroge sur les mercenaires et brigands qui dévastent le pays, ils répondront que chaque baron assure la protection de ses terres : si le bailli n’est pas capable d’assurer celle du reste du duché, il en est seul responsable.

Tout d’un coup, les personnages voient passer dans les bois une meute de chiens d’or - un fait magique s’il en est. Sir Seriol se lancera aussitôt à leur poursuite sans plus réfléchir en criant « Il me les faut », et reviendra bredouille quelques instants plus tard en compagnie de tout autre personnages ayant réussi un jet en « Impulsif ». Pendant le reste du trajet, il grommellera à propos de la gloire que lui auraient rapporté la capture et la possession d’une telle meute. Sir Neddig lui ne bougera pas, et fera remarquer à tout personnages à proximité qu’à se précipiter ainsi en toute occasion, son frère finira bien par subir un sort funeste (avec un sourire cruel). Lorsque Sir Seriol reviendra et parlera de la gloire attachée à la possession de cette meute, Sir Neddig fera lui remarquer les grandes richesses que l’on pourrait retirer en les faisant écorcher !

A Silchester

Vaste cité romaine dépourvue de remparts mais ayant conservé bien des aménagements des romains (thermes, amphithéâtre…), Silchester est une ville prospère et commerçante protégée par la silhouette lointaine de son château. Cette ancienne résidence des Ducs est désormais la demeure du bailli du roi Arthur, Sir Adrien de Silchester. A l’entrée sud de la ville, les troupes du baron de Blancastel stationnent à quelques centaines de mètres de la ville sous les yeux impuissants des maigres troupes du bailli.

A l’approche du convoi, un héraut s’avance vers les personnages et leur adresse la parole. Il leur apprend que par décision du Baron de Blancastel, le bien aimé Sir Armand, tous les chevaliers passant par cette route devront affronter ses chevaliers pour le prix de leur monture et de leur harnais (si jet réussit en Tournoi, il s’entend par là le harnachement du cheval et l’armure du chevalier). Les fils du Baron de Windsor, enragés de tant d’outrecuidance, avancent rapidement vers le défi afin de faire rendre gorge au baron de Blancastel.

Si les personnages désirent poursuivre leur route, ils tomberont immanquablement quelques centaines de mètres plus loin sur le camp de toile établi à l’entrée de la ville et abritant une dizaine de chevaliers du baron accompagnés de leur suite. Sir Aeril, le fils cadet du baron, les accueillera, renouvellera le défi au nom de son père, et leur demandera de choisir un adversaire digne d’eux parmi les chevaliers présents (un jet réussi en Héraldique permettra de trouver un adversaire de son choix : d’un niveau égal, riche mais médiocre en combat, ou autre). Le convoi de la maison de Windsor est pour sa part passé sans encombre

Si les Personnages décident de s’écarter de la route pour éviter le défi, ils devront réussir un jet en Modeste ou perdre un point d’honneur. Les fils du baron de Windsor vaincront facilement leurs adversaires et le convoi continuera sa route. C’est l’occasion pour les personnages d’observer Dame Marie et ses filles qui sortiront de leur chariot pour admirer la joute. Sir Aeril de Blancastel, visiblement admiratif de la beauté de Liwa, essaiera à plusieurs reprises d’attirer son attention, sans succès. Finalement, devant les menaces d’être pris à partie par les frères de celle-ci dans un duel au premier sang, ses compagnons parviennent à le convaincre de rester à distance de la jeune femme.

S’ils observent les soldats de Blancastel, les personnages remarqueront que sans empêcher les marchands de passer, ils fouillent violemment et longuement les chariots et cargaison sous prétexte de chercher des brigands, occasionnant retard et surtout dégâts. Un jet réussi en vigilance permet de remarquer l’échange de pots-de-vin de la part de certains marchands afin de faciliter leur passage ! Légalement, le baron n’outrepasse pas ses droits même s’il occasionne un préjudice certain à la ville de Silchester et donc au bailli…

En ville, si les personnages s’inquiètent de l’état d’esprit des habitants, c’est la colère envers le bailli qui prime ! Entre les brigands, les ravages des guerres entre les nobles et maintenant cela, la population reproche amèrement à Sir Adrien la dégradation de la situation.

Le convoi de la maison de Windsor faisant halte à Silchester pour quelques heures, les personnages désireux d’arriver à Londres avant la nuit devraient quitter le convoi et continuer seuls.

Sur la route de Silchester à Londres

A une petite heure de Silchester, alors que les personnages sont à mi-trajet de Staines, ils tombent sur un groupe de marchands victimes d’une attaque de saxons.

Le convoi est mené par un marchand, Basile Riben (né en 501), un homme robuste et jovial au visage cramoisi mangé par une épaisse barbe noire (si jet en intrigues réussi : ce marchand est le principal et plus riche marchand de la cité de Silchester et un proche du bailli Adrien). Il est accompagné de sa famille.

Son fils aîné, Rupert (né en 526), est semblable à son père, mais porte le bouc à la façon des nobles courtois (sur un jet en courtoisie réussi, un chevalier tatillon pourrait lui reprocher de tenter ainsi de s’élever au dessus de sa condition) et de riches vêtements (valeur 3£) contrairement à son père qui ne porte que des vêtements simples et fonctionnels.

Son fils cadet, Kevin (né en 527), est plus fluet et malingre que ses deux aînés, mais arbore le même teint rubicond et les cheveux noirs. Il est armé et équipé comme un homme d’armes.

Son épouse, Sirell (née en 507), une robuste matrone aux cheveux châtain et au teint pâle, bien trop pâle pour une roturière. Elle est sans doute malade, comme le laissent deviner ses yeux rougis.

Sa fille, Hélène (né en 528), une femme en âge de se marier, d’une beauté pâle et digne encadrée de longs cheveux noirs. Les yeux d’un vert profond et l’air digne, elle aura toute l’attitude d’une noble dame.

Le convoi comprend le carrosse de la famille et deux chariots de marchandises escorté par six domestiques.

Les saxons sont 9 guerriers menés par un chef de guerre. Ils fuiront dès qu’ils seront en infériorité numérique. Si les personnages les pourchassent dans les bois, ils seront handicapés s’ils sont à cheval par les branches basses et les buissons (-5 en équitation) et risquent de tomber sur le reste de la troupe en embuscade (5 guerriers).

A l’entrée de la ville de Staines, sous l’autorité du baron de Windsor, les personnages pourront voir plusieurs hommes d’armes portant ses armoiries, surveillant une dizaines de brigands saxons pendus le long de la route.

A Londres

Les personnages découvriront la cité en deuil : les maisons, les remparts sont balafrés de bannières noires, et les églises sonnent le glas. Rapidement, les personnages apprendront que le Lord Maire Rufus Africanus est mort, et que des élections vont bientôt avoir lieu pour désigner son remplaçant. Si pour certains c’est l’opportunité d’améliorer leur quotidien en choisissant le bon candidat, la mort du Lord maire signifie pour la plupart la fin des accords souvent fructueux passés avec lui, et l’obligation de payer de lourds pots-de-vin pour obtenir ou conserver charges et contrats.

Les personnages passent la nuit dans la cité sans problème à moins d’en chercher.

Sur la route de Londres à Colchester

Alors que les personnages ont quitté Londres depuis quelques heures et sont maintenant sur les terres du Duché d’Essex, ils arrivent au château Saint James, solide forteresse défendant la principale passe dans les collines d’Essex. Là, ils assistent à un curieux manège qui attirera leur attention : le seigneur des lieux a en effet mis en place un péage pour les vilains qui nombreux arpentent cette route. Les nobles chevaliers et leurs parents sont bien sur exemptés de cette taxe - or plusieurs soldats entourent un étrange équipage dont le propriétaire vocifère et tempête devant un sergent impassible et inflexible. Non loin de là, plusieurs chevaliers occitans de la maison d’Essex, visiblement de retour du tournoi de Logres, observent la situation en se moquant. Les personnages pourront reconnaître Sir Enguerrand de Whitewater parmi eux.

Il s’agit d’un vieil homme (493) aux traits ascétiques, dépourvu d’armure, portant des vêtements anciens et montant une haridelle, suivi d’un vieil écuyer d’une quarantaine d’années à pied portant avec entrain le bardas de guerre de son seigneur. Quelques mètres plus loin, un vieux chariot brinquebalant tiré par une paire d’ânes poussifs abrite les possessions de ce triste sir, une vieille servante (44 ans) qui conduit l’attelage et surtout son épouse (39 ans, née en 505), une femme acariâtre qui se lamente sans cesse sur le destin qui l’a fait épouser un si piètre chevalier.

Si les Personnages prennent le temps de les interroger, ils apprendront qu’il s’agit de Sir Ferrant et de son épouse Dame Zoé. Celui-ci fut jadis chevalier à la cour du Roi du de Lothian mais, lorsque son seigneur fut vaincu et tué à la guerre par le Roi Arthur, ses terres furent prises par le vainqueur, et il devint simple chevalier soudoier. Le Roi Arthur lui proposa comme à la plupart des chevaliers vaincus de le garder comme chevalier dans sa maisnie mais, confiant dans sa valeur, il préféra partir à l’aventure pour conquérir gloire et honneur. Cela fait maintenant près de 25 ans qu’il erre sur les routes, perdant lors d’un tournoi le peu qu’il avait gagné au précédent, et cherchant en vain l’exploit qu’il le rendra enfin riche et célèbre.

Après avoir été défait à la joute par les chevaliers d’Essex et avoir subi leurs moqueries, il a décidé de leur prouver sa valeur en s’attaquant au dragon des tertres. Son escorte est d’ailleurs suivie à distance par un groupe de jeunes chevaliers occitans menés par Sir Enguerrand, qui s’amuse d’avance de le voir dévoré par le dragon.

Pendant la discussion, les Personnages pourront apercevoir les regards effrontés de sa fille Anne (14 ans, née en 530).

Anne
Femme Kymrique, chrétienne, âge 14.
Gloire : 105
Traits : Chaste 15, Egoïste 14, Confiante 14
Passions : Amour Famille 14, Honneur 14, Hospitalité 13
Caractéristiques : TAI 11, DEX 16, FOR 7, CON 13, APP 17
Compétences : Chant 15, Connaissance des Gens 14, Eloquence 14, Premiers soins 11, Séduction 8
Caractéristique familiale : Voix magnifique (+10 en Chant et Eloquence)
Dot : Aucune pour l’instant.

Remarque : Anne a toujours vécu sur les routes avec ses parents et a pour l’instant bien peu des qualités attendus d’une dame et beaucoup du garçon manqué mais sa joie de vivre et son optimisme ont jusqu’à présent bien aidé ses parents à trouver le courage de continuer pour lui offrir un meilleur avenir.

Apparence : Adolescente grande mince et blonde, sa silhouette encore anguleuse présente néanmoins les prémices de la belle femme qu’elle deviendra. Son visage souriant et ses grands yeux espiègles charmeront ses interlocuteurs avant même que sa voix chaude et envoûtante ne les subjugue définitivement.

Sir Ferrant
Chevalier Kymrique, chrétien, âge 51.
Gloire : 2.200
Traits : Modeste 17, Complaisant 16, Energique 15, Valeureux 15
Passions : Honneur 18, Hospitalité 13, Amour (Famille) 19
Caractéristiques : TAI 11, DEX 10, FOR 11, CON 14, APP 10
Compétences : Epée 17, Lance 17, Chasse 15, vigilance 15, Equitation 15, Natation 18
Caractéristique familiale : Comme un poisson dans l’eau (+10 en natation)

Remarque : Désespéré et à la recherche d’un moyen de mettre sa famille à l’abri du besoin avant qu’il soit trop vieux pour les entretenir, Sir Ferrant est prêt à tout dans le respect de l’honneur.

Apparence : Vieux chevalier sec et ascétique, Sir Ferrant a toujours le visage émacié et mangé par une barbe de trois jours. De nombreuses cicatrices parcourent ses joues et ses avants bras.

Le problème

Visiblement le sergent refuse de croire que Sir Ferrant est noble et semble persuadé qu’il s’agit d’un forain plus habile que les autres, qui cherche à esquiver le péage. Le fait que les nobles à proximité n’ont pas confirmé son identité le conforte dans son opinion.

Pour pouvoir identifier Sir Ferrant, les Personnages doivent faire un jet en Héraldique ou en Reconnaître à -5.
- S’ils réussissent et décident d’appuyer le discours du vieil homme, le sergent les laisse tous passer, et les personnages gagnent une croix en juste.
- S’ils échouent à leur jet mais décident néanmoins de soutenir Sir Ferrant, le sergent les laisse tous passer mais les personnages gagnent une croix en généreux et arbitraire.
- S’ils échouent à leur jet mais refusent d’aider le vieil homme, le sergent fait appeler son seigneur Sir Jurlose de Saint James pour régler la situation. Ce dernier qui depuis l’affaire avec Sir Edern de Lostfarm as sans doute une dent contre les personnages règlera rapidement la question du vieil homme en confirmant son identité d’un commentaire méprisant : "Il est bien chevalier même s’il est loin d’en être digne !"

Offensé, Sir Ferrant le défie alors, mais Sir Jurlose, s’il accepte avec un sourire dédaigneux, l’invite à revenir à Saint James lorsqu’il aura retrouvé une armure et ses armes… Puis se tourne vers les personnages et les défie en bonne et due forme pour obtenir le droit de traverser ses terres. Chacun d’eux se verra opposer un chevalier de même rang et de même statut qu’il lui faudra vaincre sous peine de devoir rebrousser chemin pour contourner les terres de Sir Jurlose par des chemins de traverse (jet en chasse réussis ou le personnage s’égare et perd une journée).

Le secret de sir Ferrant

Durant le trajet entre Saint James et Colchester, les personnages ont l’occasion de discuter avec Sir Ferrant et sa famille, qui sont fort amicaux et volubiles. Sir Enguerrand et ses compagnons suivent toujours le chariot à distance en devisant gaiement..

Sir Ferrant expliquera aux personnages qu’au cours de ses pérégrinations, il a eu l’occasion de mettre la main sur un parchemin relatant une ancienne légende en rapport avec le Dragon des Tertres. Il pense y avoir trouvé le moyen de vaincre cette bête magique et ainsi de récolter enfin gloire et richesse, et surtout d’humilier les chevaliers d’Essex bouffis d’arrogance : « de jeunes blancs culs qui n’ont jamais connu la véritable guerre… »

Parchemin traduit par Sir Ferrant :

« Dans les temps anciens, Gricna un roi de jadis, héros au bras puissant et à la longue lance,
Tomba éperdument épris d’une belle géante au cœur de pierre et à l’appétit insatiable,
De nombreux combats il livra, de nombreux ennemis il vainquit pour les yeux de sa belle,
Mais elle l’ignora alors de dépit il la défia de lui confier une tâche ayant son cœur pour prix,
Et la géante accepta de s’unir à lui et de porter sa lignée à une seule condition,
Qu’il s’engage à lui fournir chaque jour de son existence un plat plus copieux et délicat que le précédent,
Et en premier lieux comme gage de sa foi, qu’il lui offre un crâne de dragon en gelée,
Le Roi s’exécuta et prenant sa lance tueuse de dragon, il abattit le premier grand serpent qu’il rencontra,
Puis accomplissant maint quêtes et exploits, il trouva le meilleurs cuisinier afin qu’il prépare le plat choisi,
Alors la géante devant la douceur et l’opulence du plat accepta de le recevoir en elle et de porter ses enfants,
Jurant de ne jamais le quitter dans la vie comme dans la mort,
Pendant des années, ils vécurent heureux, donnant naissance à des guerriers plus forts que nul autre,
Mais afin de nourrir sa vorace épouse, le Roi Gricna et ses enfants dévastèrent leurs terres,
Tuant animaux et créatures afin de satisfaire l’appétit sans cesse croissant de la Reine,
Et vint le moment où la nourriture faisant défaut, les terres devenues stériles, le Roi chassa ses sujets,
Mais eux aussi vinrent à fuir pour échapper à la marmite et la Reine affamée exigea de dévorer ses enfants,
Et l’un après l’autre, les héros issus de ses entrailles y retournèrent jusqu’à ce que ne reste que Gricna,
Le Roi mortellement blessé par le chagrin causé à sa terre, son peuple et son sang se laissa mourir,
La reine après avoir dévoré son époux, lui rendis hommage et enterra ses ossements et ses armes,
Et respectant les anciennes promesses, elle resta à ses cotés pour l’éternité,
Devenant par la magie des Anciens Dieux un Dragon affamé gardant la tombe de son bien aimé,
Invincible et immortel, le Dragon des Tertres veillera sur sa famille tant qu’un héros ne l’aura pas vaincu,
Faste guerrier à ses coups insensible, son estomac il frappera car par son vice elle périra. »

Analyse de Ferrant :

Il a fait une erreur de traduction du texte : il ne s’agit pas d’un « faste guerrier » mais d’un « chaste guerrier ». Et en effet les guerriers chastes et les vierges ne sont pas attaqués par le dragon. Mais lui pense qu’en s’habillant avec faste et ostentation, il sera épargné par ses coups.
De même, il pense que le point faible du dragon est son estomac et espère le toucher à l’abdomen pour le blesser, alors qu’en réalité, le dragon peut être tué normalement mais son seul véritable point faible est son appétit compulsif. Il ne peut en effet pas s’arrêter de manger jusqu’à en crever d’indigestion.

Il montrera donc aux personnages une armure spéciale qu’il s’est faite faire lors de son passage à Londres, une splendide et encombrante armure dorée couvert de strass et de paillettes (armure 4, malus -5).

A Colchester

Après une longue attente, les chevaliers seront reçus par Lionel de Ganes, Duc d’Essex, cousin du Roi de Ganes, et intendant de ses terres bretonnes. Il leur accorde une entrevue expéditive et accepte de les héberger en tant que clercs royaux. Le soir, les personnages sont assis à une table éloignée et quel que soit leur niveau de Gloire ne sont pas accueillis à la table de l’intendant.

Au cours du repas, ce dernier critiquera ouvertement les mauvaises manières des kymriques et glorifiera son propre seigneur et la délicatesse des chevaliers occitans. Sir Enguerrand et sa clique présente à table profiteront de l’occasion pour défier les personnages à des duels de « romance » et de « courtoisie ». Si l’un des personnages tente de parler d’exploits autres que romantiques et courtois, cela entraînera des remarques méprisantes et ironiques.

L’intendant fera remarquer que les chevaliers d’Essex ont déjà accompli tous les faits d’armes et les aventures possibles, et qu’il ne reste plus de monstres ou de chevalier félon à abattre si ce n’est les dragons… Si l’un des Personnages le reprend sur ce point, l’intendant fera remarquer que son courage est sans tache, et que nul ne peut attendre de quiconque qu’il affronte des géants et des dragons. "Ce sont des actes de la Nature à l’instar des tempêtes de neiges ou des grandes marées d’équinoxe. Mais si vous êtes si désireux de périr, à l’approche de Kelson, avant de traverser la rivière, allez à l’ouest à la rencontre du dragon des tertres - cela épargnera à nos chevaliers de vous défaire."

Sur la route de Colchester à Norwich : le Dragon des Tertres

A l’ouest de Kelson, Dragon’s land, la terre du Dragon des tertres

Il s’agit d’une large vallée s’enfonçant à l’ouest de Riverbord et Kelson. La vallée aux pieds des collines suit le cours d’une petite rivière et présente un aspect dévasté. Les arbres sont rabougris et en partie brûlés, les animaux semblent avoir déserté l’endroit, et un silence glaçant plane sur les collines environnantes.

Après près d’une heure de progression difficile dans la forêt en remontant le cours de la rivière, les Personnages arrivent au « Château des Vierges » tel qu’il est inscrit en vieux latin sur une borne de pierre moussue à l’entrée de la vallée. Il s’agit d’un site unique, approximativement circulaire et mesurant 91 mètres de diamètre. Il consiste en un talus en terre (gigantesque tumulus) dont la partie extérieure est flanquée d’un fossé. Face au levant, une avenue de pierres levées longue de 120 mètres conduit à l’entrée. A proximité se trouvent plusieurs cairns de pierre de la taille d’une chaumière.

Le site abrite la tombe d’un ancien roi païen des temps jadis et les sépultures de ses plus proches guerriers, enterrés avec lui dans un lieu sacré. Il est appelé le "château des vierges" car seuls des vierges selon la légende peuvent s’en approcher sans risques. En effet, un terrible dragon vit dans la vallée et n’en sort jamais, laissant les communautés environnantes tranquilles, mais dévorant tout intrus dont le trait chaste est inférieur à 17 pour les hommes et toute femme n’étant plus vierge… Il se cache dans des bâtiments en ruines se trouvant un peu en dehors du complexe.

Le Dragon des Tertres

Petit par rapport aux critères de sa race, il ne crache pas le feu, mais est doté d’un cuir particulièrement résistant. Une fois tué, le dragon se décomposera rapidement pour ne laisser en quelques heures qu’un tas d’ossements fragiles et un crâne de dragon.

Il faut au moins 3 vaches pour rassasier le dragon et chaque bête supplémentaire qu’il se forcera à avaler lui occasionnera 10 points de dégâts. La huitième vache lui restera donc en travers de la gorge et l’étouffera… A noter que dans les derniers soubresauts de l’agonie, conscient de la présence des Personnages, il essayera de les attaquer et que seule l’intervention de Sir Ferrant les sauvera d’un destin funeste…

TAI 25, DEX 30, FOR 25, CON 20
Dégâts 9D6, Points de vie 45, Inconscience 12, Armure 20

Butin en cas de victoire
Dans les ruines où vivait la bête, les Personnages pourront trouver les objets suivants :
- 30£ en bijoux et pièces de monnaie.
- Une dague romaine aux armes d’un sanglier chargeant (+1 à la compétence dague)
- Un casque de légionnaire romain
- Une cotte de mailles normande (10 points) TAI 13

Gloire : 400 points pour avoir tué le Dragon + 50 points pour celui qui portera le dernier coup.

Après la victoire

Alors que les Personnages hagards mais victorieux contemplent la dépouille du dragon, un petit groupe de chevaliers portant les armes du duché d’Essex sortiront des bois, menés par Sir Enguerrand de Whitewater. Après avoir vérifié la mort du dragon, le jeune chevalier félicitera l’assemblée et leur demandera avec entrain de les suivre à Colchester pour être récompensés de leurs exploits.

Sur le trajet, il demandera aux Personnages de leur raconter l’exploit et commentera leur discours de plusieurs remarques appréciatives et sympathiques louant leurs qualités guerrières et leur ruse.

Arrivée à la cour, la petite équipe menée par Sir Enguerrand se rendra directement à la table du banquet où la cour de l’intendant Sir Lionel de Ganes est attablée pour le repas du soir. En quelques mots, Sir Enguerrand présentera la situation avant de laisser la place à Sir Ferrant ou l’un des Personnages. Sir Lionel écoutera avec attention toute l’histoire, louera leur ruse et leur vaillance, et demandera que l’on fasse savoir par tous le pays quel haut fait ils ont accompli.

Il fera ensuite venir à lui chaque participant dans l’ordre de Gloire (Sir Ferrant : 2.350) et leur demandera ce qu’il désire en récompense de cette grande action, qui lui a permis de récupérer une terre familiale si longtemps perdue.

Un jet en Héraldique ou en Intrigue permet de savoir que toute revendication du Duché d’Essex sur ces terres est au mieux contestable, au pire absurde - un critique permet de déterminer que cette terre n’appartient en réalité qu’au premier qui la revendiquera. Le tueur de dragon est bien placé pour cela, et il peut prêter serment de vassalité à la personne de son choix.

S’ils réussissent un jet en Intrigues ou en honneur, les Personnages savent qu’ils peuvent demander pour ce service un équipement de meilleure qualité (valeur 7£), des biens précieux pour la même valeur, ou un service en retour. Sir Ferrant demandera au Duc de recevoir les terres du dragon en fief. Ce dernier acceptera et lui demandera de lui prêter hommage.

Gloire : 20 points pour avoir raconté la mort du dragon, 10 points pour être présent.

A Norwich

Arrivés à Norwich, les personnages sont accueillis par Offa, qui les attendait pour appareiller. Dans le port se trouve déjà la lourde nef de l’ambassadeur du Roi ; le Baron Blamore de Ganes, baron de Lambor, qui se montrera fort mécontent de leur retard.



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