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Pendragon

Un juge malheureux

lundi 29 novembre 2010, par erwan graugnard

12ème scénario d’une longue campagne se situant à la fin du règne du roi Arthur (544-570). Au cours de l’automne 544, les personnages vont devoir enquêter sur les troubles activités d’un petit juge londonien pour rendre service à un de leurs amis. Celui-ci semble s’être mêlé de choses qui le dépassaient...

Quelques jours après leur folle aventure à Londres (scénario "Tant va la cruche au vin"), au hasard d’une discussion entre clercs de la cour, les personnages apprendront que le juge Pétrus de Londres a été retrouvé ivre mort dans un bordel, et que non seulement la honte frappe sa famille et qu’il risque sa place de juge, mais en plus cela l’a rendu malade et depuis il délire.

Les clercs poufferont de cette histoire et l’un d’eux, en charge de superviser l’enquête, dira ouvertement que ce petit juge n’a eu que ce qu’il méritait à force de fréquenter la plèbe ! Si les personnages demandent Sir Keu à être chargés de l’enquête ou interpellent les clercs, ces derniers se déchargeront sur eux de cette tâche ingrate.

En se rendant à la demeure du juge, les personnages pourront rencontrer son épouse Dame Tyria. Effondrée, elle remerciera les personnages avec effusion, leur exprimant combien la communauté les sanctionne de la rumeur courant sur son époux, et combien elle apprécie ce geste de la part de quasi-inconnus. Son époux est alité, victime d’après les médecins d’un empoisonnement dû à l’abus de drogues exotiques.

Il délire et a de grandes chances de ne pas survivre aux prochains jours si on ne trouve pas l’antidote. Le médecin de famille présent (un vieux médecin romain), affirmera être capable de produire l’antidote, pour autant qu’on lui indique quelle drogue le juge Pétrus a consommé : "dans les lieux de perdition où il a été découvert, celles-ci sont diverses et variées" (dit-il d’un ton désapprobateur).

A ces mots, Dame Tyria s’enflammera, affirmant que son mari ne fréquentait pas les prostituées et ne consommait pas de drogues. S’il rentrait tard le soir, c’était à cause de son travail, à cause de son travail encore qu’il devait se trouver là bas ce soir là - c’est surement un complot d’un de ses ennemis ! A deux doigts de la crise de nerfs, le médecin la mettra au repos et demandera aux personnages de ne plus la déranger sauf en cas de bonnes nouvelles.

Alors que les personnages se retrouvent seuls et un peu désemparés, un jeune page les aborde à la sortie de la domus Pétrus. Il s’agit de Marcia Pétrus, la fille du juge, travestie en jeune romain. Elle se fera passer auprès d’eux pour Antonus, un jeune écuyer de bonne famille placé par ses parents auprès des Pétrus (Antonus existe réellement, mais c’est un jeune homme de 18 ans qui se destine à devenir clerc de justice - il quittera la demeure des Pétrus ce soir, persuadé que travailler pour un juge déshonoré ne pourra que nuire à sa carrière).

Marcia alias Antonus affirmera aux personnages qu’eux seuls peuvent venir en aide au juge. En effet, ses amis et alliés préfèrent ignorer la vérité et s’attacher aux apparences, et ses ennemis trop nombreux sont plus qu’heureux de sa déchéance. Elle affirmera avoir des preuves de l’innocence du juge, mais que personne n’a voulu l’écouter compte tenu de son âge. Elle manipulera les personnages pour qu’ils fassent équipe avec elle, jouant pour cela sur leurs traits de personnalité (Miséricordieux, Juste, Valeureux) ou la promesse d’une récompense.

Elle affirmera (mensonge) qu’elle servait de serviteur personnel au juge et qu’il n’a jamais fréquenté les prostituées ou consommé de drogues. Elle mentira encore, soutenant qu’il était sur une affaire si importante qu’il la tenait à l’écart pour sa sécurité et qu’en conséquence, l’une des affaires sur lesquelles il travaillait doit impliquer celui ou celle qui lui a fait cela...

Sur ces dernières paroles, elle confiera aux joueurs les dossiers des affaires en cours de son père, qu’elle a dérobé dans son coffre personnel. Tout au long de l’enquête, elle ne quittera pas les personnages, et les aidera à mettre le doigt sur les évidences.

La véritable histoire

Depuis plusieurs années, il existe à Londres un trafic d’esclaves. La Bretagne est en effet le seul royaume d’occident à interdire l’esclavage, et l’afflux à Londres d’hommes et surtout de femmes pauvres, sans attaches ou famille pouvant s’inquiéter de leur sort, rend le trafic d’esclaves facile et extrêmement rentable (il faut compter 1£ pour un enfant, 3£ pour un homme en état de travailler et jusqu’à 7£ pour une fille selon sa beauté).

Le réseau récupère donc des esclaves par deux canaux différents :

- Plusieurs auberges de la cité appartenant en sous-main au marchand Kymrique Morel. Les prix pratiqués y attirent les plus pauvres des visiteurs de la cité, qui sont drogués et emmenés en esclavage (des hommes pour la plupart) à raison d’une centaine par an.

- L’évêque Gracien de Norwich en Anglia qui, sous couvert de leur donner la protection de l’église, envoie les orphelins saxons et les jeunes veuves saxonnes en esclavage (une cinquantaine par an).

Ensuite, les prisonniers de Morel sont stockés dans des caves d’auberges des quais de Londres, et ceux de l’évêque dans un entrepôt sur les quais de la cité de Norwich. C’est la compagnie de transport du marchand romain Calvius Perennus de Londres qui, en annexe de son commerce de vin avec le continent, embarque et livre les esclaves, procurant à sa compagnie un substantiel bénéfice. Un seul des capitaines de la compagnie, un kymrique du nom de Guislain, est au courant et participe à ce trafic.

Cependant, ce système bien rodé depuis des années a eu un accroc dernièrement : en effet, le capitaine Guislain a récupéré à son bord pour son propre usage Pétra, une prostituée grecque en provenance de France, alors qu’elle fuyait son maître, un puissant seigneur franc qui l’avait achetée lors d’un de ses voyages à Byzance. Guislain ne lui a rien révélé de son trafic, mais la prostituée, ancienne esclave rejoignait justement la Bretagne car elle avait appris que l’esclavage y était proscrit et que les francs y étaient peu appréciés…

Elle se rendit donc vite compte que le capitaine participait à un trafic d’esclaves en toute illégalité, mais garda cela pour elle. Durant le trajet, elle assista à la rencontre entre le capitaine Guislain et l’évêque Gracien en simple robe de bure. Elle ignore son identité, même si elle l’a identifié comme un homme d’église. Lui-même a ignoré la jeune femme, bien qu’il ait remarqué sa présence : il était persuadé qu’elle faisait partie du lot d’esclaves déjà chargé à bord à Londres.

Lorsque Guislain, respectant son accord, déposa Pétra à Londres, elle se mit à apprendre la langue et trouva un moyen de subvenir à ses besoins en travaillant comme prostituée dans un bordel de la ville. Quelques jours plus tard, au cours d’une course dans une taverne, elle tomba sur l’évêque qui cette fois ci n’était pas incognito en robe de bure. La reconnaissance fut réciproque… Il comprit alors qu’elle pouvait le reconnaître, et elle qu’il était évêque et la ferait éliminer plutôt que se laisser incriminer.

Gracien repartit donc pour son diocèse, chargeant Morel de s’occuper de l’affaire. Il chargea à l’insu de ce dernier son âme damnée, frère Tathan, de surveiller l’affaire... Pétra, elle, s’était enfuie du bordel, mais fut arrêtée par le guet en pleine nuit. Après une journée en prison, elle fut entendue par un clerc qui, ne comprenant rien à son charabia grec, allait la faire condamner simplement pour se débarrasser d’elle. A cet instant, le juge Pétrus, de passage dans la prison pour une autre affaire, entendit parler grec. Parlant lui-même le grec, il déchargea le clerc de sa tâche et prit Pétra avec lui, l’emmenant pour l’interroger plus longuement dans son bureau. C’est à ce moment-là que les personnages intervinrent dans sa vie (voir le scénario précédent).

Après leur départ, il comprit des propos de Pétra qu’un évêque était impliqué et que même si elle pouvait le reconnaître, elle ne connaissait pas son nom. Il l’a donc mise au secret dans une maison lui appartenant, avant de débuter son enquête dans la taverne où Pétra avait vu Gracien, qui s’avéra être une des tavernes de Morel.

Ce dernier vit venir le petit juge et se débrouilla pour l’entraîner hors de la taverne. Il lui administra alors une drogue de sa connaissance pour le faire révéler ce qu’il savait et où se cachait Pétra. Abandonnant le juge à une mort prochaine par surdose, il se rendit à la cachette de Pétra et l’assassina.

L’affaire aurait donc pu être close sans l’intervention des personnages.

Indices possibles

Les tavernes de Morel sont toutes les trois situées sur les quais dans la partie la plus pauvre et la plus cosmopolite de la ville. De plus, elles contiennent toutes des caves équipées de fers et un passage discret vers les quais. Toutes contiennent également des doses de la drogue, principalement utilisée pour les esclaves, qui a été administrée au juge. Dans l’une d’elles, une dizaine d’esclaves drogués sont prisonniers.

Dans la taverne ou le juge a été trouvé, personne ne voudra en parlant risquer la vengeance de Morel et de ses hommes de main. Cependant, une servante plus impressionnable que la moyenne pourra dire aux personnages que le juge, avant de quitter la taverne y avait discuté avec le patron, maître Morel, qui était parti peu après le juge…

Morel lui-même, s’il est arrêté, promettra de tout révéler à condition d’obtenir la vie sauve… Mais frère Tathan l’éliminera quelles que soient les actions des personnages avant qu’il ai pu incriminer l’évêque. Morel a sur lui une dose de la drogue qu’il a administrée au juge.

A la maison de Morel, ont trouvera des dates et une comptabilité indiquant que le trafic se faisait entre Londres, Norwich, Paris et Bordeleau (capitale de Ganes), et rapportait en moyenne 400£ par an à raison d’une dizaine de trajets. Le nom du capitaine Guislain et de la compagnie Pérennus sera également identifiable sur un des documents.

Le capitaine Guislain, s’il est interrogé par les personnages, tentera de s’enfuir et, s’il n’y parvient pas, sera tué par Tathan avant de révéler quoi que ce soit de compromettant pour l’évêque.

Calvius Pérennus, avec la morgue d’un riche et puissant marchand romain, niera tout et affirmera qu’il s’agit d’une action individuelle et isolée de l’un de ses capitaines.

Sur le cadavre de Pétra, les personnages pourront retrouver une boucle d’oreille ensanglantée perdu par Morel au cours de sa lutte avec la prostituée.

Au bureau du juge, l’un des clercs a été chargé d’emmener Pétra au logement possédé par le juge. Il hésitera à parler pour ne pas ternir la réputation de son patron qu’il apprécie…

Autres affaires sur lesquelles travaillait le juge (fausses pistes)

Affaire Colède : Un marchand de chandelles, Colède, est accusé d’avoir défenestré sa femme. Il croupit actuellement en prison. D’après l’enquête, sa femme avait un amant, ce qu’il avait appris quelques jours auparavant, causant d’importantes disputes.
Un voisin, un charron du nom de Brenwal, affirme avoir vu Colède pousser sa femme de sa fenêtre. Un autre témoin affirme l’avoir vu rentrer ivre mort dans la maison peu avant la mort de sa femme. Il s’agit d’un enfant et il se trompe : il a vu Colède rentrer dans la maison en titubant sous le choc d’avoir vu sa femme morte sur le pavé… En fait, le tueur est l’amant, qu’elle avait décidé de quitter et qui se révèle être le voisin qui accuse Colède…

Affaire Marinus : Un boulanger romain, Marinus est accusé de tricher sur le poids du pain. En fait sa balance est tout simplement faussée à cause de la chaleur du four.

Affaire Trent : Trent, un malandrin de la cité, a été arrêté en possession de champignons hallucinogènes. Il a négocié avec le juge une peine réduite à condition de donner les noms de son fournisseur et de ses clients. Il s’agit d’un petit trafic sans importance, mais la présence de stupéfiants pourrait pousser les personnages à s’y intéresser.

Affaire Pétra : Une prostituée grecque du nom de Pétra a été arrêtée par le guet pour racolage dans les quartiers de l’église (zone autour de la cathédrale ou le commerce du corps est interdit). Le témoin est aux arrêts en attente de comparution. En fait, après vérification, le juge l’a fait sortir pour interrogatoire et ne l’a jamais ramenée...

Conclusion

Le juge Pétrus, grâce à la découverte de la drogue, pourra recevoir l’antidote qui en quelques jours le remettra d’aplomb. Il poursuivra alors son enquête, mais elle ne débouchera sur rien, Tathan ayant effacé toutes les traces... Il conservera son estime et sa reconnaissance aux personnages qui se seront fait un puissant ennemi en la personne de l’évêque Gracien. A cause d’eux, celui-ci vient de perdre sa principale source de revenus.

Calvius Pérennus, s’il est toujours en liberté, effrayé d’avoir senti le souffle de la justice, prendra par contre ses distances avec l’évêque, et refusera de poursuivre le trafic... pour l’instant, car les revenus de sa maison marchande, privée de ce confortable à coté, vont s’effondrer.

Marcia reprendra sa place de fille de maison, mais si l’un des personnages lui a proposé de devenir son écuyer ou si elle a lié un Amor avec l’un d’eux, elle montera une histoire à ses parents en se faisant soit-disant envoyée chez une parente éloignée, avant de s’enfuir pour rejoindre le chevalier et le servir comme écuyer.

Si les personnages parlent à Pétrus de Marcia/Antonus, il sera surpris de ce qu’il apprendra, mais avec sa foi en l’être humain ne les contredira pas, persuadé que le jeune homme aura fait cela pour se racheter avant de quitter leur demeure…

Gloire : 50 points pour avoir sauvé le juge Pétrus, 50 points supplémentaires pour avoir démantelé le trafic d’esclaves.



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