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Polaris

Un verre poulette !

jeudi 29 août 2013, par Exonexus

Une nouvelle bien sympathique qui se passe entièrement dans le même bar. Les affaires louches se succèdent, les serveuses distribuent des râteaux à tout va et les pov’ gus paumés du fond des océans en prennent toujours plein la tronche... Le quotidien quoi...

Je la regardais s’avancer vers moi, un coup à droite, un coup à gauche. Fallait vraiment avoir le pied marin pour suivre ses déhanchés. Ma langue humecta presque malgré moi mes lippes gercées. Elle planta son regard dans le mien et je perdis le contrôle. Le sourire ravageur naquit, mes lèvres s’animèrent toute seule.

« rhaa, après avoir joui d’ce spectacle, on peut couler dans la fosse des Mariannes le cœur satisfait… tu me fais l’effet d’une otarie sur un groupe d’orque, ma belle ! »

Mes chicots et ma prose ne firent pas l’effet escompté, elle ne bougea pas un sourcil, posa ma choppe sur la table, encaissa les plaquettes et partit sans dire un mot. Par derrière, c’était carrément délirant, on atteignait le paroxysme du glamour.

« Mate son boule, non, mais mat’moi ça, j’vais me coucher heureux, moi ! »

Mon interlocuteur sourit, légèrement gêné. Lui aussi n’en pensait pas moins, mais il avait la décence de ne pas piper un mot.

« Donc, retour à notre affaire, vous disiez que vous vouliez m’échanger des info, hein ? Et quelle est la valeur des vôtres ? »

« Comme je vous le disais, je sais que vous cherchez des données sur une organisation, une société ayant des intérêts forts dans cette cité, et j’en ai. On peut dire qu’elles sont fraiches et inédites. Moi de mon côté, je désire acquérir des informations sur les meilleures zones de cabotage discrètes et pas trop éloignées de la cité. Des endroits où l’on peut faire des échanges entre navires, donc avec des eaux calmes. Et vous connaissez bien ce genre de choses, n’est-il pas ? »

Il parlait bien, un gars qui a des études, mais qui connait pas le monde. Une bonne crevette à arnaquer.

« ouaip, c’est moi l’meilleur dans c’domaine. Chuis pas un bon en savance, mais j’sais mener les gens là où ils veulent. Et c’est bien joli mais tu me dis que t’as d’la qualité mais j’vois rien à l’instant  ! »

Les crevettes aiment bien se sentir plus forets que moi, intellectuellement, j’en rajoutais un peu.

« Hum, je vois que vous savez ce que vous voulez. Je vous propose de vous montrer quelques exemples, et vous pourrez en juger par vous-même.  »

« Tope là, mon gars !  »

Il sortit un ordinateur de poche, sélectionna des fichiers et les montra. Il me regarda et parut hésitant, certainement qu’il se demandait s’il fallait me faire la lecture, l’abruti. Mon rôle de crasseux avait ses limites, l’analphabétisme n’y convenait guère. Les données étaient bonnes, voire très bonnes.

« Combien de gigaoctect vous avez ? »

Il répondit avec quelques réflexions une grosse vingtaine, c’était pas mal.

« Bon, vais penser un peu à vot’souci, m’sieurs et tu reviens demain avec le reste des données, ça te parait bien ? »

« Comment saurais-je que l’endroit que vous m’indiquerez sera en zone blanche ? »

Le petit salopiot avait un peu de notion de navigation, il savait qu’il existait des zones dans lesquelles les sonars avaient un mal de loutre-léopard à capter quoi que ce soit. Pas d’arnaque aujourd’hui.

« Ok, z’êtes méfiant, j’comprends. C’est triste à dire aujourd’hui, plus personne d’honnête. Bon, je vous y emmène demain après-midi et le soir, vous aurez les coordonnées et les trucs à savoir sur la zone. Et vous me donnez le datadisk… »

« Ça me parait bien. A demain, ici, début d’après-midi.  »

Il sortit rapidement. Je vaquais à mon autre affaire. Le loustic était déjà dans l’alcôve depuis un bon moment, il observait le bar. Sale gueule, il n’avait pas dormi depuis quelques temps. Quand je posais ma carcasse à côté de lui, il mit une seconde à détendre son bras, à moitié caché. Armé, et soupe au lait. Ou prudent, au choix.

« Tiens donc, comment allez-vous ? Vous avez bonne mine.  »

Le gars ne releva pas l’ironie et cracha rapidement son venin.

« Marrant, t’as que ça en stock ? »

Il voulait en imposer, je consentis.

« Ok, trêve de blague, vous désirez quoi ? »

« Il parait que vous pouvez me faire sortir de cet enfer, sans poser de question, sans baver aux autorités et surtout rapidement et discrètement. Je vous file deux milles sols pour l’affaire. »

« Les sols, hum, je ne manque pas de sols. Et je suis assez partageur. Vous savez, l’enrichissement pour tous est une bonne chose. Quand nous échangeons deux sols, on repart avec un sol, quand on échange deux … »

« Bon, qu’est-ce que vous voulez ? vite !  »

Le gars n’est pas causant et impatient.

« Ok, vous savez quoi sur XenoCorp ? »

« Que dalle, bouffon.  »

« Ok, bon, ben va pour 2 500 sols. »

Je souris pour calmer le jeu. Il acquiesça et fixa une heure de départ, trois heures plus tard. Je sortis et me préparais. Le navire fut rapidement opérationnel, je pris le temps d’assurer mes fesses. Il débarqua avec deux gros sacs, assez pesants. Au vu de sa tête, teint livide, quelques traces de coups, il aurait pu faire un casse. Bref client parfait. Bien évidement trop parfait. Après être sorti de la zone de surveillance de la cité, et avoir rejoint des eaux suffisamment vastes pour piloter sans compétence particulière, il s’approcha de moi. Avant qu’il ait pu mener à bout son agression, je lui tailladais le torse et le bras avec une lame courte et recourbée que j’affectionnais particulièrement. Il me sauta dessus, le poste de contrôle gémit sous notre poids. Il balança tout ce qu’il avait dans les bras pour fracturer mes côtes. Et rencontra ma cotte de protection. Je lui massacrai le nez d’un coup de caboche. Il partit en arrière. Plongeon dans les guibolles et plaquage viril. On s’escrimait à attraper l’autre et le prendre par la tête. Mon bras réussit à passer sous son menton, je serrai de toutes mes forces. Il s’agita beaucoup, quelques râles étouffés. Mais finit par lâcher l’affaire et rejoignit ses aïeux. Encore une minute pour assurer le coup. Après fouille approfondie, il sortit par le petit sas. Ses deux sacs contenaient des affaires personnelles, des trucs de merde, sans intérêt. Sas aussi. Retour au bercail.

Le lendemain, mon client au parler de savant se présenta avec des fringues qui se voulaient être celles d’un baroudeur. Les dieux de la bière d’algue m’en sont témoins, j’ai même pas souri. Après un petit voyage sans encombre, il décréta que la zone convenait. Il me donna rendez-vous au bar pour l’échange d’informations finales. Elle revint nous servir de quoi nous rafraichir, son décolleté faisait des ravages dans les rangs des piliers de comptoirs.

« Rhaa l’est bonne. »

Je ne précisai pas si je parlais de la bière qui disparaissait à vue d’œil ou d’elle.

« Bien, je suis positivement intéressé et content de notre échange. Puis-je avoir les données manquantes ? »

Un datadisk passa de ma main à la sienne. Il regarda ce qu’il contenait et sourit. Un second disque atterrit dans mes pognes. Je vérifiai des fichiers au hasard. Une dernière poignée de main, et adios l’ami.

Bien plus tard dans la soirée, je m’introduisais dans la petite arrière salle. Elle attendait. En l’approchant, je me mis à imaginer que la vie était belle. Ses courbes étaient vraiment très expressives, je partais pour un songe torride, les paluches baladeuses. Elle me ramena sur terre d’un geste vif, la main prolongée par une fine lame. Les boutons de mon pantalon au sol, je compris que c’était encore soirée couture.

« Bien, passe-moi le datadisk, au lieu de baver, tu vas salir le carrelage. Je suis assez contente, une bonne journée. Et toi ? »

« ouais, j’aime échanger, je suis partageur, tu sais. Quand deux personnes échangent … »

« Arrête de répéter ce que je dis, surtout que tu déformes tout. La phrase, c’est : « quand deux personnes échangent un sol, ils repartent chacun avec un sol dans leur poche, quand deux personnes échangent une information, ils repartent chacun avec deux informations dans leur têtes », c’est pas compliqué. »

Nan, ce qui est compliqué, c’est de l’avoir comme patronne...



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