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Prophecy

Etoile déchue

samedi 16 juin 2007, par azathoth

Récit : Les Compagnies se forment sous l’oeil maternel des étoiles. mais certaines d’entre elle sont le présage d’un avenir funeste. C’est ce qu’il arriva à la Compagnie de l’étoile déchue, dont la courte histoire fut rapportée par la dernière survivante avant de mourir. Le récit d’une rencontre, mais surtout d’une tragédie sous le ciel étoilé.

Prologue

Eliaphel grogna intérieurement : il faisait un vacarme digne d’une compagnie de Protecteurs en marche pour la bataille. S’il se faisait prendre, ses compagnons comprendrait certainement ce qu’il s’évertuait à cacher depuis déjà trois mois ; il ne donnerait alors pas cher de sa peau.

Après un instant d’arrêt pour prêter l’oreille à un éventuel promeneur nocturne, il se remit en marche, aussi discrètement que possible, longeant le mur de pierre rugueuse, dont le contact le rassurait dans la pénombre ambiante. Tout en marchant, il repensa aux événements des dernières semaines.

D’abord, cette série de rêves étranges l’avait assailli durant 9 nuits, et l’avait laissé épuisé pour "le jour de l’étrange rencontre", comme il l’appelait en lui même. Cette journée avait été vraiment spéciale. Pris d’une soudaine impulsion, il était parti marcher en forêt au petit matin. Il avait marché toute la journée, sans s’arrêter, l’esprit étrangement vide, jusqu’à ce qu’il arrive devant une énorme chute d’eau. Quatre personnes se trouvaient là : un Combattant fort comme un bœuf, un Mage à l’air sournois, un Erudit qui paraissait tout ce qu’il y a de plus ennuyeux (ce qui s’avérerait être exact) et une petite fille arborant un air tout ce qu’il y avait de plus innocent (il appris plus tard qu’elle volait pour subvenir à ses besoins).

Puis l’étrange songe avait eu lieu. Tous avaient eu la même vision. Il ne comprenait toujours pas bien ce qui s’était passé, cette étrange... "cérémonie", au pays de Nenya. Les souvenirs qu’il en avait étaient flous, et s’estompaient un peu plus tous les jours.

Enfin... Quand ses compagnons proposèrent de faire route ensemble, il voulût refuser, mais quelque chose le retint, il ne savait pas exactement quoi, mais il ne pu se séparer du groupe. Pour couronner le tout, ils étaient de fervents draconistes. Ce n’était pas vraiment un problème, car il n’était pas hérétique... pas vraiment, du moins. Mais ses "amis", manquant singulièrement d’objectivité, auraient pu s’offusquer d’un ou deux petits penchants sans gravité le caractérisant, et qu’il valait donc mieux leur dissimuler.

Il avait une fois fait des allusions légèrement douteuses (à leurs yeux), histoire de tâter le terrain et de voir les réactions de ses acolytes. Il ne fût pas déçu ! Ils lui coupèrent tout net l’envie de s’ouvrir à eux !
Dès lors, il avait essayé de leur fausser compagnie, mais aucune occasion idéale ne s’était encore présentée. En outre, la même... force (?) l’en dissuadait chaque fois qu’il voulait mettre à exécution ses plans.
Ils en étaient arrivés la veille à demander l’hospitalité à un jeune nobliau à qui appartenait la demeure qu’il arpentait actuellement. Ils avaient décidé de passer une nuit de repos au chaud avant de repartir à brides abattues pour accomplir la mission dont ils se sentaient investis.

Eliaphel arriva à la porte qu’il avait repérée le soir même en se rendant au dîner. Il chercha la poignée à tâtons dans le noir, et la tourna. En entrant dans la pièce, il vît sous un rayon de lune l’objet de sa convoitise : un bloc de pierre noire et luisante, d’une pureté exceptionnelle, qu’il observa avidement. Lorsqu’il l’avait entrevue rapidement quelques heures plus tôt, il ne s’était même pas posé de questions, il avait juste su qu’il la prendrait. Avec elle, il pourrait produire la sculpture de sa vie, ce pourquoi il vivait ; il était prêt à tout sacrifier pour cela.
L’artisan s’avança plus avant dans le petit atelier poussiéreux et mal rangé. La pierre d’environ trente cm de diamètre était négligemment posée sur un établit. Il serait loin quand quelqu’un s’apercevrait de sa disparition...

Bien plus tard...

L’histoire que je vais vous conter m’a été rapportée d’un souffle court par une jeune fille mourante, Swann, à Tamirande, l’une des cités agglutinées d’Ysmir. Cette ville jouxte le désert brûlant de l’Empire Zûl, ce dernier l’obligeant a se montrer très prudente de part le tempérament guerrier et conquérant de son peuple, bien qu’une invasion ne soit que difficilement envisageable. C’est pourquoi de nombreuses patrouilles sillonnent la région frontalière, à l’affût du moindre mouvement suspect des Zûl.

C’est une de ces patrouilles qui a retrouvé la jeune Swann, à demi morte, étendue à l’ombre d’une grande dune. Ils la ramenèrent à Tamirande ou un médecin et un Mage tentèrent de la guérir. Mais son corps avait été profondément dessèche par l’ardeur du désert et les brûlures du soleil étaient trop profondes. Sa peau se détachait par lambeaux de son visage, ses pieds et ses mains avaient été brûlées par le sable excessivement chaud du désert et ses lèvres craquelées se fendaient un peu plus à chaque fois qu’elle remuait les lèvres. Toute la science des Erudits et la magie de l’eau ne purent rien pour elle.

Avant de mourir, elle eut le temps de me chuchoter d’une voix faible et pâteuse son histoire. Je décidais plus tard de la consigner par écrit, sur les feuillets mêmes que vous lisez actuellement.

Tout commença quelques mois plus tôt. Elle se réveilla un matin dans une petite ruelle sale, la même qu’a l’accoutumée, avec une envie incontrôlable de courir dans des herbes folles. Apres avoir englouti un petit déjeuner volé au boulanger, elle sortit de la ville ou elle vivait et se dirigea vers la foret. Elle courut toute la journée comme une folle, bondissant ici, roulant la au sol, si bien qu’elle arriva totalement épuisée auprès d’une chute d’eau à la fin de l’après-midi. Elle décida de s’y rafraîchir, se dévêtit et marcha jusqu’a l’eau. La grande mare était glacée, mais, après un petit moment d’hésitation, elle plongea dans l’eau claire, la laissant laver les rougeurs dont la course avait teint sa peau.
Elle nagea ainsi, paisiblement, durant quelques courtes minutes, puis un homme arriva. Elle s’en trouva gêné, mais l’homme, vêtu d’une tunique bleue, n’était pas armé et ne paraissait pas agressif. Lorsqu’il la vit, il se tourna pour la laisser sortir de l’eau et ré enfiler ses guenilles. Elle s’en trouva soulagée car, malgré son jeune age, elle savait déjà que certains males n’avaient pas toujours ce bon goût.
Une fois qu’elle se fut habillée, il se tourna vers elle :
"-Et bien, jeune fille, que faites-vous seule si loin dans la foret. Le danger rode, par ici, ne le savez-vous pas ?"
"-Si, répondit timidement Swann, mais j’ai eu envie de courir ce matin, et je crois que j’ai un peu perdu la tête. Je ne l’ai retrouvée qu’en arrivant ici."

L’homme parut troublé par ce qu’elle venait de dire et se tut durant quelques minutes avant de lui dire qu’il se nommait Erwan.
Peu de temps plus tard, ils entendirent des bruits proches. Ils décidèrent de se cacher, car ce pouvait être quelqu’un de malveillant ou une bête sauvage. Un grand guerrier musclé entra dans la petite clairière qui entourait la mare qu’avait creusée la chute d’eau. Il ne parut pas malintentionné, si bien que Swann et Erwan se montrèrent à lui. Il s’appelait Baheron et avait été pris d’une subite envie de marcher le matin même. Arriva ensuite un Mage de l’eau nommé Mahenn, puis un artisan du nom d’Eliaphel, dont le visage était barrée d’une longue balafre. La blessure à l’origine de la cicatrice avait causé la perte de l’œil. Il paraissait plutôt maussade et réservé.

Puis vint le songe. Ils avaient tous fait le même rêve, et aucun d’entre eux n’avait vraiment compris ce qu’il signifiait. Ils s’étaient réveillés au bord de l’eau et étaient repartis ensembles, pour la plus grande joie de Swann qui ne errerait plus seule dans les rues.
Ils restèrent ensembles de nombreux mois, volant d’aventure en aventure, et étaient arrivés quelques jours plus tôt aux portes de l’Empire Zul qu’ils devaient traverser. Ils se lancèrent à l’assaut du désert, évitant soigneusement ses dangers et les Zûls.
Un soir, ils se trouvaient dans une petite oasis, à l’abris d’arbres, un peu en retrait de la source pour éviter d’être surpris par d’éventuels arrivants. Swann était couchée, mais ne trouvant pas le sommeil, elle s’agitait sur sa couche et s’énervait. Eliaphel montait la garde et les autres paraissaient dormir.

Au bout d’un moment, l’Artisan se leva, prit un paquet dans son sac et s’éloigna d’eux vers la source. Quelques minutes plus tard, Mahenn se leva discrètement et le suivit. Swann, intriguée par le comportement des deux hommes en fit de même. Lorsqu’elle arriva a portée de voix, dissimulée derrière un buisson, ses compagnons discutaient âprement.
Ils se disputaient à propos d’un morceau de pierre noire qui gisait à leurs pieds. Celui-ci paraissait partiellement sculpté, mais sa forme était torturée, et avait visiblement subit l’influence du clair de lune sous lequel il avait était travaillé de nombreuses nuits durant, sournoisement. Mahenn prétendait l’avoir vu dans la demeure d’un dignitaire chez qui ils avaient fait halte quelques semaines plus tôt et accusait son interlocuteur de vol. Le ton montait dangereusement et Swann craignait qu’ils ne se battent. Heureusement, elle entendait les autres commencer à bouger dans le camp.

Soudain, Mahenn traita Eliaphel de menteur et de traître corrompus. Il prit une posture agressive, prononça d’une voie grondante quelques paroles incompréhensibles et fit jaillir d’un geste de la main une colonne d’eau de la source. Malheureusement pour lui, la chaleur et l’aridité du désert s’opposèrent aux forces de l’eau, et la colonne, au lieu de venir frapper l’Artisan, s’effondra brutalement sur le mage. Celui-ci eut le coup brise par la violence du choc.

Baheron arriva sur ces entre faits. En voyant le Mage gisant aux pieds d’Eliaphel, il crut l’Artisan coupable de la mort du Mage et il sentit une vieille fureur qu’il croyait oubliée remonter en lui. Fou de rage, il dégaina son épée, et marcha sur l’Artisan qui se prépara à le recevoir, épée en main. Le Combattant le rejoignit en quelques pas et se chargea ; son coup fut pare, bien que difficilement, par l’Artisan. Il ré-attaqua, encore et encore, oubliant toute technique, se bornant a frapper comme un forcené. Eliaphel n’arrivait a parer ses coups que maladroitement. Voyant que s’il ne réagissait pas il allait mourir, il attendit que son adversaire se découvre suffisamment sur une attaque pour esquiver et riposter : il réussit a placer son épée dans une jointure de l’armure de son opposant, au niveau de l’estomac, et enfonça profondément son arme ; la blessure serait fatale, il en était presque sur.

Mais par cette action, il entait venu se placer sous l’arme du blesse, qui, toujours vivant pour le moment, l’abattit sans pitié sur lui. Le coup fut puissant et dévastateur : Eliaphel fut projeté dans le sable, déjà presque inconscient avant d’arriver au sol ; une profonde entaille, de laquelle dépassaient des extrémités de cotes brisées, barrait son buste, et il était éventré a demi.
Baheron se jeta sur la dépouille et, pris d’une frénésie meurtrière, s’acharna sur le cadavre, dont il ne resta bientôt plus qu’une bouillie rose, au milieu de la végétation souillée de sang et de chairs.
Erwann ne put supporter ce spectacle lorsqu’il arriva. Profondément choque, il se précipita vers le Combattant afin de le calmer, mais celui-ci, dans son élan meurtrier, se méprit sur ses intentions : il se retourna en frappant l’Erudit d’un coup violent. Ce dernier alla rouler plus loin dans la poussière, a demi tranché en deux, son sang éclaboussant des grandes feuilles qui se trouvaient la.

Enfin l’homme d’arme s’aperçut de la folie qui l’avait saisi. Il tomba a genou, les yeux ronds face à l’horreur dont il était l’auteur. Il avait souvent tué, mais rarement aussi sauvagement, et jamais des amis. Même à l’époque où il ne savait pas contrôler la bête qui l’appelait du fond de son âme à commettre les pires exactions.
Il finit par se lever péniblement. Il se lava le visage du sang qui le couvrait a la source et se dirigea vers le camp. Swann y était, tremblante et sanglotante. Il essaya de l’approcher, mais elle avait peur de lui maintenant. Pourtant, il sentait ses forces s’en aller, et il aurait sans doute déjà eu du mal à venir a bout de la petite fille. La blessure infligée par Eliaphel était grave, très grave, et il mourrait sans tarder, avant le matin. Swann quitta ce lieu d’horreur aux premières lueurs de l’aube. Hébétée, elle ne songea même pas a prendre de l’eau, et le désert lui fut fatal, a elle aussi.

Ainsi se termine cette histoire. Apres l’avoir entendue, j’en discutait avec un ami, Erudit dans la science des étoiles. Il m’apprit qu’une étoile avait grandement perdu de son éclat la nuit présumée des meurtres, ce qui peut laisser à penser qu’ils la représentaient. Les principales motivations identifiées pour cette étoile sont discorde, trahison et échec.

C’est une nouvelle d’ Ed’Hann Gwyr

P.-S.

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